Presses Universitaires de Vincennes

  • Très célèbre et médiatisée de son vivant, Marguerite Duras (1914-1996) continue, vingt ans après sa mort, à attirer une multitude de lecteurs, à susciter des études dans les universités du monde entier et à exercer une influence marquante sur les écrivains actuels.
    Ce retentissement est dû à la force singulière de sa voix qui est comme celle du mythologue de la cité : démesure, scandales, incantations, palingénésies, sont autant de manifestations d'un véritable soubassement mythologique de sa production artistique. Dans sa modernité et sa diversité - littérature, cinéma, théâtre, écriture pour les journaux - l'oeuvre durassienne renouvelle la puissance du chant de l'aède qui raconte les origines du monde. Duras façonne notre mémoire et parle à notre imaginaire à travers un espace sacral, cultuel et culturel qu'elle n'a cessé de créer, en mythopoète.

  • Comment réfléchir les relations entre design et sciences, à une époque où l'omniprésence du design dans la société semble aller de paire avec la difficulté de sa définition ?
    Cet ouvrage propose une synthèse inédite des liens interdisciplinaires situant le design à l'enchevêtrement entre l'anthropologie de l'image, l'esthétique, l'histoire de l'art, les Sciences and Technological Studies (STS) et la culture visuelle des sciences. Il s'agit de proposer une analyse d'exemples historiques comme de pratiques de recherches contemporaines qui situeraient le design entre recherche et science.

  • Les États-Unis d'Amérique n'ont pas de Hobbes, de Locke, ou de Rousseau ; cependant, leur théorie du contrat social sort tout droit de la philosophie européenne, et le western est cette création artistique qui anime la théorie politique, qui la donne à voir, plein écran et pure fiction. Le western est analysé ici comme une philosophie en action où sont mis en scène les acteurs et les protagonistes de la création d'une république dont l'entrée est refusée à l'Indien, systématiquement « sauvage ».

  • Comme Proust, comme Kafka, Borges a fait du « devenir auteur » une aventure vitale, que ce soit par la mise en scène d'une fiction autobiographique ou par le déploiement d'une métaphysique de la littérature.
    Julio Premat, propose un parcours dans l'oeuvre et dans le mythe de l'écrivain en privilégiant les aspects les moins connus en France.
    Trois figures de Borges ou trois avatars, sont analysés tour à tour : le héros fondateur, le fils à l'oeuvre, l'aveugle clairvoyant. Elles permettent de présenter les particularités de ce classique de la modernité et d'introduire les pôles thématiques majeurs de ses textes : l'érudition, la temporalité, le biographique et la lecture.

  • Samuel Beckett, prix Nobel de littérature (1969), est né en 1906 dans une Irlande encore britannique, et mort en 1989 à Paris où il a vécu plus de 50 ans. C'est probablement le seul auteur ayant jamais écrit son oeuvre deux fois : en anglais et en français. Ce bilinguisme, loin d'être anecdotique, fait partie d'un projet radical, dont on trouvera ici les traits essentiels. Beckett a profondément ébranlé les assises de tous les genres qu'il a pratiqués : ses pièces sont pour la scène, pour la radio, pour la télévision, certaines sont sans paroles, l'une a pour personnage une Bouche, l'autre un souffle, une autre un air de musique. Ses récits, tous plus ou moins expérimentaux, peuvent être sans ponctuation, sans alinéas, sans personnages caractérisés. Son oeuvre est traduite, jouée et étudiée dans le monde entier. Elle fascine les philosophes, intrigue les psychanalystes. Elle a inspiré de nombreux artistes, peintres ou musiciens.

  • Ce livre est une approche théorique, principalement philosophique, de l'écriture critique. Il est pensé comme une boîte à outils devant permettre à un rédacteur ou à un lecteur de situer les textes critiques relativement aux conceptions de l'oeuvre d'art et aux conceptions du discours. Il explore les liens entre la critique d'art et les convictions philosophiques, esthétiques et épistémologiques - parfois implicites - depuis la révolution de l'art moderne à la charnière des XIXe / XXe siècles jusqu'à aujourd'hui, à partir des questions suivantes : quels types de savoirs les critiques proposent-elles ? En fonction de quelles attentes ? Ce livre s'interroge aussi sur les relations entre la critique et les codes et conventions artistiques. De manière générale, on peut donc considérer qu'il s'intéresse aux liens entre la critique et les croyances au XXe et XXIe siècles.

  • Le Brexit, voté le 24 juin 2016, rappelle avec fracas l'existence d'une méfiance continue des Anglais face à l'Europe continentale en général et à la France en particulier, malgré des liens étroits depuis l'Antiquité. La guerre de Cent ans est un des épisodes les plus spectaculaires de ces rivalités et même si la pertinence de cette expression est de plus en plus contestée, elle reste profondément ancrée dans notre imaginaire contemporain. Sans prétendre à l'exhaustivité, cet ouvrage entend établir une véritable histoire comparée des deux royaumes sur quelques thématiques fondamentales, notamment la question de la « modernité » de la guerre à la fin du Moyen Âge, le développement des États monarchiques, la naissance d'un sentiment « national », ou encore les interactions de la guerre avec des transformations socio-économiques et culturelles majeures.

  • Cet ouvrage entend interroger le constat porté par la quasi-totalité des chercheurs en science sociale : nos sociétés sont saturées de mémoires, historiques, culturelles, sociales, savantes, individuelles, que le discours ordinaire pare de toutes les vertus et de toutes les obligations morales. Qu'en est-il de ce constat lorsque nous parlons d'intégration européenne ?

  • Depuis une trentaine d'années, la communication politique s'est imposée comme un des éléments importants de la vie politique française. François Mitterrand reste encore aujourd'hui l'un des principaux modèles de communication tant pour les candidats à l'élection présidentielle que pour les présidents en exercice. Pourtant, à ses débuts, rien ne semblait acquis, le principal opposant au Général de Gaulle, bien qu'orateur de talent, avait du mal à briller à la télévision. Cet ouvrage, en s'appuyant sur des sources inédites (Archives de François Mitterrand, entretiens avec ses proches et avec des journalistes, Archives de l'Institut National de l'Audiovisuel) étudie l'adaptation de l'ancien Premier secrétaire du PS aux médias et l'utilisation qu'il en fit pour forger son image de gouvernant.

  • Connaît-on vraiment Simone de Beauvoir ? Si cette figure du XXe siècle a pu être qualifiée de « scandaleuse », c'est certainement l'adjectif « révolutionnaire » qui la désigne le mieux. Révolutionnaire parce qu'elle ne cesse de décentrer les certitudes et envisage le monde avec un regard neuf, affranchi du poids des constructions préexistantes : un regard en mouvement, curieux et réflexif. Révolutionnaire, aussi, pour ce goût de la liberté qui est, comme elle le souligne, « une source inépuisable d'inventions ». Révolutionnaire, enfin, pour ce désir d'ouverture sans concession et cette propension toujours renouvelée au partage qu'elle place au coeur de la pensée, de l'écriture et, fondamentalement, de la vie.

empty