Métailié

  • Rubiao , modeste professeur hérite une fortune du philosophe Quincas Borba, sous réserve de prendre soins de son chien. Mais avec la richesse il hérite de la folie de son ami. Sa fortune se disperse dans l'ostentation et l'entretien de parasites mais elle sert surtout de capital aux spéculations d'un habile arriviste marié à la belle Sofia. L'amour et la folie surgissent ici romantiquement la main dans la main, cependant la basse continue du roman est l'ambition économique dont le héros devient l'instrument. Le charme de Machado de Assis tient essentiellement à sa façon de suggérer les choses les plus terribles de la manière la plus candide ou d'établir un contraste entre la normalité sociale des choses et leur anormalité essentielle

  • Le livre se présente comme le journal intime d'un diplomate revenu à Rio après trente années de service en Europe. Ces notes couvrent une période importante où l'esclavage est enfin aboli au Brésil. L'événement est présent en filigranes dans le roman. Il marque la fin d'un monde, tout comme l'intrigue est le signe intérieur d'une autre fin, celle des affections humaines et du temps des passions. "Au même titre que son contemporain Eça de Queiros, Machado est incontestablement, tous horizons confondus, l'un des grands noms du roman moderne." - Patrick Kéchichian, Le Monde

  • Une montre en or apparaît sur une table de nuit ; les bras d'une femme troublent un adolescent ; une cartomancienne révèle un avenir radieux ; un miroir ne reflète plus un jeune homme et permet la naissance d'une nouvelle théorie sur l'âme humaine ; une mère refuse obstinément de vieillir ; un jeune homme écoute une dame, un soir de Noël, et ne comprend plus rien... L'auteur met en scène ces situations pour l'intense plaisir du lecteur qui y retrouve la joie, le bonheur et l'incertitude qui ravit l'intelligence.

  • "Mes doigts frôlaient la nuque de la fillette ou ses épaules vêtues d'indienne, et c'était une sensation délicieuse. Mais enfin, bien malgré moi, les cheveux tiraient à leur fin, alors que je les aurais voulus interminables.[...]Si cela vous paraît emphatique, malheureux lecteur; c'est que jamais vous n'avez coiffé une fillette, jamais vous n'avez posé des mains d'adolescent sur la jeune tête d'une nymphe... Une nymphe ! Me voilà tout mythologique."

  • "Et voyez maintenant avec quelle dextérité, avec quel art, j'effectue la plus grande des transitions de ce livre. Voyez : mon délire commença en présence de Virgilia ; Virgilia fut mon grand péché de jeunesse ; il n'y a pas de jeunesse sans enfance ; l'enfance suppose la naissance : et voici comment nous arrivons sans effort au 20 octobre 1805, jour de ma naissance. Vous avez vu ? Aucun raccord apparent, rien qui puisse détourner et troubler l'attention du lecteur : rien. Le livre offre ainsi tous les avantages de la méthode, sans en avoir la rigidité. Mais en vérité, il était temps." Enlevé à la vie par une pneumonie due à une idée fixe, Brás Cubas fait le récit posthume de sa vie. Dans un ultime délire, il se penche avec une distance amusée sur ce qu'il a été, en prenant le lecteur à témoin. Un texte subtil et drôle où la prose contenue permet les jeux formels les plus inattendus, écrit par un auteur dont le génie classique teinté de nihilisme préfigure l'exploitation moderne de l'inconscient.

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