Presses Universitaires de France

  • La moitié des électeurs français qui ont voté en 2012 n'étaient pas en âge de le faire quand François Mitterrand est arrivé au pouvoir, et un sur cinq n'étaient même pas encore nés. En 1981, 46 % des électeurs étaient nés avant la Seconde Guerre mondiale ; ils sont moins de 15 % aujourd'hui. Le renouvellement générationnel est un phénomène massif, mais il n'est pas un « remplacement poste pour poste » des citoyens. Il pèse sur les équilibres électoraux et politiques entre gauche, droite et extrême-droite, ainsi que sur les conflits de valeurs, notamment en matière de tolérance ou de racisme. Pour saisir le présent et l'avenir de la politique française, les dynamiques des cohortes démographiques sont alors essentielles. Elles permettent de comprendre comment le rapport à la politique évolue, notamment vers plus de défiance et de contestation des élus, ou pourquoi les citoyens boudent très souvent les urnes mais protestent toujours plus.

  • Paru en 1887, Gemeinschaft und Gesellschaft s'est imposé comme l'un des ouvrages majeurs des sciences humaines et apparaît aujourd'hui encore d'une étonnante fécondité pour comprendre la réalité et la complexité de l'époque contemporaine. À travers sa célèbre distinction entre communauté et société, c'est à une sévère critique de la société moderne que se livre Ferdinand Tönnies (1855-1936), fortement influencé en cela par Marx. Alors que la communauté est caractérisée par la proximité affective et spatiale des individus et se définit donc comme « une communauté de sang, de lieu et d'esprit » où le tout prime sur l'individu, la société, en revanche, est le lieu d'un individualisme débridé et destructeur, d'une concurrence généralisée entre les hommes désormais isolés et séparés les uns des autres, le règne de l'intérêt personnel désormais au fondement de tous les rapports sociaux. Alors que l'homme de la communauté ne choisit pas ses appartenances mais se trouve immergé au sein d'un tout organique qui détermine sa manière de se rapporter aux autres, l'homme de la société choisit arbitrairement ses relations en fonction de l'intérêt, essentiellement pécuniaire, qu'elles représentent pour lui. Alors que dans la communauté, les rapports humains sont fondés sur des rapports authentiques et essentiels, sur des liens affectifs, biologiques et traditionnels qui conditionnent l'ensemble de l'existence, dans la société, « chacun est un marchand » obéissant à son pur et simple égoïsme. On le voit, c'est une véritable réflexion sur les modalités mêmes de notre « vivre-ensemble » que mène ici Tönnies, nous invitant ainsi à réfléchir à notre tour sur la qualité du lien que nous tissons concrètement aux autres.

  • Cette mise en perspective de la question des "jeunes adultes" se fonde sur l'exploitation du Panel européen des ménages (1994-1999), enquête longitudinale coordonnée par Eurostat, complétée par 135 entretiens auprès de jeunes de 18 à 30 ans (Danemark, Royaume-Uni, France, Espagne). L'auteur montre que, même à l'heure de l'internationalisation des systèmes éducatifs et des marchés du travail, l'empreinte des sociétés sur cette période de la vie est très profonde et résiste à l'emprise d'autres facteurs de différenciation (sexe ou classe sociale). Les quatre formes d´expériences qu´il met au jour renvoie pour chacune à des facteurs politiques, sociaux et culturels : une jeunesse longue et exploratoire (logique de développement personnel) prévaut au sein des sociétés nordiques ; un cadre libéral favorise le développement d'une jeunesse plus courte, tournée vers l'émancipation individuelle (Royaume-Uni) ; une société de type corporatiste et centralisée (France) induit l'existence d'une jeunesse orientée vers l'intégration sociale (détermination précoce par les études) ; enfin, les sociétés méditerranéennes favorisent une logique d'attente au foyer parental des conditions nécessaires à une installation stable dans la vie adulte.

  • Que Tönnies retiendra-t-il de sa lecture du « plus remarquable et profond philosophe social », Karl Marx ? Certainement pas le gourou et le prophète mais le grand « découvreur du mode de production capitaliste » qui a exercé sur sa pensée une influence profonde et durable. Dans cette petite monographie, il ne s'agit pas pour l'auteur de produire une analyse exhaustive de l'oeuvre de Marx, ni d'engager un débat avec les théoriciens marxistes sur la bonne interprétation à en produire, mais de retracer les étapes et le cheminement intellectuel qui ont conduit à la parution du Livre I du Capital sur lequel il fonde sa propre critique de la société. Tönnies n'en fait d'ailleurs pas mystère en affirmant qu'il espère, à travers sa biographie de Marx, pouvoir aussi faire entendre sa voix. Ce n'est donc pas seulement Marx lui-même qui fait tout l'intérêt de cet ouvrage mais aussi ce que Tönnies en a retenu pour nourrir sa propre appréhension théorique du monde social.

  • La déscolarisation, tout comme les violences scolaires, touche de plus en plus de collègiens pour la majorité issus de milieux populaires. Dans ce livre, les auteurs reconstruisent ces parcours de ruptures scolaires et analysent les différentes causes. Ils insistent sur l'articulation et l'enchaînement des processus au sein de plusieurs parcours de collégiens. Ils mettent ainsi en évidence les failles du collège unique, la dégradation des conditions d'existence de nombreuses familles et les effets directs sur la scolarisation des jeunes enfants.

  • À quoi renvoie notre sidération face aux tueries perpétrées dans Paris le 13 novembre 2015 ? Comment expliquer l'ampleur de la réaction aux attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper Cacher ? Poser ces questions, c'est chercher à comprendre ce que vit une société lorsqu'elle se trouve mise à l'épreuve d'attaques terroristes.

  • Nos sociétés connaissent une profonde transformation des sensibilités et des attitudes individuelles et collectives à l'égard de la mort. "Bien mourir" est devenu une préoccupation pour chacun d'entre nous. Cet ouvrage se propose d'analyser cette nouvelle idéologie normative du "bien mourir", lieu d'une nouvelle utopie sociale, dont les soins palliatifs sont emblématiques.

  • Les jeunes en bande ont tout pour déplaire. Décrits comme agressifs, hostiles, violents, ils incarnent une dangerosité de proximité. C'est à travers leurs « affrontements », leurs « agressions gratuites », leurs « trafics », leurs défoulements émeutiers, leurs penchants sexistes ou homophobes, que les bandes alimentent l'actualité journalistique. La place qu'elles occupent dans les médias est indissociable des prédations qu'elles commettent ou qui leur sont imputées. Au delà des faits-divers, cette réalité pose de nombreuses questions : qu'est-ce qu'une bande ? Comment se forment-elles ? Peut-on les mesurer ? Quelles évolutions ? Qui attirent-elles ? Pourquoi ? Comment fonctionnent-elles ? Quelles places y occupent les transgressions ou les comportements violents ? Que disent ces groupes des évolutions de notre société ? C'est à l'ensemble de ces questions qu'est dédié cet ouvrage qui est le fruit d'une longue recherche de terrain menée dans une « zone urbaine sensible » de la région parisienne. L'auteur s'est attaché à comprendre ce phénomène à la fois ancien et en constante mutation. La société change, les bandes aussi. Il y a un demi-siècle, leur ampleur et leur durée de vie étaient limitées par le service militaire et, surtout, par le plein emploi. L'école ne conditionnait pas autant les destins sociaux et les territoires ouvriers n'étaient pas imprégnés par le « bizness ». Aujourd'hui, le public des bandes, essentiellement masculin, se construit principalement dans trois scènes sociales : la famille, l'école et la rue. Trois univers liés entre eux, analysés de l'intérieur, afin d'appréhender la « pertinence » des bandes pour ceux qui les forment, la recomposition des liens sociaux qu'elles imposent et leur poids dans le quotidien de ceux qui les côtoient.

  • Ce volume réunit pour la première fois deux livres depuis longtemps introuvables : La classe ouvrière et les niveaux de vie, recherche sur la hiérarchie des besoins dans les sociétés industrielles contemporaines (1912) et L'évolution des besoins dans les classes ouvrières (1933). Ces ouvrages ont en commun de traiter des ouvriers et de ce qu'ils consomment sur des bases statistiques de grande qualité. Ils constituent des jalons dans l'histoire sociale des ouvriers mais aussi de la consommation et des façons de l'appréhender : les différences de classe l'emportent sur les écarts de revenu. Une classe sociale ne se définit pas par un niveau de ressources mais par des conditions d'existence et de travail, une culture et des représentations sociales. Toutes dimensions qui se transforment au gré des grandes mutations économiques et sociales. En articulant une théorie ambitieuse du social avec une investigation empirique riche et cohérente, Maurice Halbwachs a donné le branle à la sociologie moderne des modes de vie. Nous devons aujourd'hui notre lucidité à la tradition qui s'est nourrie de son oeuvre et de sa démarche intellectuelle.

  • Les enquêtes montrent que la plupart des parents souhaitent avoir le droit de choisir l'établissement de leur enfant. Beaucoup optent pour le secteur privé, mais d'autres contournent la carte scolaire du secteur public en exprimant des préférences pour certaines options ou en demandant des dérogations. Un autre type de choix est celui de parents qui, envoyant leurs enfants dans les établissements du quartier, s'y investissent fortement pour surveiller leur scolarité. Si l'on ajoute à cela le fait que les choix résidentiels sont souvent motivés par le désir d'habiter à côté d'un « bon » établissement, force est de constater que le choix de l'école est un phénomène social majeur. On ne disposait cependant que d'analyses encore partielles des stratégies de choix des parents. Prenant appui sur une enquête par entretiens dans quatre communes de la périphérie parisienne, cet ouvrage s'intéresse plus particulièrement aux parents des classes moyennes. Il étudie finement les clivages entre les différentes fractions de ce groupe social autour de choix qui constituent pour leurs membres d'importants enjeux tant du point de vue des carrières scolaires de leurs enfants que de la protection de leur statut collectif. Mobilisant une vaste littérature sociologique, l'auteur développe une analyse compréhensive originale. Elle intègre l'étude des différents déterminants des choix : les visées, valeurs, « bonnes raisons » et ressources des parents. Elle examine aussi comment ces choix se construisent dans les espaces familiaux et les réseaux de voisinage en interaction avec l'offre éducative et la régulation locale.

  • Peu de débats dans les sciences sociales contemporaines ont retenu autant l'attention que le changement de nature de l'État-providence dans les sociétés occidentales. G. Esping-Andersen est l'un des meilleurs spécialistes de ce sujet.

  • Pour quiconque s'intéresse à l'assistance sociale aux Etats Unis, 1996 restera une année mémorable, l'AFDC principale politique sociale pour les pauvres est remplacé par le TANF. Dorénavant la perception de l'assitance est limitée dans le temàps et aucunh filet de sécurité additionnel n'est prévu au niveau national pour ceux et celles qui n'accèdent pas à un emploi. L'insécurité est devenu le lot de quelque sept millions de personnes surtout des femmes. En France en 1998 : adoption de la loi sur la lutte contre les exclusions : extension des droits fondamentaux. Dans cette conjoncton d'événements, deux conceptions de la relation sociale entre les pauvres et l'Etat s'entrechoquent. Cet ouvrage analyse pour mieux comprendre les différences, le mouvement général de transformation des institutions dans chacun des deux pays : comparer les institutions de l'assistance sociale, le workfare et l'insertion. C'est à une réflexion sur la dynamique des droits et des devoirs dans les principales institutions garantes de la sécurité économique dans nos sociétés que ce livre est consacré. Les projets de transformation sociale constituent le véritable chantier de l'économiste. Extrait de l'introduction Introduction : La relation assistancielle, workfare, insertion et réciprocitéPremière partie : Une analyse onstitutionnaliste de la relation assitancielleI -- La relation assistancielle à la lumière de l'institutionnalisme de J. R. Commons-- La théorie institutionnaliste de John R. Commons-- Une conceptualisation institutionnaliste commonsienne de l'assistance-- Le workfare et l'insertion, une transformation fondamentale de l'institution de l'assistance sociale Deuxième partie : Le workfare et l'insertion, l'analyse comparative des institutions d'assistance aux Etats-unis et en France II -- Les antécédents généalogiques du workfare et de l'insertionIII -- La sécurité sociale et l'assistance, un paysage à géométrie variableIV -- Le quasi-marchandage dans la relation assistancielleV-- La mise en oeuvre, l'épreuve du réelConclusion -- Glossaire -- Bibliographie

  • Tous les observateurs notent ces dernières années, dans les pays développés, une reprise de l'accroissement des inégalités. Dans un contexte marqué à la fois par une ethnicisation des inégalités, par le creusement des écarts intergénérationnels et l'âpreté des luttes autour des enjeux scolaires, apparaissent des menaces nouvelles sur la cohésion organique des sociétés modernes. Les chercheurs de l'Observatoire sociologique du changement présentent les analyses issues de leurs travaux et brossent un tableau de l'évolution de la société française en la comparant à celle d'autres pays développés.

  • En quoi les usages de drogues telles le cannabis, l'alcool ou le tabac, peuvent-ils être considérer comme sociaux ? Cet ouvrage apporte, chiffres à l'appui, un éclairage nouveau sur des notions qui occupent une place importante dans le débat public français, sur les principaux problèmes liés aux addictions dans la société française contemporaine. La dimension sociale des drogues apparaît ainsi comme une caractéristique trop souvent oubliée dont il faut tenir compte dans la mise en oeuvre de toutes les politiques de prévention.

  • Comment se tissent les réseaux personnels, et que nous disent leurs évolutions ? Comment naissent, disparaissent, se transforment et se connectent les différentes relations qui constituent l'entourage d'une personne ? Comment relient-elles les individus et les organisations sociales ? Ce livre apporte pour la première fois une vision mêlant les histoires des relations et les dynamiques des réseaux, sans les dissocier des contextes et des collectifs qui les englobent. Il montre combien les étapes et les événements de la vie marquent les réseaux personnels. Il analyse les ressources qu'ils constituent ainsi que les inégalités qu'ils reflètent. Grâce à deux enquêtes inédites, dont l'une a permis de suivre des jeunes pendant dix ans jusqu'à leur entrée dans la vie adulte, et l'autre permet de comparer des réseaux de tous les milieux sociaux et de tous les âges, cette étude ouvre une perspective dynamique sur les relations et les réseaux au long du parcours de vie.

  • Les juifs furent longtemps des patriotes ardents. Ceux qui, dans le passé, se désignaient eux-mêmes comme des « israélites » s'étaient toujours comportés comme des citoyens modèles, affirmant haut et fort leur patriotisme et réinterprétant le judaïsme sur un mode essentiellement spirituel. Aujourd'hui, la République s'affaiblit, l'antisémitisme de l'extrême-gauche rejoint l'antisémitisme traditionnel de l'extrême-droite, l'insécurité grandit. Comment les juifs réagissent-ils ? Assiste-t-on à l'émergence d'une nouvelle condition juive en France ? C'est à ces questions qu'une enquête par questionnaires réalisée auprès d'un échantillon de la population juive à Strasbourg, Toulouse et dans la région parisienne, apporte des réponses objectives. Mais l'analyse de la situation actuelle ne peut négliger la réflexion plus large, à la fois historique et sociologique, sur les transformations actuelles des rapports entre les identités ethnico-religieuses et la citoyenneté. L'exemple des juifs peut aussi être un révélateur. Doit-on voir dans les inquiétudes de tous et dans la tentation du repli sur soi d'une partie des juifs le signe d'une « ethnicisation » ou d'une « communautarisation » croissante de la société démocratique ? Cette enquête montre pourtant qu'entre la tentation de vivre entre soi et celle d'intervenir en tant que juifs dans l'espace public, la majorité des juifs français tente d'élaborer ce qu'on peut appeler un « nouvel israélitisme ».

  • Tôt le matin, tard le soir, trois heures en milieu de journée et quatre en fin d'après-midi, la nuit, le dimanche : les journées de travail d'un nombre croissant de Français changent de visage. Ces décalages se transforment rapidement en casse-tête lorsqu'il s'agit de faire correspondre deux emplois du temps... Cet ouvrage prend appui sur les enquêtes sur l'emploi du temps de grande ampleur menées par l'INSEE pour dessiner le paysage complexe et contrasté du quotidien des couples biactifs d'aujourd'hui. Entre désir croissant de loisirs communs et contraintes extérieures inégalement maîtrisées, cet ouvrage montre que, loin d'être un choix, la désynchronisation des horaires de travail des couples n'est bien souvent que la traduction des horaires atypiques imposés aux salariés précaires, ouvriers, employés des services et du commerce. Les politiques de dérégulation du temps de travail menées depuis la fin des années 1970 et les nouvelles méthodes d'organisation du travail ont pour effet d'affaiblir le lien familial de couples qui cumulent par ailleurs insatisfaction dans le travail et instabilité de l'emploi ; et ce, jusqu'au point de rupture que représente la famille désarticulée, qui n'arrive plus à se réunir dans sa totalité. L'auteur dresse ici un état des lieux précis et chiffré de l'organisation du temps des couples biactifs au quotidien et de la préservation possible du lien familial à l'épreuve de la déréglementation du temps de travail.

  • L'étude passe en revue les facteurs biographiques, culturels et sociaux marquant le choix conjugal des descendants d'immigrés d'origine maghrébine, turque et sahélienne. Basée sur une centaine d'entretiens approfondis, elle est complétée par une exploitation statistique de l'enquête « Trajectoires et Origines » (INED, INSEE, 2008) afin de faire ressortir les spécificités et les différences de cette population par rapport à la population majoritaire. Dans les familles d'origine, l'alliance matrimoniale demeure un enjeu identitaire fort et explique la préférence pour l'endogamie. Leurs descendants héritent de cette norme, mais la réinterprètent en fonction des valeurs de la société majoritaire. Pour comprendre comment ils se positionnent par rapport aux différentes options conjugales, une typologie de l'entre-soi conjugal a été élaborée : l'entre-soi déterminé, négocié ou émancipé.

  • Pour la première fois en France, des sociologues ont réussi à enquêter sur la violence carcérale. Ce livre analyse l'ensemble des relations entre personnes incarcérées, entre personnels et détenus, ainsi que les effets de la structure sécuritaire de l'institution sur ces relations. Il montre que la violence légale du cadre carcéral est générateur des violences en prison, malgré les moyens institutionnels et les efforts déployés par les professionnels et aussi par les détenus, pour la limiter. Ces violences se manifestent le plus souvent sous une forme explosive. Cet ouvrage est issu d'une longue recherche de terrain menée au sein de cinq prisons d'hommes, à partir d'observations, d'entretiens et de questionnaires, il accorde une large place à la parole des détenus et à celle des professionnels.

  • Pendant de nombreuses années, la sociologie des religions s'est désintéressée de l'étude des institutions religieuses, se focalisant sur les nouvelles formes de croyance. Pourtant ces institutions ont connu et connaissent de profondes modifications, en particulier dans l'Église catholique au sein de laquelle se déroule un processus de redistribution des tâches entre les prêtres, dont le nombre se réduit et la moyenne d'âge augmente et des laïcs missionnés. Les modalités du "travail religieux" ont profondément évolué. Encore méconnues du public, y compris des catholiques eux-mêmes, ces différentes évolutions constituent une véritable "révolution silencieuse".

  • Le système éducatif a connu des transformations très profondes ces trente dernières années, en lien notamment avec les politiques visant à mener 80 % d'une classe d'âge au niveau du baccalauréat mais aussi avec les transformations du système productif. Les promesses de démocratisation scolaire ont fait long feu. Non seulement la majorité des enfants appartenant aux classes populaires continue d'être orientée, au sortir du collège, vers l'enseignement professionnel, mais ces réformes n'ont en rien remis en cause la division entre filières générales et professionnelles, renforçant au contraire la domination symbolique des premières sur les secondes. L'enseignement professionnel constitue ainsi un cas privilégié pour étudier l'évolution de l'emprise des hiérarchies scolaires, ainsi que les modalités selon lesquelles les jeunes d'origine populaire s'approprient leurs destins scolaires et sociaux. Comment s'opèrent leur orientation scolaire et leur socialisation aux rôles subalternes qu'ils seront amenés à jouer dans la division sociale du travail ? Comment s'y prennent-ils pour aménager leur condition présente ? Quels clivages internes aux classes populaires l'étude de l'enseignement professionnel permet-elle de révéler ?

  • Ce livre est l´aboutissement d´une dizaine d´années d´enquêtes et d´analyses sur les SDF. La présence des SDF dans l´espace public suscite de nombreuses réactions de l´opinion et des pouvoirs publics qui oscillent entre le registre de la compassion en hiver et celui de l´exaspération indignée en été. Dans ce contexte ambigu, des questions essentielles en matière de liberté d´expression et de circulation, des conflits de représentation et des interrogations sur l´architecture de la protection sociale s´expriment. Dans cet ouvrage, l´action publique est analysée conjointement avec la catégorie à laquelle elle est destinée. Cette orientation permet une évaluation critique du « prioritarisme » (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en oeuvre des politiques publiques.
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  • « La fermeture de Moulinex ? On n'y croyait pas ! », « Ç'a été comme un coup de massue »... À l'automne 2001, ce sont des milliers de destins d'hommes et de femmes qui se sont trouvés engloutis avec la faillite de la célèbre entreprise française d'électroménager installée depuis les années 1930 en Basse-Normandie. Pour toute une région, l'annonce de la disparition de Moulinex a représenté un drame économique et social d'une vaste ampleur. À partir d'une enquête historique et sociologique menée pendant trois années après la fermeture des derniers sites industriels de Moulinex, cet ouvrage nous livre une analyse des effets du licenciement appuyée sur les témoignages des anciens salariés rencontrés dans les cellules de reclassement, lors des réunions syndicales ou à leur domicile. Le chômage est ici appréhendé comme une rupture sociale totale. Il s'agit de voir en quoi et dans quelle proportion la disparition du lien professionnel rejaillit sur les autres liens qui unissent l'individu à ses différentes sphères d'intégration personnelle, économique, sociale et citoyenne. Il est démontré également que, dans la course à l'emploi, tous les salariés licenciés ne partent pas avec les mêmes chances, en raison de leur âge, de leur qualification, de leur lieu d'habitation... De fortes disparités existent entre les candidats à l'embauche et certaines prennent naissance dans l'expérience professionnelle passée. Dans le sillage de la célèbre étude menée par Paul Lazarsfeld et son équipe à Marienthal (Autriche) dans les années 1930, cet ouvrage propose une étude approfondie des effets sociaux de la perte d'emploi en même temps que des lignes de réflexion destinées à mieux aborder les questions du reclassement et de la réinsertion professionnelle des travailleurs licenciés.

  • Qu'est-ce qui nous attache à notre travail ? Pourquoi fait-il par moments immédiatement sens ? La sociologie du travail, marquée par une tradition de critique humaniste du travail industriel, s'est peu intéressée à la façon dont les acteurs au travail produisent des valorisations et des appuis critiques. Suivre les efforts des travailleurs pour s'orienter mène pourtant à une fabrique du social, où s'élabore une réflexivité de la société sur elle-même. Dans notre « société de la connaissance », le travail s'écarte toujours plus nettement d'une dépense de force physique, les lieux et les temps de travail deviennent poreux, et son objet même se fait plus complexe, mouvant, indéfini... Se pencher sur les moments de vrai boulot, c'est alors se demander si les travailleurs s'y retrouvent. Quelles formes de vie valorisent-ils et aspirent-ils à partager ? Une société se construit-elle malgré tout quand le travail semble échapper à l'homme ? Grâce à une enquête ethnographique menée auprès de techniciens de la téléphonie, cet ouvrage nous plonge au coeur des transformations du travail à l'ère numérique. Il pose la question des figures émergentes du travail et de la société qui s'y construit. Elles appellent de nouvelles manières de parler du travail.

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