Les Éditions Perce-Neige

  • Dans la veine du réalisme magique, ce roman atypique de la littérature acadienne a charmé les lecteurs et lectrices de tous âges au moment de sa parution en 1989 aux Éditions d'Acadie. Il s'agit de l'histoire d'une femme excentrique qui a toujours voyagé dans les livres afin d'en faire un grand jeu pour y embarquer tous les gens de son village. En raison de l'ancrage local de l'action et de ses thèmes, ce roman est une source de réflexion sur le vivre-ensemble en Acadie qu'il s'avère essentiel de soumettre à l'interprétation de nouvelles générations de lecteurs.

  • Georgette LeBlanc revient en force avec un quatrième livre en 10 ans, un « roman en vers libres » évoquant à sa manière le grand incendie de 1820 qui a détruit une vingtaine de maisons et autant de granges à la Baie Sainte-Marie, tel que raconté dans le Journal de Cécile Murat, une oeuvre de fiction publiée en 1950 par l'historien acadien Alphonse Deveau. Georgette LeBlanc propose sa propre vison des évènements avec ironie, audace et sensualité. Des personnages colorés, fortement esquissés, de chair et de mots, prennent vie d'une scène à une autre, et en plein 21e siècle, sous le regard dubitatif des médias de la métropole. L'auteure d'Alma est parvenue en très peu de temps à l'élaboration d'une langue musicale et séduisante qui lui est propre et dont la motte d'argile à modeler est le français particulier aux Acadiens du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Le Grand Feu ne peut faire que braquer quand Georgette LeBlanc attise les braises de son imagination.

  • L'ouvrage collectif intitulé Littérature acadienne du 21e siècle propose des travaux de recherche inédits, basés sur la situation de la littérature acadienne contemporaine et s'inscrit dans un ensemble d'analyses s'intéressant aux courants post-nationalistes de cette littérature ayant acquis avec les années ses lettres de noblesse. Les oeuvres et les productions acadiennes retenues portent le sceau de la diversité et de l'universalité. On y lira d'une part des études consacrées aux écrivains et aux créateurs acadiens bien établis, tels que les Antonine Maillet, Herménégilde Chiasson, Serge Patrice Thibodeau, Jacques Savoie, France Daigle, Jean Babineau, Charles Pelletier, Phil Comeau et Zachary Richard, et d'autre part on découvrira des visages émergeants ou des nouveaux noms, à savoir, Georgette LeBlanc, Jonathan Roy, Kirby Jambon, Emma Haché, Marcel-Romain Thériault, Mélanie Léger et Rodrigue Jean.

  • Joannie Thomas signe un premier recueil d'une dureté troublante, renouvelant du coup le discours au féminin dans la poésie contemporaine. Femme de théâtre, elle nous présente un texte qui se décline comme un long monologue intérieur, le récit d'une jeune femme qui fait table rase des tabous les plus coriaces.

  • Premier recueil de poésie de Monica Bolduc, Dead End explore le cul-de-sac des relations amoureuses et les eaux troubles du langage.

  • Quatrième titre de la collection Archipel dirigée par l'Association des professeurs de littérature acadienne et québécoise de l'Atlantique, cet ouvrage collectif regroupe des essais consacrés aux Nancy Houston, Nicolas Dickner, Dany Laferrière, France Daigle, Jocelyne Saucier, Hubert Aquin, Catherine Mavrikakis, Michel Tremblay et Jean-Marc Dalpé, entre autres.

    Réunies par Cécilia W. Francis et Robert Viau, ces études démontrent surtout que le retentissement des littératures acadienne, québécoise et francocanadienne est largement redevable aux discours et aux représentations de la transmission et de la rupture, et que cette tension entre continuité et subversion, tradition et révolte demeure présente en tant que mouvance littéraire plurielle et féconde qui ne cesse d'interpeller créateurs, lecteurs et critiques.

    Les thèmes de transmission et de transgression regroupent une sphère de problématiques coextensives aux enjeux clés d'un corpus étendu de textes littéraires issus de l'Amérique francophone, recouvrant les champs acadien, québécois et franco-canadien.

  • Gabriel Robichaud propose un troisième recueil de poésie dont le titre est bien sûr un clin d'oeil et un hommage au classique Acadie Rock de Guy Arsenault. Le poète-comédien nous amène faire un « tour de l'Acadie » hors du commun et c'est un plaisir de prendre place dans le siège du passager et de laisser défiler le territoire sous nos yeux amusés. Parce que l'autodérision guette à chaque détour avec, en fin de parcours, l'arrivée d'un manifeste clamant haut et fort une identité sans équivoque.

  • Adepte de la musique country et des danses en ligne, l'électricien anodin qu'est Donald Grant a été abusé et traumatisé dans son enfance au point de disjoncter lorsqu'il subit un stimulus particulier. Sous le coup de la colère, il commet un acte irréparable qui déclenche en lui un appétit glouton, si bien que la serveuse du Resto Chez Jos le surnomme Arnold, en référence au petit cochon de l'émission les Arpents verts. On sait qui est l'assassin dès la première page du roman, mais on se demande comment l'équipe de l'inspecteure Marconi arrivera à mettre la main au collet de l'auteur des meurtres sordides qui se répètent en série.

  • Il s'agit du cinquième titre de la collection Archipel de l'Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l'Atlantique. Précédées de deux textes inédits des écrivaines Marguerite Andersen et Lise Tremblay, qui évoquent la place du don et du sacrifice dans leurs carrières respectives, ces études portent sur les littératures française, acadienne, québécoise, autochtone et africaine, de même que sur la création littéraire, le cinéma, le théâtre et l'art performance.

  • Les « littératures de l'exiguïté » liées aux diverses communautés francophones du Canada ont souvent été étudiées, dans la suite de François Paré, comme des lieux en quête de légitimité et d'autonomie propres à les distinguer. Plusieurs travaux se sont alors intéressés aux particularités des littératures selon les différentes régions de la francophonie canadienne (Acadie, Québec, Ontario français, Ouest canadien). Les contributions de ce recueil proposent une réflexion qui va au-delà de ces particularités régionales en posant l'étude des littératures francophones du Canada sous le signe du rapprochement. L'ouvrage réunit des études qui s'intéressent à l'aspect unitaire de ces littératures, à la reconfiguration des espaces identitaires et à des aspects moins étudiés de certaines auteurs (dont Victor-Lévy Beaulieu, Daniel Castillo Durante, Simone Chaput, André Christensen, France Daigle, Sergio Kokis, Georgette LeBlanc, Rachel Leclerc, Émile Ollivier, Jocelyne Saucier et Jacques Savoie)

  • Dès son premier livre (Sous la boucane du moulin, 2015), Sébastien Bérubé s'est imposé rapidement comme l'un des représentants majeurs de la nouvelle génération de poètes acadiens et francophones. Son propos sur les injustices et les enjeux sociaux et politiques actuels font de lui le porte-parole des sans-voix et le dénonciateur des inégalités de ce monde. Dans Maudire les étoiles, son troisième livre, le poète joue à la fois avec le registre de la révolte et celui d'une certaine nostalgie liée à l'enfance.

  • Audacieux, caustique et décapant, Roadkill de Lex Vienneau propose une poésie à l'état brut, forte d'une langue étonnamment singulière où la maitrise du contrepoint est admirable. Cette jeune poète a réussi à créer un univers aux antipodes des lieux communs de l'urbanité et des poncifs d'une certaine poésie déconnectée de la réalité des pulsions primitives de vie et de mort. Avec ce premier livre, Lex Vienneau occupe d'emblée une place enviable dans le corpus de la poésie acadienne et francophone actuelle.

  • Jonathan Roy revient en force avec un second recueil de poésie qui se déploie autour de l'image de la savèche (mot acadien désignant un papillon de nuit) pour transporter le lecteur dans l'univers contestable du Web. Il y remet en question le sens donné à la génération Y tout en construisant de poème en poème une prosodie qui lui est unique. Jonathan Roy compte sans aucun doute parmi les jeunes poètes les plus marquants de la production courante.

  • Enfin un ouvrage emballant qui met de côté les malheurs de l'Acadie pour mieux démontrer à quel point les pionnières et pionniers du 17e siècle faisaient preuve de créativité, d'industrie et d'audace dans la création d'un nouveau pays en terre d'Amérique ! Écrits avec entrain et enthousiasme, les 20 textes présentés dans ce livre nous racontent les grandes premières qui ont marqué une période peu connue du grand public. Le livre rassemble une iconographie très riche dont certaines illustrations n'ont jamais été présentées auparavant. Un beau cadeau en cette année 2019 qui accueille le 5e Congrès mondial acadien !

  • Depuis sa fondation en 1991, l'Association des professeurs des littératures acadienne et québécoise de l'Atlantique (APLAQA) demeure fidèle à son mandat de stimuler la réflexion sur les littératures acadienne et québécoise et à les mettre en rapport avec les autres littératures de langue française du monde. Les textes colligés dans cet ouvrage se distinguent par leur contribution respective au dépassement des notions de marginalité et de résistance reconnues aux espaces minoritaires, d'une part, et l'analyse d'expériences d'autonomie culturelle perceptibles dans la diversité des genres littéraires : roman, poésie, théâtre, nouvelle, essai, critique, d'autre part. Dans quelle mesure ces pratiques plurielles se distinguent-elles dans la mise en relief de l'altérité comme expression d'ouverture à la différence et à l'affranchissement des figures du repli identitaire jadis observées? En quels termes? Sous quelles conditions de possibilité? Autant de questions que nous avons soumises à la curiosité de chercheurs passionnés par ces enjeux littéraires et sociétaux contemporains.

  • Fif et sauvage est un livre à lire comme on marche sur une corde raide. Un vertige à mi-chemin entre le ciel et la terre ; entre les identités acadienne, queer et Wolastoqiyik ; entre les présupposés et l'affirmation. Fif et sauvage devient une sorte de réappropriation de sujets stéréotypés et de termes péjoratifs, que se permet l'auteur afin de porter un regard honnête et brut sur soi et sur l'autre.

  • Matin onguent Nouv.

    Dans ce recueil, Mo reprend et approfondit les thèmes qu'iel avait explorés dans son premier recueil, "Dead end" : les relations amoureuses et les limites du langage.
    Mo "écrit l'amour", ses désirs et ses blessures, ses défis et ses démons. Iel s'interroge sur son identité, joue avec les règles et les contraintes du genre inhérentes à l'utilisation de la langue française.
    Il en résulte une poésie-identité incarnée où la découverte de soi passe par le corps-langage.

  • Tantôt surréaliste, tantôt pataphysique, toujours ludique, la poésie de Ronald Léger jette un regard désillusionné sur l'état délabré du Monde en s'articulant à grands tourbillons de sonorités et d'inventions langagières. L'Acadie contemporaine s'y profile parfois, très loin des clichés usuels.

  • Philippe Garon a écrit Ton dictionnaire du bout de la Terre pour son fils à qui il explique la Gaspésie en 132 textes suivant l'ordre alphabétique. Dans ce récit percu­tant, l'auteur pose un regard polémique et poétique sur le yin et le yang de sa région natale. Parmi les thèmes abordés : la complaisance, la démographie, la morue, la pauvreté, la religion, la solidarité, l'uranium, etc.

    On appréciera les 34 photographies de Frédérick DeRoy reproduites dans ce livre ainsi que les 13 pièces musicales de Guillaume Arsenault qui l'accompagnent et dont l'écoute est gratuite sur Internet.

  • Boiteur des bois est une quête. Une quête de soi. Une quête identitaire presque aussi dévastatrice que révélatrice. Le jeune poète nous entraine avec lui, comme le coureur des bois, à la rencontre de ses doutes, de ses questionnements et de ses démons. Il nous invite à le suivre à travers les grands arbres, les rivières et les blessures. Un partage qui ne laissera personne indemne. Heureusement.

  • Que nous apprend de nouveau cette lecture de la fameuse liste que le lieutenant-colonel John Winslow a transcrite dans son Journal à l'automne de 1755 ? Paul Delaney démontre clairement dans cet essai que la déportation dans la grande région de Grand-Pré a été le résultat de la planification et de la mise en oeuvre d'un scénario méticuleusement préparé, et qu'à l'avènement de la paix entre la France et l'Angleterre en 1763, le peuple acadien en exil s'est dispersé de lui-même aux quatre coins du Monde. Plusieurs Acadiens et Acadiennes d'aujourd'hui - en Acadie, au Québec, en Louisiane, en Nouvelle-Angleterre, en France et ailleurs - découvriront à la lecture de La liste de Winslow expliquée une part d'histoire de certains de leurs ancêtres.

  • Dans ce recueil judicieusement nommé D'ici, le poète embrase la ville et laisse dans son sillage rouge sang des blessures qui mettent l'âme à genoux. Je t'écrirai ce qu'il reste de toi. Ces poèmes sont des prières aux images bouleversantes que le poète porte à ses risques et périls jusqu'aux frontières de la folie, où l'horloge du temps se dérègle Alors les mots tombent comme des poignards d'une puissante efficacité. Un recueil d'une terrible beauté.

    -JEAN-PAUL DAOUST

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