Les Presses de l'Université Laval (PUL)

  • Un débat, réunissant philosophes, littéraires et historiens, s'est engagé, lors du XIIe Congrès international des Lumières, autour de la question du corps. En effet, le corps des Lumières est un objet qui méritait encore d'être questionné sur des plans épistémologique, anthropologique ou esthétique. Le présent ouvrage se veut le reflet de ces questionnements. Suivant la voie de l'époque qui récusait la séparation systématique des discours, il cherche à montrer combien l'écriture du corps entre dans une transdiscursivité. Discours scientifique, romanesque, philosophique ou social, entre autres, dialoguent au cours d'une période passionnée par l'émergence d'une nouvelle culture du corps. Les trois parties qui organisent le volume : « Science, techniques et médecine du corps », « Gouvernement du corps » et « Représentations idéologiques du corps » mettent en relief les cohérences et subversions, les conjonctions et prolongements de ces idées essentielles.

    Dans une dynamique d'ouverture et d'harmonie, les éditeurs ont tenu à rapprocher dans ces pages de jeunes collègues et des chercheurs confirmés, éloignés tant par la géographie que par leur parcours, afin de faire émerger des différences d'approche et des communautés d'intérêt autour de cet objet d'étude unique et multiple.

  • Dédié à la mémoire de notre ami, collègue et mentor David Trott, ce volume s'est voulu une illustration de sa conviction la plus profonde : qu'à condition d'en concevoir l'étude autrement, le théâtre français du XVIIIe siècle restait, en grande partie, un domaine à redécouvrir.

    Aussi les dix-neuf articles que l'on va lire apparaissent-ils, dans leur grande diversité, comme autant de preuves de la vitalité des recherches actuelles sur ce théâtre dans sa richesse multiforme. Au plus près des textes, de la pratique théâtrale du temps et des divers courants de la pensée des Lumières, ces articles font écho à des intuitions, vérifient des hypothèses ou reprennent le flambeau là où David fut forcé de le laisser.

    Qu'il s'agisse du bon usage de l'informatique dans les études théâtrales ou de la revalorisation de formes longtemps sous-estimées - parades, parodies ou théâtre de foire -, domaines dans lesquels David Trott fit réellement figure de pionnier, ce volume illustre abondamment l'utilité des efforts qui s'emploient désormais à rendre au théâtre des Lumières, et à son incomparable foisonnement, toute la place qu'il occupa, dans le goût, la pensée et la vie du public du XVIIIe siècle.

  • Les entrées solennelles en France au cours des XVIe et XVIIe siècles furent des événements souvent spectaculaires dont les chroniqueurs, poètes et scriptores variés s'ingénièrent à préserver les traces dans les relations écrites qu'ils publièrent à leur suite. Aujourd'hui, seuls ces textes préservent la mémoire de ces solennités éphémères hautement symboliques qui fêtaient l'arrivée dans une ville d'une figure d'autorité, qu'elle soit politique ou ecclésiastique. Immense et hétéroclite, le corpus textuel des entrées solennelles appelle une diversité de savoirs et de compétences disciplinaires. Le présent volume restitue, substantiellement étoffées et organisées selon une cohérece que seule permet un certain recul critique, les contributions au colloque international Vérité et fiction dans les entrées solennelles à la Renaissance et à l'Âge classique, qui s'est déroulé en mai 2006 au Centre d'Études Supérieures de la Renaissance de l'Université de Tours. Dans leur ensemble, ces contributions entendent interroger de façon variée les rapports entre la « vérité » de l'événement histoirique, et la « fiction » de ses réécritures.

  • Antiquisant de réputation internationale, Jackie Pigeaud est aussi un grand historien de nos traditions culturelles ; en particulier de la pensée médicale, dont en maintes occasions - notamment dans L'art et le vivant, publié en 1995 aux Éditions Gallimard - il a montré quels rapports elle entretient avec la théorie et la pratique artistiques. À cet égard comme à d'autres, les nombreux travaux qu'il a menés à l'Université de Nantes et à l'Institut universitaire de France ont ouvert des champs nouveaux à la connaissance humaniste. Qu'ils traitent de Galien ou de Winckelmann, du bouclier d'Achille ou de la psychiatrie naissante, de la maladie de l'âme ou de la poésie du corps, ils soulignent tous la « modernité de l'Antique ».

    La pensée, qui selon la formule ancienne consiste à « faire surgir des apparitions », s'exerce chez Jackie Pigeaud dans les domaines les plus variés, avec une érudition rêveuse qui donne son unité profonde à leur apparente discontinuité. À l'originalité et surtout à la fécondité de cette approche, quelques amis, collègues et disciples ont voulu rendre hommage dans un ouvrage collectif, qui mérite pleinement de s'intituler Une traversée des savoirs.

  • L'imaginaire du corps est sans bornes, mais chaque culture lui impose des limites qui la caractérise et donnent lieu à des représentations verbales et visuelles. Le présent ouvrage explore les images et les usages du corps tel que décrits et illustrés dans les fictions romanesques de l'Ancien Régime à travers l'Europe et la France, sans négliger les arts, les croyances et les connaissances qui en affectent les représentations narrées et gravées.

    Trois grandes catégories se dégagent de la topique du corps romanesque et constituent les trois principales parties de l'ouvrage. La première partie, Corps souffrant, étudie la vulnérabilité du corps qui, voué à la douleur et à la mort, appelle des soins voire une rédemption. La seconde partie, Corps éloquent, étudie l'expressivité du corps dont l'apparence peut révéler l'identité, la sensibilité, le caractère et dont les gestes exemplaires suscitent l'admiration. La troisième partie, Corps surprenant, s'intéresse aux mystères du corps tantôt volatile, tantôt opaque, souvent équivoque et généralement irréductible et insaisissable. Chacune de ces catégories topiques est développée par dix articles offrant des aperçus historiques, ainsi que des enquêtes plus ponctuelles sur des auteurs ou des oeuvres en particulier. On verra ainsi les représentations topiques des anciens et des auteurs du Moyen Âge se modifier au cours des siècles de la Renaissance à la Révolution et même un peu au-delà.

    Pour clore ce triple parcours éclairant le corps des personnages qui peuplent récits et romans, une quatrième partie, Corps métaphore, met en jeu le roman lui-même. Cin études montrent que la poétique et la rhétorique évoquent bien souvent le corps afin qu'il figure par mtaphore la vie et les formes de la création littéraire et de l'écriture romanesque. Puis, placé entre les mains d'un corps qui s'adonne à la lecture, le roman en tant que livre devient enfin lui-même l'objet d'une image topique largement diffusée en peinture, mais habilement subvertie par les illustrateurs de romans...

  • À l'Université de Waterloo, en 2005, un peu plus de 10 ans après la première rencontre sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime sous l'égide du groupe MARGOT, était organisé le colloque « Dix ans de recherche sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime : influences et confluences » sous la présidence d'honneur de Hannah Fournier. C'est à la fois afin de rendre hommage à notre collègue, co-fondatrice du groupe MARGOT et pionnière des études sur les femmes, et de souligner le dynamisme et la diversité des études sur les femmes écrivains de l'Ancien Régime que nous avons décidé de regrouper, au sein du présent recueil, seize articles témoignant de la vitalité d'un champ de recherche si longtemps oublié. Du Moyen Âge au Siècle des Lumières, études d'oeuvres de femmes écrivains, réflexions théoriques et analyses des conditions de production se succèdent afin de mieux explorer les « circonvolutions » du passé des femmes écrivains de l'Ancien Régime.

empty