Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Quoi de plus familier que l'image et l'art photographiques ? Or, cette familiarité même est cause de nombreux malentendus, prétexte à mauvais procès. L'étude - sans concession - que propose ici Jean-Marie Schaeffer doit aider à sortir de ce brouillard. L'image photographique est d'un statut complexe : d'une part, et avant tout, elle est l'empreinte laissée sur une surface sensible par l'objet qu'elle représente ; d'autre part, comme image, elle entretient un rapport analogique avec la vision humaine. Entre empreinte et analogie se tissent des relations difficiles. D'où quelques vrais et faux problèmes - par exemple celui-ci : qu'en est-il de l'« objectivité » photographique ? D'où aussi la multiplicité des usages de la photo, et la diversité, autour d'elle, des stratégies de communication. L'art photographique est l'art de tous les dangers. En témoigne la tentation permanente de construire l'image selon des modèles picturaux, de la saturer de stéréotypes visuels et culturels. Comme si la photo avait peur d'elle-même, et de sa spécificité : art précaire et irréductible, art de la trace, indifférent à toute surenchère interprétative, art profane qui se contente de donner à voir. Avec l'Image précaire, la collection « Poétique » ouvre son champ à l'ensemble des pratiques artistiques.

  • Ce livre, qui prend en compte l'évolution du roman depuis Cervantès et Richardson, ne cherche pas à réhabiliter l'auteur démiurge et garant du sens tel que le célébrait Sainte-Beuve mais à développer une théorie ludique de l'interaction auteur-lecteur, dans le roman nabokovien.

  • Du « roman noir » anglais qui fit fureur à la fin du XVIIIe siècle jusqu'aux collections de littérature de masse d'aujourd'hui (policier, fantastique, sentimental, horreur, science-fiction), en passant par le roman-feuilleton du XIXe, une longue tradition narrative n'a cessé de se perpétuer, bien qu'elle ait apparemment perdu toute légitimité dans la doxa psychologique, éthique et esthétique de la république des Lettres.
    Quels choix spécifiques donnent son unité à cette tradition que, depuis quelques décennies, on nomme volontiers « paralittéraire » ? Peut-on fonder en raison un tel concept, plutôt que de l'utiliser à la manière approximative et ambiguë d'un quasi-anathème ? Au modèle maintenant classique de la littérarité s'oppose bien un modèle paralittéraire d'écriture, mais aussi de lecture, dont les critères se réfèrent à une identité éditoriale, aux formes multiples de la répétition, à l'illusion référentielle, à la dominance de la narrativité et à un « personnel » allégorique et stéréotypé.
    Y a-t-il une logique du paralittéraire ? Peut-il y avoir une cohérence et une pertinence du discours sur la paralittérature ? A cette double question, ce livre apporte une réponse en acte.

  • Après avoir proclamé la « mort de l'auteur », Roland Barthes montrait, dans Le Plaisir du texte, que le lecteur avait besoin de la « figure de l'auteur » pour reconfigurer le texte et échapper au babil. Le présent ouvrage développe cette proposition, ainsi que celle de Michel Foucault sur la « fonction-auteur » : il présente une théorie intersubjective du roman, montrant que l'auteur et le lecteur sont happés à l'intérieur du texte, quelles que soient leurs stratégies de fuite, et qu'ils interagissent l'un avec l'autre, de manière non symétrique et souvent conflictuelle, à travers ces sujets transitoires que sont les narrateurs et les personnages.
    L'analyse est fondée sur certaines des oeuvres les plus innovantes des littératures française, anglaise et américaine de ces trois derniers siècles - une attention particulière étant réservée aux romans du XVIIIe siècle et à ceux de Flaubert, Proust, Joyce et Nabokov.

  • Le statut de l'auteur dans la tradition arabe classique, à travers de nombreuses anecdotes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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