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  • Et ce serait si bien d'être débarrassé de toute cette plaie...
    Mais ce n'est pas le cas. Alors autant balayer pour de vrai, balayer en grand.
    Quand le célèbre enquêteur-détective auto-proclamé Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe, s'acoquine avec Didier Daeninckx, on est sûr que toutes les lois du polar, de l'enquête, les interrogatoires, les recoins invisibles du monde, le finale en beauté, tout va être honoré.
    Mais on est sûr aussi que le rendez-vous se fait avec l'Histoire en grand. Et elle n'est pas belle.
    Alors on lit, à toute blinde, et on comprend pourquoi "Nazis dans le métro" est depuis sa parution un classique, un "livre-culte" du polar contemporain. Passant des quartiers populaires de Paris à la densité opaque des affaires louches d'un village du marais poitevin, avant de déboucher sur le sombre milieu de l'extrême droite.
    Mais que ça continue de résonner autant dans le présent, raison de plus pour se laisser entraîner dans les arrière-boutiques et les pires remugles d'un démon loin guéri, petits nazis, révisionnistes diplômés, écrivains miteux, politicards qui veulent en faire leur lit.
    Quand Daeninckx décrypte, soyez sûr qu'il est armé, irrévocable. La virtuosité de Daeninck, son art du dialogue, la considérable exigence humaine de son regard font le reste.
    FB

  • Au bout de la jetée : la fin du voyage, le domaine que j'aurais voulu sans partage, de l'eau, des bêtes marines, des oiseaux et de la sauvagine.
    Sur cette frontière, un cyclope, le phare des Onglous, veille de son oeil rouge le Canal du Midi et mon étang de Thau. Au loin, la colline de Sète allume ses milliers de lanternes et les vagues se brisent à nos pieds sur les rochers. Du haut de mes vingt ans, me voilà chef de bande : à ma gauche Aristide, le géant simplet, qui m'est tombé dans les bras comme un grand gamin quand le vieux Manuel s'est pendu ; à ma droite, Malika, notre lionne boiteuse, notre amoureuse, arrivée sans crier gare et chamboulant notre fragile équilibre. Ça sonne paisible, mais dans la nuit habitée de la lagune, autour de notre cabane de bric et de broc, un monstre rôde et des gamines s'évaporent dans la nature...


    Retrouvez Mô dans le deuxième tome de cette saga à la croisée du polar et du fantastique : adieu l'enfance adieu les vignes, voici venu le temps de la plongée et de l'aventure, du doute et de l'obscurité...

    Rendez-vous sur http://lasagademo.publie.net !


  • Docteur Descartes contre les néo-nazis, ou Mister Grabuge.
    Descartes est un escroc à la petite semaine. Grand Maître des Sciences médiumniques, il vous aide à résoudre tous problèmes, travail, amour, sexualité, etc. Résultats garantis. Jusqu'au jour où une lettre d'un groupuscule néo-nazi tombe par erreur (?) dans sa boîte aux lettres. Ce jour-là marque la fin des amuse-gogos et le début d'une affaire bien trouble. Le petit joueur se retrouve dans la cour des Super-Vilains.
    Ça flingue, ça cogne, ça balance comme du rock, c'est drôle, ça remue, ça fait drôlement de bien.
    « La relève de Queneau, version Saint Glinglin est assurée. Enfin. » - Jean-Bernard Pouy
    « Un souffle de vie qui vous met un soufflet, pamphlet sur la folie d'aujourd'hui, si vous avez pas saisi, lisez ! » - Mallaury Nataf

    (Précédemment publié aux Éditions Florent Massot)


  • « Vous qui entrez ici, abandonnez toute espérance ! »


    Indécis, ils s'assirent d'abord sur la coque et observèrent un moment le passage continu des spectres à l'assaut des rives de l'Enfer dans la clarté diffuse qui provenait de nulle part : pas de soleil, de lune ou d'étoiles dans ces parages.



    L'Histoire ne mourant jamais, de l'étang de Thau à l'Enfer de Dante, arrivée brutale de l'oncle Henri, le dernier des pourris, la pire des raclures. À ses côtés, Mô, dilué dans le désespoir comme on se perd dans un brouillard façon Zyklon B, s'aventure à l'aveugle dans les neuf cercles fantasmagoriques peuplés de damnés nazis et de diables cornus. Comment ne pas le suivre dans cet Enfer tatoué de croix gammées quand on sait qu'il va faire la lumière sur la part d'ombre qui l'agite depuis son enfance ? Lancé dans ce cauchemar comme un chien dans un jeu de quilles, dans l'obscurité et la douleur, Mô découvre qu'il n'y a pas de limites à l'horreur.

  • Vendange 1960.
    Le soleil se couche rouge.
    Le conteur, Mô, un gamin de douze ans à la langue bien pendue, entêté comme personne, démêle les fils d'un polar haletant, labyrinthe en forme de cauchemar éveillé. Avec son ami Aristide, géant microcéphale à cervelle de moineau, et sa bande de gosses effrontés, il rôde dans le noir et s'interroge : qui a tué la belle Meneuse ?
    La horde poussiéreuse des vendangeurs, hantée de dangereux secrets, suit les sillons que creuse le sang dans les vignes. Dans le marais et sur l'île interdite, quand survient la nuit, veillent les sentinelles aux crânes de morts. Mais quel est donc cet étrange endroit où règne le réalisme magique ?
    Voici l'ethnographie sanglante d'un microcosme sudiste, le début d'un long conte noir, l'enfance d'une vie : la Saga de Mô.

    -
    Ce volume est le premier d'une série de six titres, à la croisée du polar et du fantastique, et qui seront publiés en numérique et papier. Rendez-vous sur le site officiel du livre pour découvrir l'univers de Mô : http://lasagademo.publie.net

  • Ouest

    Jean Olmedo

    Ex-taulard reconverti dans les assurances, Léo Boivin mène une vie terne, mais paisible, dans une ville de l'ouest à la pluviométrie abondante. Jusqu'au jour où la visite d'un policier muni d'une photographie vient lui rappeler qu'il est souvent plus difficile qu'on ne le croit d'échapper à son passé. Lancé bien malgré lui sur les traces d'un mystérieux personnage au destin plus que trouble, Léo devra risquer sa peau, offrir le café à son pire ennemi, rencarder des types qui ne méritent franchement pas le détour, déchaîner la Chine millénaire... Tout ça pour apprendre à ses dépens que la fréquentation des fantômes n'est jamais sans danger.

  • À la mort de son ancien ami Pierre Floric dans la maison où Jean Moulin fut arrêté, Gabriel Lecouvreur, détective plus connu comme "le Poulpe", accuse le coup. Quelques mois plus tard, l'incendie de la bibliothèque universitaire de Lyon révèle la mort d'une femme que fréquentait l'historien Floric peu avant sa mort. De quoi convaincre le Poulpe d'enquêter plus en profondeur dans le milieu universitaire lyonnais... Après Nazis dans le métro, Didier Daeninckx reprend les commandes d'une enquête du Poulpe, série de romans policiers culte créée à l'origine par Jean-Bernard Pouy. Dans ce récit tendu, à la fois noir et drôle, c'est la sale Histoire qui semble toujours tirer les ficelles du présent, avec en point de mire quelques figures négationnistes de l'ombre.

  • Dans l'inconscient de l'histoire, la haine de l'autre. Et lorsque le vieux monde perd les pédales, s'enfonce dans la catastrophe, déporte et exclut, tout paraît à nu - c'est ce qui s'est passé pour les Roms pendant la Deuxième Guerre mondiale, même dans la vie banale des campagnes, où ceux qu'aujourd'hui on parque sous le nom de "gens du voyage" étaient depuis si longtemps des acteurs traditionnels de la vie sociale.
    Et cela laisse longtemps des traces. Des traces même qui viennent jusqu'à nous, et tout ce qui remonte de remugles quand encore aujourd'hui on expulse, évacue, normalise.
    C'est un crime bizarre, un braquage qui tourne mal : ça cloche. Le jeune musicien qui se prend un coup de carabine avait joué pour le film, "Vengo", de Tony Gatlif.
    Et c'est ainsi que fait irruption dans ce village normand le célèbre détective-enquêteur Gabriel Lecouvreur, dit le Poulpe, au moment où toute la population se rassemble pour faire évacuer les caravanes.
    Confiance à DIdier Daeninckx pour que l'enquête nous révèle, toutes les cartes habituellement retournées d'une époque. Maison convertie en centre de rétention, toubib collabo, affaires d'expropriation dont les archives disparaissent commodément dans les bombardements, archives de la presse quotidienne, la maestria Daeninckx rebâtit le monde.
    Les Roms, et comment les exclure : il y a urgence, autant qu'au jour de sa première publication, en 2005, à reprendre avec Daeninckx cette "Route du Rom".
    Mais rarement aussi - parce qu'il écrit pour le Poulpe ? - on a l'impression d'un Daeninckx aussi jongleur, tout inspiré de la musique gitane. Et peu comme lui pour faire surgir toute l'épaisseur de la France, depuis un simple bistrot de village.
    FB

  • La notion de Bien opposée à celle de Mal sont au centre de ce troisième tome de la fresque apocalyptique Al Teatro de Stéphanie Benson. C'est la fin du monde tel que nous le connaissons, l'aboutissement logique de tous les extrêmes mis en place par l'homme, le constat sans appel d'une course au suicide collectif.
    L'intrigue se déroule en partie en Europe, en partie au Japon. Les enfants de Tirzah se séparent pour essayer d'endiguer la vague de mal qui menace le monde, Milton retourne au Japon pour tenter de déstabiliser ce dernier havre de paix et attirer Katz dans un guet-apens, Katz et Iris finissent par admettre qu'ils sont devant un personnage d'une puissance insoupçonnée, et la guerre se développe, poussée par moments par les derniers membres du Cercle.


  • Ceci est le quatrième et dernier volet inédit de la saga Al Teatro de Stéphanie Benson.

    Milton se réfugie aux États-Unis, mais le continent américain n'a plus rien d'un monde civilisé. C'est ici que Katz viendra le chercher pensant devoir le détruire. Peut-on, au nom du Bien, s'emparer des armes du Mal ? La construction de la cité idéale est déjà bien avancée, mais l'idéal des uns est l'enfer des autres.

  • Tout commence avec Paul Valéry, se moquant des conventions du roman, quand la littérature s'y prend les pieds : « La marquise sortit à cinq heures... » Depuis, c'est une phrase étendard : parce qu'il y en a tant, de livres et même de ceux qui se vendent et se vendent, qui prennent les recettes de l'illusion sans les remettre en chantier, les questionner. Non, « la marquise sortit à cinq heures » ne fait définitivement rien sortir de la langue. Sauf ici.
    Alors, exercice intellectuel où s'ennuyer et se perdre ? Que non. Voyez la Disparition de Perec : c'est pour de vrai un roman policier, et qui n'est pas prévenu tombera parfaitement dans le panneau tendu.
    L'art du jeu, c'est de créer une machine plus forte que vous, qui vous emporte où vous n'avez pas prévu d'aller. Michel Brosseau a lancé le 4 janvier 2010 un feuilleton quotidien sur le web , où les personnages ci-dessus évoqués, et cette marquise qui sort à toutes les heures, se croisent avec des anecdotes sociétales réelles. C'est un blog, distinct de A chat perché , le blog principal de l'auteur. Mieux, la marquise aura elle-même sa page Face Book pour se défendre de tout ce monde-là.

    L'expérience dure 150 jours, et autant d'épisodes. La marquise est définitivement devenue roman Internet. Avec ce que ça comporte : on parle du tabac ou de la boule de fort, des liens vous embarqueront dans le monde réel.


  • « Le Cercle l'avait chargé de recoller les morceaux, de faire en sorte que, malgré l'incarcération du géniteur de l'Antéchrist, la fin du monde puisse gentiment poursuivre son bonhomme de chemin au-delà du cataclysme mondial vers le paradis sur Terre, et tout cela, si possible, avant le petit déjeuner. »

    Le deuxième volet de la fresque apocalyptique Al Teatro de Stéphanie Benson est le théâtre du déchaînement d'une haine destructrice sans limite orchestrée par Abaddon, dont quatre murs n'empêcheront pas d'assouvir la soif de chaos. Tirzah, poussée par des urgences qu'elle ne comprend pas, retourne chez elle dans le pays de poussière où elle trouvera refuge pour organiser une résistance hors-norme. Quand le réel ne suffit plus pour décrire une humanité qui sort d'elle-même, Stéphanie Benson nous emporte dans une odyssée glaçante et fantastique, où les chevaux de Troie ne sont plus ceux que l'on croit.
    Avec ces deux premiers volumes, Stéphanie Benson nous offre un polar fantastique des plus sympathiques et des plus glauques. Elle joue avec la folie et l'horreur avec un certain brio et accroche le lecteur dès les premières pages par un ton et une plume percutants. ActuSF

  • Il est beau, il est grand, il est fort, il est intelligent, en un mot comme en mille, il est Jim Cusack et il est parfait. L'homme de toutes les situations, surtout les plus dangereuses, le Sherlock Holmes du XXIe siècle, le James Bond Monty Pythonesque au sourire ultra-bright et aux muscles d'acier, accompagné de sa fidèle acolyte, la magnifique et chatoyante rousse Tina Pesca, est là pour enquêter. Cet aventurier des temps modernes, créé de toutes pièces par l'immense écrivain Tobias Griffiths, est appelé à la rescousse par le lieutenant Brisbane afin de résoudre un mystère des plus étonnants : un violoniste de renommée internationale soudainement hospitalisé, un violon à la valeur inestimable, un araignée violoniste... Diable, cela fait beaucoup de violons au mètre carré en une seule journée ! Serait-ce le scélérat rrrrusse Zwong qui aurait remis le couvert ? Sommes-nous en présence d'une machination destinée à mettre à terre une fois de plus - en vain - le génial Jim Cusack ?
    C'est court, ça se lit sans faim, ça se relit sans fin. On espère que ces aventures vous plairont autant qu'à nous.

  • Qu'est-ce qui signe un grand Daeninckx ?
    D'abord, la méthode de travail. Venir s'installer presque clandestinement dans une ville - mais pas l'idée qu'on se fait de la ville dans les guides ou sur les cartes postales, explorer plutôt les pourtours, les bistrots et hôtels, là où tout se passe. Connaître les rouages, l'économie. Puis écouter, reprendre les archives - tant de gens ont des sercets à raconter.
    Il y a une âme. Chez Daeninckx, une âme politique : pourquoi on vit, pourquoi on se bat, contre quoi, et au nom de quoi. Ce que cela définit comme humanité.
    Chez Daeninckx, on lève le couvercle du monde, trafics, magouilles - et ça aide à faire le ménage dans le monde malsain.
    Mais il faut une patte, il faut de l'art. Si on entre dans la boutique d'un coiffeur afghan, à Sainte-Adresse, avec Didier Daeninckx on y sera réellement. De même si on suit une Golf rouge en dérive entre port et entrepôts.
    Alors ouvez, laissez-vous prendre : ici, bien sûr, parce que c'est un port, il y a des lointains, des appels, et ces incroyables personnages qui dérivent tout lestés d'histoire.
    Mais ce livre-ci, de Didier Daeninckx, propose une autre richesse : tout est basé sur le dialogue entre les deux policiers, homme et femme. La rythmique du dialogue serait la première énigme, presque le premier délit. A partir de cela, il n'y a qu'à suivre...

    François Bon


  • Un jour de grève, deux postiers heureux de la liberté retrouvée décident de se barrer à la mer. Sur une aire d'autoroute, ils vont croiser une dénommée Hélène qui leur demandera d'abord du feu et ensuite de la prendre en stop. Auraient-ils pu refuser ?

    Terminus, plage de Boisvinet pourrait devenir l'hymne destroy d'une génération sacrifiée qui au début de ce XXIème siècle approchait les 30 ans et que tout le monde avait jugé : à l'école, au boulot, dans la rue... mais qui
    avait décidé qu'elle ne s'inscrirait pas dans ce processus.
    "Hélène enleva l'imperméable trop large qui lui servait d'aube depuis... l'aube, découvrant une tenue plus sexy qu'adaptée à cette promenade bonasse et discrète. En me détournant vers l'ouest et l'infini, je surpris l'oeil de Phil, interloqué et magnétisé à la fois, en train de faire l'inventaire de bas en haut. Soit une paire de bottes noires à talon, relayée dès le genou par une résille rose et luminescente. Une minuscule jupe noire stoppait ensuite le quadrillage sucré à l'ultime frontière du possible, avant qu'un petit pull en mohair fuchsia ne moule un buste de sylphide et une poitrine haute et fière. La bretelle noire qui zébrait une épaule laissait imaginer la partie immergée de la panoplie."
    Bernard Strainchamps

  • Mystère du jazz : ce passage du solo, à chacun tour à tour confié. Un au-delà de ce qui va ensemble. Et nous, écrivains, on en serait privé ?
    Marc Villard, un des principaux du polar français, a toujours été un explorateur, et un musicien du noir. Voilà ses 8 solos comme un seul, avec pour emblème ce "Rien à expliquer" du premier Miles Davis - "Don't explain".
    Le suivre dans les villes, le suivre dans les nuits, et ces visages agrandis, croisés. Des mythes.
    Chaque fois, il pourrait y avoir un livre derrière. Ici, c'est juste ça : le solo. Mais huit fois.
    De Tijuana à Bruxelles en passant par les bords de la Tamise, le jazz a toujours enfanté de la beauté et du drame: une femme mariée lâche sa famille pour un émule de Miles, un contrebassiste se perd à Time Square, une fan de Billie poursuit des chimères. Fascinés par la musique, ils en oublient de vivre et se retrouvent au petit matin, égarés au centre d'eux-mêmes.
    Huit nouvelles inédites marquées par le jazz et la déroute - et la patte de Marc Villard, évidemment.
    FB

  • La Chapelle-Saint-Jean, une banlieue pavillonnaire des bords de Loire. Deux adolescents " tiennent les murs". Brigade anti-criminalité ... Contrôle d'identité ... Course poursuite ... Bastien, 17 ans, n'y survivra pas. Patrick, un petit prof quarentenaire, a assisté au drame. Malade de n'avoir su l'empêcher, il n'a désormais qu'un but : établir la cullpabilité des policiers dans la mort du jeune Bastien. C'est une bavure. Patrick est semblable à des millions d'indignés quotidiens : classe moyenne silencieuse rêvant de justice. Enquêteur maladroit, il entreprend de démasquer les enjeux de la politique locale. Mais comment éviter l'enfermement idéologique quand les médias de toutes tendances, les élus, les militants progressistes, les voisins et parents multiplient les simplifications et les amalgames. C'est un voyage au bout des illusions perdues. Et l'écriture de Michel Brosseau....

  • Floride. Un paquebot un peu démodé largue les amarres pour une traversée de l'Atlantique. Sitôt au large, les sens des passagers commencent à s'atrophier. La nourriture perd sa saveur, les sons deviennent plats, les instruments s'affolent, les couleurs et les odeurs disparaissent. Des passagers aussi...



    Quel lien entre la journaliste mexicaine venue porter la révolution, le second qui prête à la science le pouvoir de tout résoudre, la mennonite qui s'imagine que c'est tous les jours dimanche, le financier intégriste qui exige le monde à son image, le romancier cynique au coeur tendre qui s'est trompé d'époque, l'éleveur de cochons qui a toujours faim et le commandant du Sud profond hanté par un terrible souvenir d'adolescence ?
    Le paquebot arrivera-t-il quelque part ?


    Reste-t-il seulement un quelque part ?

    PPK
    Pour E la nave va, de Federico Fellini, c'est clair : le paquebot et la Méditerranée sont liés. Mais si ce même paquebot, embarquant tout un monde, s'en va plutôt de l'Amérique, quel dérèglement cela induit-il, qui nous concerne dans l'imaginaire, l'invention, les origines mêmes ?
    Qu'on se souvienne d'un autre Américain, Edgar Allan Poe, et, dans Manuscrit trouvé dans une bouteille, comment l'espace et le temps se trouvaient dilatés dans ce vaisseau-fantôme filant vers le grand sud...
    C'est dans cette nef des fous modernes qu'on nous convie. Tout l'intérêt d'inviter un auteur qui ne soit pas de cette vieille terre, mais de la ville de Toronto, multiple, rassemblant toutes langues et tous ciels.
    FB

  • Nous avons beaucoup changé, avec le numérique : nous savons mener plusieurs tâches à la fois, nous savons élaborer des requêtes complexes pour enquêter sur le monde entier et la vie des autres. Nous déposons dans nos disques durs tellement de choses de nous-mêmes, qu'ils en sont la mémoire agrandie. Sans compter toutes les traces de nous-mêmes que sans cesse nous laissons sur le réseau.
    En fait, ce qui serait tellement plus commode, ce serait d'indexer directement son cerveau, non ?
    Et nous avons tellement le sentiment de nous agrandir, avec les réseaux sociaux : on se sent tellement plus proches des amis, ou de toutes nos relations virtuelles. Une fois le cerveau indexé, ce serait magique, d'y rajouter quelques fonctions réseau social ?
    Pour inaugurer e-styx, collection science-fiction et anticipation de publie.net, il fallait une question qui ne laisse nul de nous indemne.
    Alors Olivier Le Deuff (qui n'a pas choisi pour rien le pseudo @neuromancien sur twitter) nous embarque dans la drôle d'histoire de Lindon Wilde : mais si, vous savez, celui qui s'était fait indexer son cerveau gratuitement, juste pour essayer...
    FB

  • Un vrai roman policier. En fait, non. Plein de romans policiers - des rêves ou des cauchemars pire que des romans policiers.
    Tous les codes, hémoglobine, marques de chaussures, coprophagie même, ça décape.
    Et parmi les personnages de passage, pas moins que Jésus, King Kong ou la poésie lettriste elle-même. Ou faire un best-seller avec un livre sur la vie des têtards composé via Internet, vous sauriez, vous ?
    Dès lancé le projet publie.net, j'avais sollicité Antoine Boute : présence forte de la scène bruxelloise, performeur proche des chemins de Charles Pennequin, lisant et intervenant aussi bien en langue française que flamande. Je ne savais pas qu'il me répondrait avec deux envois presque antagonistes : un travail de fond sur Guyotat et le toucher constamment téléchargé depuis lors, et cette suite de neuf brefs polars, classés par saison.
    Sous la grande farce cruelle des scènes, dans ces polars avec pelleteuses, avec chiens, ou l'ultime variation pour un roman inerte, le poète traîne toujours des pieds dans un coin. Et c'est un poète lettriste, qui s'active dans l'intérieur même des romans à en déconstruire ou démonter les mots.
    Le lien avec Antoine Boute performeur, avec Antoine Boute décortiquant le corps écrit de Guyotat, n'est donc pas si ténu.
    C'est bien un seul polar géant et malsain de 150 pages qu'on propose d'avaler - ça secoue la réalité.

    FB

  • Le roman d'épouvante, c'est comme le film d'horreur : on sait ce que c'est. On le sait vaguement d'avance : ce sont des figures obligées, poursuites, traquenards, effets spéciaux. Dans Le moine de Lewis raconté par Antonin Artaud (puisque tel est le titre officiel, les souterrains, les squelettes. Et une seule loi, en fait : la pulsion à tourner les pages, à avancer dans la lecture.
    Pour de faux ? Sans doute c'est ce qui nous protège, même si on n'est pas sûr. Le besoin d'aller se faire peur ici parce que, poussée la porte sur le vaste monde, est la peur réelle - il n'y aurait pas l'épouvante si nous n'étions pas - pour de vrai - des inquiets.
    /> C'est ce qui se joue ici, dans le jeu que Jean-François Paillard inaugure avec l'ensemble des cordes de l'épouvante. La peur à la multiplication immobile de l'ordinaire, s'en servir. La poursuite hallucinée dans la ville, s'en servir.
    Mais c'est bien de langue qu'il s'agit : elle ressemble étonnamment à ce qu'en font les exemples de manuels scolaires ? Il y a des accumulations, il y a la ville, il y a ce monde qui nous fiche la trouille.
    Un roman d'épouvante, c'est un rythme, c'est le monde ordinaire perçu soudain selon la traque, c'est la macération et l'accumulation des paroles qu'on n'a pas dites, c'est une interrogation toute simple sur ce pour de vrai / pour de faux : sérieusement, si on devait définir la plus effrayante menace qui nous serait possiblement infligée, est-ce que ce ne serait pas celle de naître en ce monde-là ? Et que notre pauvre humaine condition, puisque justement nous y sommes, c'est qu'il se multiplie dans la totalité de notre champ visuel même quand on cherche à le fuir ?
    C'est l'immense et ludique plaisir à lire ce Roman d'épouvante.

    FB

    Jean-François Paillard est né en 1961, et vit à Marseille. Son site territoire3 est un des plus étonnants sites de création littéraire et visuelle.


  • Phasmes : ces insectes qui vivent cachés, fusionnent avec l'environnement, se font branche sur une branche, feuille aux milieu des autres, au point de passer totalement inaperçus, et ce sont les mouvements qu'ils font qui les dévoilent.
    Les Phasmes de Stephanie Benson sont noirs, noirceur polar. Et quand elle les observe, les camouflages tombent, soudain inefficaces.
    L'environnement de Phasmes, c'est la jungle des villes, avec ses commissariats, ses chambres d'hôtels borgnes, ses villas luxueuses, ses bars enfumés, ses bureaux à dorures respectables, ses rues bruyantes et ses portes dérobées donnant sur une arrière-cour discrète. On y croise des proies, des prédateurs, des serviles, des lâches, des puissants et des fous qui parfois deviennent incontrôlables. Ils s'activent tous sous couvertures : ce sont les Phasmes.
    Une autre façon, un regard dur, qui passe de l'Europe à Montréal pour démonter les dessous de la prostitution, où la question rejoint celle même de la condition des femmes.
    Le narrateur voudrait survivre, ce qui, pour lui, passe d'abord par parfaitement se fondre dans le décor. Le danger, dans ce jeu de miroirs, est de perdre son identité, de se laisser absorber et de perdre de vue les limites de l'acceptable..
    Stephanie Benson prouve avec Phasmes que le noir est une couleur qui déborde. La question est : jusqu'à quel point ?
    CJ
    Ce texte inédit sera offert du 15 avril au 15 mai pour accompagner la parution intégrale sur publie.net de la tétralogie de Stéphanie Benson, "Al Teatro".

  • Aujourd'hui, la multinationale et superpuissante Argos étend ses ramifications jusque dans la vie privée des citoyens sans être inquiétée le moins du monde. Grâce à son célèbre Cloud, elle est la grande prêtresse de la guerre des données. Mais peut-on accepter qu'une entreprise privée s'arroge tous les pouvoirs et domine le monde ? Car il s'agit bien de cela, en vérité... Dominer. Jägere Thomasson, la quarantaine bien tassée, vieux briscard journaliste et solitaire, mène l'enquête avec son fidèle acolyte, le policier Dave Volpe. Bars insolites- superbe scène au coeur des nuits d'amours transgenres -, interviews, immersion dans le quotidien d'un journaliste chevronné, manipulations... Le danger rôde dans cesse et Thomasson se sait surveillé de très près... Argos peut-elle toujours gagner ?

  • Aux quatre coins de l'Europe, les meurtres de masse se multiplient. Une section d'Europol enquête et tente de déjouer les plans de ces tueurs en série d'un nouveau genre. L'horloge tourne : une course contre la mort a commencé. D'autant plus que, dans l'ombre, les sectes les plus violentes s'apprêtent à faire couler le sang... Que se passera-t-il exactement lorsque l'Église du Millénium de l'Aube Radieuse aura trouvé son nouveau gourou et l'aura initié aux rites de l'Unterwelt ?
    De la France à l'Allemagne en passant par le Royaume-Uni, à la croisée du Jugement dernier de Jérome Bosch, de l'Enfer de Dante et du film Seven, ce thriller fascinant teinté de fantastique nous emporte dans les pires tourments de l'âme humaine avec folie et élégance. C'est aussi une réelle plongée politique dans un monde abject mis sous la coupe des puissants.

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