Seuil

  • Hubert Reeves, astrophysicien, a enseigné la cosmologie à Montréal et à Paris. Il a publié au Seuil de nombreux ouvrages dont Patience dans l'azur, Poussières d'étoiles, Je n'aurai pas le temps, L'Univers expliqué à mes petits-enfants, J'ai vu une fleur sauvage qui ont rencontré la faveur d'un très large public. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité et de la nouvelle Agence française pour la biodiversité.
    Près de l'étang de Malicorne, face au grand saule pleureur qui se reflète dans l'eau calme, se trouve un banc de bois : "Le banc du temps qui passe".
    Je m'y assois pour tenter de sentir ce mince filet du temps qui nous porte tout au long de notre existence.
    Après un moment de silence, me viennent à l'esprit des pensées qui prolongent ma constante interrogation sur le monde. Méditer sur ce monde qui m'émerveille, me fascine et m'inquiète à la fois, c'est aussi chercher à me rassurer.
    Ce livre est destiné à tous ceux qui se posent des questions sur le grand mystère de la réalité dans laquelle nous sommes projetés pour un temps. Je veux partager ici mes réflexions sur des thèmes qui me tiennent à cœur. Je cherche à exprimer ce qui se dégage de mes expériences de vie et de mon métier d'astrophysicien, pour livrer à ceux qui me font l'honneur de s'y intéresser mes convictions intimes, celles qui jouent pour chacun un rôle majeur quand nous avons à juger d'une situation ou à prendre une décision concrète.
    Mais rien de ces pages n'est définitif. Tout y est provisoire et à remettre à jour - indéfiniment.
    H. R.

  • " Le but de ces pages est de faire connaître un des domaines les plus admirables de la nature : celui des fleurs sauvages dans nos campagnes. Des splendeurs à portée de chacun, mais que l'on peut piétiner toute sa vie sans jamais se pencher pour les admirer. On passe ainsi à côté de joies, à coup sûr renouvelables chaque année. Ce plaisir intense exige un apprentissage : savoir reconnaître ces fleurs demande un peu de patience mais se révèle gratifiant au possible, tant est grande la diversité des fleurs sauvages et leurs variations selon les moments de leur vie – et de la nôtre. Pour faciliter cette initiation, j'ai souhaité livrer mon rapport personnel à chacune de ces fleurs. " H. R.
    Chaque fleur est illustrée par de superbes photos couleur de Patricia Aubertin, prises dans la campagne de Malicorne.
    Un site compagnon www.herbier-hubert-reeves.fr enrichit ces présentations avec plus de 600 photos originales à toutes les saisons et sous tous les angles.
    Hubert Reeves, astrophysicien, a enseigné la cosmologie à Montréal et à Paris. Il a publié au Seuil de nombreux ouvrages dont Patience dans l'azur, Poussières d'étoiles, L'Univers expliqué à mes petits-enfants, qui ont rencontré la faveur d'un très large public. Il est président d'honneur de l'association Humanité et Biodiversité et de la nouvelle Agence française pour la biodiversité.

  • « Ce livre est une invitation a regarder le monde comme un lieu ou s'exerce une formidable volonte de vivre, un lieu fecond ou ca veut, ca peut, ca evolue, ca coute, ca donne et ca risque.
    J'ai ajouté des images à ces propos : une sorte de diaporama de nos origines. L'exercice recommandé consiste à les contempler longuement pour bien les percevoir. Parce qu'elles touchent non seulement nos idées mais aussi nos émotions.
    Vous voila tous, lectrices et lecteurs, convies a ce spectacle. Mon seul but est d'alimenter les reflexions autour du grand et tragique mystere de notre existence. » H. R.

    Un livre aussi concis que profond, qui allie la vulgarisation la plus accessible à la méditation la plus haute, et dont le texte est amplifié par le contrepoint de fascinantes images de notre monde.

  • Pourquoi les girafes ont-elles un si long cou et les zèbres des rayures ? Quel rapport entre une foule de supporters sportifs et un troupeau de gazelles ? Avez-vous déjà frémi d'épouvante à la mention du mot " ratel " ?
    Les animaux de la savane africaine ont encore beaucoup à nous apprendre. Ce livre vous expliquera le talent des termites bâtisseurs qui construisent des orgues pour respirer, le rôle du hasard dans la fuite de la gazelle, la dictature quotidienne que subissent les éléphants alors que les buffles vivent en démocratie, l'importance de la Voie lactée pour les bousiers, et le point commun entre les tétons humains et le pénis des hyènes.
    " Rien en biologie n'a de sens, si ce n'est à la lumière de l'évolution ", disait un célèbre généticien. Mais cette lumière projette des ombres étranges et difficiles à décrypter, et les sujets présentés sont aux frontières actives de la recherche scientifique !
    Un livre d'histoires naturelles, contées avec légèreté et humour par un jeune biologiste aventureux et superbement illustrées par ses photographies.
    Léo Grasset est titulaire d'un master en biologie. Après un travail de terrain au Zimbabwe, il étudie l'impact des écosystèmes sur les sociétés humaines.
    Dessins in texte de Colas Grasset ; photos en couleurs, hors texte, de l'auteur.

  • Comment sommes-nous devenus humains ? Si la question de l'origine de l'Homme fascine le grand public, et souvent les chercheurs eux-mêmes, celle de l'évolution humaine et de ses processus est méconnue. Mais aussi cruciale pour la connaissance de notre espèce que l'apparition des « premiers Hommes » est la longue histoire du développement des traits qui nous caractérisent, la culture et le langage au premier chef.

    Comment les « arbres » de l'évolution humaine sont-ils construits ? Comment les nombreuses espèces d'Hominines connues sont-elles définies et situées sur leurs rameaux ? Comment la génétique des populations et la biologie moléculaire s'accordent-elles avec les conclusions tirées de l'étude des fossiles ? Comment penser l'articulation de l'évolution biologique et du devenir culturel ? Les transformations du cerveau éclairent-elles l'émergence de la cognition humaine, et celle du langage ? Quelle place les « scénarios d'hominisation » donnent-ils à la femme dans l'histoire du devenir humain ? Comment, enfin, concevoir l'« exception humaine » dans l'histoire du vivant ?

    Ce livre s'attache à dévoiler les concepts, les présupposés et les implications des sciences de l'évolution humaine aujourd'hui. Il éclaire ainsi la question - qui résume toutes les interrogations philosophiques : qu'est-ce que l'Homme ?

  • Savons-nous vraiment ce qu'est une plante ? Nos sciences naturelles, dominées par le modèle animal, méconnaissent les spécificités du monde végétal. C'est une vision neuve de ce monde, riche de surprises, que propose l'auteur, et qu'il illustre de sa main experte. Souvent considérées comme une forme de vie inférieure, les plantes constituent pourtant un succès biologique qui vaut, ou même dépasse, celui des animaux ; mais notre vision "zoocentrique" de la biologie nous empêche de le percevoir. Nous ne pourrions pas vivre sans les plantes, alors qu'elles n'ont pas besoin de nous. Plutôt que de les considérer comme des cas particuliers d'importance mineure dans une biologie focalisée sur l'animal et l'homme, ne faut-il pas recentrer les sciences de la vie sur ces êtres énigmatiques, silencieux, immobiles et trop méprisés, à qui nous devons notre existence ?
    "Je rêve d'une botanique qui saurait se déterminer de façon autonome, selon ses propres règles, cessant d'être à la traîne derrière la physiologie animale ou humaine : prenant en compte la plante elle-même, comme une forme de vie originale, comme un modèle en matière d'autonomie et de restauration de l'environnement, elle pourrait retrouver sa place au centre des sciences de la vie. Dans notre monde de fric, de frime, de pub, de bruit, de pollution et de brutalité, quel meilleur témoignage que celui des plantes, belles et utiles, discrètes et autonomes, silencieuses et d'une totale non-violence ?"
    F. H.

  • " Malicorne est un petit village de Puisaye, le pays de Colette, situé au nord de la Bourgogne.
    Dans cette campagne grasse, verdoyante, légèrement vallonnée, on peut enlever sa montre et s'insérer dans le rythme de la nature. Ce livre est né de mes promenades dans cette campagne.
    Il s'est fait un peu tout seul. J'en ai été plus le spectateur que l'auteur. Je le dois aux trainées de lumière dorée sur le tapis luisant des pervenches dans la pénombre du sous-bois.
    Là, une grande paix m'envahit. Attentif aux sons et aux odeurs, je m'éveille à la présence tranquille du monde végétal. Je me sens vivant, à la surface de la planète Terre, à l'instant présent de l'évolution de l'univers. "
    Hubert Reeves s'interroge ici sur les rapports entre science et culture, " entre ce qu'on sait et ce qu'on fait " : en quoi les nouvelles connaissances scientifiques modifient-elles le regard que nous portons sur notre activité d'humains ? Des réflexions qui prennent valeur de témoignage et d'inspiration.

  • " Les oiseaux, leurs prouesses, leurs migrations, offrent l'un des plus émouvants témoignages de la prodigieuse richesse de notre univers. Comment le vol gracieux des hirondelles a-t-il pu émerger de la chaotique matière primordiale ? Les oiseaux seront ici nos guides dans la recherche des ferments du levain cosmique.
    Dans son évolution créatrice, la nature met en jeu toutes ses forces, elle fait feu de tout bois. Lève la pâte du cosmos : dans les débris d'étoiles éclatées, les atomes d'hydrogène et d'oxygène s'associent pour donner l'eau vitale, et les cellules se fédèrent en organismes au sein de l'océan primitif de la Terre. Il y a soixante cinq millions d'années, la chute d'une météorite au Mexique fait disparaître les dinosaures, et les mammifères se développent ; dans cette lignée évolutive à succès, apparaissent l'Homme et la pensée. Ce levain cosmique nous le portons en nous. C'est lui qui nous incite à poursuivre, à notre modeste échelle et pendant notre brève existence, la fabuleuse odyssée de la complicité cosmique. "
    H. R.

  • À l'heure où prospèrent sur les réseaux sociaux les attaques les plus diverses et les plus régressives contre la théorie de l'évolution, voici un bref vade-mecum de défense et illustration de cette théorie, trop souvent mal comprise.
    En une trentaine de questions-réponses concises sont discutés et réfutés les arguments critiques les plus couramment développés : " Si l'Homme descend du Singe, pourquoi reste-t-il des singes ? " ; " Ce n'est qu'une théorie ! Cela veut dire que personne n'a de certitude " ; " La nature est trop bien faite pour être le fruit du hasard " ; " La probabilité de formation spontanée d'une molécule biologique est infime ", etc.
    Une indispensable contribution à la salubrité intellectuelle collective !
    Thomas C. Durand est docteur en biologie végétale. Il a écrit quelques romans et pièces de théâtre, et a créé une chaîne très suivie sur YouTube, La Tronche en Biais. Il a déjà publié au Seuil un essai remarqué, L'Ironie de l'évolution (" Science Ouverte", 2018), qui a obtenu le prix La Science se livre 2019.

  • Hubert Reeves se livre ici comme il ne l'avait jamais fait.
    De son enfance québécoise à sa carrière scientifique internationale, de son milieu familial à sa renommée médiatique et à ses engagements écologiques, c'est la vie à la fois exemplaire et singulière d'un chercheur d'aujourd'hui qu'il nous raconte à la première personne.
    Comment les expériences de sa prime jeunesse dans la nature canadienne ont forgé sa passion pour le cosmos, comment les enthousiasmes et les déceptions de sa formation scientifique l'ont amené au désir de partager son savoir, comment la philosophie, la religion, la musique se sont indissolublement mêlées à sa quête intellectuelle, comment les rencontres d'autres grands esprits ont orienté le sien, comment ses voyages autour de la planète l'ont amené à en devenir un défenseur fervent – tous les lecteurs de Hubert Reeves le retrouveront ici plus proche encore, et de nouveaux le rejoindront.
    En un temps où l'aventure scientifique devient incertaine, découvrant ses limites dans ses succès mêmes, la valeur d'un tel témoignage est sans égale.
    Hubert Reeves, astrophysicien, a publié au Seuil de nombreux ouvrages dont Patience dans l'azur, Poussières d'étoiles, Mal de Terre, Chroniques cosmiques, qui ont rencontré la faveur d'un très large public. Il préside la Ligue ROC, pour la préservation de la faune sauvage.

  • Ce livre rhapsodique réunit des essais sur l'histoire, la culture, la philosophie, la littérature, la langue, des sciences modernes. Il s'agit, comme dans une éprouvette de chimiste, de provoquer des réactions entre ces diverses matières de pensée, dans l'espoir de voir se produire des combinaisons inédites et stimulantes.
    La science aujourd'hui est trop complexe quant à son travail propre, trop impliquée dans les rapports sociaux, trop liée aux formes idéologiques dominantes, pour n'être analysée qu'en termes épistémologiques, sociologiques ou historiques séparés. C'est de tous côtés à la fois qu'il s'agit de la comprendre – et, peut-être, de la transformer.
    De la confrontation entre une histoire de la science à venir, une analyse du réel selon la physique, une réflexion sur les rapports de Simone Weil ou de Bergson avec la science, une relecture moderne de Lucrèce, un apologue sur l'ignorance savante, une visite au chat de Schrödinger, une lettre à Marie Curie et une autre à Gustave Flaubert, un éloge des controverses, une lecture critique de la culture scientifique, un divertissement sur la chute des astronomes dans les puits, un scénario de science-friction, etc., on souhaite que se dégage une certaine effervesc(i)ence.
    Jean-Marc Lévy-Leblond, professeur émérite de l'université de Nice, est physicien, essayiste et éditeur. Il est aujourd'hui l'un des meilleurs artisans de la " mise en culture " des sciences.

  • "Un jour des années 1980, des professeurs de mathématiques ont l'idée de poser à des enfants de l'école primaire le problème suivant : "sur un bateau, il y a 26 moutons et 10 chèvres, quel est l'âge du capitaine ?", et se trouvent embarqués malgré eux dans une étrange et inquiétante aventure sur l'océan du non-sens.
    Qu'en est-il vraiment du sens en mathématiques ?
    Où se trouve-t-il ? Et que s'en transmet-il ? Face à la conformité muette et infime des "bons résultats", que révèlent les monceaux de réponses fausses, de réponses "folles" ? Que nous apprennent les erreurs sur le fonctionnement psychique réel d'un sujet confronté à un savoir, sur la nature de ce savoir, et sur les modalités de sa transmission ?"
    Stella Baruk propose aux enseignants, aux enseignés et à leurs parents une approche neuve à l'enseignement des mathématiques, où l'erreur cesse d'être faute dévalorisante pour devenir étape constitutive. Elle reçoit dans sa démarche l'aide en retour de ceux qu'elle a aidés, parfois sauvés : Thierry, Lisa, Christian - et l'appui d'un certain Gustave F., qui, en 1843, saturé de souffrance mathématique, en inventait ce symbole dérisoire et pérenne, le problème de l'âge du capitaine.


  • Kurt Gödel (1906-1978) fut sans doute l'un des plus grands logiciens de l'histoire. Son théorème d'incomplétude, publié en 1931, est peut-être la proposition mathématique la plus significative du XXe siècle. Il a bouleversé les fondements des mathématiques et fait l'objet de commentaires philosophiques sans fin et d'exploitations abusives sans nombre. Gödel ne publiera que peu pendant la cinquantaine d'années qui suivront. Mais il laissera des milliers de pages de notes philosophiques inédites.
    On connaissait déjà les excentricités de la vie de Gödel, qui, craignant d'être empoisonné, mourra quasiment d'inanition. Ses notes, décryptées et étudiées ici pour la première fois en français, révèlent une pensée encore plus surprenante. Elles montrent que Gödel croyait aux anges comme au diable – parmi bien d'autres étrangetés. Il tente au cours des années de constituer ces idées bizarres en système logiquement cohérent, dont l'analyse éclaire d'un jour nouveau ses découvertes mathématiques.
    Cette apparente " folie " d'un esprit génial pose de redoutables questions sur la nature même de la pensée logique. L'auteur de cet essai les aborde sans hésiter à y impliquer sa propre subjectivité, sous forme de courtes fictions fantasmées. Un livre aussi inquiétant que stimulant.
    Pierre Cassou-Noguès est agrégé de mathématiques et docteur en philosophie. Chargé de recherches au CNRS, il enseigne également à l'UFR de philosophie de l'université Lille III.

  • Echec et maths

    Stella Baruk

    On ne devrait plus pouvoir enseigner les mathématiques comme on les enseigne après avoir lu Échec et maths. Ce petit livre impertinent, devenu un grand classique, porte un coup fatal à quelques mythes, y compris ceux qui soutiennent les pédagogies obscurantistes et psychologisantes, qui, au contraire de ce qu'elles souhaitent obtenir, transforment des enfants vivants en automathes. Depuis, Stella Baruk a amplement prouvé par ses travaux ultérieurs sur le statut réel des mathématiques et sur les capacités de ceux qui les apprennent, que l'on peut efficacement lutter contre l'échec en maths.
    Stella Baruk continue depuis trente ans à partager son temps entre la recherche en pédagogie et l'enseignement, de la " rééducation " des élèves dits " en difficulté " jusqu'à la formation des maîtres destinés à lutter contre l'échec scolaire et l'innumérisme, illettrisme du nombre. Stella Baruk intervient dans de nombreux pays francophones, où sa réflexion sur l'enseignement est très prisée. Elle a notamment publié L'Âge du capitaine, Fabrice ou l'école des mathématiques, le fameux Dictionnaire de mathématiques élémentaires et récemment le Dico de mathématiques pour le collège et le CM2.

  • Une interprétation expéditive du darwinisme a fait trop souvent de la " survie du plus apte " l'argument des manifestations ordinaires de la loi du plus fort : élitisme social, domination de race, de classe ou de sexe, esclavagisme, élimination des faibles. Patrick Tort, spécialiste de l'œuvre de Darwin, montre qu'en réalité la civilisation, née de la sélection naturelle des instincts sociaux et de l'intelligence, promeut au contraire la protection des faibles à travers l'émergence – elle-même sélectionnée – des sentiments affectifs, du droit et de la morale. Pour emblème de cet " effet réversif " de l'évolution, l'auteur choisit la bande de Möbius, dont la face unique résulte d'un retournement continu. Un essai pour en finir avec la tentation toujours présente d'utiliser Darwin pour justifier l'injustifiable.
    Patrick Tort, philosophe, historien et théoricien des sciences, est le fondateur de l'Institut Charles Darwin International (www.darwinisme.org). Professeur détaché au Muséum, il est l'auteur de nombreux ouvrages et le directeur du Dictionnaire du darwinisme et de l'évolution (PUF).

  • La biodiversité est aujourd'hui l'un des maîtres-mots de tout discours environnemental. Après une trentaine d'années de diffusion du terme, un examen attentif fait pourtant apparaître que son succès médiatique s'est accompagné d'un affaiblissement de sa validité scientifique. Ont surgi nombre d'arguments qui s'éloignent des faits avérés ou des analyses sérieuses, conduisant ainsi à un catastrophisme ambiant mal fondé.
    Alain Pavé, dont la compétence scientifique dans le domaine est incontestée, propose une analyse critique novatrice et bienvenue, riche d'exemples concrets souvent surprenants, de l'escargot de Quimper à l'ours pas toujours blanc.
    Loin de prendre le simple contre-pied des idées reçues et d'ouvrir la voie à un quelconque écoscepticisme, l'auteur montre que la prise en compte des réelles menaces qui pèsent sur le vivant demande une compréhension beaucoup plus fine de sa diversité et des mécanismes, évolutifs en particulier, qui la gouvernent et où l'aléatoire joue un rôle déterminant.
    Il s'agit ici rien moins que de proposer une refondation du concept de biodiversité, à la mesure de son importance et de l'intérêt qu'on doit y porter. La pensée écologique ne pourra que profiter de ce changement de perspective.
    Alain Pavé
    Professeur émérite de l'université de Lyon, Alain Pavé est un biométricien et un spécialiste reconnu des sciences de l'environnement. Il a notamment publié aux éditions EDP Sciences La Nécessité du hasard (2007), La Course de la gazelle (2011) et Les Cailloux du Petit Poucet. (2015).

  • " Qu'est-ce que la vie ? ", se demandent depuis des siècles naturalistes, biologistes et philosophes. Et si, pour tenter d'y répondre, on renonçait à donner du monde vivant une définition figée, pour mieux prendre en compte sa nature dynamique et ses échanges permanents avec le reste de l'univers ? De fait, la nature et maintenant les laboratoires recèlent un incroyable bestiaire d'infravies, des entités qui défient la classification binaire entre vivant et non-vivant. Plus surprenant encore, il ne s'agit pas d'exceptions mais, au contraire, des éléments mêmes sur lesquels repose l'existence du monde vivant.
    Ce livre révèle ces infravies et les accueille dans une nouvelle perspective théorique. Il propose une caractérisation scientifique inédite du vivant, qui exige d'abandonner certaines des métaphores les plus puissantes de notre temps, comme celle du vivant-machine. Cette épistémologie renouvelée, amenant à concevoir une vie sans frontières, a des répercussions majeures sur le regard éthique que nous posons sur les vivants.
    Un ouvrage d'une puissante originalité.
    Thomas Heams est maître de conférences en génomique animale à AgroParisTech, et chercheur à l'INRA.
    Il enseigne les biotechnologies et l'histoire des idées scientifiques. Il est aussi l'auteur d'un roman, Cent seize chinois et quelques, publié avec succès au Seuil (2010).


  • Terre de France raconte l'histoire du territoire national sous la forme d'un parcours initiatique à travers ses paysages les plus spectaculaires.
    Ce voyage dans le temps débute il y a 500 millions d'années en Bretagne, rend visite aux dinosaures du Jurassique en Bourgogne et du Crétacé en Provence, passe par le soulèvement des Alpes, la construction des volcans d'Auvergne et l'assèchement de la Méditerranée, et se termine par l'arrivée d'Homo sapiens sur le littoral français.
    Tout au long du parcours, on note les indices de ces aventures passées dans nos paysages actuels: ici, parmi les ceps de vigne, les éclats d'argile sont des coquilles d'œufs de dinosaures ; ailleurs, les pierres multicolores qui ornent les murs d'un château sont les blocs éjectés par un impact d'astéroïde.
    Dans chaque chapitre, une carte de France de l'époque évoquée, aux rivages et aux reliefs insolites ; une vue d'artiste des événements et animaux préhistoriques ; des encadrés sur les monuments à visiter, et des itinéraires – à pied ou en voiture – pour explorer les sites les plus marquants de la région.
    Charles Frankelest géologue et spécialiste du système solaire. Il se partage entre la recherche, l'écriture et la réalisation de documentaires et a déjà publié au Seuil, La Vie sur Mars, " Science ouverte ", 1999 et La Mort des dinosaures, " Points sciences ", 1999.
    Illustrations intérieures de Pierre-Emmanuel Paulis

  • " Ainsi, toutes ces combinaisons infiniment fertiles de la matière, cette activité nucléaire des étoiles, ce bourdonnement électromagnétique des nébuleuses interstellaires, cette fièvre biochimique exubérante de l'océan primitif, tout n'aurait d'autre sens que de préparer l'holocauste nucléaire ? La conscience n'émergerait-elle – en quinze milliards d'années – que pour s'éliminer en quelques minutes ?
    L'univers engendre la complexité. La complexité engendre l'efficacité. Mais l'efficacité n'engendre pas nécessairement le sens. Elle peut aussi conduire au non-sens.
    Potentiellement, le conflit est inscrit depuis les temps les plus reculés, dans le développement de l'univers et l'édification de la complexité. Avec l'homme, il prend sa dimension tragique. Simultanément, une issue se dessine. Il revient à l'être humain de donner un sens à la réalité.
    /> Nous (notre génération) sommes les témoins et les acteurs de cette période de l'histoire où ce problème entre dans sa phase décisive. Si nous avons un rôle à jouer dans l'univers, c'est d' aider la nature à accoucher d'elle-même. L'être le plus menaçant est aussi le seul qui puisse faire réussir l'accouchement.
    L'intelligence n'est pas nécessairement un cadeau empoisonné. L'absurde est encore évitable. L'éveil de la jubilation est, peut-être, l'antidote le plus efficace. "
    Hubert Reeves

  • Fabriquer un être humain supérieur, artificiel, voire immortel, dont les imperfections seraient réparées et les capacités améliorées. Telle est l'ambition du mouvement transhumaniste, qui prévoit le dépassement de l'humanité grâce à la technique et l'avènement prochain d'un " homme augmenté " façonné par les biotechnologies, les nanosciences, la génétique. Avec le risque de voir se développer une sous-humanité de plus en plus dépendante de technologies qui modèleront son corps et son cerveau, ses perceptions et ses relations aux autres. Non pas l'" homme nouveau " des révolutionnaires, mais l'homme-machine du capitalisme.
    Bien que le discours officiel, en France, résiste encore à cette idéologie, le projet technoscientifique avance discrètement. Qui impulse ces recherches ? Comment se développent-elles dans les champs médicaux, militaires et sportifs ? Comment les débats démocratiques sont-ils éludés ? Et comment faire face à des évolutions qui ne feront que renforcer les inégalités ? Surtout, quel être humain va naître de ces profondes mutations, de ces expérimentations brutales et hasardeuses sur notre espèce, dont l'Homo sapiens ne sortira pas indemne ?
    Jacques Testart, biologiste, est le père scientifique du premier bébé-éprouvette français né en 1982. Il développe une réflexion critique sur les avancées incontrôlées de la science et de la technique dans ses nombreux écrits, dont Faire des enfants demain, Seuil, 2014 et L'Humanitude au pouvoir, Seuil, 2015.
    Agnès Rousseaux, journaliste, coordonne le média indépendant Basta ! (www.bastamag.net) suivi par plus d'un million de lecteurs chaque mois. Elle a codirigé Le Livre noir des banques (LLL, 2015).

  • La théorie de l'évolution met en jeu un stimulant paradoxe : c'est justement l'évolution (de notre cerveau) qui explique les résistances à cette idée. Ainsi, les difficultés que nous éprouvons à " croire " la théorie darwinienne de l'évolution s'expliquent elles-mêmes par ladite théorie, et en constituent finalement une éclatante illustration.
    De fait, et plus généralement, la résistance aux théories scientifiques qui, par essence, vont à l'encontre de la pensée commune, a de profondes racines dans l'évolution même de notre psychisme.
    Comme l'écrit l'auteur : " Il existe des forces qui dévoient notre sens critique, qui gondolent notre objectivité, qui écaillent le beau vernis de notre cognition quand il est question des principes darwiniens. Ces forces ne sont pas à chercher dans une quelconque cabale, elles n'appartiennent à aucune coterie ni société secrète, elles sont dans notre tête, implantées là pour la simple raison que des milliers de générations en ont tiré avantage pour survivre. Ces fossiles de l'histoire de notre psyché, ce sont les biais cognitifs. Ils sont nos ennemis les plus redoutables dans la compréhension de la nature, mais ils représentent aussi la trace la plus intime, la plus troublante, des mécanismes de l'évolution de notre lignée. "
    Cette défense et illustration de la théorie de l'évolution, rédigée en termes très simples et directs, agrémentée par des illustrations humoristiques, et mettant à profit les sciences humaines, offre une critique systématique et radicale des arguments antiévolutionnistes.
    Thomas C. Durand est docteur en biologie végétale. Il a écrit quelques romans et pièces de théâtre. Il a créé et anime un programme très suivi de vulgarisation sur le web,
    La Tronche en biais (www.youtube.com/user/TroncheEnBiais).

  • Il fallait s'y attendre. Après avoir fouillé Au fond du labo à gauche, titre de son premier livre qui nous éclairait sur des recherches quelque peu obscures, Edouard Launet nous entraîne Au fond du zoo à droite. Car en matière d'articles scientifiques, la zoologie n'a rien à envier aux autres sciences. Des thèmes aussi inattendus que l'ivresse de l'éléphant, la piqûre de l'ornithorynque, le libre-arbitre de la mouche ou l'hypertension de la girafe se révèlent riches d'arrière-plans métaphysiques.
    " Pour l'heure, l'homme (Homo sapiens) reste le seul animal qui s'essaie à écrire des livres sur les autres animaux. Cela ne lui confère aucun avantage évolutif particulier, mais la tâche l'occupe paisiblement. Cette nouvelle tentative sera, nous l'espérons, de nature à distraire quelques lecteurs. De toute manière, le résultat est destiné in fine à alimenter les larves de divers insectes papivores, auxquels nous souhaitons par avance bon appétit. " E. L.
    Edouard Launet a été ingénieur et journaliste scientifique avant de devenir reporter au service Culture du quotidien Libération.

  • Terre de vignes

    Charles Frankel

    Les grands vins puisent leurs arômes dans le sol des vignobles. Le chablis sent l'iode de ses huîtres fossiles, le pouilly fumé la pierre à fusil, le savennières le schiste chaud. C'est toute la terre de France que l'on goûte en buvant !
    Une trentaine de vignobles, choisis tant pour la qualité de leur vin que pour l'originalité de leur terroir, retracent l'histoire géologique de la France, depuis la construction de l'Hexagone il y a 500 millions d'années, qui se lit dans les ardoises de l'Anjou, jusqu'à l'apparition des hommes de Neandertal et de Cro-Magnon sous la roche de Solutré, futur terroir du pouilly-fuissé. Chacun de ces vins permet de plonger dans un sous-sol mystérieux et d'y découvrir un épisode marquant de l'histoire de notre pays.
    Au gré d'une bouteille que l'on débouche ou d'un vignoble que l'on visite, on découvrira, avec l'histoire géologique du site, le terroir et les particularités d'un cru, ce qu'en disent les œnologues et quels plats proposent les chefs pour les accompagner. Cartes et itinéraires, renseignements utiles et bonnes adresses font de ce livre un parfait compagnon pour des voyages tout à la fois géographiques et géologiques, œnologiques et gastronomiques.
    Charles Frankel, géologue et spécialiste du Système solaire, enseigne en France et aux États-Unis. Il communique sa passion des sciences de la Terre à travers des reportages pour la télévision et dans des livres pour le grand public, parmi lesquels La Mort des dinosaures en 1999, Terre de France, une histoire de 500 millions d'années en 2007.

  • Trop belles pour le Nobel
    Nul n'ignore que la science a longtemps été le domaine exclusif d'Homo mathematicus, que les femmes savantes sont ridicules et que les ingénieures ne sont pas légion. Mais si les sciences dures marchent à la testostérone, c'est aussi que leur histoire a été écrite par des hommes, attentifs à prouver par X + Y que les femmes sont génétiquement incapables de rigueur logique et d'abstraction.
    Pour en finir avec cette histoire truquée où les femmes sont soit des curiosités de la nature, soit des muses, soit des potiches, l'auteur a préféré le mode de l'anecdote à celui de la grande synthèse théorique. De la femme de Cro-Magnon à Dian Fossey en passant par Émilie du Châtelet et Ada Lovelace, les héroïnes célèbres côtoient des inconnues non moins illustres, toutes témoignant de l'omniprésence des femmes au coeur de la science.
    Ni pamphlet féministe, ni évaluation paternaliste de l'apport scientifique des femmes, cette galerie de portraits montre que la science a simultanément joué un rôle dans leur émancipation et dans leur marginalisation. Une façon pertinente et drôle de remettre à leur place les mythes sexistes qui voilent durablement, au préjudice de tous, la moitié féminine de la science.

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