Sciences humaines & sociales

  • Jaurès ? Quel est cet homme, assassiné le 31 juillet 1914, alors que le mot même de socialisme auquel il était identifié semble vidé de sa part de rêve ? Pour répondre, Max Gallo, avec érudition et passion, a reconstitué jour après jour l'existence de Jaurès.
    Et l'on découvre un homme extraordinaire que les souvenirs officiels ont enseveli. Voici l'enfant dans la campagne du Tarn, l'étudiant exceptionnel dans le Paris des années 1880, le mari conformiste, le jeune député et le tribun, le visionnaire qui, avec une sensibilité de poète, voit la guerre et l'avenir tels qu'ils seront. Voici l'homme politique qui conciliait raison et passion. L'homme intime qui s'interrogeait sans cesse sur le sens de la vie et la signification de l'univers.
    Voici l'homme calomnié et admiré. Et l'homme de tous les jours, mangeant comme un paysan, crachant dans son mouchoir et, distrait comme un artiste pris par son rêve, négligeant son apparence, s'épongeant le front avec une chaussette ! En utilisant tous les témoignages, Max Gallo rend présents un homme et son temps. Car Jaurès, c'est aussi ce monde autour de lui : Paris en état de siège le 1er Mai, les mineurs de Courrières ensevelis par centaines à la suite d'un coup de grisou, les vignerons en révolte, les régiments qui se rebellent, les anarchistes qui tuent à l'aveuglette et que l'on guillotine, l'affaire Dreyfus qui divise toute la nation.
    Et puis la tour Eiffel, la bicyclette, la Belle Epoque, l'automobile et l'avion. S'il fut un temps qui ressemble au nôtre, c'est bien celui de Jaurès, cette époque de bouleversements profonds, où la guerre point dans les Balkans, où chacun avec angoisse se demande ce que sera le siècle qui vient, ce XXe siècle, comme nous, nous attendons le XXIe. Que faire, que penser ? Jaurès, parce qu'il a été assassiné, n'a pu faire entendre sa voix.
    Et ses mots, son élan, après des décennies de glaciation, retrouvent vie aujourd'hui. A l'orée d'un nouveau siècle, Jaurès reste jeune. Celui qui écrivait : " Le premier des droits de l'homme, c'est la liberté individuelle " ou encore : " Il n'y a pas de vérité sacrée, c'est-à-dire interdite à la pleine investigation de l'homme. Ce qu'il y a de plus grand dans le monde, c'est la liberté souveraine de l'esprit ", celui-là est non pas un grand ancêtre, mais bien le Grand Jaurès, notre contemporain.

  • Il y a cent ans, la reine Victoria mourait et entrait dans la légende comme une petite dame obèse et impérieuse. Son nom symbolise un siècle d´hypocrisie, d´austérité sourcilleuse, de chasteté puritaine. Le moment est venu de corriger le mythe d´une Victoria «victorienne». La reine du plus grand empire depuis la Rome antique, la grand-mère de l´Europe, la souveraine de la révolution industrielle était une femme sensuelle qui aimait les hommes beaux, les soldats en uniforme, les Écossais en kilt, les Indiens en turban. Meilleure danseuse du royaume, elle raffolait des bals qui se terminaient à l´aube, elle ajoutait du whisky à son thé, apprenait l´Italien en chantant du bel canto. Séduite par les couleurs de la Méditerranée, elle lança la Côte d´Azur.Aux lords, elle préférait ses serviteurs simples et bons. Son peuple l´appelait «la reine républicaine». Mais à quarante-deux ans, devenue veuve, elle respecta aveuglément les principes luthériens d´Albert, son prince allemand, qu´elle avait aimé jusqu´à la folie.C´est une Victoria ardente et violente que fait revivre cette biographie sans révérence.

  • Sous nos yeux se déconstruit un monde qui va laisser la place à celui que nous connaissons.
    Frédéric Mitterand réussit, dans cette fabuleuse galerie de portraits, à exprimer l'humanité qui nous le rend si attachant. Son style écrit délaisse la célèbre mélopée qui lui vaut tant d'auditeurs captivés au profit d'une plume sèche, mais tout aussi entraînante. ELLE Le talent de Frédéric Mitterrand, c'est son art de conteur, la façon si pariculière qu'il a de ressusciter un monde englouti. Dans de domaine, il est maître.
    LE FIGARO MAGAZINE Roman-archives, Les Aigles foudroyées, avec une grâce gorgée de nostalgie, réinsuffle vie à des fantômes parés de couronnes, d'hermines et de diadèmes. TELERAMA

  • Née dans une vieille famille américaine, elle épouse un diplomate et, après la guerre, quand son mari et elle s'installent à Paris, elle ne tarde pas à régner sur le milieu politique et mondain qui compose l'avant-poste américain en Europe. Son amour de la France se double d'un plus grand amour encore, celui qu'elle éprouve pour le célèbre Duff Cooper, à l'époque ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris. Les grands sentiments se mêlant à la grande politique, sa culture, son intelligence et son jugement s'en trouvent renforcés.

    Deuxième acte : son époux et son amant meurent tous les deux. Désespérée, Susan Mary rentre à Washington avec ses deux enfants. La campagne présidentielle bat son plein. Joe Alsop, un vieil ami, un proche de J. F. Kennedy et l'un des plus fameux éditorialistes américains la demande en mariage. Elle accepte. Les Alsop deviennent des intimes du couple présidentiel et des familiers de la Maison Blanche. Susan Mary se transforme en grand témoin de l'ère kennedienne, elle devient l'hôtesse n° 1 de la capitale. Après son divorce d'avec Joe, elle entame une carrière littéraire et publie quatre livres qui sont autant de grands succès.

    Sa vie romanesque est l'incarnation de la féminité et de la subtilité ; sa perspicacité et sa souplesse font merveille dans les allées du grand monde. Description de Paris après-guerre, portraits d'hommes politiques, plongées dans les milieux du pouvoir américain : c'est un fil qui court le long des relations internationales de la seconde moitié du XXe siècle.

  • Si la Révolution d'Octobre engloutit la plupart des membres de la famille Romanov, certains d'entre eux parvinrent à fuir en sauvant plusieurs de leurs proches, mais en perdant tout ce qu'ils possédaient. La princesse Paley dont le mari et le fils furent assassinés par les bolcheviques, se dévoua sans compter pour les réfugiés, aidée de ses deux filles qui connurent, à leur tour, des destinées exceptionnelles. Le grand duc Dimitri et sa soeur, la grande duchesse Maria Pavlona, retrouvèrent une position brillante dans le monde des arts et de la mode grâce à leur talent et leur détermination. La mère et les deux soeurs du dernier tsar maintinrent l'honneur des Romanov en affrontant l'indifférence et la suspicion des autres familles royales. Le grand duc et son épouse Victoria défendirent leur position avec acharnement et dignité et le prince Youssoupov, l'assassin de Raspoutine, révéla en exil une force de caractère qu'on ne lui connaissait pas jusqu'alors. Sévèrement encadrés par l'énergie et la volonté inflexibles de leur mère, l'impératrice Zita, les enfants Habsbourg continuèrent à jouer un rôle politique essentiel sur l'échiquier européen de l'entre-deux guerres malgré l'effondrement et le démantèlement de l'Autriche-Hongrie. L'archiduc Otto, héritier de la dynastie, s'opposa à Hitler avec tant de force que le Führer tenta à plusieurs reprises de l'éliminer. Dans ce combat inégal, il sauva bien plus que sa vie. En effet, la renaissance de l'Autriche, après la guerre, lui doit beaucoup et il apparaît aujourd'hui, à quatre-vingt-huit ans, comme l'un des sages de l'Europe de cette fin de siècle.Les Hohenzollern, toujours sous la férule agitée et brouillonne de l'ancien Kaiser Guillaume II exilé en Hollande jusqu'à sa mort en 1941, ne montrèrent pas autant de résolution dans l'adversité. Flirtant dangereusement avec le nazisme, certains se déconsidérèrent à jamais, tandis que d'autres rejoignirent au péril de leur vie, les rangs de la résistance à la dictature. Beaucoup furent, à l'image des autres familles royales allemandes, perdus dans un spectre infernal allant de la complicité avec les SS à la déportation dans les camps de la mort.

  • Après le succès desAigles foudroyés(Robert Laffont, 1997) et deMémoires d'exil(Robert Laffont, 1999), Frédéric Mitterrand reprend ses chroniques quotidiennes diffusées sur Europe 1 depuis un an. Il nous raconte chaque jour un peu de notre histoire en nous faisant revivre les quelques heures qui firent basculer le destin de ceux qui accompagnèrent notre vie, ou dont les noms rythmèrent celle de nos parents. C'est le regard apeuré de Marilyn fuyant la meute des journalistes, mais aussi le dernier coup d'oeil de Pierre Brossolette à Paris qu'il aime, avant qu'il ne se jette de la fenêtre de la chambre où les Allemands le torturent depuis des jours? C'est Lindbergh que l'on détruit en assassinant son petit garçon, le Che au visage d'ange et au corps criblé de balles de mitraillette, mais aussi le baiser de Mata-Hari au soldat qui la fusille et ce couple de jeunes Français qui tombent sous les coups des premiers indépendantistes algériens?Naissances, passions amoureuses, prises de pouvoir, exploits, disparitions tragiques, les visages et les voix se confondent, les silhouettes s'évanouissent dans le tourbillon des jours et raisonnent dans nos mémoires. Figures de l'ombre ou de la lumière, elles n'ont rien de commun mais toutes ont imprimé leur époque de leur sourire, de leur talent ou de leur cruauté.

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