Littérature générale

  • Beloved

    Toni Morrison

    Le 124 tait habit de malveillance. Imprgn de la maldiction d'un bb... Bluestone Road, prs de Cincinnatti, vers 1870, les meubles volent, la lumire allume au sol des flaques de sang, des gteaux sortent du four marqus de l'empreinte d'une petite main de bb. Dix-huit ans aprs son acte de violence et d'amour maternel, Sethe, l'ancienne esclave, et les siens, sont encore marqus par le souvenir de la petite fille de deux ans qu'elle a gorge. Jusqu'au jour o une inconnue, Beloved, arrive mystrieusement au 124, donne enfin cette mre hors-la-loi la possibilit d'exorciser son pass. Parce que pour ceux qui ont tout perdu, la rdemption ne vient pas du souvenir, mais de l'oubli. Ce roman aux rsonnances de tragdie grecque, au style d'une flamboyante beaut lyrique, a reu en 1988 le prix Pulitzer.

  • The Nobel Prize and Pulitzer Prize-winning author of Sula presents the story of embittered Korean War veteran Frank Money, who struggles against trauma and racism to rescue his medically abused sister and work through identity-shattering memories. Reprint. 100,000 first printing.

  • Blond, grand, attirant, Lee Anderson a tout du canon de beauté de l'Américain blanc. Mais il cache en réalité un secret : il a du sang noir. Un sang noir qui a coûté la vie à son frère, victime d'un crime raciste. Aujourd'hui, Lee Anderson est décidé à faire expier ce drame à la société blanche tout entière. En s'installant dans la bourgade de Buckton, il en est persuadé : il se fera justice avec violence.
    Publié en 1946, J'irai cracher sur vos tombes fut aussitôt jugé pornographique, obscène, dérangeant, et son auteur fut voué aux gémonies. Enrichie de photographies inédites du manuscrit de l'adaptation cinématographique du roman, cette nouvelle édition présente, en outre, l'imposant Dossier de l'« Affaire J'irai cracher sur vos tombes » par Noël Arnaud, où le lecteur découvrira le destin passionnant d'un texte aux multiples scandales et à la force toujours intacte.

  • Au milieu de l'hiver, au début de ce siècle, une adolescente en vacances dans un village au coeur de l'Angleterre disparaît. Les villageois participent à sa recherche. Tandis qu'ils sillonnent les landes, la police érige des barrages routiers, des journalistes se rendent dans ce village habituellement calme.
    Il y a beaucoup à faire : des vaches à traire, des clôtures à réparer, des pierres à tailler, des pintes à servir, des lits à faire, des sermons à écrire, une pièce de théâtre à répéter.
    Au fil des saisons, il y a ceux qui quittent le village et ceux qui y reviennent ; ceux qui se retrouvent ou se séparent. Il y a des naissances, des morts ; des secrets gardés et dévoilés ; des emplois créés et perdus ; des petites bontés et des trahisons imprévues. Des chauves-souris sont suspendues aux gouttières de l'église, des hérons montent la garde dans la rivière ; les champs affluent dans l'aubépine ; blaireaux et renards rôdent au fond des bois.

    Réservoir 13 est le récit mesuré de détails et d'émotions pendant les treize années suivant le drame, dans un village en harmonie avec les saisons et la nature qui l'entoure.

  • Il existe à New York une rue au nom évocateur : Division Avenue. Elle se situe dans une partie spécifique de Brooklyn, le quartier juif orthodoxe.
    C'est là que vit Surie Eckstein, qui peut s'enorgueillir d'avoir vécu une vie bien remplie : mère de dix enfants, elle passe des jours tranquilles avec sa famille. Alors qu'elle pensait être ménopausée, Surie découvre qu'elle est enceinte. C'est un choc. Une grossesse à son âge, et c'est l'ordre du monde qui semble être bouleversé. Surie décide de taire la nouvelle, quitte à mentir à sa famille et à sa communauté. Ce faisant, Surie doit affronter le souvenir de son fils Lipa, lequel avait - lui aussi - gardé le silence sur une part de sa vie. Un secret peut avoir de multiples répercussions : il permettra peut-être à Surie de se réconcilier avec certains pans de son passé.
    Avec Division Avenue, Goldie Goldbloom trace le portrait empathique, tendre et saisissant d'une femme à un moment charnière de son existence. Et nous livre un roman teinté d'humour où l'émancipation se fait discrète mais pas moins puissante.

  • Le banquier anarchiste Nouv.

    Au terme d'un repas, un banquier démontre à son convive que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au service de sa personne et s'installe dans de provocants paradoxes. Si ce banquier anarchiste nous enchante par son esprit retors, ses raisonnements par l'absurde et une mauvaise foi réjouissante, la véritable dimension du livre, cependant, n'est pas là : il s'agit en fait d'un pamphlet incendiaire contre la société bourgeoise, ses hypocrisies et ses mensonges. C'est aussi une dénonciation du pouvoir de l'argent, qui mine de l'intérieur le bien le plus précieux de l'homme : la liberté.
    Le Banquier anarchiste est l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de Pessoa et signée de son vrai nom. Un texte explosif, un véritable brûlot.

  • "Jiselle, trentenaire et toujours célibataire, croit vivre un véritable conte de fées lorsque Mark Dorn, un superbe pilote veuf et père de trois enfants, la demande en mariage. Sa proposition paraît tellement idyllique qu'elle accepte aussitôt, quittant les tracasseries de sa vie d'hôtesse de l'air pour celle, a priori plus apaisante, de femme au foyer. C'est compter sans les absences répétées de Mark, les perpétuelles récriminations des enfants et la mystérieuse épidémie qui frappe les États-Unis, lui donnant des allures de pays en état de guerre. Tandis que les événements s'accélèrent autour d'elle, l'existence de Jiselle prend un tour dramatique, l'obligeant à puiser dans ses ressources pour affronter cette situation inédite... « Ce qui est rare chez Laura Kasischke, c'est ce curieux mélange de maîtrise et d'émotion, d'étrangeté et de simplicité, d'atrocité et de poésie. » (Olivia de Lamberterie, Elle)"

  • Tout débute un beau jour quand le narrateur trouve une chose par terre, dans la rue. Une chose ? Quelque chose, de forme ovale, à la fois mou et dur, qu'il ne parvient pas à identifier mais qu'il prend dans le creux de sa main.
    Commence alors pour lui une étonnante divagation où, guidé par sa recherche, il connaîtra mille et une aventures : lors de son voyage, il rencontrera des universitaires spécialistes de littérature israélienne, une troupe de cirque d'un genre un peu particulier, un groupe de Juifs à la poursuite de leur utopie, et non pas une, mais deux femmes prénommées Shloma.
    De rencontres inopinées en hasards improbables, l'équipée de notre héros se relance à chaque fois. Car bien sûr tous ces personnages hauts en couleur ont un point commun : ils ont chacun un avis sur la question.

  • L'Usine, un gigantesque complexe industriel de la taille d'une ville, s'étend à perte de vue. C'est là qu'une femme et deux hommes, sans liens apparents, vont désormais travailler à des postes pour le moins curieux. L'un d'entre eux est chargé d'étudier des mousses pour végétaliser les toits. Un autre corrige des écrits de toutes sortes dont l'usage reste mystérieux. La dernière, elle, est préposée à la déchiqueteuse de documents. Très vite, la monotonie et l'absence de sens les saisit, mais lorsqu'il faut gagner sa vie, on est prêt à accepter beaucoup de choses... Même si cela implique de voir ce lieu de travail pénétrer chaque strate de son existence ?
    Dans une ambiance kafkaïenne où la réalité perd peu à peu de ses contours, et alors que d'étranges animaux commencent à rôder dans les rues, les trois narrateurs se confrontent de plus en plus à l'emprise de l'Usine. Hiroko Oyamada livre un roman sur l'aliénation au travail où les apparences sont souvent trompeuses.

  • Sélection naturelle Nouv.

    À onze ans, Gael Foess a hâte d'être adulte. Elle prend soin de son petit frère sujet à des crises d'épilepsie nombreuses, apprend à conduire en cachette et envie la liberté de ses parents. Carriéristes, ils inculquent à leurs enfants l'idée que la réussite est essentielle. Lorsque le krach boursier de 2008 ruine sa famille quelques années plus tard, Gael comprend à quel point les idéaux et les ambitions peuvent être compromis. Décidée à subvenir aux besoins des siens, la jeune femme quitte son Irlande natale pour Londres et New York, où elle fréquente les galeries d'art. Car son frère a des visions lors de ses crises, qu'il peint sous forme de toiles abstraites - celles-ci pourraient bien être la clef du succès tant désiré. Jusqu'où Gael ira-t-elle pour prouver au monde combien il est facile de retourner le système contre lui ?
    Avec Sélection naturelle, Caoilinn Hughes nous livre un roman d'ambition contemporain vif, furieux et électrisant, dans lequel elle décrit des personnages à la dérive et un monde où tous les coups semblent être permis pour s'en sortir.

  • Un singulier regard Nouv.

    Fernando Pessoa a beaucoup écrit sur lui-même. Un singulier regard peut être vu comme un prélude à son oeuvre et le complément de son chef-d'oeuvre et livre total, Le Livre de l'intranquillité. Les textes qui composent le présent volume révèlent en effet des aspects méconnus de l'auteur à travers des textes et correspondances. Ils constituent un journal de sa vie intérieure, tout entière tournée vers l'auto-analyse.
    On trouvera dans cet autoportrait passionnant, souvent impitoyable, la lente progression d'une personnalité en pleine gestation, depuis une adolescence chaotique jusqu'à une maturité magistrale. Les écrits très intimes rassemblés ici montrent l'angoisse, la solitude et la lucidité de l'écrivain et la genèse de sa personnalité.

  • Les saisons

    Maurice Pons

    Un jour du seizième mois de l'automne, Siméon arrive dans une vallée perdue où se succèdent inlassablement deux saisons, une de pluie et une de gel bleu, et où seules les lentilles parviennent à germer. En pleine saison pourrie, cet étranger qui se déclare écrivain cherche dès lors à prendre place dans la communauté hors du temps qui vit là, vaille que vaille. Isolé au milieu de ces habitants taciturnes, Siméon devra s'affronter à une hostilité grandissante. Il est le paria, l'autre absolu. Parviendra-t-il à écrire le livre dont il a le projet??
    Publié pour la première fois en 1965, Les Saisons a acquis au fil des années une réputation de livre culte réunissant autour de lui une véritable confrérie d'initiés. Ce roman, dont l'humour désespéré et le grotesque n'empêchent pas la poésie la plus lumineuse, est un diamant noir de la littérature française.

  • C'est un été en Normandie. Le narrateur est encore dans cet état de l'enfance où tout se vit intensément, où l'on ne sait pas très bien qui l'on est ni où commence son corps, où une invasion de fourmis équivaut à la déclaration d'une guerre qu'il faudra mener de toutes ses forces. Un jour, il rencontre un autre garçon sur la plage, Baptiste. Se noue entre eux une amitié d'autant plus forte qu'elle se fonde sur un déséquilibre : la famille de Baptiste est l'image d'un bonheur que le narrateur cherche partout, mais qui se refuse à lui. Flanqué d'une grand-mère à l'accent prononcé, et d'une tante « monstrueuse », notre narrateur rêve, imagine, se raconte des histoires, tente de surpasser la honte sociale et familiale qui le saisit face à son nouvel ami. Il entre dans une zone trouble où le sentiment d'appartenance est ambigu : vers où va, finalement, sa loyauté ?
    Écrit dans une langue ciselée et très sensible, Un jour ce sera vide est un roman fait de silences et de scènes lumineuses qu'on quitte avec la mélancolie des fins de vacances. L'auteur y explore les méandres des sentiments et le poids des traumatismes de l'Histoire.

  • Alexandr, Christine, Lydia et Zachary partagent une amitié très intime depuis leur rencontre alors qu'ils avaient vingt ans. Trente ans plus tard, Alex et Christine reçoivent un appel bouleversé de Lydia : Zach est mort. Ce décès les touche profondément. Tous s'accordent pour dire que Zach était le plus sain et le plus gentil d'entre eux, celui qu'ils ne pouvaient se permettre de perdre. Plutôt que de les rapprocher, la perte de Zach déforme leur relation, faisant remonter à la surface les enchevêtrements passés, les griefs tus. Ce qui aurait pu les unir se transforme alors en colère et amertume.

    Occasions tardives explore les entrelacs des relations les plus intimes. Sous la surface des arrangements et compromis de l'existence reposent d'autres configurations, différentes, insondables, qui, bien que semblant appartenir au passé, demeurent la trame essentielle des amitiés et des amours. Et quand un fil rompt, tout se détricote, la trame réaffirme sa présence.

  • Love

    Toni Morrison

    May, Christine, Heed, Junior, Vida - et même L - sont des femmes obsédées par Bill Cosey. Cosey incarne leurs désirs de père, mari, amant, protecteur, ami, désirs qui dominent les vies de ces femmes bien après sa mort. A la fois le vide et le centre de leur histoire, puissant, charismatique, ombrageux, monstrueux, il est lui-même guidé par de sombres forces - un passé trouble et une femme inoubliable, nommée Celestial. Depuis plus de quarante ans, l'hôtel est abandonné et la villégiature sous l'eau, mais Christine et Heed, désormais âgées, liées par la jalousie et la douleur de toute une vie, sont toujours les femmes Cosey, « aussi différentes que le miel de la suie », lorsque Junior fait irruption dans leur existence avec ses minijupes et ses grandes bottes et une certaine lueur dans les yeux... Enchanteur, sensuel, élégiaque. Sa narration reflète les différentes facettes de l'amour, passant de l'envie au désir, à l'obsession, à la langueur, et décrit le cercle complet de ce premier amour indélébile qui nous emporte et nous marque tous pour toujours.

  • - 57%

    Chaque nuit, Pecola priait pour avoir des yeux bleus. Elle avait onze ans et personne ne l'avait jamais remarque. Mais elle se disait que si elle avait des yeux bleus, tout serait diffrent. Elle serait si jolie que ses parents arrteraient de se battre. Que son pre ne boirait plus. Que son frre ne ferait plus de fugues. Si seulement elle tait belle. Si seulement les gens la regardaient. Quand quelqu'un entra, la regarda enfin, c'tait son pre et il tait saoul. Elle faisait la vaisselle. Il la viola sur le sol de la cuisine, partag entre la haine et la tendresse. Tout aurait pu tre diffrent pourtant si Cholly avait retrouv son pre, si Pauline avait eu une maison bien range comme elle les aimait, si Pecola avait eu les yeux bleus... Publi aux tats-Unis en 1970, L'oeil le plus bleu est le premier roman de Toni Morrison, Prix Nobel 1993.

  • On le surnomme « Laitier » parce que sa mère a continué de lui donner le sein en cachette jusqu'à ses trois ou quatre ans. Son vrai nom, c'est Macon Mort, le même que son père. Il vit dans le Nord, dans la région des Grands Lacs. Mû par la recherche d'un trésor enfoui, dit-on, dans une grotte, Laitier entreprend un voyage vers le Sud, d'où est originaire sa famille. C'est là qu'il découvrira son histoire familiale, que seule une comptine chantée par les enfants d'un village a conservée. Une comptine racontant la légende de Salomon qui s'envola pour retourner en Afrique, et qui laissa tomber le bébé qu'il portait dans ses bras.
    Publié en 1977 aux États-Unis et en 1996 en France, Le Chant de Salomon est le troisième roman de Toni Morrison, et celui qui l'a solidement installée sur la scène littéraire américaine. Excellente introduction à son oeuvre selon l'Académie suédoise, qui décerna à son autrice le prix Nobel en 1993, il est réédité augmenté d'une préface de Christiane Taubira.

    1 autre édition :

  • En octobre 1974, Georges Perec s'est installé pendant trois jours consécutifs place Saint-Sulpice à Paris.
    À différents moments de la journée, il a noté ce qu'il voyait : les événements ordinaires de la rue, les gens, véhicules, animaux, nuages et le passage du temps. Des listes. Les faits insignifiants du quotidien. Rien, ou presque rien.
    Les mille petits détails inaperçus qui font la vie d'une grande cité - d'un quartier dans une grande cité. Les innombrables variations imperceptibles du temps, de la lumière, du décor, du vivant. Autobus, chiens, passants, touristes.
    Ce texte magistral dans l'oeuvre de Perec figure à présent au rang des classiques.

  • L'Arsenal de Rome détruite Nouv.

    Aurelio Picca est un amoureux de Rome, mais la Rome qu'il aime n'a rien à voir avec celles des guides de voyage et du tourisme de masse : c'est la Rome des bas-fonds, celle où les garçons des rues côtoient les prostituées dans des bars louches, où les malfrats disparaissent dans les ruelles, où les conflits se règlent parfois en assassinats aux yeux de tous.
    Aurelio Picca arpente sa ville et voyage dans ses souvenirs : on lira dans L'Arsenal de Rome détruite le récit de nuits passées dans le quartier de l'EUR, le portrait de quelques criminels qu'il a croisés et avec qui, parfois, il est devenu ami. C'est un ouvrage fourmillant d'anecdotes où se découvre l'envers de la Ville éternelle : une cité brinquebalante, à la fois maîtresse et amante, lumineuse et sale. L'auteur y démontre qu'il a bien mérité son surnom de « Henry Miller des Castelli Romani ».

  • Tout commence par une découverte : un petit garçon de cinq ans erre seul dans l'aéroport d'Hambourg. De toute évidence, il a été abandonné par ses parents. Pourquoi ?
    Pour résoudre ce mystère, il nous faut retourner dans le temps et s'attarder sur un autre destin : celui de Vollie Frade, dit « Le Volontaire », un homme âgé vivant au Nouveau-Mexique et au passé lourd de secrets. Bien des années plus tôt, il s'est engagé pour la guerre du Vietnam, dans le but de se perdre et de disparaître. Et a ainsi, sans le savoir, déclenché une chaîne d'événements qui le mèneront des jungles du Cambodge (où il sera soldat) au quartier de Queens à New York et à une curieuse communauté hippie dans le Nouveau-Mexique. Où qu'il aille, Vollie Frade cherche un sens à sa vie, un lieu à habiter pleinement et une famille d'élection. Une quête qui pourrait le mener à la tragédie.

    Balayant plusieurs décennies, Le Volontaire trace le portrait de personnages marginaux et inoubliables. Avec son écriture âpre et lyrique, Salvatore Scibona nous livre un grand roman dans la plus pure tradition américaine et explore sur trois générations la nature des relations filiales.

  • Des rapaces parcourent le ciel, des chiens gambadent et des couguars se tapissent parmi les arbres. Les plaines sont balayées par les vents, les forêts sont lugubres ou enchanteresses et quand il ne neige pas, c'est qu'il va neiger. Dans La Rivière en hiver, Rick Bass se consacre aux fluctuations météorologiques, à la terre et à ceux qui l'habitent, solitaires et touchants. Que les hommes affrontent la nature ou la négligent, cette dernière les fascine au point de leur couper le souffle. Et si ses personnages s'adonnent à des activités quotidiennes - pister un élan, veiller sur un énorme poisson-chat ou trouver le parfait sapin de Noël - celles-ci se transforment, sous la plume de Rick Bass, en une expédition aux allures mythologiques parfois périlleuse, toujours mémorable.
    Rick Bass, considéré comme l'un des écrivains majeurs de l'Ouest américain, démontre avec La Rivière en hiver qu'il excelle dans la forme courte. Les huit nouvelles de ce recueil ont la densité et la force des meilleurs romans.

  • Un soir de printemps, après avoir quitté le diner dont il est propriétaire, Driss Guerraoui, un Américain d'origine marocaine, est brutalement renversé par une voiture et meurt sur le coup. Le chauffeur du véhicule, lui, prend la fuite.
    La nouvelle de sa disparition est un choc pour sa famille, et ravive des blessures et des questionnements que tous auraient préféré laisser derrière eux. Cette mort est-elle un tragique accident de la route, ou faut-il y voir la marque d'un crime raciste ? Car si les Guerraoui sont l'exemple type d'une immigration réussie, la société américaine n'en a peut-être pas fini avec le rejet de l'autre. Nora, la fille cadette de Driss, en est persuadée.
    Sur fond d'enquête, plusieurs personnages prennent la parole à tour de rôle pour raconter leur histoire. Ces voix s'unissent et se contredisent pour relater leur quotidien dans l'Amérique d'aujourd'hui, et font de la petite ville de Californie où se déroule ce roman le théâtre de ses tensions identitaires les plus enfouies.

  • Le bal des folles

    Copi

    C'est l'histoire d'un écrivain argentin qui aime à écrire dans des chambres d'hôtel sordides à Paris. D'un beau Romain qui souhaite devenir une belle Parisienne, d'un sosie de Marilyn Monroe tyrannique et envahissant, d'un éditeur qui aimerait que son auteur cesse de le prendre pour un micheton. D'une boulangère qui pratique la voyance, d'un hippie neurasthénique qui élève ses triplés à Ibiza de façon peu orthodoxe, d'une véritable amie - qui à défaut d'avoir l'heure a toujours une bonne bouteille et une astuce pour échapper à la police.
    D'un Paris interlope à une Rome fervente, en passant par le New York branché et l'Ibiza baba-cool, Copi nous immerge dans les années 1970 et leurs folles libertés. Amours purs, sexe débridé, crimes odieux : en fantasmant sa vie, Copi nous donne à lire un roman aussi drôle qu'épouvantable.

  • Jazz

    Toni Morrison

    En 1926, Joe Trace assassine sa jeune matresse Dorcus. En proie au dsespoir et la jalousie, Violette, la femme de Joe, se prcipite son tour sur la dpouille de sa rivale, dans le but de la tuer une seconde fois. Bouleverss par la violence et l'horreur de leurs gestes, les deux poux vont impitoyablement fouiller leur pass commun pour comprendre leur prsent dvast. Nourri d'une musique qui vient incarner la libert d'une nouvelle gnration de Noirs amricains dans le Harlem des annes 20, ce roman n'est pas seulement construit au rythme d'un morceau de jazz. Il devient, au fil de la narration, le Jazz. Un roman magnifique, o s'affirme chaque page le pouvoir de l'amour, qui triomphe de l'ge, de la vulnrabilit de la chair et, finalement, du dsespoir.

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