Entreprise, économie & droit

  • Une nouvelle et terrible «révolution verte» gagne le monde, l'agrobusiness.
    Dopée par une demande alimentaire croissante, elle gagne du terrain au Sud et dévaste tout sur son passage.
    Son modèle commercial et productiviste colonise de nouveaux territoires, du bassin amazonien aux confins de la Papouasie-Occidentale en passant par le continent africain, l'«ultime frontière».
    Avec l'appui de gouvernements, d'institutions inter­nationales, d'agences de coopération et d'une poignée de fondations philanthropiques, ce nouveau mode de production et de commercialisation agricole s'impose peu à peu sur la planète.
    Pointées du doigt pour leur responsabilité dans la crise alimentaire de 2008 et dans le mouvement d'accaparement des terres qui a suivi, les grandes firmes de ce secteur ont renouvelé leur discours et remodelé leurs stratégies. Comble! Elles se veulent désormais actrices «incontournables» de la lutte contre la faim.
    Épousant le langage onusien de la sécurité alimentaire et nutritionnelle, elles se positionnent comme les garantes d'une transition durable et inclusive, axée sur la modernisation des agricultures familiales.
    Séduits par leurs promesses financières et techno- logiques, les pays en développement leur déroulent le tapis rouge et scellent avec elles des alliances décisives.
    Tandis que les organisations paysannes dénoncent l'imposture, les recettes proposées, prétendument «gagnant-gagnant» risquent d'aggraver le morcellement des communautés rurales, d'accentuer la dépendance des petits producteurs et d'accélérer le processus de privatisation des ressources au profit des acteurs dominants.
    Fort de la contribution de plusieurs spécialistes de différents pays du Sud, l'ouvrage offre toutes les données factuelles et éclaircit les enjeux actuels et futurs de cette folie agricole et écologique.

  • La fiscalité joue théoriquement trois rôles dans les économies modernes: financer la dépense publique, redistribuer les richesses et orienter les comportements économiques.
    Aujourd'hui, ces trois rôles sont en crise.
    L'évasion fiscale prive les gouvernements de recettes vitales. L'évitement de l'impôt par les plus riches creuse les inégalités. Et les politiques fiscales récompensent de plus en plus, de facto, les comportements les plus prédateurs.
    La situation se révèle particulièrement critique pour les populations du Sud.
    Premières victimes d'une économie «offshore» dont les architectes et les principaux bénéficiaires se trouvent au Nord, elles subissent également les fiscalités nationales les plus régressives.
    La «justice fiscale» y apparaît dès lors régulièrement comme une revendication majeure. Mais avec quel contenu exactement? Est-elle conçue comme une fin ou un moyen ? Comment en articuler les dimensions constitutives : sociale, écologique, de genre, etc.? À quelle échelle d'action
    la poursuivre en priorité?
    Ces questions n'ont rien de rhétorique. À l'heure où même le FMI, l'OCDE ou encore le Forum économique de Davos commencent à revendiquer une fiscalité plus juste, elles permettent de réfléchir aux contours et aux conditions de possibilité d'une «justice fiscale» réellement émancipatrice.

  • Karine Clément, sociologue et enseignante à l'université Paris 8, a longtemps séjourné en Russie où elle a effectué de nombreuses enquêtes dans une douzaine d'entreprises. Elle en a ramené des témoignages qui nuancent à la fois le tableau noir d'un monde en voie de disparition et l'image colorée d'une population qui se « débrouillerait » et regorgerait de ressources et d'inventivité. Elle explore la vie quotidienne des ouvriers russes et scrute leur subjectivité en leur cédant la parole. Elle nous montre comment ils parviennent, malgré les contraintes qui pèsent sur eux, malgré le poids des rapports de domination, à se forger des espaces d'autonomie individuelle ou collective. Artisans de la chute de l'Ancien Régime, les prolétaires russes ont été sommés d'être libres, en même temps qu'on les privait des moyens de leur liberté. Et tout en perdant les protections des ouvriers soviétiques, ils ont hérité de leurs chaînes. Une fois de plus, ils ont été floués par l'histoire. Le régime ne s'est libéralisé que pour mieux continuer à les exploiter. La tâche est d'autant plus facile que les nouveaux maîtres du Kremlin manient à leur aise la ficelle historique qui permet de jeter le discrédit sur une classe ouvrière qui passe pour avoir été la « classe dirigeante » de l'État soviétique. Là où l'on ne voit souvent dans la Russie d'aujourd'hui que désordre et instabilité, l'auteure nous propose des logiques explicatives d'ensemble où l'instabilité est au coeur de la logique du système qui s'est mis en place sur les décombres de l'URSS.

  • TTIP, CETA, NAFTA, TPP, RCEP... Autant de sigles qui soulèvent une opposition grandissante, y compris depuis peu en Europe.
    Ce rejet vise ce que l'Union européenne met en place, depuis des années, dans le Sud.
    Au vu des limites et de l'impasse des négociations au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les accords de libre-échange se sont, en effet, multipliés. Ils permettent de faire progresser le libéralisme en contournant les oppositions, en divisant les blocs régionaux et en accentuant les rapports de force inégalitaires.
    Cette multiplication s'est doublée d'une reconfiguration: sont ainsi apparus les méga-accords, qui couvrent une surface géographique plus étendue et un champ qui va bien au-delà de celui de l'économie.
    Ces accords soulèvent nombre de questionnements. Les tribunaux privés d'arbitrage constituent ainsi la partie la plus évidemment contestable d'un montage politico-économique. Ils sont les lieux et les instruments d'une néolibéralisation du monde.
    C'est à la fois le processus même de ces accords - négociés dans le secret, sous la forte pression combinée d'États et de lobbies privés -, leurs impacts - l'accès aux ressources naturelles, aux services sociaux de base, aux médicaments et aux semences - et leur logique - la subordination de l'espace public et de la souveraineté politique -, qui sont contestés.
    Certains acteurs sociaux - les paysans, les indigènes, les femmes et les travailleurs en général -, frappés de plein fouet, sont aussi celles et ceux qui portent la résistance et l'espoir d'une alternative.

  • Chine : l'autre superpuissance Nouv.

    L'essor de la Chine ne date pas d'hier. Les inquiétudes qu'il soulève non plus, surtout dans le camp occidental. Mais l'histoire s'accélère depuis une dizaine d'années.
    Aujourd'hui, les États-Unis n'hésitent plus à faire de la Chine leur principal adversaire stratégique.
    Ailleurs, et en particulier dans les pays du Sud, les réactions sont plus contrastées. En effet, la Chine a beau être devenue une puissance capitaliste de premier plan, elle joue selon des règles qui diffèrent de celles que suivent les Occidentaux. Pour le meilleur... comme pour le pire.
    Analyser l'essor international de la Chine sous le seul angle de la «menace» se révèle donc doublement trompeur.
    D'abord, parce que celle-ci porte sur un ordre mondial dont les bénéfices historiques sont loin d'avoir été équitablement répartis.
    Ensuite parce que ce faisant, on sous-estime la pluralité des intérêts et des contradictions qui existe entre la Chine et les autres régions du monde, mais aussi au sein même de la société chinoise.

  • Souvenons-nous de ces jours d'octobre 1993 où les avions d'Air France ont cessé de voler. Le pays vit alors au rythme du conflit le plus important de l'histoire de la compagnie nationale. La détermination des personnels est telle que, deux jours durant, la France est presque totalement isolée du reste du monde par la voie des airs. Quelques mois plus tard, les personnels, pourtant sortis victorieux de leur bras de fer avec le gouvernement, approuvent par voie de référendum la nouvelle orientation du P.-D.G. de la compagnie. Aujourd'hui, entre fusion et filialisation, Air France navigue dans un ciel qui ne cesse de se déréglementer et annonce son intention de se séparer de 10 000 agents sur les 45 000 que compte la compagnie. Ce livre invite le lecteur à un singulier voyage. Le vol qui vous est proposé éclaire tout à la fois les causes du conflit de 1993, du oui au référendum et du maintien des tensions et des conflits au sein de la compagnie. Il est temps d'attacher vos ceintures. Le décollage approche. Le voyage consiste en une exploration de l'environnement tumultueux dans lequel sont entrés le monde du ciel et les agents qui le peuplent. L'avenir d'Air France, de ses salariés et du service public du transport aérien est en jeu. Au terme de ce vol, pour ceux qui croient encore au ciel, la suite du voyage s'annonce pleine de turbulences !

  • Recueil de textes du journaliste Victor Fay (Le Monde diplomatique et La critique socialiste) qui s'est penché sur la question de l'autogestion, notamment en Yougoslavie après la Seconde Guerre mondiale.

  • Omniprésent dans les procédures de légitimation des hiérarchies sociales et des formes de pouvoir, le travail est l'éternel silencieux, hormis dans des situations de crise. Les auteurs tentent une synthèse des divers aspects du rapport au travail à la lumière des travaux de recherche récents dans le domaine.

  • L'ambition du mouvement AC est de déboucher sur une mobilisation sociale contre le chômage. Mais, pour agir ensemble, il faut débattre et clarifier les enjeux de la lutte contre le chômage. Ce livre, écrit par des syndicalistes, des économistes et des sociologues, voudrait y contribuer. Combien y a-t-il de chômeurs ? Quel est le coût du chômage pour la société ? Comment se répartissent les richesses dans notre pays ? Trois documents font le point sur ces questions. Le débat s'ouvre ensuite autour de quatre grands thèmes : réduction de la durée du travail, contrainte extérieure, intensité du travail, citoyenneté sociale. Un texte lance le débat, et il est suivi de réactions et de contributions.

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