Syllepse

  • Depuis 1998 et l'élection d'Hugo Chávez, plusieurs pays d'Amérique­ latine ont connu un «tournant à gauche». Cet élan a alors incarné un espoir de transformation sociale et de construction de diverses expériences aux accents anti-impérialistes: «révolution bolivarienne» au Venezuela, «révolution citoyenne» en Équateur, État plurinational en Bolivie, nouvelle politique avec Lula.
    L'époque était au changement, la «longue nuit néolibérale» semblait s'estomper, fruit d'une période de mobilisations populaires et de révoltes sociales. Les inégalités sociales et la pauvreté reculaient, Washington perdait du terrain, alors que la participation de celles et ceux d'«en bas» progressait.
    Plus de vingt ans après l'ouverture de ce cycle, la région est pourtant entrée de nouveau dans une zone de fortes turbulences et ­incertitudes, tandis que le bilan des gouvernements «progressistes», au-delà de leur diversité, est très largement contrasté. Capitalisme d'État et crise économique, colonisation des imaginaires de gauche par des logiques gestionnaires, modèles économiques basés sur le saccage des biens communs, leaderships charismatiques, dérives autoritaires, corruption et rupture avec les mouvements sociaux: les problèmes se sont accumulés.
    En parallèle, la réorganisation des droites sociales, politiques et religieuses, la montée des extrêmes droites, les défaites électorales, mais aussi les coups d'État parlementaires, sont désormais un fait majeur.
    Faire le bilan d'un cycle commencé dans l'espoir et qui s'achève dans la violence est fondamental pour comprendre l'Amérique ­latine ­actuelle.

  • De sueur et de sang

    De Gracia G

    Une histoire du péronisme, phénomène encore mal connu en France, du point de vue des mouvements qui l'ont porté et de ceux qui s'y sont opposés. Sur le modèle de l'« histoire par le bas », rendue célèbre notamment par les travaux de l'historien américain Howard Zinn, cet ouvrage tente de restituer la multitude complexe des mouvements de soutien au péronisme et des résistances populaires, du mouvement ouvrier aux guérillas. De 1943 (l'arrivée au pouvoir de Juan Domingo Perón via un pronunciamiento) jusqu'au coup d'État de la junte des militaires dirigée par Jorge Rafael Videla en 1976, c'est une histoire complexe, foisonnante et singulière que l'on pourra lire, entre syndicalisme, expériences d'autogestion, grèves, révoltes urbaines, guérilla, répression et récupération de certains mouvements. Le péronisme - appelé aussi justicialisme - demeure une énigme : régime à la fois fortement personnalisé, construit autour de la figure providentielle de Perón, dépendant de dynamiques à la base et reposant sur la puissance des mouvements populaires et ouvriers. De 1945 à 2015, le péronisme a été interdit du vivant de Perón pendant 18 ans, puis à nouveau pensant sept ans entre

  • Le but de cet ouvrage est de montrer que la pensée de Guevara constitue un ensemble cohérent dont les thèmes philosophiques, humanistes, éthiques, économiques, sociologiques, politiques et militaires sont étroitement solidaires. Il montre dans quel sens cette pensée semble constituer un dépassement du stalinisme et un retour aux sources vivantes du marxisme.

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