Langue française

  • « Marcher de nos jours, et surtout de nos jours, ce n'est pas revenir aux temps néolithiques, mais bien plutôt être prophète », écrivait Jacques Lacarrière. Revisitant une réflexion menée il y a une dizaine d'années, David Le Breton constate que le statut de marcheur a beaucoup changé. Aujourd'hui la marche s'impose comme une activité de loisir. L'imaginaire contemporain se réfère plutôt à l'idée de disponibilité et à la nécessité pratique d'entretenir son corps. L'auteur refonde ici son récit dans les témoignages et les philosophies de la marche, il redit avec bonheur que marcher est avant tout un long voyage à ciel ouvert dans le plein vent du monde et dans la disponibilité à ce qui advient, que tout chemin est enfoui en soi avant de se décliner sous nos pas et que la marche ouvre à chaque fois à une expérience et à une transformation heureuse de soi.

  • A Havane. Hiver 1989. Le lieutenant Mario Conde est chargé d'enquêter sur la disparition mystérieuse du directeur d'une grande entreprise. Rafael Morfn était étudiant avec Mario Conde, il était beau, brillant et il a épousé Tamara, le grand amour de Mario. Le lieutenant Conde va mener une double recherche sur son passé et sur le disparu.

  • Nos existences parfois nous pèsent. Même pour un temps, nous aimerions prendre congé des nécessités qui leur sont liées. Se donner en quelque sorte des vacances de soi pour reprendre son souffle. Si nos conditions d'existence sont sans doute meilleures que celles de nos ancêtres, elles ne dédouanent pas de l'essentiel qui consiste à donner une signification et une valeur à son existence, à se sentir relié aux autres, à éprouver le sentiment d'avoir sa place au sein du lien social. L'individualisation du sens, en libérant des traditions ou des valeurs communes, dégage de toute autorité. Chacun devient son propre maître et n'a de compte à rendre qu'à lui-même. Le morcellement du lien social isole chaque individu et le renvoie à lui-même, à sa liberté, à la jouissance de son autonomie ou, à l'inverse, à son sentiment d'insuffisance, à son échec personnel. L'individu qui ne dispose pas de solides ressources intérieures pour s'ajuster et investir les événements de significations et de valeurs, qui manque d'une confiance suffisante en lui, se sent d'autant plus vulnérable et doit se soutenir par lui-même à défaut de sa communauté.


  • Dans les années 1990, le jeune Oulmène, fils d'un notable du régime algérien et cancre notoire, rêve de créer une banque privée et une compagnie aérienne.

    Il n'a pas de capitaux, mais son projet délirant va curieusement rejoindre ceux, beaucoup moins naïfs, des plus hautes sphères des "décideurs de l'ombre" qui contrôlent le pouvoir à Alger. Dès lors, une machine implacable se met en branle.
    Oulmène réalisera son rêve, sans toujours comprendre le rôle qu'on lui fait jouer dans un univers glauque aux acteurs étranges : intermédiaires douteux, banquiers véreux ou honnêtes, islamistes manipulateurs ou manipulés, généraux tireurs de ficelles et assassins sans scrupules.
    Un roman noir librement inspiré d'une affaire qui a défrayé la chronique en France en 2002 et 2003, avant de se solder par l'un des plus grands scandales financiers de l'Algérie d'aujourd'hui.

    Écrit par un initié des sombres arcanes du pouvoir algérois, ce livre nous emmène à la découverte d'un pays étrange, où la vérité ne se découvre pas, mais s'invente...

  • Un professionnel ne mélange jamais le travail et les sentiments. Il exécute des contrats pour un chèque à six zéros, net d´impôts, sans s´interroger sur les raisons de son commanditaire. Mais comment peut réagir un tueur qu´une belle Française laisse tomber ? Six journées d´une course mouvementée d´aéroport en aéroport, de la Turquie au Mexique, à la poursuite d´une cible étrange et fuyante, ou bien poursuivi par un amour tout aussi insaisissable.

  • « Les employés de la distillerie ne me portent pas dans leur coeur. Ça les regarde. Mais je ne vais pas tolérer qu'ils se foutent de ma gueule. Ma tête à couper qu'il y en a plus d'un qui aimerait voir partir ma Monza dans le décor. Ils peuvent toujours attendre.» Pernambouc 1987, l'assassinat d'un délégué syndical jette toute la région sur les chemins de la violence. Toute la famille Carvalho, du patriarche autoritaire au dernier bâtard, se lance dans une course en avant pour maintenir son emprise sur l'immense plantation familiale. Corruption, faux semblants, trahisons tissent la trame de ce roman taillé à la machette.

  • Raymond est marinier, veuf et solitaire il parcourt les canaux au gré des chargements qui sont confiés à son bateau, le Gueule d'amour, magnifique péniche des années 30.
    Ce jour-là, à la Bourse de Conflans il a accepté un fret précieux et bien payé devant deux frères propriétaires de bateaux neufs et rapides. En route avec son chargement pour Arles, au gré des difficultés du voyage, orages et mauvais tours joués par ses deux concurrents, aiguillonné par l'orgueil d'arriver à temps pour sa livraison, il revoit sa vie le long des canaux avec sa femme et son fils, dont il ne sait plus rien, une vie qu'il va finir à la barre.

    L'auteur de ce roman sensible et émouvant, hors des modes, va à l'essentiel avec une tendresse palpable pour son protagoniste et un grand talent pour raconter les paysages naturels et humains.

  • Simon Saltiel, héros de Petits crimes contre les humanités, est désormais maître de conférences à Paris XV-Val d´Ourcq, une fac en souffrance construite sur le terrain insuffisamment dépollué d´anciens gazomètres de la banlieue Nord. Les raisons de mal y travailler sont innombrables et parfois saugrenues, telle une invasion de bisons... Simon va accepter la proposition d´un éditeur à succès : écrire un ouvrage de commande sur Iouri Zaïtsev, brillant intellectuel post-soviétique, spécialiste de la scénarisation du réel, devenu conseiller pour des régimes en mal de façade démocratique. À l´issue d´une enquête passant par quelques grandes institutions académiques parisiennes et un tour du monde aussi rapide que décevant, Simon va prendre la mesure de ces légers arrangements qui nourrissent trop souvent le discours moderne : biographies plus ou moins autorisées de people, rumeurs données comme parole d´Évangile, réécritures travestissant les propos jusqu´à en faire leur contraire, jargon pseudo-scientifique du "management" appliqué aux choses de l´esprit... Il saura réagir à un complot intellectuel aux ramifications menaçantes par une machination littéraire avec de vieux amis qui, eux, croient encore que les mots peuvent servir la vérité. Un roman ironique et drôle sur un sujet sérieux.

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