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  • Ce livre s´inscrit dans le prolongement direct du précédent, La Mémoire, l´histoire, l´oubli, dont il explore l´une des pistes laissées ouvertes : celle de la reconnaissance. Ce thème, il le parcourt dans ses diverses acceptions, en partant pour cela de ses divers répertoriés par les dictionnaires : la reconnaissance comme processus d`identification (je reconnais cette table) ; se reconnaître soi-même (je me reconnais le même qu´hier ou qu´il y a vingt ans même si j´ai changé) ; la reconnaissance mutuelle (je vous reconnais dans votre différence, et même, je vous suis reconnaissant).

    Paul Ricoeur fait le pari que cette diversité lexicale n´empêche pas la constitution d´une philosophie unifiée de la reconnaissance, philosophie qui fait jusqu´ici complètement défaut et que Ricoeur est le premier à tenter.

  • Depuis maintenant trois ans, Albert Jacquard fait tous les jours une émission de cinq minutes à France-Culture, intitulée « le regard d´Albert Jacquard », dans laquelle il discute brièvement une question d´intérêt général. Son souci est toujours le même : essayer de produire davantage de lucidité, ne pas se contenter des idées toutes faites, récuser la logique exclusivement marchande qui préside à toutes les décisions, réintroduire partout la dimension humaine.
    Nous avons opéré pour ce livre une sélection de quelques-uns de ces textes, de façon à présenter une sorte de panorama complet des grands thèmes de sa pensée : la science, l´avenir de l´humanité, l´imposture économiste, les rencontres, l´engagement citoyen.
    Chaque texte comprend deux ou trois pages.

  • Axel Kahn a été membre du Comité national d´éthique de 1992 à 2004. C´est dire l´importance que la réflexion sur la morale occupe dans la vie et l´oeuvre de ce biologiste dont les prises de position sont bien connues, notamment son refus, pour des raisons éthiques, du clonage thérapeutique.

    Interrogé par le philosopheChristian Godin, il avance ici plus loin qu´il n´a jamais été sur la nature et les fondements d´une morale sans Dieu, sans transcendance, mais non moins soucieuse de règles et de normes que les morales traditionnelles.

  • L´élection de Barack Obama a profondément modifié l´image de l´Amérique dans le monde légué par George W. Bush. Mais est-ce que le changement d´homme entraînera forcément un changement de politique ? Est-ce que la superpuissance américaine dont George W. Bush a démontré combien elle pouvait être agressive peut se révéler aujourd´hui plus douce ? C´est à cette question essentielle que ce livre, pour la première fois, tente de répondre en s´appuyant sur une étude minutieuse de la personnalité de Barack Obama, de son discours, de l´équipe qui l´entoure, et des choix de politique internationale qu´il a été amené à prendre depuis son entrée en fonction en janvier 2009.  Dans cet ouvrage, Zaki Laïdi montre que l´objectif d´Obama est double : sortir l´Amérique de l´emprise du 11 Septembre qui l´a conduite à voir le monde de manière manichéenne, et réhabiliter le leadership américain dans le monde sur la base du principe suivant : admettre que l´Amérique ne peut plus, à elle seule, régler les problèmes mondiaux mais refuser que ces mêmes problèmes se règlent sans elle. Obama n´a certainement pas renoncé à ce que les États-Unis demeurent la première puissance du monde. Mais il sait aussi que, pour maintenir cette position, ils doivent davantage composer avec le monde, au risque de s´en isoler. Ceci étant, il ne faut sous-estimer ni la continuité de la politique américaine, qui comme toute politique d´un grand État ne peut pas changer du jour au lendemain, ni les innombrables contraintes politiques qui attendent l´administration américaine de l´Afghanistan au Moyen-Orient, en passant par l´Iran et l´Irak.  Zaki Laïdi signe ici le premier ouvrage consacré à la politique étrangère de Barack Obama.

  • « Une civilisation qui oublie son passé est condamnée à le revivre. C´est forte de cette maxime, énoncée au début du xxe siècle par le philosophe américain George Santayana, que notre civilisation a instauré et institutionnalisé la mémoire de l´extermination des Juifs d´Europe. Mais voici que surgit, pour cette civilisation, un problème inattendu : non pas l´oubli du crime, mais l´oubli de tout le reste. Hitler hante notre actualité, et du passé désormais personne d´autre, ou presque, ne surnage. Aujourd´hui le malfaiteur suprême est en passe de siéger seul sur le trône de la mémoire.



    Dans cette société de l´accusation perpétuelle et de l´expiation tapageuse qui arraisonne à tour de bras les fameuses heuresles- plus-sombres-de-notre-histoire, je me prends parfois à rêver d´une mémoire sans oriflamme ni destrier, d´une mémoire pédestre, modeste, discrète, silencieuse ou qui ne fasse pas d´autre bruit que les pages que l´on tourne dans le colloque singulier de la lecture.  Comment parler de la Shoah sans tout mélanger ni sacrifier les exigences du jour ? Quelles leçons tirer de cet événement proprement incroyable ? Comment penser le mal, la radicalité du mal, la banalité du mal, l´industrialisation du mal, sans abandonner au mal tout l´espace de l´immortalité ? Ces dialogues que voici sont nés de ces interrogations et de ce scrupule. » Alain Finkielkraut

  • Un an après le vote de la loi sur le foulard islamique, il convient de faire le point. Fallait-il voter cette loi ? A-t-elle réglé les problèmes ? Deux auteurs bien connus ont choisi d´en débattre : Alain Touraine, sociologue, a fait partie de la commission Stasi dont le rapport a été à l´origine de la loi ; Alain Renaut, professeur de philosophie politique, est connu pour ses prises de position en faveur d´un multiculturalisme raisonné. Ils partagent les mêmes valeurs républicaines. Mais ils divergent sur les moyens à employer pour faire face à la montée du fondamentalisme musulman, sur les moyens de reconnaître les droits des minorités culturelles, sur le rôle de l´école.

    Alain Renaut est fondamentalement opposé à la loi et, d´une façon générale, très critique à l´égard de la politique française en matière de reconnaissance de la diversité culturelle. Alain Touraine continue de défendre la loi sur le foulard, dont il pense qu´elle a servi à marquer un cran d´arrêt dans la pénétration des fondamentalistes.

  • La décision de faire figurer dans les manuels d'histoire une mention sur le rôle « positif » de la colonisation, puis la mise en accusation de l'historien Pétré-Grenouilleau pour son livre sur les traites négrières, au nom de la « loi Taubira », ont mis au jour le très difficile problème posé par les lois qui prétendent statuer sur des questions historiques. La première de cette espèce ayant été la « loi Gayssot », faisant du négationnisme à l'égard de la Shoah un délit. Un collectif d'historiens prestigieux, présidé par René Rémond, ont signé une pétition demandant l'abrogation de ces textes de loi et la restauration de l'entière liberté de recherche. Cette pétition a eu des effets immédiats : outre la réaction enthousiaste de Bruno Gollnisch, lui-même sous le coup d'une accusation de négationnisme, elle a suscité une seconde pétition, récusant l'amalgame entre toutes ces lois et insistant sur la nécessité de conserver la loi Gayssot.

    Ce problème est au carrefour de plusieurs questions tout à fait actuelles : - les revendications mémorielles et le besoin de reconnaissance des minorités ; - la qualification de crimes contre l'humanité de délits autrefois passibles de prescription ; - la question de savoir jusqu'à quel point l'enseignement d'Etat est libre ou s'il doit être encadré. C'est sur tout cela que René Rémond tâchera de faire le point, avec la mesure et le sens des responsabilités qu'on lui connaît et qui lui a valu de présider plusieurs commissions « difficiles ».

  • Le monde ne cesse de devenir plus complexe, à mesure qu'augmentent le nombre des acteurs et les réseaux d'interdépendance, à mesure aussi que se multiplient les défis planétaires : défis énergétiques, menaces de l'hyperterrorisme, révolutions technologiques, etc. Dans ce monde de plus en plus " épais ", qui ou quoi maîtrisera le pouvoir ? Comment les décisions seront-elles prises ? En fonction de quoi ? Après l'ascension des États-Unis, allons-nous vivre l'ère de la prépondérance asiatique ? Dans ce livre, François Heisbourg s'efforce de dessiner ce que pourrait être le monde de demain, un monde pas forcément moins brutal que le précédent, mais où la brutalité sera moins aisément décisive.
    Comprendre et gérer l'épaisseur du monde est désormais le défi auquel nos sociétés et leurs dirigeants ont à faire face.

  • Le propos du livre est de traiter, au moyen des ressources contemporaines des
    sciences sociales, les grandes affaires qui ont, en leur temps et de faon
    durable dans l'histoire, divis une socit, occup le devant de la scne,
    mobilis ses enjeux politiques, intellectuels et symboliques. La liste des
    sujets claire le propos :
    * le procs de Socrate,
    * le scandale des Bacchanales,
    * la fabrique d'un saint au Moyen ge,
    * les affaires des favoris, d'Enguerran de Marigny Jacques Coeur,
    * l'affaire Boniface VIII,
    * les scandales de libertinage,
    * Voltaire et les affaires Calas et du Chevalier de La Barre,
    * l'affaire Rousseau-Hume,
    * l'affaire Dreyfus,
    * les affaires ditoriales pendant la guerre d'Algrie,
    * l'affaire Pinochet, la profanation du cimetire de Carpentras,
    * le terrorisme comme cause, ou la Fraction Arme Rouge,
    * l'affaire de Minimata. Pollution et empoisonnement au Japon.


  • Hormis l'Histoire de l'affaire Dreyfus, de Joseph Reinach, il n'y a pas eu de livre retraçant l'ensemble de l'Affaire, de ses tout débuts aux dernières péripéties de la réhabilitation. Or le livre de Reinach a été publié en. 1901.
    On s'en doute, un très grand nombre de documents ont paru depuis et, surtout, une quantité impressionnante de travaux ont été publiés un peu partout dans le monde.
    Le besoin d'une nouvelle histoire globale se faisait donc sentir.
    C'est ce défi qu'a relevé Philippe Oriol : après avoir publié lui-même plusieurs documents sur l'Affaire ou autour d'elle (notamment les Carnets d'Alfred Dreyfus), il a décidé de retracer l'ensemble des événements qui l'ont faite. Il a tout lu : la presse de l'époque, les archives, les libelles, les livres sérieux comme les plus fantaisistes.
    Aussi se montre-t-il capable de discuter dans le détail les divers points controversés de cette histoire, faisant litière d'un certain nombre de légendes (comme celle des aveux de Dreyfus), avouant ses doutes quand l'information est incertaine.
    Ce premier volume couvre la période 1894-1897, c'est-à-dire le déclenchement des événements, la campagne de presse (qui réserve de belles surprises), la dégradation et le bagne. C'est le moment le plus noir de l'histoire, celui pendant lequel seule la famille de Dreyfus et Bernard Lazare sont convaincus de son innocence et s'efforcent de faire entendre leur voix.
    L'ensemble comportera trois volumes, qui paraîtront chacun à un an d'intervalle.

  • Depuis les années 1980, au moment où les projets marxistes et révolutionnaires quittaient la scène, une nouvelle idéologie typiquement française s´est installée dans le paysage : le républicanisme. Tout le monde s´est mis à se réclamer de la république et de ses valeurs ; aucun mot n´est mieux porté, à droite comme à gauche. Le « modèle républicain » serait maintenant le modèle français. L´identification à la République est devenue l´épine dorsale de notre identité. Ce républicanisme recouvre, en vrac, notre conception de l´État de droit, la manière dont nous comprenons la laïcité et la séparation de l´Église et de l´État, notre conception de l´école méritocratique, etc. Et aussi la manière dont nous réglons les revendications particularistes, depuis le régionalisme jusqu´aux fameuses affaires du voile islamique et, maintenant, de la burqa.  Un regard sur ce qui se passe chez nos voisins européens nous aiderait à comprendre qu´on peut conjuguer d´autres façons les idéaux qui sont les nôtres et leur mise en application. Non seulement la République n´est pas l´apanage de la France, mais son principe devrait permettre d´articuler les identités particulières et la vie commune en laissant à l´individu un maximum de liberté dans le choix et l´expression de ses convictions. Ne serait-ce que dans la manière de gérer les revendications identitaires. Ne serait-ce aussi que dans la manière d´aborder la question de la religion et de son articulation au politique.  Il faut revisiter notre conception de la République, en espérant qu´on pourra ainsi la rendre moins arrogante, moins franchouillarde, en espérant aussi que notre actuel républicanisme cessera d´être un autoritarisme contraire aux principes d´une société démocratique.

  • "Je ne sais trop comment ça m´a pris, ou plutôt repris, aux alentours de la cinquantaine. Mais c´est devenu évident. Je me sens plutôt bien avec Jésus, dont le propos est quelquefois plus déroutant qu´on ne l´imagine ; mais il aimait la Samaritaine, le centurion, le publicain, la femme adultère, et les malades et les pécheurs. Je me sens plutôt bien avec la Vierge Marie, qui a les idées larges, et sur qui il me semble que je peux vaguement compter (peut-être aussi compte-t-elle un peu sur moi). Je me sens plutôt bien avec cette vieille Eglise de Rome, si compliquée, si historique, si couturée. C´est quand même ma maison. Ces dernières années, je me suis lié d´amitié avec Jean-Marc Bastière, qui avait senti tout cela un peu plus vite que moi. Nous avons souvent bavardé, puis échangé des courriels sur le sujet. Nous en avons fait ce livre à deux voix. Je n´ai rien à prêcher à ceux qui sont loin ou qui sont ailleurs. Je me sens juste mieux avec, que sans".

    François Taillandier "Il n´y a pas pire dessein que de vouloir défendre le christianisme. C´est un truc de tiède qui n´attire que le mépris. Celui qui aime n´a pas besoin de se justifier. Embrasé de passion, il ne peut retenir le trop-plein de son coeur.
    Celui-là va au fond des choses, celles du corps, du sentiment et de l´intelligence. Il est possible que, dans ce dialogue, nous choquions certains nouveaux dévots. Molière est toujours d´actualité, seuls les conformismes ont changé. Ce n´est plus : " Cachez-moi ce sein... ", mais " Cachez-moi ce Dieu que je ne saurais voir... " Mon itinéraire n´est pas celui de François, mon aîné dont j´apprécie tant les livres. Mais tous les chemins, on le sait, mènent à Rome. Certes, je me méfie des témoignages : la vie nous réserve toujours des surprises de dernière minute. Depuis mon enfance, j´ai vécu une suite de morts et de résurrections. Et en moi coexistent les deux France, la laïque et la catholique. Mais c´est toujours la même histoire d´amour." Jean-Marc Bastière

  • Ethique de la biologie, mais aussi éthique de la science, des affaires, des assurances, de l'entreprise, du corps et de la sexualité, de la communication, de l'environnement, de la famille... Les champs d'application de l'éthique sont sans limites.

    Composé de trois parties, cet ouvrage présente dabord les grandes options philosophiques (libéralisme, utilitarisme, éthique de la discussion, etc.) et les grandes figures (Aristote, Kant, Spinoza, Heidegger, Foucault, etc.) en matière déthique, puis les différents domaines concernés, et enfin les grands débats (pour ou contre la pornographie, le clonage, leuthanasie, léducation, lavortement...). Écrit de façon pédagogique, il donne une bibliographie très actuelle pour chaque entrée, un index des thèmes et des noms. L'ouvrage rassemble plus de cinquante intervenants francophones.

  • « J'ai mis 20 ans à me débarrasser de toutes les théories pédagogiques avec lesquelles les cadres de l'éducation nationale m'ont empêché de faire mon métier.

    J'étais un jeune instituteur progressiste, militant des pédagogies actives, convaincu de la supériorité et de l'intelligence de la méthode de lecture dite ?naturelle'. A ma sortie de l'école normale d'instituteurs en 1977, j'avais surtout bien appris une chose: mes prédécesseurs, instituteurs d'avant, étaient des quasi-incapables, des petits tâcherons un peu ridicules, travaillant à l'envers, retournant inlassablement la terre là où elle ne produira jamais rien, et laissant en friche les secteurs productifs qu'il suffit de remuer si peu.

    Moi, j'ai cru tout. J'ai été un normalien convaincu. Sous la propagande de mes professeurs, j'ai blâmé mes anciens pour leur désinvolture à faire des dictées, qui ne sont que basses « évaluations normatives ». J'ai été un gentil, j'ai tout fait, des groupes, des activités d'éveil, de la grammaire fonctionnelle, de la lecture naturelle, des maths modernes, de l'animation, de l'auto-apprentissage, de l'histoire des objets, du décloisonnement, de la créativité, des études dirigées ... Non, non, c'est vrai. J'ai cru tout et j'ai fait, bien loin et bien fort, et les maîtres plus anciens qui continuaient à oser faire des dictées ou à apprendre la lecture par syllabage systématique ou à faire apprendre les tables, arrivaient à mieux. En 6ème, leurs élèves passaient tous devant. Et les miens, choyés de méthodes modernes, ont subi un handicap scolaire dont j'ai honte maintenant. Honte ? Pas tant que ça, pas tant que ça ... Car je suis comme bon nombre d'entre nous, j'ai corrigé le tir, j'ai bouché les trous trop criants, j'ai essayé et remué dans beaucoup de directions. Et ce travail m'a fait faire une révolution ... Aujourd'hui, j'ai fait le grand tour. Alors, j'ai écrit un livre. »

  • Le livre d'Yves Michaud est construit autour d'un paradoxe.
    Nous vivons dans le monde du triomphe de l'esthétique. Tout est supposé être beau : les produits packagés, les corps du body-building, l'environnement protégé et préservé, la nourriture dans les assiettes ; même les cadavres sont emballés dans des housses plastique clean.
    Nous vivons dans un monde cosmétique. Mais ce triomphe de l'esthétique s'acomplit dans un monde vide d'oeuvres d'art, au sens de ces objets rares, hyper valorisés, qu'on accrochait dans les musées et qu'on venait contempler religieusement. Les tableaux accueillent des fragments de papier peint ou de linoléum, des collages, des éléments de récupération, jusqu'au moment où il n'y aura plus du tout de tableau, au sens d'une surface colorée. Ce qui remplace l'oeuvre ? Des happenings, des « installations », des « performances ».
    Ce n'est pas la fin de l'art et il n'y a pas lieu de crier au scandale. Mais c'est la fin du régime traditionnel de l'art, celui où il produisait des objets.

  • De nombreux ouvrages ont été consacrés à Chirac, mais tous sont du genre biographique, et se fondent sur des entretiens ou des confidences. Aucun n´est consacré à l´analyse de ses discours et autres textes politiques. Si plusieurs de ces textes sont seulement circonstanciels et sont écrits en pure langue de bois, beaucoup d´autres témoignent de sa part d´une constance que l´on n´aurait pas attendue : sur les questions de l´impôt, du chômage, de la politique internationale, du régime présidentiel, de la famille, de la réforme de l´État, par exemple, Chirac n´a pas varié. En revanche, ce qui frappe à la lecture de ces textes, ce sont leurs contradictions entre eux : notre président veut - avec constance - plus de lois mais moins d´État, plus de protection sociale mais moins d´impôts, plus d´armée mais moins de dépenses publiques, et aussi leur contradiction avec l´époque : leur décalage avec la réalité se manifeste de manière criante, tant au plan national qu´au plan international.

  • « Observer que, d´Aquitaine - espace géographique et culturel qu´il nous revient de définir - sourd depuis des siècles une persistante rumeur de mots, de choses écrites, lues ou déclamées avec un art spécifique, n´est pas soutenir une thèse, ou prononcer un plaidoyer. C´est formuler, non sans étonnement, une observation où peut se glisser, venant d´un indigène, une pointe de vanité. Comme si tel ou telle d´entre nous avait le moindre titre à se prévaloir du génie de Montaigne ou de Montesquieu. On ne se retiendra pas pour autant de faire référence à ses deux plus illustres écrivains pour mettre en lumière cette vocation de l´Aquitaine à donner naissance à des gens du livre - poètes, conteurs, essayistes, romanciers ou critiques - dont le trait commun est qu ´ils ne furent ni prophètes, ni inventeurs de mondes, ni lanceurs d´anathèmes, ni voyants illuminés, mais plutôt des maîtres de sagesse, des médiateurs, des avocats de la liberté plus enclins à la conciliation qu ´à l´affrontement - Montaigne plutôt que Pascal, Montesquieu et non Rousseau, Mauriac mieux que Bernanos... » Dans ce livre, Jean Lacouture présente une série de dix portraits d´écrivains de l´Aquitaine, depuis les troubadours jusqu´à Claude Mauriac, en essayant de réfléchir à cette double allégeance : à leur région et à l´universalité de la littérature. Principales figures : Montaigne, Marguerite de Navarre, Jacques Rivière, Élie Faure, Gaétan Picon, Claude Mauriac.

  • On va fêter, en 2005, le centenaire des lois sur la laïcité. Or il se trouve que la présence en France d´une forte minorité de religion musulmane remet au coeur de la discussion publique des problèmes qui évoquent ceux qui s´étaient posés il y a un siècle, au moment de l´affrontement de l´État républicain et de l´Église catholique. Les mêmes problèmes ? La laïcité est une spécificité très française, incompréhensible tant en Grande-Bretagne, où douanières et policières peuvent porter le voile, qu´aux États-Unis, où aucun président ne peut être élu sans parler de Dieu. Parallèlement, quand on parle de l´islam, de quoi parle-t-on ? Du dogme ? Mais il fait l´objet de débats et d´interprétations variées parmi les musulmans eux-mêmes. L´islam a quitté le Moyen-Orient et c´est d´ailleurs pour cela que la question de ses rapports avec la laïcité à la française se pose. Le propos de cet essai est de déplacer ces questions du domaine théologique et culturel vers le domaine politique. Car la question de la laïcité est d´abord politique. Ce sont un contexte et des démarches politiques qui amènent les instances musulmanes à s´intégrer dans la laïcité. L´acceptation du pouvoir séculier et la reconnaissance de l´autonomie du religieux ne viennent pas de débats théologiques, mais bien de décisions politiques. L´islam est ainsi transformé d´une part par un processus de sécularisation de la société (dont la ré-islamisation ambiante est paradoxalement l´une des manifestations, car on ne re-islamise que ce qui est sécularisé), et d´autre part par une intégration politique qui se négocie, comme l´illustre la construction du Conseil français du culte musulman. Ainsi, dans chaque pays occidental, l´islam s´intègre non pas selon ses propres traditions mais selon la place que chaque société a défini pour le religieux, de la bienveillance anglo-saxonne à la suspicion gauloise.

  • Trop souvent, la philosophie se présente comme une série de problèmes qui seraient à la fois inévitables et insolubles pour tout esprit normalement constitué et qui fait de la philosophie : Dieu, les relations du corps et de l'âme, la liberté, le bonheur, etc. Henri Atlan et Roger-Pol Droit souhaitent indiquer des chemins qui mènent ailleurs - paraphrasant ainsi le titre de Heidegger, Chemins qui ne mènent nulle part. Ils conduisent vers des contrées intellectuelles où ces grandes impasses, tout simplement, n'existent pas. La pensée juive, celle du Talmud comme de la Kabbale, la pensée indienne, celle du brahmanisme et du bouddhisme, forment des univers philosophiques où nos interrogations réputées les plus nécessaires n'ont plus de consistance.

    Il est donc possible de revisiter quelques grands thèmes fondamentaux de la pensée philosophique occidentale en montrant qu'ils ne possèdent plus, dès qu'on les déplace ailleurs, le même sens ni la même nécessité. Le dialogue entre Henri Atlan et Roger-Pol Droit avance dans cette direction, susceptible de modifier ce que nous appelons «universel». Les auteurs parlent clair. Leur échange de vues s'adresse à un large public. Aucune connaissance spécialisée n'est requise pour suivre cette tentative d'ouvrir la pensée à de nouveaux horizons. Pour faciliter les repères, les principaux textes auxquels les auteurs font référence sont reproduits sous forme d'encadrés.

  • Après le volume Ce que peut la littérature, voici un recueil de textes issus de l'émission « Répliques » sur la thématique de la France. On sait qu'elle est au coeur des préoccupations deAlain Finkielkraut.

    Les émissions retenues et les contributeurs sont :
    - La République et la philosophie (Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais) - Y a-t-il un fascisme français ? (René Rémond, Zeev Sternhell) - Être français aujourd'hui (Pierre Nora, Paul Thibaud) - La laïcité (Lionel Jospin, Maurice Agulhon) - Michelet et les historiens (François Furet, Jacques Le Goff) - La France, pays catholique ? (Danièle Hervieu-Léger, Henri Tincq) - La France et les Juifs (Michel Winock, Paul Thibaud) - Mitterrand ou l'engouement de la mémoire (Hubert Védrine, Christophe Barbier) - Y a-t-il une question noire en France ? (Stephen Smith, Françoise Vergès) - La galanterie française (Mona Ozouf, Claude Habib) - Les problèmes de l'immigration (Patrick Weil, Michèle Tribalat)

  • Le premier livre de Jean-Michel Aphatie, journaliste politique, aujourd'hui sur RTL, il n'y a pas si longtemps sur France Inter, lui ressemble. Il raconte un parcours atypique, qui commence un 10 mai 1981, quand le jeune Jean-Michel, alors âgé de vingt-deux ans, découvre en même temps que la France entière le visage de François Mitterrand, vainqueur de l'élection présidentielle, sur un écran de télévision. Le jeune Aphatie est alors serveur au Café de la Poste, à Lourdes. « C'est une vie sans direction », écrit-il, qui l'a mené là. L'école n'a plus voulu de lui après la troisième. Il a juste le temps d'arracher son BEPC et commence à travailler dans le commerce que ses parents tiennent en gérance. La politique est alors pour lui une chose bien lointaine.
    Le 10 mai 1981, il n'a pas voté. « Je n'ai même pas dû y penser », précise-t-il. Et pourtant, après l'élection de François Mitterrand, il se dit que sa vie pourrait commencer. Il s'inscrit quelques mois plus tard à un examen spécial pour entrer à l'université, le réussit et choisit bientôt, à la fi n de ses études, dans un premier temps le Parti socialiste auquel il adhère, puis le journalisme quand il n'y adhère plus.
    Ses années de jeunesse fixent à jamais le caractère de Jean-Michel Aphatie. On comprend mieux, en suivant son récit, pourquoi il ne fait pas du journalisme politique comme les autres. D'où lui viennent cette simplicité, cette liberté de ton et de parole.
    On sera surpris par ce livre où, pour la première fois, Aphatie, après avoir évoqué ses origines, nous livre ses interrogations, ses humeurs mais aussi et surtout ses vérités sur le monde politique qu'il observe chaque jour, sans complaisance mais avec la plus grande gourmandise.

  • Mystérieusement absent de la campagne présidentielle, le thème de l´école ne va pas tarder à réapparaître dès que le nouveau président aura pris ses fonctions.

    Les principales questions débattues dans ce volume sont celles :o de la formation des maîtres (IUFM) ;o de l´apprentissage de la lecture ;o de l´enseignement des humanités ;o de la langue française/des langues régionales ;o de la réforme des universités ;o de l´autorité.


    Parmi les intervenants : Philippe Meirieu, François Bayrou, Daniel Bancel, Philippe Raynaud, Alain Bentolila, Jean-Pierre Rioux, Luc Ferry, Guy Carcassonne.

  • Jamais l´accord sur les objectifs et les valeurs de l´éducation n´a été aussi large : tout le monde se retrouve dans l´idéal d´une éducation vraiment démocratique.

    Mais jamais l´incertitude n´a été aussi grande quant aux moyens à employer pour y parvenir. Les divisions font rage chez les professionnels de l´éducation. Les uns souhaitent le retour à des pratiques qui, disent-ils, ont fait leurs preuves ; les autres s´efforcent d´adapter les discours et les pratiques à une réalité sociale nouvelle et confuse. L´effort des trois auteurs est ici de repenser radicalement le lien entre démocratie et éducation, en s´interrogeant cette fois sur les conditions de l´enseignement. Car nous nous accordons tous pour dire que l´école doit transmettre des savoirs, mais nous ne savons plus quelle signification ce mot a aujourd´hui. Qu´est-ce qu´un savoir dans un monde qui égalise toutes les convictions ? Qu´est-ce que l´autorité dans un monde qui énonce l´égalité des individus ? Qu´est-ce que la transmission dans un monde marqué par l´instantanéité et la coupure des générations ?

    Tant que l´on n´aura pas posé ces questions, et qu´on ne leur aura pas trouvé d´éléments de réponse, on continuera à ne pas savoir ce qu´enseigner veut dire.

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