Plon

  • Un témoignage d'une grande force et d'une grande sincérité, résolument optimiste, qui montre que les femmes sont la grande chance des quartiers populaires contre le radicalisme et le terrorisme. " Aujourd'hui, plus que jamais, il me semble important de transmettre aux plus jeunes générations l'histoire oubliée de nos daronnes. Dans nos banlieues, la "daronne', c'est la première femme que tu aimes, et la seule pour qui tu peux pleurer. "Daronne', un mot derrière lequel on cache avec pudeur tout l'amour contenu dans le terme "maman'. C'est parce que je suis sortie du chemin que la mienne avait tracé, en suivant un temps la voie d'une certaine "radicalité' religieuse, que j'ai voulu écrire ce livre. Ce qui m'a sauvé, c'est cet indéfectible lien façonné depuis l'enfance avec elle. Je suis revenue à l'endroit où j'avais rompu pour reprendre le cours de ma vie et mettre en accord toutes mes identités, qu'elles soient religieuses, culturelles, traditionnelles et nationales. Je me suis rendu compte à quel point c'était une erreur de vouloir être autre chose que ce que j'étais, une fille de daronne et fière de l'être ! "

  • C'est le début d'un des plus beaux airs d'opéra français, dans les Pêcheurs de perles. Mais cela dit aussi exactement l'acte de la mémoire, la remémoration. Là le souvenir des choses belles qu'on a vues et entendues, des gens étonnants qu'on a rencontrés, remonte en bouffées vivantes: embellies peut être, car c'est le passé ; mais fidèles, personnelles, vécues; et faisant de toute façon revivre de l'inoubliable.
    André Tubeuf débarquait à Paris en 1946, petit étudiant de 16 ans, curieux, les oreilles et les yeux bien ouverts. Il découvrait le théâtre d'alors, Anouilh, la Comédie Française, bientôt le TNP de Vilar. Il découvrait le concert et l'opéra dont ensuite, de très longues années, il sera dans la presse française le connaisseur numéro 1. Mais en amateur toujours. Il enseignait la philosophie à Strasbourg, et c'est en privé, le plus souvent chez lui ou chez eux, qu'il rencontrait acteurs et musiciens, en hôte et ami. Tous les portraits ici rassemblés sont d'abord l'histoire de quelqu'un, avec une approche familière, un aperçu inattendu, d'Arthur Rubinstein et Edwige Feuillère à Gérard Philipe et Maria Callas, vingt autres encore, tous racontés à partir d'une première rencontre (" La première fois que...") Tubeuf croit entendre encore ces bien aimés opéras de Mozart dont les personnages n'ont pas fini de lui révéler leurs arrière-plans. Son Dictionnaire amoureux de la Musique lui consacrait une entrée trop brève : il revient aux Noces, à Cosi, riche de l'expérience de soixante ans de théâtre, d'approches et interprètes divers. Ajoutons quelques thèmes majeurs, que l'opéra éclaire si bien: la solitude, la nostalgie. C'est en journaliste et écrivain professionnel que Tubeuf transmet ce qu'il lui semble entendre encore aujourd'hui, ce qu'il a exploré et aimé pour son instruction et pour son plaisir, en amateur.

  • " J'ai 19 ans et j'ai l'impression d'avoir vécu mille vies. Ma vie actuelle s'achèvera sans doute dans quelques jours. J'irai rôder dans la plaine de la Bekaa qui s'ouvre sous ma fenêtre, Mohamed nous trouvera une tente dans laquelle nous abriter. Je rejoindrai les miens qui s'entassent sous un soleil brûlant. Je m'y habituerai. On s'habitue toujours à tout, tant que l'on demeure en vie. J'ai lutté pour demeurer en vie... " Fayza est née à Zabadani, une petite bourgade à une soixantaine de kilomètres de Damas. Enfant, elle a étudié " les principes du Baas " à l'école et assisté aux atrocités que commettait le régime des Assad à l'encontre de son peuple. Elle est descendue dans la rue dès les premières manifestations, réclamer la justice pour Deraa et la liberté pour tous. Elle a vu son père, un petit fonctionnaire sans histoires, revenir de prison brisé par la torture et se muer en tyran domestique la menaçant d'un crime d'honneur. Elle a écouté son fiancé lui raconter des visions de cauchemar dans ces mêmes prisons. Elle a fui quand sa ville a été rasée par l'armée syrienne. Elle a été contrainte, comme deux millions de Syriens, de prendre la route de l'exil. Son monde s'est écroulé.
    Fayza vit aujourd'hui au Liban. Un jour, dit-elle, elle sera médecin. A condition de réussir à survivre.

  • Mon corps m'appartient

    Amina Sboui

    Le témoignage d'Amina, devenue célèbre pour avoir diffusé sur Facebook une photo d'elle seins nu avec l'inscription "Mon corps m'appartient". L'histoire d'un combat féministe commencé dès son enfance et dont elle est aujourd'hui un symbole international.

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