Les petits matins

  • Jupiter et Mercure : le pouvoir présidentiel face à la presse Nouv.

    Au moment de son élection, Emmanuel Macron a été présenté comme l'homme d'un " nouveau monde " qui devait remplacer les pratiques anciennes. Mais, du point de vue de ses rapports avec la presse, c'est au contraire avec un très ancien monde que ce jeune président a d'emblée voulu renouer. Il apparaît en effet comme l'héritier assumé des monarques républicains qui l'ont précédé, au point que le terme " Jupiter " lui-même est emprunté au double septennat de François Mitterrand.

    Après un quinquennat Hollande marqué par des échanges incessants avec les journalistes, la " saine distance " voulue par Emmanuel Macron a dans un premier temps été bien accueillie. Mais cette attitude s'est très vite transformée en mépris et elle a conduit le Président à des erreurs, tel son comportement impérieux au moment de l'affaire Benalla. Son cas est loin de constituer une exception, puisque la logique même des institutions de la Ve République se prête à des rapports tendus entre le chef de l'État et la presse : du général de Gaulle à François Hollande, tous les prédécesseurs d'Emmanuel Macron ont ainsi été tentés, un jour ou l'autre, de mettre les journalistes au pas.

    Le risque est cependant réel, lorsque Jupiter cherche à imposer ses vues à Mercure, de saper les fondements de sa propre légitimité. Conscient sans doute de ce péril, et comme l'ont fait ses devanciers les plus habiles, le Président a consenti à de réelles inflexions après les épreuves qui ont marqué le début de son mandat. Mais, comme le montre cet essai, son attitude envers la presse n'a changé qu'en surface : même s'il a renoncé à employer ce mot, Emmanuel Macron restera sans doute jusqu'au bout un président " jupitérien ".

  • Face au changement climatique, l'immensité du défi a de quoi susciter la crainte et la paralysie. Ce livre se veut pourtant message d'espoir, en ce qu'il tente de montrer que l'intelligence collective, bien organisée, peut tracer concrètement la voie d'une sortie de crise. Réunissant aussi bien un climatologue, une juriste, un économiste ou un philosophe qu'un auteur de science-fi ction, un vidéaste ou un général d'armée, entre autres, il démontre que chacun, dans sa pratique et sa discipline, détient une partie de la solution. L'une des armes de la transition.

    Ce sont donc quatorze experts qui ont accepté, ici, de répondre à un même ensemble de questions. Quelle pierre leur discipline apporte-t-elle à la transition ? Quels concepts ou certitudes ont-ils déjà forgés ? Comment transformer leurs conclusions en politiques publiques ? Quels éléments de programme pourraient ils souffler à un candidat à la présidentielle ? Etc.

    En préambule et en pages de fin, deux jeunes activistes ajoutent aux réfléxions de ces contributeurs leur voix de citoyennes engagées pour le climat. Ensemble, loin de la peur et de la résignation, ils et elles ouvrent des pistes pour un futur non seulement vivable, mais enviable.

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    Les experts :

    Dominique Bourg – philosophe.
    Jean Jouzel – climatologue.
    Stéphane La Branche – sociologue.
    Philippe Descola – anthropologue.
    Yves Marignac – ingénieur.
    Valérie Cabanes – juriste.
    Thibaud Griessinger – neuroscientifique.
    Marc Dufumier – agronome.
    Alain Grandjean – économiste.
    Hervé Kempf – journaliste.
    Vincent Verzat – vidéaste.
    Jean-Marc Ligny – romancier.
    Bastien Alex – géopolitologue.
    Emmanuel de Romémont – général 4 étoiles.

  • Le " monde d'après " annoncé par tant de prophètes pendant le confinement du printemps 2020 existe déjà. Il ne demande qu'à se déployer pour que les innombrables " utopies locales ", porteuses d'une autre manière de produire, de vivre et de consommer, deviennent la norme de l'économie de demain. Ce monde d'après est en grande partie mis en musique par des acteurs de l'économie sociale et solidaire. Cette foule d'initiatives citoyennes défriche les possibles et construit des solutions écologiques et solidaires face aux besoins et aux aspirations des habitants.

    Pôles territoriaux de coopération économique, tiers-lieux, revenu de transition écologique, énergies citoyennes, foncières solidaires, mobilités partagées : les expérimentations des associations, coopératives, mutuelles, fondations et autres entreprises sociales se multiplient dans les territoires. Elles ouvrent la voie à une " société post-croissance ", une société où primerait la finalité du bien-vivre.

  • Depuis son arrivée au ministère de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer malmène notre système éducatif. D'abord encensé par les médias pour son expertise acquise sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il est vite contesté par la communauté enseignante, qui rejette massivement ses réformes, à commencer par celles du bac et de l'orientation. Comment expliquer un tel fiasco ?

    Avant toute chose, il y a la méthode : le blanquérisme est un autoritarisme, caractérisé par la prise de décision ultra-centralisée, l'affaiblissement des contre-pouvoirs et le mépris des opposants. Mais ce n'est pas tout. Derrière la frénésie des mesures adoptées, il y a une vision pour l'école : primat de la logique du marché sur celle du service public, fascination pour les neurosciences, laïcité agressive...

    En contrepoint de cet échec, implacablement décortiqué, l'auteur appelle de ses voeux un projet alternatif suffisamment puissant pour que l'école puisse espérer s'en relever.

  • La pandémie de Covid-19 n'est qu'une des facettes de la crise multidimensionnelle que nous traversons depuis une cinquantaine d'année : crise à la fois financière, économique, sociale et climatique, mais aussi démocratique. Dans ce contexte inédit, face à un système capitaliste à bout de souffle et aux dangers du populisme et des nationalismes, l'économie sociale et solidaire à un rôle clé à jouer : elle est en mesure d'insuffler une véritable transformation de l'économie et de la société, fondée sur les valeurs de solidarité et d'humanité qui lui sont chères.

    Cette transformation est déjà à l'oeuvre. À l'échelle locale (de la Scic Ecooparc, qui développe des projets sociaux environnementaux dans les Vosges, à la coopérative d'activités et d'emplois Coopaname, en Île-de-France), nationale (avec le fournisseur d'énergie verte Énercoop), européenne (la fédération de coursiers à vélo CoopCycle) comme internationale (le Forum international de l'ESS), des initiatives citoyennes innovantes se développent pour répondre aux grands défis contemporains. Mais elles doivent aujourd'hui gagner en ampleur, se réformer, trouver plus que jamais les chemins de l'innovation pour ouvrir la voie à un avenir choisi, répondant notamment aux objectifs de développement durable fixés par l'organisation des Nations unies.

  • La gauche est-elle en voie de disparition ? Si des sondages semblent l'indiquer, l'affirmer serait faire peu de cas d'une gauche de résistance et d'inventivité qui irrigue notre société. Une gauche des valeurs, orpheline de ses représentations politiques.

    En revisitant plus de deux siècles d'histoire, l'auteur pointe la responsabilité de la social-démocratie dans ce déclin observé dans les urnes, mais il croit à la renaissance d'un vrai pôle réformiste associé aux forces écologistes. À condition, précise-t-il, que l'on affronte les " questions qui fâchent ", qui ne se déclinent pas seulement autour des thèmes habituels (l'Europe, la place du travail, l'environnement...), mais aussi autour de notions morales : la démocratie, le rapport à la vérité et à la presse, l'actualité des idées de République et de révolution, la laïcité, l'immigration, les relations avec la Russie et les États-Unis, le populisme, etc.

    L'auteur aborde aussi le non-dit : le rôle primordial des personnalités se réclamant de la gauche – et leur sincérité. Une réflexion originale et stimulante qui invite à raisonner hors des réflexes conditionnés et des idéologies. Et à réinterroger sans cesse la " promesse républicaine ".

  • Une société juste se mesure aussi à sa façon de répartir les tâches pénibles et de traiter celles et ceux qui les effectuent. Qui sort ma poubelle ? Qui nettoie derrière moi ? Qui range mon espace de travail ou passe le balai dans l'école de mes enfants ? Le monde du travail consacre 8 % du temps rémunéré au nettoyage et à l'entretien d'espaces publics et privés. Cet ouvrage met en lumière les personnes – en très grande majorité des femmes – qui s'en chargent, et qui restent le plus souvent invisibles pour les autres, au travail comme dans le débat public.

    Précarité, cumul de pénibilités, déqualification sont le lot de ces emplois – des caractéristiques aggravées par le développement, ces dernières années, du recours à la sous-traitance. Face à cette situation, les auteurs montrent que des solutions existent : réinternalisation des tâches de nettoyage, intégration au collectif de travail, décloisonnement des activités, revalorisation des salaires, remise en cause du temps partiel subi, développement de la formation et de la mobilité professionnelle... Plus fondamentalement encore, l'idéal de justice nous invite à repenser la division du travail et à mieux partager les " sales " boulots.

  • Quel enfant n'a jamais rêvé d'un monde sans parents ? Mais alors, comment s'organiser ? Comment se nourrir et s'occuper ? Surtout, comment savoir qui doit faire la vaisselle ?

    Pour répondre à ces questions essentielles, les sept protagonistes de ce conte pour adultes testent différents modèles de société sur leurs étranges voisins, les Legrand.

    De son écriture faussement naïve et pleine d'humour, Hélèna Villovitch saisit les subtilités de la cruauté enfantine, dans un univers inquiétant qui n'est pas sans rappeler l'absurdité du nôtre.

  • Quelle est notre meilleure alliée pour combattre le changement climatique ? La technologie pure, encore et toujours, comme le fantasment les tenants de la géoingénierie ? Non : la nature elle-même, à condition qu'on le lui permette.

    Le géomimétisme – en référence au " biomimétisme ", c'est-à-dire le fait de s'inspirer de l'action de la nature – désigne l'ensemble des pratiques dont nous disposons pour piéger le carbone atmosphérique dans les sols et les organismes vivants, dans le respect des cycles naturels et de la biodiversité. Car, pour combattre efficacement le réchauffement climatique, il ne suffit pas de réduire nos émissions de gaz à effet de serre – même si c'est essentiel –, il faut aussi capturer le trop-plein de CO2 dans l'atmosphère.

    L'exemple le plus évident de géomimétisme est celui de la reforestation, à même de rafraîchir le climat. Mais on peut également citer le développement de l'agroécologie, l'élargissement des zones humides, le renforcement du permafrost ou encore la constitution de puits de carbone océaniques. Cet ouvrage pionnier détaille de façon claire et rigoureusement chiffrée l'intérêt de ces méthodes pour l'humanité et propose, en conséquence, des pistes réalistes pour des politiques publiques à la hauteur de l'enjeu.

  • Les violences sexuelles envers les femmes n'apparaissent pas spontanément.

    Elles ne font pas partie de la " nature humaine " ni ne sont le résultat

    d'incontrôlables pulsions masculines. Elles ont des causes sociales – impunité

    des agresseurs, idées reçues sur la sexualité, inégalités structurelles – qui

    forment ce que l'on appelle une " culture du viol ". Cela va de remarques

    apparemment anodines qui culpabilisent les victimes à un traitement trop

    fréquent des viols comme des délits plutôt que comme des crimes devant les

    tribunaux ; de formules pour excuser les agresseurs à une remise en cause

    systématique de la parole des femmes qui dénoncent des agressions.

    En France, chaque année, entre 60 000 et 100 000 femmes sont victimes de

    viol ou de tentative de viol. Environ 16 % des Françaises auraient subi une telle

    agression au cours de leur vie. Et les viols ne représentent que la partie émergée

    d'un iceberg : celui des violences sexuelles, à la maison, au travail ou dans

    la rue. Or ces violences ont des conséquences graves : elles minent la confiance

    et limitent la liberté par la peur qu'elles instaurent. Elles constituent une atteinte

    aux droits et à la dignité des personnes et consolident la domination masculine.

    Mais cette situation n'est pas une fatalité. C'est pourquoi il est important

    d'identifier les éléments culturels qui servent de justification et de terreau

    à ces actes, afin de proposer des pistes qui permettront d'y mettre fin.

  • De l'ombre à la lumière. Le mouvement des Gilets jaunes puis, surtout, la crise du Covid-19 ont braqué le projecteur sur une France aux contours flous, longtemps invisibilisée. Une France qui vit " à quelques euros près ", qui n'a pas besoin qu'on lui dise de traverser la rue pour savoir que le travail est un précieux gage de survie ou d'émancipation, pour qui une voiture en état de marche est une absolue nécessité, qui connaît le prix de la solidarité... La France des caissières, des postiers, des aides-soignantes, de ceux qui entretiennent les résidences sociales. Celle qui est restée courageusement sur le pont pendant cet étrange printemps de confinement.

    C'est cette France des " vies majuscules " que l'ambitieux projet qui a donné naissance à ce livre a voulu appréhender. Encadrés par des journalistes, quelques centaines de témoins de tous âges, de Marseille à Grande-Synthe, de Mulhouse à Caen, de Troyes à Toulouse, de Nantes à Billom, de Laxou à Saintes, de Vierzon à Mont-Saint-Martin et de Joué-lès-Tours à Lunel, ont pris la plume pour se raconter. Loin des clichés condescendants ou stigmatisants, ils relatent bien concrètement la recherche d'un stage quand on n'a pas " la gueule de l'emploi ", le rôle de " psy à temps partiel " d'une employée de ménage, l'angoisse des formalités " dématérialisées " quand on ne maîtrise pas les outils numériques, la sortie tête haute d'une situation de violence conjugale ou familiale. Mais encore la chaleur des relations de voisinage ou d'un réseau d'aide pour obtenir enfin des papiers quand on a " choisi la France ".

    Personnels et universels, graves, amusés, coléreux, amoureux, informatifs,

    fantaisistes, ces textes, qui se répondent et se complètent, apportent

    la preuve, s'il en fallait, que les " petites histoires " permettent bien souvent

    de comprendre la " grande ".

    Ce projet est porté par La Zone d'expression prioritaire (La ZEP), un dispositif d'accompagnement à l'expression via des ateliers d'écriture animés par des journalistes, et le réseau des Régies de quartier et de territoire. Il a été piloté par les deux fondateurs de La ZEP : Emmanuel Vaillant et Edouard Zambeaux.

  • Comment faire pour que la viande que nous consommons ne soit pas un facteur de déforestation en Amazonie ? Que les travailleurs qui confectionnent nos habits ou extraient les métaux rares présents dans nos téléphones ne risquent pas leur vie pour un salaire de misère ? Quelles leçons tirer de la crise économique déclenchée par la pandémie de Covid-19 ?

    Une partie de la réponse se trouve dans les règles commerciales qui structurent les activités économiques internationales. Car le constat est là : non seulement le Lilibre-échange n'a pas tenu la promesse de prospérité planétaire avancée par ses défenseurs, mais il accélère la destruction de nos écosystèmes, renforce les inégalités, fait fi de nombreuses violations des droits humains et dépossède les États de leur capacité d'agir.

    Les auteurs se livrent à une critique rigoureuse et chiffrée des accords de commerce, dont les plus récents (Tafta, Ceta, accord avec le Mercosur...) ont suscité de vives oppositions citoyennes. Mais la critique ne suffit pas. Car le choix du libre-échange a été permanent au cours des dernières décennies, de la part de dirigeants prompts à décrédibiliser toute proposition alternative.

    Il est pourtant possible de remettre le commerce au service de la société et de la transition écologique et sociale. Avec de multiples propositions concrètes et ambitieuses, les auteurs invitent à inventer enfin un juste-échange réellement durable.

  • Comment conjurer l'effondrement d'un monde arrivé à ses limites ? Que ferons-nous du " jour d'après " la crise du Covid-19, sachant que le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité sont toujours à l'oeuvre et qu'ils restent la principale menace pour l'espèce humaine ?

    Comment conjurer l'effondrement d'un monde arrivé à ses limites ? Que ferons-nous du " jour d'après " la crise du Covid-19, sachant que le dérèglement climatique et la chute de la biodiversité sont toujours à l'oeuvre et qu'ils restent la principale menace pour l'espèce humaine ? Il serait suicidaire de nous acharner à poursuivre le même mode de vie, destructeur et inégal. Mais nous reste-t-il assez de lucidité pour sortir d'un déni qui laisse la porte ouverte aux marchands de fin du monde et aux populistes ? Comment dessiner un monde soutenable et désirable ?

    Noël Mamère répond à ces questions en tissant un lien entre les alertes des penseurs de l'écologie du XXe siècle, tels Bernard Charbonneau et Jacques Ellul, et la colère salutaire de la " génération climat ", consciente qu'il n'y a pas de " planète B ". Ses propres combats de terrain et son expérience d'écologiste nourrissent une réflexion argumentée sur le rôle que doit jouer l'écologie politique aujourd'hui.

    Sur l'une des issues de secours à l'impasse dans laquelle nous nous trouvons, il est écrit " écologie " : c'est par là qu'il faut passer !

  • La crise du Covid-19 a ébranlé nos sociétés et nos certitudes. Elle a jeté une lumière crue sur l'absurdité et la dangerosité des discours qui visaient, depuis des dizaines d'années, à discréditer la puissance publique, ne jurant que par " l'efficacité du privé ". Elle a montré la fragilité de notre monde globalisé et, surtout, la responsabilité de notre modèle de développement dans la transmission du virus à l'être humain puis sa propagation.

    Cette crise, peut-être encore plus que les précédentes, nous oblige. Elle nous enjoint de tourner la page d'un système économique arrivé à bout de souffle. De rompre avec le néolibéralisme, le productivisme et l'obsession de la croissance. De retrouver le sens des priorités, de ce qui compte vraiment : la protection sociale, la santé, la transition écologique. De renouer avec un État-providence stratège, investisseur et producteur. Une puissance publique au service de l'intérêt général et pleinement inscrite dans le projet européen et la coopération internationale.

    À l'image du New Deal mis en oeuvre par le président Roosevelt au lendemain de la crise de 1929 aux États-Unis, c'est un plan ambitieux et pragmatique qui est ici proposé. Un plan qui replace l'économie au service de tous et non plus de quelques-uns, dans le respect des limites de la planète. État employeur en dernier ressort, réduction du temps de travail, revalorisation des bas salaires ; grand plan de rénovation thermique des bâtiments, développement du low-tech comme filière industrielle ; réforme fiscale, encadrement des écarts de salaires ; gestion de la dette... Les solutions existent, elles ne demandent que le courage politique de les mettre en oeuvre !

  • L'ère du complotisme : la maladie d'une société fracturée Nouv.

    À l'époque d'Internet, tout événement dramatique trouve sur les réseaux sociaux des " analystes " expliquant que la version officielle cache des intérêts secrets, selon un plan devant être soigneusement décrypté. " Réveillez-vous, on vous ment ! ", clame Alain Soral devant sa webcam. Depuis les attentats du 11 septembre 2001, les discours complotistes ont proliféré sur la Toile, semant la méfiance envers tout discours officiel et creusant une scission de plus en plus grave au sein de notre société. Se présentant comme " alternatifs ", ils prétendent rétablir une " vérité " dévoyée.

    Si le fantasme d'un groupe occulte agissant dans l'ombre pour accomplir un but machiavélique n'est pas nouveau, il est important de connaître les ressorts actuels de ce phénomène. Car ces théories du complot ont remis au goût du jour des discours d'inspiration fasciste et antisémite, leur donnant une coloration " moderne ". Sur fond d'islamophobie et de haine des juifs, elles sont sous-tendues par une idéologie réactionnaire qui se nourrit des problèmes sociopolitiques contemporains.

    Poser le bon diagnostic est indispensable car, loin d'être le fait de farfelus ou d'ignorants, le complotisme est le symptôme d'une véritable maladie de société.

  • Tout est acquis en matière de droits des femmes, entend-on régulièrement.

    Pourtant, la réalité dément largement ce présupposé : les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes, moins présentes dans les postes à responsabilités, victimes de violences sexuelles. Sur nos murs et nos écrans, des corps féminins irréels et soumis incarnent un modèle auquel il faudrait se conformer.

    Ce livre est une porte d'entrée, une invitation : chausser des lunettes féministes, c'est voir le monde sous un angle nouveau et mieux comprendre certains rapports de force à l'oeuvre dans notre société. C'est mettre des mots sur des situations de la vie quotidienne que toutes les femmes connaissent : le slut-shaming, le harcèlement de rue, le revenge porn ou encore le cybersexisme sont autant de termes apparus ces dernières années pour les nommer.

    À l'heure des réseaux sociaux, des biotechnologies et du dérèglement climatique, nous avons plus que jamais besoin du féminisme pour relever les défis du XXIe siècle. Car la solidarité entre femmes et la lutte pour l'égalité réelle peuvent poser les bases d'une société nouvelle, plus juste, plus respectueuse de l'humanité et de la nature.

  • Le 5 octobre 1961, alors que les négociations devant mettre fin à la guerre d'Algérie ont commencé, le préfet de police Maurice Papon décrète un couvre-feu pour les Algériens à Paris et dans sa banlieue. Le 17, une manifestation pacifique à l'appel du FLN s'ensuit, qui sera sauvagement réprimée. Des dizaines de personnes seront retrouvées noyées dans la Seine. Cinquante ans après, ce crime n'est toujours pas reconnu comme tel ni condamné par les plus hautes autorités de la France.

    Ce livre présente des documents de l'époque : le communiqué du préfet Papon, une circulaire administrative d'une précision glaçante, mais aussi des appels du FLN, le témoignage sous forme de reportage d'un jeune appelé, un tract de « policiers républicains » indignés par les actes auxquels on veut les associer...

    Autant de pièces décisives éclairées ici par l'analyse de l'historien Gilles Manceron, et mises en perspective par Henri Pouillot, président de l'association Sortir du colonialisme, avec les débats actuels sur la colonisation.

  • Ils étaient soldats, avocats, éditeurs, écrivains, ouvriers. Chrétiens, communistes ou tiers-mondistes. Dans une France imprégnée de discours colonial, ils ont résisté à la guerre d'Algérie en refusant de porter les armes, en prenant la défense des militants condamnés, en témoignant des atrocités commises, en diffusant les textes interdits. Minoritaires dans un pays où « l'Algérie c'est la France », ces insoumis ont pris le parti de leurs frères algériens au péril de leur liberté ou de leur vie.

    Ce livre présente des textes de l'époque ? lettres de déserteurs, appels au refus ou manifestes anticolonialistes ? ainsi qu'une liste de tous les acteurs de cette résistance. autan de témoignages brûlants ou poignants éclairés par l'analyse de l'historien Tramor Quemeneur et par le regard de l'éditeur Nils Andersson, témoin engagé de l'opposition au conflit.

    À l'heure où l'on célèbre le 50e anniversaire de l'indépendance algérienne, cette mémoire anticoloniale, nous dit l'association Sortir du colonialisme, qui a coordonné cet ouvrage, peut contribuer aux combats d'aujourd'hui.

  • Il y a 2 600 ans, en Lydie, dans l'actuelle Turquie, naissait la monnaie. Il y a à peine plus d'un siècle, à Detroit, le fordisme associait production et consommation de masse. En 1474, Venise instituait le brevet d'inventions... De la révolution néolithique à la crise financière actuelle, ce guide raconte l'histoire économique en trente-huit dates-clés. Il montre comment le jeu qui réunit, et parfois oppose, production, marchands, princes et financiers a engendré le capitalisme moderne. Comment l'Occident a étendu sa domination depuis le XIVe siècle. Comment les techniques ont porté la mondialisation de l'économie, même si elles n'en sont pas à l'origine. Une plongée dans le temps long de l'histoire qui permet aussi de mieux comprendre le monde d'aujourd'hui.
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  • Pourquoi les Japonais vivent-ils plus longtemps que les Américains ? Pourquoi y a-t-il plus de grossesses chez les adolescentes aux États-Unis qu'en France ? Pourquoi les Suédois ont-ils la taille plus fine que les Grecs ? La réponse est chaque fois : l'inégalité.
    État de santé, espérance de vie, obésité, santé mentale, taux d'incarcération ou d'homicide, toxicomanie, grossesses précoces, succès ou échecs scolaires, bilan carbone et recyclage des déchets, tous les chiffres vont dans le même sens : l'inégalité des revenus nuit de manière flagrante au bien-être de tous.
    Conclusion des auteurs : « Ce n'est pas la richesse qui fait le bonheur des sociétés, mais l'égalité des conditions. »

  • Souvenez-vous ! Le 2 avril 2011, Frédéric Lefebvre révèle à une journaliste que le livre qui l'a le plus marqué est Zadig Évoltaire, une « leçon de vie » à ses yeux. Eh bien ce conte philosophique oublié de François-Marie Enroué, nous l'avons retrouvé ! Grâce à l'humaniste délicat qui se cache sous le costume strict du secrétaire d'État au Commerce, nous redécouvrons cette fine analyse des moeurs politiques à la cour de Tsar Cosy, le prézydent de tous les Français de droite.

    Pour notre plaisir et notre édification, nous y croiserons la belle Starla, délicieuse première donna, et l'intrigante Samira, ancienne ministre de la Justesse en disgrâce, qui enflamment le coeur de Zadig Évoltaire, stagiaire ambitieux chargé de l'instruction littéraire du prézydent. Au gré des péripéties qui rythment l'ascension du jeune conseiller, nous ferons également la connaissance du redoutable Guéant Vert et du machiavélique Fiellon l'Ensablé, sans oublier ces satellites du pouvoir que sont Frédéric Déférant, Chirak l'Ancien, Ségoïste Royal ou la fille du Borgne national...

    Oui, vraiment, nous sommes heureux et fiers de vous offrir ce Zadig Évoltaire qui, au Panthéon de la littérature, a toute sa place auprès d'oeuvres impérissables telles que Ainsi parlait Zara ou Du côté de chez Swatch...

  • René Dumont (1904-2001) apparaît aujourd'hui comme une référence incontournable pour qui veut se revendiquer de l'écologie politique. Pourtant, peu de gens ont lu ses livres, au demeurant souvent épuisés. Et certains sont encore tentés de voir l'homme au pull-over rouge comme un vieux prophète un brin irascible, annonçant avec véhémence l'arrivée imminente d'une nouvelle plaie d'Égypte.
    L'objectif de ce livre est donc de présenter des extraits significatifs des nombreux ouvrages de René Dumont, accompagnés d'explications sur le contexte et les conditions dans lesquels ils ont été écrits, afin de fournir des repères essentiels pour mieux comprendre son oeuvre. Des textes traversés par les grands enjeux du siècle écoulé et toujours actuels : le drame de la faim, la crise de l'emploi, l'impasse du capitalisme, les conséquences du réchauffement climatique...
    Il s'agit de montrer le cheminement et l'évolution d'un homme d'action, un homme de gauche, viscéralement pacifiste pour avoir connu les horreurs de la Première Guerre mondiale, profondément humaniste et délibérément social. De faire parler, au travers de ses écrits, un homme toujours en questionnement, perpétuellement en mission sur le terrain. Et de montrer la conversion progressive à l'écologie d'un homme dont le combat de toute une vie aura été de vouloir éliminer la faim dans le monde.

  • Tortures, exécutions sommaires, incendies de villages... Paru en février 1960, La Pacification dresse le terrible répertoire des moyens de répression exercés par le gouvernement français contre les combattants algériens et les opposants à la guerre d'Algérie. Il recense des témoignages de victimes et d'appelés, mais aussi des lettres adressées aux autorités politiques et judiciaires, des interventions d'avocats, des articles de presse. Il aura fallu près d'un an de travail, mené par des militants anticolonialistes avec la Fédération de France du FLN, pour sélectionner et authentifier avec rigueur les documents. Sorti en Suisse, ce livre est alors interdit en France : silence, on torture ! Voici donc à nouveau sur la table cette importante pièce historique, mise en contexte par son éditeur originel, Nils Andersson. Il relate l'aventure de ce livre, depuis son élaboration jusqu'à sa diffusion clandestine en France. Plus largement, il rappelle le combat des éditeurs engagés contre la guerre d'Algérie, autour notamment de Jérôme Lindon ou de François Maspero, soulignant par là l'inestimable pouvoir de résistance de l'écrit.

  • Lécologie est désormais lun des thèmes phares du débat didées. Mais derrière la prise en compte de la crise environnementale, ya-t-il une philosophie, une pensée susceptible de structurer un véritable projet de société, de proposer une vision du monde ? La philosophie de lécologie politique cherche à répondre à plusieurs questions clés de notre temps : comment libérer lépanouissement de lêtre humain tout en faisant société et en respectant une planète finie ? Comment penser léthique et la responsabilité après Auschwitz et Hiroshima ? Comment penser envisager le besoin de différenciation de lêtre humain au delà de la société de consommation ?
    En mobilisant les pensées analyses de Illich, Gorz, Baudrillard, Guattari, Jonas, Habermas, ce livre présente la philosophie de lécologie politique en linscrivant dans le mouvement didées depuis 1968.

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