Littérature traduite

  • « Le piano n'est pas un instrument pour jeunes filles, Massimo, c'est un instrument pour gorilles. Seul un gorille a la force d'attaquer un piano comme il devrait être attaqué, défier le piano comme il devrait être défié. » Noble, riche et excentrique, Tancredo Pavone est un compositeur d'avant-garde dont la vie est rapportée par Massimo, son ancien majordome. Massimo se souvient de l'ego bien trempé comme des opinions très tranchées de son maître, donnant parfois le sentiment de ne pas avoir tout à fait conscience de ce qu'il dit. Vérité ou imagination ? Au fil de ses propos surgit le portrait complexe et contrastée de Pavone - un homme qui donne voix à la musique en lui -, et le lien très singulier qui lie deux hommes socialement aux antipodes. Infini - l'histoire d'un moment décortique le processus créatif musical sans rien perdre de l'originalité de son « sujet », hors norme, parfois jusqu'au comique.

  • Héritière d'un double exil, une petite fille tient dans ses mains inexpertes deux fantômes à l'écrasante majesté : l'Empire britannique, légué par un père au grand coeur ; sorte d'anarchiste bourgeois qui oublie de lui en donner les clefs, et l'Algérie française, côté tennis et garden-parties, à la perte de laquelle elle voit sa mère assister dans la terreur et, prisonnière du silence d'une mémoire cassée, se replier dans le giron amer de l'extrême-droite catholique. Faisant feu du bois qu'on lui propose à l'école, elle croit se fabriquer un destin par l'invention d'une patrie : Rome - et d'une langue maternelle imaginaire : le latin -, sans remarquer qu'elle a jeté son dévolu sur un autre empire écroulé. Du haut de ses douze ans, elle se figure barrer la route aux Barbares, relever Rome. Elle échoue naturellement et croit sombrer corps et biens... De cet héritage singulier, les récits entrecroisés de Grand Ménage dressent le bilan et la clarté de leur prose éclaire le chemin inattendu pris par leur auteur.

  • "Ce pourrait être ici ou ailleurs. C'est en Grèce à l'heure d'une crise que la société ne supporte pas." Deux inconnus se rencontrent dans un train en direction d'Athènes. L'un déverse brutalement son quotidien : les étrangers et la pauvreté ont littéralement envahi son quartier, Victoria, et il a même imaginé une « solution finale » au problème. Victoria dont le passé resurgit à travers quelques monologues entrecoupant son récit. Peur, résignation ou apathie, l'autre voyageur oscille, quasi silencieux, entre voyeurisme et politiquement correct. Yannis Tisrbas est né en 1976 à Athènes où il vit. Victoria n'existe pas est sa première oeuvre. « Un texte dense, à la puissance langagière bluffante. » Démosthène Kourtovik, Ta Nea « Sur la réalité de l'Athènes d'aujourd'hui, ce petit livre s'impose comme fort et prometteur de l'avenir littéraire de son auteur. » Kostas Agorastos, Bookpress

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