Presses Universitaires de France

  • « Philippe Barrier, qui a passé de longues années à faire du diabète son existence même et sa pensée, c'est-à-dire sa force, sa capacité à s'individuer et à être sa blessure, comme disait Joë Bousquet, montre comment la médecine contemporaine en est venue à détruire la relation de soin. Sa démonstration est implacable, magnifique et terrible. Elle donne à voir comment une finalité, prendre soin des malades, se renverse en son contraire : nier leur existence en réduisant celle-ci au contrôle du bon fonctionnement de leurs organes naturels ou artificiels. (...) Philippe Barrier éclaire du même coup les enjeux d'une question encore bien plus vaste, et les souffrances d'une maladie qui n'est pas seulement celle des corps et des esprits, mais celle du corps social dans son ensemble, celle d'une civilisation que l'on a cru devoir dire "technicienne" - comme si une civilisation pouvait ne pas l'être. » (B. Stiegler, préface)

  • Fruit de la science du 19e siècle, canon officiel des savoirs ou idéologie sujette à caution, le structuralisme mathématique, après avoir longtemps imposé ses vues jusque dans les sciences humaines, doit aujourd'hui céder la place. La succession est difficile, mais c'est dans ce nécessaire renouveau de la pensée mathématique que se joue sa légitimité intellectuelle et sociale. SOMMAIREIntroductionI -- Le style en mathématiques II - De Platon à Husserl III -- Les origines des mathématiques modernes IV -- Axomes et intuitions V -- Le courant structuraliste VI -- Structures et catégories VII -- A la rencontre du réel Conclusion -- Index -- Bibliographie

  • La Déclaration des droits de l'homme nous est familière. Mais de quel homme parle-t-on ? L'homme/esprit des Lumières ou l'homme/matière des sciences ? En discutant ces deux approches, l'objectif de cet ouvrage est de réfléchir sur la particularité ontologique de chaque existence humaine. À partir d'exemples tirés de l'actualité juridique et politique (comme les controverses sur le droit des animaux, le droit de l'environnement, le droit médical, etc.), ce livre insiste sur la quête de sens inhérente à toute entreprise humaine. Être humain est un effort pour chacun, ce n'est pas un acquis. « Devenir humain » signifie lutter pour trouver les valeurs de l'existence humaine. Le but de l'auteur est de montrer que l'être humain est constitué par le devenir (son process, comme disait A. Whitehead). Sa vision du vivant redonne alors une place au finalisme : la vie n'est pas due au hasard.

  • A partir d'une analyse de la perception courante du corps gravement handicapé, de l'étude des exhibitions des monstres au XIXe siècle et de l'histoire de la tératologie scientifique, l'auteur s'efforce de comprendre ce qui se produit en nous face au corps difforme d'un individu et nous pousse à penser que c'est un "monstre". En nous confrontant aux limites de notre tolérance, la grande difformité physique nous révèle nos craintes liées au corps mutilé, dégradé, non viable. Elle suscite des peurs irrationnelles de contamination et des fantasmes de métamorphose, mais aussi des angoisses rationnelles en touchant à la fragilité de l'organisme et au vécu intérieur du corps.

  • Des années 1860 aux années 1920, une culture raciale, présentant une vision hiérarchisée et inégalitaire du genre humain, a été largement présente au sein de la communauté savante et politique, du monde colonial et des sciences humaines et sociales en général. Cette recherche inédite et originale montre les liens entre pensée raciale et idéologie républicaine : un sujet encore peu connu. L'idéologie républicaine n'a pas échappé à une représentation inégalitaire de la différence.

  • Longtemps la philosophie, la religion ou la politique ont permis à l'homme d'effectuer des modifications sur lui-même. Mais le XXe siècle a vu apparaître une nouvelle façon de transformer l'homme : une façon technique. Parmi les techniques qui ont ainsi été développées, les psychotropes occupent une place prépondérante. Et parmi les psychotropes, ...

  • La « maladie de la vache folle », la grippe aviaire, tout comme la crise récente liée à la grippe porcine et le débat autour des antennes-relais de téléphonie mobile, tous ces problèmes de santé publique ont contribué à mettre en relief la place désormais centrale accordée au principe de précaution dans le domaine de la santé.

  • Dans un siècle marqué par deux guerres mondiales qui ont laissé la France exsangue et par des découvertes décisives en recherche biologique, le monde médical, confortablement installé dans ses croyances et pratiques ancestrales, a connu une véritable révolution, à partir des années 1950, entamée notamment par quelques grands cliniciens « éclairés ».
    C'est à cette aventure que nous convient les auteurs de cet ouvrage, résultat d'un travail exhaustif d'analyse d'archives, enrichi par les témoignages de grandes personnalités, médecins praticiens et chercheurs. L'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) a été au coeur des grands événements qui ont marqué cette métamorphose.

  • Omniprésente dans l'ensemble des sciences de la vie, la catégorie de fonction a les allures d'un scandale épistémologique : attribuer une fonction à une structure ou à un processus biologique, c'est en effet suggérer qu'on l'explique par ses effets. Cet ouvrage, sans précédent en langue française, ...

  • Le développement de la science s'est accompagné d'une interrogation constante et active sur la nature de sa méthode et sur la valeur de ses principes. La plupart des tenants du conventionnalisme ont voulu l'enraciner dans l'histoire (Pierre Duhem, Gaston Milhaud, Edouard Le Roy). L'auteur s'est intéressé aux conflits et discussions qui se sont déroulées en France au tournant des XIXe et XXe siècles. Ces discussions (création d'une chaire Histoire générale des sciences au Collège de France en 1892, puis d'une chaire Histoire de la philosophie dans ses rapports avec les sciences, à la Sorbonne, en 1909 et l'apparition du terme épistémologie dans la langue française) représentent une étape cruciale dans la constitution de la discipline : Philosophie des sciences, telle qu'elle est connue actuellement.

  • Les OGM et les PGM sont-ils contre nature ? Comment expliquer ces oppositions parfois violentes, alors que la technologie progresse ? L'auteur s'interroge sur l'origine de ces contestations et explique les controverses sur les risques sanitaires et environnementaux, les avantages socio-économiques de ces nouvelles technologies et montre l'importance d'un vrai dialogue pour distinguer ce qui relève de prises de position idéologique. Il apporte ainsi des "outils" d'information indispensables aux consommateurs et aux décideurs pour rester maîtres de leurs opinions et responsables de leurs choix.

  • A quoi donc résiste la psychanalyse, à quelles réfutations savantes, à quelle adversité sociale bien actuelle mais surtout à quels dévoiements internes ? Y a-t-il toujours quelques raisons, non de lire Freud, mais bien d'entreprendre une cure, voire de devenir psychanalyste ? Voici une réponse savante et construite aux critiques contre la psychanalyse qui redonne toute sa valeur à l'engagement intellectuel du psychanalyste dans notre monde contemporain. L'ouvrage est complété d'une très utile et inédite chronologie : La psychanalyse depuis 1980 rappelant les grands événements et publications autour de la psychanalyse.

  • Ce livre propose une réflexion collective sur le triage en médecine, du XIXe au XXIe siècle. Il se place au plus près de ses pratiques, dans les salles d´attente des généralistes, au sein des bureaucraties sanitaires, sur les théâtres des catastrophes humanitaires. Le triage y constitue à la fois une promesse et une épreuve, un fondement de l´identité de la profession médicale moderne et une intrusion menaçante de contraintes économiques et politiques dans la décision médicale, une pratique volontiers mise en scène et dont l´expérience reste cependant indicible, une routine des services d´urgence ou d´une médecine de ville pourtant marquée du sceau de l´exception. Enquêter sur le triage mène au coeur même de la médecine et des politiques de santé contemporaines, en mettant à jour les opérations de classement, de sélection, de priorisation et de négligence, qui, en traçant la ligne de partage entre ceux qu´il faut soigner d´abord et ceux qui peuvent attendre, constituent à la fois une condition nécessaire et un envers des relations de soin.

  • Contrairement à une croyance trop répandue, le darwinisme et son prolongement au XXe siècle - le néo-darwinisme - ne portent pas sur une idée de l'évolution fondée sur la simple notion de « la survie du plus apte ». Si la théorie de la sélection naturelle est partie intégrante du néo-darwinisme, plusieurs de ses fondateurs seront en quête d'une conception beaucoup plus généreuse, pleine et compréhensive de l'évolution. En réalité, la révolution dite darwinienne s'insère au coeur d'une révolution intellectuelle beaucoup plus importante : la révolution transformiste. Avant d'être des darwiniens, de dignes représentants de cette mouvance s'afficheront comme étant des transformistes. Cela signifie que, en plus des mécanismes de l'évolution biologique, d'autres éléments tout aussi cruciaux seront pris en considération dans l'élaboration d'une véritable synthèse évolutionniste : les rapports entre l'évolution biologique et l'évolution cosmique ; les interrogations portant sur la question d'une possible direction évolutive ; l'enseignement à tirer pour l'homme de sa place et de son rôle dans la nature. À la croisée de l'histoire, de la philosophie et de la science, cet ouvrage cherche à démontrer, à travers l'analyse des travaux de plusieurs néo-darwiniens de premier plan, que la révolution darwinienne demeurera incomplète aussi longtemps que la révolution transformiste le restera.

  • À partir des années 1850, une véritable « internationale raciologique » voit le jour au sein des sociétés occidentales : des sociétés savantes apparaissent, des cours sont dispensés, des revues et des ouvrages sont publiés, des musées exposent des collections de crânes, des cerveaux momifiés aux côtés d'objets ethnologiques. Animée par une approche classificatoire, cette nouvelle science se dote de méthodes et d'outils anthropométriques afin d'appréhender la diversité physique et culturelle de l'homme. Cette science, qui s'institutionnalise au moment où les identités collectives prennent comme référence centrale la nation, a directement participé à la construction des identités nationales au sein d'États aussi divers que la France laïque et républicaine, les monarchies constitutionnelles, la Russie tsariste puis communiste ou encore la Turquie kémaliste. Dans un contexte d'exacerbation des rivalités nationales, elle a renforcé la crédibilité des mythes identitaires (gaulois, anglo-saxon, aryen...), en leur apportant une caution scientifique.

  • Cet ouvrage poursuit l'étude de la pensée raciale dans la France des années 1930, initiée par l'auteur dans un ouvrage précédent. Il montre la persistance d'approches différencialistes et inégalitaires de l'altérité dans la communauté savante comme dans le monde colonial. En analysant un certain nombre de mythes, ce livre apporte une importante contribution à l'étude de la culture républicaine.

  • Ce travail a été réalisé en tenant compte de deux exigences : construction d'une problématique collective -- élaboration collective d'une méthodologie. Patrice Pinell ayant réalisé un précédent travail sur la naissance de la lutte contre le cancer en France a développé un programme de recherches sur le sida, centré sur la reconstitution de l'histoire du mouvement associatif qui a occupé une place déterminante dans l'organisation de la lutte sociale contre l'épidémie. Il ne s'agit pas de répertorier les innombrables associations participant à la mobilisation des pouvoirs publics et de la population, mais d'intégrer leurs actions marquantes dans une histoire de la lutte contre le Sida, cette lutte constituant un territoire social spécifique. Prise de conscience de la maladie par la communauté homosexuelle mais aussi par d'autres minorités puis par la majorité hétérosexuelle -- prise en compte de l'épidémie par les pouvoirs publics, inauguration d'une politique anti-sida. Enquête passionnante et travail collectif de réflexion sur un sujet malheureusement de nouveau à l'actualité avec une recrudescence de l'épidémie.

  • L'histoire de notre rapport au cosmos n'est pas seulement l'histoire de nos connaissances sur les planètes et les étoiles, les mythologies et légendes qui les accompagnent, c'est aussi profondément celle d'une interrogation sur nos origines. Ce livre présente cette histoire des relations entre l'homme et le cosmos depuis les premières interrogations des Grecs il y a plus de 2500 ans jusqu'aux plus récents développements de la cosmologie moderne, ceci dans un style alerte, accessible à un grand nombre de lecteurs.

  • Y a-t-il une vérité des étoiles ? Le désir de répondre à cette question est inséparable de l'histoire de l'humanité. Les récits mythiques, les révélations religieuses, aujourd'hui les théories scientifiques : autant de pistes dans une quête qui semble aussi nécessaire qu'infinie. Parcourir l'histoire des métamorphoses du ciel, c'est donc revivre les enthousiasmes, les coups de génie, les drames, les révolutions, les stupéfactions et les espoirs qui se sont succédé. La condamnation par l'Église de Giordano Bruno au bûcher, en 1600, est un épisode des plus marquants et émouvants de cette chronique. Avec l'avènement de la science moderne et ses « nouvelles vérités », la guerre semblait plus inévitable et violente que jamais. Pourtant, au cours du XXe siècle, l'abbé belge Georges Lemaître, inventeur de la théorie du Big Bang, a su libérer à la fois la recherche scientifique et l'interrogation métaphysique, religieuse ou philosophique. Sa contribution majeure méritait une analyse détaillée accessible à tous. Que voyons-nous aujourd'hui en levant les yeux vers le ciel ? Le désir de comprendre est-il satisfait ? En s'enrichissant des découvertes les plus récentes (distorsions spatiales, paradoxes temporels, catastrophes cosmiques, vestiges des commencements, etc.), le ciel se métamorphose encore. Et notre pensée est plus profonde, plus libre et plus apaisée.

  • Auguste Comte, l'inventeur du « positivisme », n'est pas un philosophe positiviste des sciences comme les autres. L'importance qu'il accorde à l'histoire des sciences, sa critique de la « méthode » et du « psychologisme », son attention à la diversité et à l'irréductibilité des sciences, ...

  • Qu'est-ce que le cinéma ? Quel sera son avenir ? En quoi la technologie change-t-elle l'art ? Cette question qui se pose aujourd'hui face au numérique, le critique André Bazin et le philosophe Walter Benjamin l'avaient déjà posée au cinéma analogique. Si révolution il y a dans les fonctions de l'art, celle-ci ne se situe pas dans le passage de l'image analogique à l'image numérique, mais dans le passage de l'outil à la machine automatique. Comment faire de l'art avec des techniques automatiques ? La réponse est déjà inscrite dans l'histoire du cinéma. Mais, à partir d'elle, le cinéma se divise et s'est toujours divisé en deux lignes parallèles. Ou bien l'automatisme de l'appareil sert à animer des images qui existent avant lui, la photographie analogique ou l'image de synthèse. C'est la ligne Edison-Lucas qui passe aussi bien par Méliès que par Griffith. Ou bien, dans la lignée de Marey et de Lumière, le cinéma se sert de l'automatisme comme d'un instrument de perception du mouvement à l'origine même des images. « L'art avec des images de ne rien représenter » (Bresson) est celui qui « nous rend un logos à l'état naissant » (Merleau-Ponty). Il n'y a pas une histoire du cinéma soumise au développement des techniques de l'image. Il y eut toujours deux cinémas, le classique et le moderne.

  • Si la science peut être dénoncée comme « inhumaine », cela ne tient-il pas à ce que l'on a perdu de vue la parenté qui unit la pensée scientifique constructive à la création artistique ? Prendre acte du caractère irréductiblement « métaphorique » des théories scientifiques pour redécouvrir l'inspiration qu'elles puisent dans les comportements humains imprévisibles ne permettrait-il pas de les rendre plus aisément communicables ? La conception développée dans cet ouvrage prend pour hypothèse de base le caractère fondamentalement erratique de l'Univers. Toute tentative de lui imposer un ordre inventé par l'intelligence humaine contribue à augmenter encore son comportement erratique. Contrairement à la théorie du « chaos » qui recherche l'ordre derrière les événements chaotiques, Yona Friedman propose de tenir compte du désordre qui fait organiquement partie de tout ordre aussi bien dans la société humaine que dans le monde de la physique.

  • L'Affaire Sokal : le canular d'un scientifique facétieux ridiculisant le snobisme scientiste d'une revue de sciences sociales ? Un épisode donc de la « guerre des sciences » ? L'expérience cruciale d'un physicien sérieux démontrant la légèreté des « post-modernistes » en philosophie ? C'est d'abord une affaire interne à la gauche américaine où l'on se jette à la tête le mot de « relativisme ». Mais sont aussi visés « les intellectuels français ». Des listes circulent, à dimensions variables : Derrida, Lacan, Lyotard, Baudrillard, Kristeva... En traversant l'Atlantique, Internet aidant, l'affaire tourne à la querelle. La querelle des impostures. En voici, à chaud, la première analyse. Sokal ne s'est-il pas, en définitive, pris à son propre piège, condamné au commentaire perpétuel de la seule imposture avérée de l'Affaire, la sienne ? De là l'exaspération de tous, de n'en pouvoir jamais saisir le fond. Yves Jeanneret le fait apparaître et nous invite à nous interroger sur les principes en vigueur dans l'évaluation des textes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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