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  • Quel chef d'oeuvre: l'horreur n'est pas recherchée pour elle-même - elle ne déborde jamais dans le texte : elle est effrayante, mais absolument. Elle tue, cependant. Et son inventeur en sera l'ultime victime. On ne triche pas avec ce qui est réservé à Dieu : créer l'homme. Le sous-titre: Frankenstein, ou le Prométhée moderne.

    On est en 1818, quand Mary Shelley nous offre cette création-monde. Tout ce qui bientôt fera l'art romantique. Héros mangés d'art. Et la passion du voyage: dans ce roman incroyable on parcourt toute l'Europe de cette aristocratie nomade, Genève ou le Rhin, les Alpes ou l'Italie. Et puis cette longue remontée vers l'Écosse des malédictions.

    Un défi tout aussi formel: jeu multiple d'emboîtements, de récits interposés, jusqu'à ce moment magnifique où le monstre lui-même se met à partler dans le livre. Mais pour dire comment il s'y est pris pour apprendre à parler et à lire. C'est à en pleurer: lui-aussi est victime de sa violence, avant de la renverser en menace.

    Alors qu'elle est belle, cette échappée d'un bateau vers le pôle Nord, embarquant Frankenstein à la poursuite de son propre monstre, l'être sans nom qu'il a formé de ses mains pour défier la mort.

    Vous l'avez déjà lu trois fois, l'inimitable roman de Mary Shelley, dans les vieux livres de l'adolescence ? Eh bien ça fera quatre. Et l'enchantement garanti, le frémissement aussi.

    FB

  • La veille de Noël, un homme lit l'histoire étrange racontée par l'un des témoins des faits rapportés, une gouvernante chargée de garder deux enfants que viennent hanter des fantômes dépravés qui se jouent de leur innocence. Le texte est accompagné d'outils pédagogiques permettant l'analyse du récit et de sa structure narrative complexe et l'étude du genre fantastique.

  • Près du village de Werst, en Transylvanie, se dresse le château des Carpathes qui, depuis le départ du dernier représentant, Rodolphe de Gortz, est complètement abandonné. Un jour, une fumée est aperçue en haut du donjon. Malgré leur peur, le jeune forestier Nic Deck et le docteur Patak partent en reconnaissance et sont victimes de phénomènes surprenants. Peu après ces événements, le comte Franz de Telek qui voyage pour oublier la mort de sa fiancée, arrive à Werst. Apprenant que le château des Carpathes appartenait à celui qui l'avait maudit au moment du décès de la cantatrice Stilla, il décide de s'y rendre.

  •  Des dispositifs pour se donner volontairement la mort, et briser le tabou sur le suicide, cela a toujours tenté notre société, dans ses rituels les plus secrets, et bien sûr la fiction n'est pas en reste (du fameux fauteuil de Cortazar à tout un bouquet d'histoires de Maupassant).  Mais les amoureux du fantastique savent bien que Robert Louis Stevenson, notre cher Robert Louis Stevenson, le roi du suspense et du mystère, avec Le Maître de Ballantrae, Dr. Jekyll and Mr. Hyde, ou son Île Au Trésor.  Lui, il investit carrément la Londres ténébreuse, celle des mystères de Jack L'Éventreur. On y marche de nuit comme dans le brouillard, mais il y a aussi des tavernes, des ponts, et cet étrange Club à l'entrée bien protégée.  On s'y prend comment, pour vous l'offrir, votre suicide ? Il suffit d'un peu de chance et d'entraide.  Et ça marche ? Que trop bien... Tellement bien, qu'on aimerait peut-être parfois faire demi-tour. Seulement, il semble que ce soit la seule chose interdite, au Club des Suicides... Sans doute le plus célèbre des contes, et le plus noir, que Stevenson rassemble dans ses Mille Et Une Nuits.
     

  • Le pianiste Stéphen Orlac est grièvement blessé dans un accident de train. Sa femme le confie au célèbre chirurgien parisien Cerral pour une opération dans les meilleurs délais. Mais si Cerral sauve la vie de Stéphen, celui-ci ne retrouve pas sa virtuosité, ses mains ayant subi de multiples fractures. Même si elle n'ignore pas que le docteur Cerral est mal vu de ses confrères, l'épouse du pianiste demande au chirurgien de rendre à Stéphen toute son adresse à n'importe quel prix. Cerral accepte. Orlac est opéré, mais sa femme ne le reconnaît plus, il est affaibli, apathique. Néanmoins il se consacre à sa rééducation. Dans les semaines qui suivent, de bien étranges événements bouleversent la vie du couple...
    Édition conjointe Ebooks libres et gratuits et Wikisource

  • Afin de pouvoir épouser Isabel, la fille de Lord Bakefield, pair du royaume d'Angleterre, Simon Dubosc accepte le défi fou de devenir, en moins de vingt jours, l'égal de Guillaume le Conquérant. Face à l'impossible, Simon n'a plus d'autres solutions que de s'enfuir en compagnie d'Isabel. Mais le destin pourrait lui donner le coup de pouce qui lui manque pour accomplir sa mission, sous la forme de ce qui restera dans les esprits comme un formidable événement.

  • Le Golem

    Gustav Meyrink

    On finira essoufflé, on aura perdu tout rapport au réel le plus simple. On aura traversé des crimes sordides, on aura traversé les lieux les plus secrets du vieux ghetto de Prague, pièces secrètes et passages mystérieux. On aura croisé des personnages au bord de la folie, d'autres qui s'immergent dans le plus haut de la mystique juive, un brocanteur aux étranges trafics, un livre de magie à déchiffrer, et le narrateur qui lui-même est peut-être l'énigme la plus décisive : n'obtient pas qui veut, dans un roman fantastique, de vous faire frissonner lorsque le narrateur découvre son double face à face.

    Publié par Gustav Meyrink en 1915 (et la chance de cette belle traduction de Denise Meunier, en 1929, devenue elle aussi un classique), le Golem sera décisif pour Kafka et ses amis. Stylistiquement aussi : s'il n'avait pas été le traducteur tchèque de Dickens, est-ce que Meyrink aurait pu faire surgir ainsi ses personnages à travers les pages, de la même façon qu'il leur fait littéralement traverser les murs ?

    Et ce serait bien dommage, dans nos lecture numériques, de ne pas nous offrir nous aussi une bonne lampée de ces meilleures peurs, celles qui naissent du livre terrifiant... Les amoureux de Prague y retrouveront l'enchantement mystérieux de la ville. Pour les autres, bonne nuit blanche.

    FB

  • Les trois yeux

    Maurice Leblanc

    Un savant, Noël Dorgeroux crée le « rayon B », son neveu Victorien Beaugrand est l´un des premiers témoins des prodiges de ce rayon: sur un mur sont projetés des images comme cinématographiques mais... venues du passé ! Noël Dorgeroux compte devenir riche en utilisant son invention : quel plus beau spectacle que celui de l´histoire, de la vraie Histoire, restituée par un moyen scientifique difficile à comprendre? Revivre l´exécution de Miss Cavell, espionne de la Première Guerre Mondiale, assister à la bataille de Trafalgar, être témoin de la première ascension des Montgolfier à Annonay, observer la montée à l´échafaud de Louis XVI, voir un combat aérien de la Grande Guerre, ou encore suivre le chemin de croix de Jesus Christ : que de merveilles à dévoiler, quelle histoire vivante à découvrir !
    Le succès est immédiat mais bientôt Noël Dorgeroux est assassiné et c´est la lutte pour connaître son secret. Tenu en haleine, le lecteur ne la découvre, bien plus extraordinaire encore que ces « trois formes inexplicables », ces « trois cercles triangulaires », ces « formes qui diffèr[ent] toutes les unes des autres » et qui « diffèr[ent] d´elles-mêmes en l´espace d´une seconde » vus par les témoins de ces projections...
    Maurice Leblanc en quittant pour un temps l´univers lupinien nous entraîne dans le domaine de ce merveilleux scientifique théorisé par un autre Maurice, Maurice Renard: « Il n´y a de merveille que dans le mystère, dans l´inexpliqué. Tout prodige cesse d´en être un aussitôt que nous pénétrons ses causes réelles et sa véritable nature, dès qu´il passe du ressort de l´ignorance ou de celui du doute dans celui de la science. » Car derrière l´étrange se cache la science et l´écran sur lequel apparaissent les Trois Yeux est l´image même de ce merveilleux scientifique qui « brise notre habitude et nous transporte sur d´autres points de vue, hors de nous-mêmes.» Philippe Ethuin, extrait de la présentation. 

  • Les Navigateurs de l'infini, qui date de 1925, est sans doute son chef-d'oeuvre. Une mission d'exploration débarque sur Mars où elle découvre une race extra-terrestre, les Tripèdes, « irradiant une surnaturelle beauté ». Ils sont les derniers représentants d'une espèce très ancienne et très évoluée qui disparaît peu à peu, cédant la place à une nouvelle forme de vie, les Zoomorphes. Lors de son retour sur Terre, l'expédition ramène avec elle deux de ces êtres, un père et sa fille. Cette dernière tombe amoureuse de l'un des terriens et le mode de reproduction sur sa planète étant quasiparthénogénétique, elle donne naissance à un hybride en pensant très fort au père qu'elle souhaite pour son enfant...

  • Un mystérieux phénomène altère les lois physiques de notre monde : « la lumière est malade ».
    Cela commence par l'effacement de l'ultraviolet : plus de feu, plus d'électricité, plus de chaleur.
    Une vague de froid déferle sur le monde et décime l'humanité. On continue avec un excès de rayonnement dans le rouge. L'humanité survivante devient enragée : les sociétés se décomposent en clans qui s'entredévorent. Deux formes d'apocalypse, et une contre-utopie avant la lettre, décrivant les effets pervers de l'excès du communautarisme. L'histoire se termine bien, la fille du vieux savant épouse l'assistant de papa.

  • Le jeune Paul et la petite Virginie sont éperdument amoureux l'un de l'autre. Le narrateur, un savant dont Paul est l'élève, part à l'étranger. Il revient Trois ans plus tard et apprend que Virginie est morte, Paul quant à lui est cloîtré dans son château. Le savant s'empresse de retrouver ce dernier : à sa grande stupéfaction, Paul n'a pas l'air peiné. En fait, Paul s'enferme pendant des heures dans son château et à l'aide de l'incroyable mémoire dont la nature l'a doté, il fait revivre Virginie...

  • Des androïdes dansants, des inventeurs géniaux, mais un peu dérangés, des aérostats et des machines gigantesques, des prouesses technologiques et industrielles, des machines inédites et des mécanismes superbement complexes... Ces textes ne sont pas du steampunk. Ils en sont les plus lointaines racines, ...

  • "Et si..." La science-fiction invente des récits à côté du réel, ou qui le prolongent. Elle peut s'en aller dans le futur, inventer des mondes. Mais qui l'empêche, sur ce même principe, de refaire l'histoire ?

    Alors on revient sur le bivouac du jeune Bonaparte, devant Saint-Jean d'Acre, et de cette tour qui résista à 60 de ses assauts. Qu'elle eût été prise, la face du monde pouvait changer : une autre relation orient-occident naître.

    C'est une des toutes premières "uchronie" que nous présente Philippe Ethuin, pour le 3ème opus de notre collection ArchéoSF : un virage décisif pour l'histoire de la science-fiction elle-même.

    Joseph Méry est souvent cité, mais cette "Histoire de ce qui n'est pas arrivé" n'avait jamais été rééditée depuis 1859... La voici en numérique, introduite, commentée et annotée par Philippe Ethuin.

  • Et si Napoléon avait suivi les traces d'Alexandre le Grand et envahi le Moyen-Orient ? S'il s'était évadé de Sainte-Hélène à bord d'un submersible faisant furieusement écho au Nautilus ? Si l'Empereur des Français avait conquis l'Amérique du Sud, ...

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