Arts et spectacles

  • Mes hôpitaux

    Paul Verlaine

    « Or çà, mes hôpitaux de ces dernières années, adieu ! Sinon au revoir ; alors, salut ! En tout cas ; j'ai vécu calme et laborieux chez vous. »Ruiné depuis la mort de sa mère, souffrant de nombreux maux (ulcères, syphilis...), Paul Verlaine (1844-1896) vit ses dix dernières années entre l'hôtel et l'hôpital. Il y multiplie les séjours, commence par Tenon, finit par Bichat, fréquente entre-temps Cochin, l'asile de Vincennes, Saint-Antoine, Saint-Louis, préfère Broussais. Dans ses chroniques de la vie hospitalière, le poète se mue en prosateur d'un quotidien rugueux.

  • Le Nez d'un notaire

    Edmond About

    Maître Alfred L'Ambert, ayant perdu son nez au cours d'un duel, décide de se faire greffer un morceau de peau pour le remplacer. Il ne trouve pour donneur qu'un jeune ouvrier fort peu fréquentable, au bras duquel il devra passer trente jours le nez cousu. La cohabitation ne sera pas sans difficultés ni surprises.

    Edmond About (1828-1880 fut l'un des rares auteurs français comiques du XIXe siècle. Dans Le Nez d'un notaire, roman à succès dès sa publication en 1862, il multiplie les situations cocasses et réinvente avec humour l'union des classes.

  • Crime de village

    Jules Renard

    OEuvre de jeunesse, Crime de village, recueil de nouvelles, parut en 1888, à compte d'auteur et passa presque inaperçu. Extrait : Extrait : Cependant, on tiraillait encore le drap. Elle fit un effort pour secouer la paralysie de la peur qui commençait à la gagner et se laissa glisser au bas du lit. Elle sentit quelque chose qui se levait le long de ses jambes. Dans le mouvement qu'elle fit pour se soutenir, sa main rencontra le chandelier de fer. Elle le prit, le leva, énergique, sur sa tête, et l'abattit de toutes ses forces, à plusieurs reprises, tellement hors d'elle-même qu'elle n'entendit pas une voix sourde, la voix de la Collard, crier : « Mais c'est moi, êtes-vous folle, c'est moi. » Et, lourdement, un corps s'affaissa.

  • André

    George Sand

    George Sand est le pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, romancière, auteur dramatique, critique littéraire française, journaliste, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les écrivains prolifiques avec plus de soixante-dix romans à son actif, cinquante volumes d'oeuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. À l'image de son arrière grand-mère par alliance qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 18294, et dont elle lance aussi la mode. Extrait : Il y a des natures choisies qui se développent d'elles-mêmes, et dans toutes ces positions où il plaît au hasard de les faire naître. La noblesse du coeur est, comme la vivacité d'esprit, une flamme que rien ne peut étouffer, et qui tend sans cesse à s'élever, comme pour rejoindre le foyer de grandeur et de bonté éternelle dont elle émane. Quels que soient les éléments contraires qui combattent ces destinées élues, elles se font jour, elles arrivent sans effort à prendre leur place, elles s'en font une au milieu de tous les obstacles. Il y a sur leur front comme un sceau divin, comme un diadème invisible qui les appelle à dominer naturellement les essences inférieures ; on ne souffre pas de leur supériorité, parce qu'elle s'ignore elle-même ; on l'accepte parce qu'elle se fait aimer. Telle était Geneviève, créature plus fraîche et plus pure que les fleurs au milieu desquelles s'écoulait sa vie.

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