Littérature traduite

  • Ce texte d'une violence clinique exceptionnelle est le récit d'une "expérimentation" sur deux enfants jumeaux élevés sans contact avec la parole humaine.
    La violence s'infiltre peu à peu dans le récit amoral conduit sur un ton détaché, sans recherche d'effet spectaculaire, d'une écriture précise et ciselée de poète.

  • Kate, étudiante à la dérive, fait des "enquêtes' cinématographiques dans les rues désertées des banlieues pavillonnaires. Son père vient de mourir brutalement et elle noie son chagrin dans la défonce.
    Au cours d'une de ses déambulations, elle rencontre Jean, une vieille dame en pleine forme qui coupe son bois et prépare des thés délicats.
    Jean propose un étrange marché : elle veut bien raconter ses histoires, mais à condition que Kate cesse de boire. Tandis que Jean déroule le mirage du rêve américain et règle ses comptes avec quelques fantômes, Viêtnam, guerre froide, mouvements contestataires, Kate affronte enfin son deuil impossible et retrouve une place dans le monde.
    Avec sa prose magnétique et tendre, John Burnside rend le monde aux vivants et rappelle que seules les histoires nous sauvent.

  • 2020.
    Le monde entre dans l'âge de glace, il neige à Jérusalem et les icebergs dérivent le long des côtes.
    Pour les jours sombres qui s'annoncent, il faut faire provision de lumière - neige au soleil, stalactites éclatantes, aurores boréales. Dylan, géant barbu et tatoué, débarque au beau milieu de la nuit dans la petite communauté de Clachan Fells, au nord de l'Écosse.
    Il a vécu toute sa vie dans un cinéma d'art et essai à Soho, il recommence tout à zéro. Dans ce petit parc de caravanes, il rencontre Constance, une bricoleuse de génie au manteau de loup dont il tombe amoureux, et sa fille Stella, ex-petit garçon, en pleine tempête hormonale, qui devient son amie. Autour d'eux gravitent quelques marginaux, un taxidermiste réac, un couple de satanistes, une star du porno. Les températures plongent, les journaux télévisés annoncent des catastrophes terribles, mais dans les caravanes au pied des montagnes, on résiste : on construit des poêles, on boit du gin artisanal, on démêle une histoire de famille, on tente de s'aimer dans une lumière de miracle.
    Dans ce roman éblouissant au lyrisme radical, peuplé de personnages étranges et beaux, Jenni Fagan distille une tendresse absolue qui donne envie de hâter la fin du monde.
    « Féroce et lucide [...], Fagan est autant poète que romancière, et ses images de cet hiver intempestif sont saturées de lyrisme. » - New York Times

    Prix du Livre Numérique - 2017

    Prix Transfuge du meilleur roman anglophone - 2017


  • Que font deux gamines en plein hiver dans une des plus sauvages forêts des Highlands, à des kilomètres de la première ville ?

    Sal a préparé leur fuite pendant plus d'un an, acheté une boussole, un couteau de chasse et une trousse de premiers secours sur Amazon, étudié le Guide de survie des forces spéciales et fait des recherches sur YouTube.
    Elle sait construire un abri et allumer un feu, chasser à la carabine. Elle est capable de tout pour protéger Peppa, sa petite soeur.
    Dans le silence et la beauté absolue des Highlands, Sal raconte, elle parle de leur mère désarmée devant la vie, de Robert le salaud, de la tendresse de la sorcière attirée par l'odeur du feu de bois, mais surtout de son amour extraordinaire pour cette soeur rigolote qui aime les gros mots et faire la course avec les lapins.
    Un premier roman passionnant et tendre, qui parle de survie, de rédemption, et des vertus régénérantes de la nature.
    Une vraie réussite.

  • Une femme fait face à ses juges. Pour le public, c'est un monstre.

    Diana Jager n'est pas la reine de l'empathie, mais c'est une chirurgienne douée et respectée. Sous le nom de Scalpelgirl, elle dénonce le sexisme échevelé du milieu hospitalier dans un blog féroce et s'est réfugiée à Inverness, dans le nord de l'Écosse, pour échapper aux menaces des trolls qui ont dévoilé son identité. Alors qu'elle désespérait de trouver l'amour, elle rencontre Peter et se marie très vite.
    Six mois plus tard, on retrouve la voiture de Peter au fond des Chutes de la Veuve, par un soir glacial. Fin du conte de fées. La police s'étonne du peu de chagrin de cette jeune veuve, la soeur du disparu charge un journaliste à la réputation sulfureuse, Jack Parlabane, de mener une enquête, tandis que le docteur Jager raconte sa propre descente aux enfers : trois voix qui resserrent l'étau à chaque chapitre et vous clouent à la page.

    Brookmyre construit une intrigue bluffante et pleine de twists, un thriller psychologique intense où le plaisir du suspense ne nuit ni aux personnages ni à la profondeur des thèmes abordés - et qui peut même être drôle. Ne faites jamais confiance à un auteur de polars.
    "À vous dresser les cheveux sur la tête... un mystère diaboliquement compliqué. N'essayez même pas de deviner la fin." - New York Times Book Review
    "Exceptionnellement bon." - Guardian
    "Un Gone Girl celtique qui vous tiendra en haleine jusqu'au bout." - Ian Rankin

  • Dans une île du nord de la Norvège, un endroit désert, magnifique et spectral où l'été est miraculeusement doux et radieux, Liv vit avec sa mère, un peintre qui s'est retiré là en pleine gloire pour mieux travailler.
    Son seul ami est un vieil homme qui lui raconte des histoires de trolls, de sirènes et de la huldra, une créature surnaturelle qui apparaît sous les traits d'une femme à l'irrésistible beauté, pour séduire les jeunes gens et les conduire à affronter les dangers et la mort.
    Noyades inexplicables et disparitions énigmatiques se succèdent au cours des nuits blanches de cet été arctique qui donne aux choses un contour irréel, fantasmagorique.
    Incapable de sortir de l'adolescence et de vivre dans le monde réel, Liv erre dans ce paysage halluciné et se laisse dangereusement absorber dans la contemplation des mystères qu'il recèle.

    Voici un livre d'une intense poésie. Lyrique. Féérique. Dérangeant. Comme souvent chez Burnside, on est à la limite - difficile à appréhender - entre ce qu'on sait et ce qu'on rêve. On est aussi dans un grand thriller.

  • Dans un paysage dominé par une usine chimique abandonnée, au milieu de bois empoisonnés, l'Intraville, aux immeubles hantés de bandes d'enfants sauvages, aux adultes malades ou lâches, est devenue un modèle d'enfer contemporain.
    Année après année, dans l'indifférence générale, des écoliers disparaissent près de la vieille usine. Ils sont considérés par la police comme des fugueurs.
    Leonard et ses amis vivent là dans un état de terreur latente et de fascination pour la violence. Pourtant Leonard déclare que, si on veut rester en vie, ce qui est difficile dans l'Intraville, il faut aimer quelque chose. Il est plein d'espoir et de passion, il aime les livres et les filles.
    Il y a dans ce roman tous les ingrédients d'un thriller mais le lecteur est toujours pris à contrepied par la beauté de l'écriture, par les changements de points de vue et leur ambiguïté, par le raffinement de la réflexion sur la façon de raconter les histoires et les abîmes les plus noirs de la psychologie.
    On a le souffle coupé, mais on ne sait pas si c'est par le respect et l'admiration ou par la peur. On est terrifié mais aussi touché par la grâce d'un texte littéraire rare.
    "Un joyau exceptionnel qui va au-delà d'une histoire déconcertante et troublante pour éclairer les possibilités infinies du roman." - Irvine Welsh
    John Burnside est né le 19 mars 1955 dans le Fife, en Écosse, où il vit actuellement. Il a étudié au collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain en résidence à l'université de Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'université de Saint Andrews.
    Poète reconnu, il a reçu en 2000 le prix Whitbread de poésie.
    Il est l'auteur des romans La Maison muette (Métailié, 2003), Une vie nulle part (Métailié, 2005), Les Empreintes du diable (Métailié, 2008) et Un mensonge sur mon père (Métailié, 2009).


  • 1969. Glasgow.

    Trois jeunes femmes sont allées danser dans un dancing populaire, elles y ont rencontré un garçon que leurs amies décrivent comme bien de sa personne et correct, elles ont été très discrètes sur cette relation, puis on a retrouvé leurs cadavres sur des terrains vagues, elles ont été violées et étranglées avec leurs bas.
    Les recherches piétinent, les policiers de la criminelle sont à cran, ils se perdent dans les détails. L'inspecteur principal Duncan McCormack est appelé pour auditer la désastreuse enquête, ce qui a le don d'irriter les membres de l'équipe qui ont déjà dû essuyer les railleries de la presse pour leur tentative vaine d'attraper le tueur en se mêlant à la foule des danseurs.
    Parallèlement on suit Alex Patton, un perceur de coffres-forts venu de Londres pour cambrioler une salle des ventes dans sa ville natale et dont l'histoire croise celle du tueur à mesure que l'intrigue se noue et que McCormack est impliqué dans les deux affaires.
    L'auteur dresse un portrait vivant d'un quartier lugubre en pleine démolition, un témoignage sur l'état de la police de Glasgow et ses préjugés, à l'apogée du règne de la mafia locale, tout en menant une intrigue policière solide, tenue par des personnages inoubliables. Il donne alternativement la parole aux victimes et aux enquêteurs.
    Liam McIlvanney s'inspire d'un fait divers pour nous raconter la ville et sa police dans les années 60, au moment où un tueur en série, qu'on n'a toujours pas retrouvé, a violé et étranglé trois jeunes femmes rencontrées dans un dancing.

  • Fou de musique, Murdo, seize ans, quitte l'Écosse avec son père pour rendre visite à sa famille dans le sud des États-Unis, une façon de surmonter le deuil de sa mère et de sa soeur, emportées par un cancer à quelques années d'intervalle.
    Entre deux bus longue distance, il s'égare et tombe sur une répétition improvisée dans un jardin avec des musiciens de zydeco qui l'invitent à jouer avec eux en Louisiane.
    En attendant, Murdo se réfugie dans sa chambre au sous-sol, échafaude des plans sur des atlas remplis de noms nouveaux et cherche un moyen de rejoindre le grand festival.
    Avec son père, les relations sont difficiles, marquées par l'incompréhension et la maladresse, malgré tous leurs efforts et l'amour qu'ils se portent.
    Spécialiste des âmes d'écorchés, Kelman nous embarque ici dans la tête d'un adolescent banal et génial, anxieux et naïf, avec la juste distance et une incroyable tendresse.
    Un immense roman sur le deuil impossible et la musique qui sauve, et fait entrer la lumière.

  • 1919. Sibérie.
    Le long de la voie du Transsibérien, Jazyk est occupée par une légion tchèque et attend l'offensive des rouges. La ville est dominée par une secte religieuse sous la conduite de Balashov.
    Arrive Samarin, mystérieux fugitif venu de la forêt qui raconte qu'il s'est évadé d'un bagne et qu'il est poursuivi par un cannibale.
    Anna Petrovna, une jeune veuve, n'est pas insensible à ce nouveau venu.
    Un shaman de la région est assassiné, et la peur et la folie s'abattent sur la ville.
    Le pervers capitaine Matula rêve de fonder un royaume dans ce bout du monde glacé, nomme un tribunal pour juger Samarin et affronte Mutz, le lieutenant plein d'humanité. Dans une grange piaffe un étalon noir. Les rouges arrivent.
    Des personnages exceptionnels d'intensité et de grandeur.

    Avec un remarquable talent de conteur, James Meek combine le charme des grands romans russes au rythme d'un thriller moderne.

  • Mon père a passé sa vie à dire des mensonges et, parce que je ne savais pas faire autrement, je les ai répétés. Mon monde était un tissu de mensonges, grands et petits, sur tout.

    Le mensonge dans le titre de cet étonnant récit est né de la honte. En voyageant au nord de l'Etat de New York dans les années 90, John Burnside ne peut pas supporter de partager la vérité sur son père lors d'une conversation de rencontre avec un autostoppeur. Il dissimule son malaise sous un mensonge. Ce qui lui est naturel.
    Son père, abandonné quand il était bébé devant la porte d'un inconnu, a créé un remarquable réseau de mensonges pour effacer cet événement insupportable. John, dès son enfance, a représenté tout ce qui n'allait pas dans le monde et il est devenu le destinataire de la haine de soi, de son père sous la forme d'une violence furieuse et, pire, d'une humiliation mesquine et cruelle. John a grandi au contact rude de la classe laborieuse écossaise puis ensuite anglaise ; il a appris à mentir à son père, puis, plus tard, sur son père.
    "Un livre écrit par un maître de la langue, qui pousse le langage à ses limites. Minutieux, souple et généreux, c'est un livre sur le mensonge qui est plus vrai que tout ce qu'on peut dire." - Hilary Mantel, London Review of Books
    John Burnside est né en 1955 dans le Fife, en Ecosse, où il vit actuellement. Il a étudié au Collège des Arts et Technologies de Cambridge. Ancien écrivain de la Résidence de l'Université Dundee, il enseigne aujourd'hui à l'Université de St Andrews.
    Son premier recueil de poésie, The Hoop, est publié en 1998, et lui vaut de nombreuses récompenses. Il est aussi l'auteur d'un recueil de nouvelles et de plusieurs romans, tels que La Maison muette (Métailié, 2003), Prix Charles Baudelaire de la Traduction, Une Vie nulle part (Métailié, 2005), et Les Empreintes du Diable (Métailié, 2006).


  • Seriez-vous capable de trahir un être cher ?

    Rebecca, alias Bec, est une grande chercheuse scientifique, elle travaille sur la malaria, son frère Ritchie est une ex-rock star devenue producteur de télévision. Leur père, un officier, a été tué en Irlande pour avoir refusé de trahir un informateur.
    Lorsque Bec refuse d'épouser le puissant directeur d'un magazine people, celui-ci se venge en menaçant Ritchie de révéler ses frasques s'il ne lui donne pas d'informations scabreuses sur sa soeur.
    Bec est à son tour mise à l'épreuve dans son mariage avec Alex lorsqu'elle décide d'avoir un enfant malgré tout.
    Le frère et la soeur devront choisir entre la loyauté et la trahison.
    Voici un grand roman classique sur des thèmes ultra contemporains. Une moderne histoire de famille, de secrets, d'amour, de mort, d'argent, à l'ère des magazines trash, des intimités devenues publiques, de la transparence sur Internet.

    Un impressionnant thriller moral.

  • Helen travaille de nuit dans un casino comme croupière, et vit dans un minuscule appartement de la banlieue londonienne, avec sa petite fille de six ans et son compagnon, Mo, anglo-pakistanais, qui trouve qu'elle est tordue. Plus que tordue, dit-elle.
    Les pensées filent en roue libre - racisme ordinaire, sexisme à la petite semaine, résistance au quotidien -, Helen somnole, se souvient, rêve et s'obsède, comme une Molly Bloom de banlieue, en moins frivole.
    Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme, entre la bouilloire qui fuit et le sommeil qui ne vient pas, l'avalanche des problèmes matériels et une vie exiguë qui paraît sans issue.

    Le monologue intérieur d'un personnage à la Ken Loach, dans la langue bouillonnante de James Kelman, toujours au plus près de ce qu'on n'appelle plus la classe ouvrière.

  • Rien ne prépare la substitut du procureur Maddy Shannon à ce qui l'attend dans le parc de Kelvingrove, en ce matin de printemps frais et fleuri. En jupe et talons aiguilles, encore endormie, elle a bien du mal à enfiler la combinaison réglementaire pour pénétrer sur la scène du crime : deux ados morts qui se tendent les mains, le visage affreusement mutilé, en survêtement Le Coq Sportif.
    Mi-italienne, mi-irlandaise, pourvue d'une solide ascendance catholique et d'une famille envahissante et sentimentale dont l'épopée fait contrepoint à l'intrigue (grand-père Nonno et sa Grande Aventure), Maddy Shannon n'a vraiment pas la tête de l'emploi et passe son temps à outrepasser ses fonctions, et son look de célibataire pulpeuse et fêtarde fait jaser dans les couloirs.
    Tandis qu'on tente de retrouver l'identité de ces gamins que personne ne réclame, l'enquête remonte à une série de meurtres non élucidés du même genre à New York. Entre les bonnes oeuvres, les familles de givrés et les ex-snipers de l'IRA, Maddy navigue à vue et se retrouve toujours à l'endroit où il ne faut pas, avec un remarquable sens de l'inapproprié. À force d'aller à la messe avec sa mère, elle découvrira que le salut n'est peut-être pas là où l'on croit, et que l'enfer est pavé de bonnes volontés...

    Pour cette première incursion dans le roman policier, Chris Dolan frappe fort avec un personnage maladroit et attachant bien loin des flegmatiques enquêteurs d'antan, dans une Glasgow sombre et sans merci qui dévore ses enfants.

    « Prose viscérale, sujet très sombre et humour noir font de ce roman un heureux nouveau-venu dans le Tartan noir. » Publisher's weekly
    « Chris Dolan en sait long sur le crime... et son premier polar est excellent. » Ian Rankin

  • - 70%

    Elspeth Baillie, jeune actrice écossaise, est choisie par Lord Coak, un énigmatique imprésario, pour jouer dans la troupe de théâtre qu'il veut créer dans l'île de la Barbade. Après un accueil flatteur de la part de l'aristocratie coloniale, sa vie dans les Caraïbes est bouleversée par le passage meurtrier d'un ouragan.
    Elspeth est contrainte d'endosser un rôle ambigu dans le monde fermé d'une lointaine plantation de sucre. L'intendant, le Capitaine Shaw, s'emploie à construire une nouvelle Calédonie, peuplée d'émigrés écossais fuyant la misère du pays natal. Les espoirs d'Elspeth pour un nouveau monde plein de théâtre et de passion entrent en collision avec les drames trop réels et les amours illusoires de la vie coloniale. Elle devient prisonnière de la Colonie, cette entreprise dont le principe fondateur est la domination blanche.

    Avec sa richesse linguistique et sa narration hypnotique pleine de retournements, ses personnages pleins de désir de vivre et de croire, le roman de C. Dolan interroge sur ce qui fait une nation.

    Les lignées ? Le langage ? L'Histoire ? Ou un idéal pour l'avenir ?

    « La Colonie est un roman captivant et irrésistible. Les descriptions de la vie sur l'île sont vives, les personnages convaincants et la narration émouvante. » - The Scotsman
    « C'est un conte puissant et dérangeant, écrit avec une attention scrupuleuse à la fois pour les mots et leur sens caché ainsi que pour l'histoire d'hommes et de femmes forcés de vivre et de travailler pour une cause perdue et immorale. » - The Independent

  • Alan Tealing est professeur de littérature anglaise.
    Sa vie est en suspens depuis la mort, vingt ans auparavant, de sa femme et de sa fille, tuées dans un attentat inspiré par celui de Lockerbie en 1988.
    Alan est totalement obsédé par "l'Affaire'. Il ne peut plus rien faire de sa vie. Il ne croit pas à la culpabilité de l'homme désigné par l'enquête. Au fil du temps, les documents et les preuves qu'il accumule finissent par remplir une pièce entière de sa maison.
    Quand un agent de la cia atteint d'un cancer en phase terminale frappe à sa porte et lui offre l'adresse d'un témoin, il ne peut que partir à la recherche de la vérité.
    Alternant l'enfermement du chagrin et la frénésie de la recherche, le roman nous interroge : comment peut-on vivre quand un événement mondial a un effet sur sa vie personnelle, comment faire quand votre entourage vous demande de lâcher ce qui est devenu une obsession, comment dépasser un chagrin aussi écrasant et continuer à vivre ? Pour Alan la peine n'est pas seulement aggravée par l'injustice, elle se transforme en quelque chose d'universel.
    L'Affaire devient une cause qui nous dépasse.
    Dans les circonstances actuelles, après les attentats qu'a connus la France, la lecture de ce roman est troublante et dérangeante.
    Au-delà de son thème, Robertson réussit une fiction littéraire profonde.


  • Un dimanche matin à Glasgow, Sammy, un ancien détenu pour vol à l'étalage, se réveille dans une ruelle, chaussé de souliers qui ne lui appartiennent pas, et tente de se rappeler ses deux dernières journées de beuverie.

    Sauvagement battu par la police, il se retrouve à nouveau en prison et, petit à petit, se découvre complètement aveugle.
    Les choses empirent encore : sa petite amie disparaît, la police l'interroge pour un crime mystérieux, il erre dans les rues pluvieuses de Glasgow, en tentant vainement de donner un sens au cauchemar qu'est devenue sa vie.
    Le médecin qu'il finit par consulter refuse d'admettre qu'il est aveugle et sa tentative d'obtenir des indemnités d'invalidité l'amène à se confronter à la bureaucratie kafkaïenne de l'État providence.
    Le livre est un long flux de conscience où Sammy essaye d'accepter sa cécité, de trouver un secours médical, de comprendre où a disparu sa petite amie et d'échapper à la police qui le croit lié à un type qu'ils soupçonnent de terrorisme politique.
    Le protagoniste navigue avec un curieux détachement entre ingénuité et acceptation, avec une combinaison de courage et de méfiance qui sonne vrai, de même que certains dialogues entre mettant en scène les diverses autorités, les flics et plus tard son fils adolescent, modèles de rudesse, de tension et d'humour.

    Ce récit fait d'une prose torrentielle qui ne faiblit jamais, dans le langage non censuré du prolétariat écossais, est une parabole politique subtile et noire sur la lutte et la survie, riche d'ironie et d'humour noir.

  • Après trois années dans la nature, le baroudeur Gerry Conway est de retour dans son bureau du Glasgow Tribune. Mais trois ans c'est très long dans la presse et les temps ont changé - les lecteurs sont de moins en moins nombreux, les budgets très serrés et l'éthique jadis rigoureuse du journal part à vau-l'eau.
    Avant, il était le reporter-vedette du journal mais à présent il est dans l'ombre de son ancien protégé, Martin Moir. Mais lorsque Moir est porté disparu au moment où une grosse affaire explose et qu'on découvre son cadavre dans une carrière inondée, l'enquête entraîne Conway au plus profond des bas-fonds de la ville.
    Bravant l'hostilité des gangsters, des politiciens ambitieux et des propriétaires de son propre journal, Conway s'aperçoit qu'il a encore suffisamment de ressources pour faire sortir un gros scoop.
    Mais tout le monde n'a pas envie d'entendre cette histoire alors que la ville se prépare à accueillir les Jeux du Commonwealth à la veille du référendum sur l'indépendance de l'Écosse.

    McIlvanney explore les interactions troubles entre le crime et la politique dans l'Écosse d'aujourd'hui.

  • En 1783 des éruptions volcaniques apocalyptiques recouvrent l'Islande de cendre, détruisent les récoltes et provoquent une famine. C'est dans ce pays dévasté que deux représentants de l'autorité coloniale danoise vont s'affronter dans un conflit qui sera jugé par l'assemblée populaire traditionnelle.
    La rivalité des deux hommes se cristallise autour de deux orphelins, Sunnefa, considérée, à dix-huit ans, comme la plus belle femme de l'île, et son frère cadet Jón, coupables d'inceste et victimes de la société traditionnelle luthérienne.
    Les paysans qui observent les faits forment le choeur pluriel qui commente la tragédie et permet une grande diversité de points de vue, voix, lettres et journaux des protagonistes qui font lentement progresser le mystère autour du crime central.
    La nature est un personnage à part entière, les glaciers, les déserts et les torrents intensifient les sentiments et les haines qui se développent.

    La présence du mal devient palpable dans cet impitoyable duel à mort.

  • Jackie Kay n'a pas la même couleur de peau que ses parents bien-aimés, formidablement généreux et sympathiques. Hantée par des images de poussière africaine et de mystérieuse infirmière des Highlands elle a la sensation inexorable d'être étrangère à elle-même.
    À 27 ans elle part à la recherche de ses parents biologiques, la tête pleine des histoires que sa mère lui a racontées sur un chef africain reparti sur ses terres loin de son grand amour écossais.
    S'ensuit un voyage chaotique entre Lagos et Aberdeen, entre étrangeté et familiarité, entre prêche évangélique du père et début d'Alzheimer de la mère, entre fratrie et étrangers, entre surprises et émotions.

    Dans ce texte pétri de chaleur, d'humour et de compassion elle découvre que son héritage va au-delà des gènes et que notre paysage intérieur est aussi important que celui dans lequel nous nous déplaçons.

    Jackie Kay écrit le récit plein de vie d'une quête de la mémoire, parfois cocasse, et toujours pleine d'énergie et d'amour.

  • Jane arrive à Berlin par une triste nuit de novembre. Sa compagne Petra l'a installée dans un bel appartement du quartier branché de Mitte. Pour Jane tout est nouveau : la langue, les rues, les gens, sa situation. Elle est isolée, enceinte, et voudrait s'intégrer. Alors que Petra est occupée à travailler, elle reste seule à la maison et se demande encore si elle fait bien d'avoir cet enfant.
    Elle explore le voisinage. Dans le bâtiment abandonné qui surplombe leur cour, une lumière vacille : une ombre passe dans l'escalier. Des cris dans la nuit, une voix d'homme, des pleurs d'enfant. Au matin Jane voit par la fenêtre une jeune fille habillée d'un manteau à capuche rouge traverser la cour. Son visage, très jeune, est outrageusement maquillé.
    Très vite, Jane devient obsédée par la cour et par ses voisins, la pensée de sa maternité imminente se transforme en visions, en délire. Le lecteur, troublé, suit Jane dans cette ville hantée, et il a sans doute moins peur pour elle que pour le mal qu'elle peut faire autour d'elle, ou en elle.

    Dans ce thriller magistral, Louise Welsh subvertit et rajeunit les conventions du genre. Le résultat est puissant, impressionnant, et très noir.

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