La manufacture des livres

  • Dans une grande ville de l'Ouest, le temps est suspendu et l'on s'attend au pire. Enfin, si seulement on savait à quoi s'attendre... Mais il aurait fallu que l'indic parle plus tôt. Ou que le flic auquel il s'est confié avant d'être descendu ne soit pas lui aussi tué par erreur. Il aurait fallu que les types qui préparent le coup ne se retrouvent pas éparpillés aux quatre coins de la ville, planqués dans des caves et des entrepôts. Il aurait fallu que cette affaire-là ressemble à ce que l'on connait. Seulement qui pouvait prévoir que tout repose entre les mains d'une gamine encore au lycée, de cette petite gauloise mystérieuse et prête à tout pour que sa vie ait un sens. Après Le Bloc et L'Ange gardien, Jérôme Leroy, subtil observateur des dérives politiques et identitaires de notre société, nous offre un nouveau roman incisif et troublant.

  • Le 2 décembre 2018, le corps du plus jeune président de la République française, Emmanuel Macron, rejoint le Panthéon devant les spectateurs du monde entier. Le pays, le gouvernement et ses proches demeurent incrédules face à son assassinat. Ne reste plus qu'à remonter le temps pour suivre les ramifications du complot qui a conduit à cette fin. Le romancier François Médéline, après dix années passées dans les coulisses du gouvernement, nous offre une fiction politique moderne et percutante. De sa plume explosive, il s'amuse à mettre en scène les grands de ce monde et nous parle du règne de l'image, de pouvoir et de démesure.

  • En 1769, l'Endeavour de Cook jette l'ancre à Tahiti. Les marins y assistent à l'étrange cérémonie du «tatau» qui consiste à décorer le corps de marques bleutées en injectant de l'encre sous la peau. Envoûtés, ils succombent à leur tour à la coutume locale. À leur retour, ils décrivent avec enthousiasme et nostalgie cette vie paradisiaque : l'attrait pour le tatouage est né, définitivement accolé à l'exotisme et à l'érotisme. Bientôt, le phénomène se propage et on assiste à une véritable rage du tatouage : les exhibitions de marins tatoués obtiennent un immense succès, la classe ouvrière se laisse séduire. Dans les villes portuaires s'ouvrent les premiers studios et la folie du tatouage gagne l'Amérique, envahissant le port de New-York avant de se propager à la côté Ouest. Des spécialistes de ce nouvel art imposent leur nom et leur style. À travers plus de cent vingt photographies de marins américains, ce beau livre nous présente l'histoire de cette pratique, décryptant les différents motifs et dessins des tatoués avec une série d'illustrations originales, mêlant esthétique du portrait photo et archives uniques.

  • "...C'est la force d'Oppel d'objectiver un présent cruel pour un avenir probablement arc-bouté sur l'individualisme forcené et le déterminisme imparable. Clairvoyance sombre d'une déliquescence de modèle ! " Nyctalopes Mister K affole le monde de la finance et celui du renseignement. Sur les écrans des élites connectées, une newsletter fait irruption régulièrement sans qu'on ne puisse comprendre son origine. Ce n'est pas la teneur de ces messages - des dénonciations des dérives du monde de la finance - qui inquiètent mais les technologies inédites mises en oeuvre. Cet émule de Julien Assange et d'Edouard Snowden devient une cible prioritaire pour la CIA et la NSA. Se maintenir au top de la technologie, gagner la confiance de ses clients, s'assurer du recouvrement, garder ses avantages concurrentiels...avant d'être un assassin, Falcon est un professionnel. Et dans son secteur d'activité, rémunération confortable ne va pas sans risque. Analyste à la CIA n'est pas non plus un métier facile : certes reconnue pour ses compétences, et même avec un père militaire de haut rang, Lee doit aussi composer avec ses origines chinoises et les préjugés racistes et sexistes qui vont avec. Falcon et Lee chacun de leurs côtés font faire ce qu'ils savent faire et bien faire, l'un au Venezuela pour le compte d'un milliardaire américain non dénué d'ambitions politiques, l'autre en Afrique Centrale où ce sont moins ses yeux bridés que son talent de psychologue qui seront encore une fois utilisés. Et puis c'est à Londres que leurs employeurs les envoient : ce Mister K qui se déjoue de toutes les techniques de pistage devient leur cible. A moins que cette cible ne soit encore plus redoutable que le pensent ceux qui croient tout savoir...

  • 1892, Pierre Louÿs, alors jeune poète, entreprend de collectionner des photographies érotiques et pornographiques. Méticuleux, il juge indispensable de mettre en fiches tout ce qui concerne la sexualité et il se consacre à la partie de l'anatomie féminine qui le fascine le plus. Louÿs choisit un album à la reliure assez ordinaire. De sa plume il calligraphie les descriptions des poses, ordonne, découpe, colle et n'oublie pas de signer son oeuvre. Parallèlement, à partir de 1906, il complète cette collection de photos par des écrits rassemblés sous le titre Manuel de Gomorrhe. Si ces textes ont été publiés en 2004, les photographies de Pierre Louÿs demeuraient inédites. À la mort de l'auteur en 1925, l'album est cédé pour quelques francs et passe de main en main, rejoignant même pendant de nombreuses années la collection unique que Michel Simon amasse autour de la pornographie. Pour la première fois, l'album érotique de Pierre Louÿs est publié dans une édition qui met en regard photographies et écrits que le poète consacra à son obsession pour "le cul de la femme".

  • « J'aimais tellement la défonce. Et je l'aime toujours. C'est précisément pour ça que je n'y touche plus. Effectivement comment vivre lorsque, par amour, on est prêt aux humiliations et aux tortures les plus raffinées, pour une minute, une seconde d'espoir que ça sera comme la première fois ? » Un jeune auteur de Saint-Pétersbourg raconte le quotidien tragi-comique d'un camé. Sans illusion, sans la moindre sentimentalité inutile, ces récits noirs en grande partie autobiographiques, tragiques et pleins d'humour, font de la grande ville du Nord une métropole anonyme à la beauté lépreuse et dont les palais tant vantés cachent d'innombrables taudis. Andreï Doronine, né en 1980, est un ancien toxicomane. Poussé à décrocher par sa femme Olga Marquez - chanteuse du groupe Oili Aili, célèbre en Russie et en Ukraine -, elle a aussi fini par le convaincre de publier ses textes. La résignation existentielle de Transsiberian back to black a séduit toute une génération de lecteurs russes. Il est considéré comme une importante voix nouvelle de la littérature russe.

  • Ma vie

    Al Capone

    En 1939, un journaliste est engagé pour écrire l'autobiographie d'Al Capone à partir d'une série d'entretiens. Au fil des rendez-vous, l'auteur réalise que le grand Al Capone livre de son existence une version fantaisiste. Incapacable de discerner le vrai du faux, usé par ces interviews, le journaliste abandonnera son projet. Mais ses notes seront publiées dans la presse pulp américaine, puis reprises et rassemblées sous la forme d'un récit. Ma vie d'Al Capone est ce texte inspiré de la légende d'Al Capone, telle que le célèbre gangster a choisi de la raconter au moment de livrer ses mémoires.

  • Décembre 2001, Albuquerque, Nouveau-Mexique, Jamie Asheton est gardien de parking. Voici l'instant qu'il redoutait depuis un après-midi poisseux de septembre 1990, lorsqu'ils avaient, sa femme Jackie et lui, déserté leur appartement de Manhattan. Une Pontiac firebird avec deux hommes à bord s'approche de sa guérite. Il va falloir faire vite, très vite pour s'échapper du traquenard et aller chercher Jackie. Ensuite il faudra fuir vers Los Angeles pour retrouver les hommes du programme fédéral de protection des témoins. Mais la route est longue jusqu'à la cité des Anges... longue pour un couple traqué, longue pour un homme que sa femme n'aime plus et qui est condamnée à partager sa vie. Dominique Forma a vécu quinze ans à Los Angeles où il a travaillé dans un studio de cinéma et réalisé un long métrage. Il est l'auteur de plusieurs romans noirs pour adultes et pour la jeunesse. Son roman Hollywood zéro a obtenu le prix Lire en poche 2014.

  • De 1946 à 1954, la France traverse la guerre d'Indochine. Faut pas rire avec les barbares est, sous une forme romancée, l'un des rares témoignages hérités de ce conflit. Albert Spaggiari, engagé volontaire à dix-sept ans et  plus tard célèbre cambrioleur, écrira ce livre pendant ses années en prison. Autobiographe infidèle, narrateur empruntant tour à tour la voix de ses différents compagnons d'armes, il nous fait découvrir le quotidien de quelques soldats, jeunes Français apprenant à être des hommes à l'autre bout du monde, au milieu de la chaleur et de la barbarie de la guerre.

  • Lyon, 1993. Léa Bruni mène l'enquête sur le prétendu accident de voiture qui a tué sa mère, vingt ans auparavant. Manu, jeune proxénète sous la coupe de Vincent Di Canio, le parrain Lyonnais, élimine ses filles à coup de doses mortelles d'héroïne. Xavier Maisonneuve, député-maire et fils du Président du Sénat aime trop les jeunes femmes. À Matignon, Edouard Balladur prépare le casse du siècle : voler la Présidence de la République à son ami de trente ans. Et voici que les destins de tous ces personnages se croisent, influant les uns sur les autres, tandis que Secondi et son équipe de la DST surveillent, orchestrent et manigancent. La Politique du tumulte plonge ses racines dans l'histoire française, mêlant destins fictifs et trajectoires réelles pour nous offrir un roman noir aussi ambitieux qu'inoubliable.

  • Au crépuscule, le vol MU 729 a quitté Shanghai pour rejoindre Kyoto. Mais tandis que l'appareil survole la mer de Chine, un missile balistique nord-coréen prend le Boeing 777 pour cible. L'information est transmise au pilote. Dans quelques instants, l'appareil sera détruit. Aucune échappatoire. À bord de l'avion, trois cent seize passagers vivent leurs derniers instants. Il ne leur reste que 3 minutes et 7 secondes pour savoir quel sens donner à ces ultimes moments.

  • Dans le Paris des années 1930, un improbable duo sévit. Johnny, dit Le Hotu, fils de famille nonchalant et dévoyé, fringué classe, moralité zéro, vit chez sa marraine dans le 17ème chic. Paulo, petite frappe qui n'a jamais vécu que de combines, a ses quartiers à l'hôtel de l'Avenir à Saint-Ouen. Le premier parle comme il faut et apprécie le saint-émilion, l'autre a ses entrées dans le milieu et se bat avec un méchant coup de boule. Les deux n'ont qu'une idée : faire du business, écumer les partouzes chics et les théâtres pornos miteux, enchaîner les braquages et les mauvais coups. Le Hotu, trilogie mythique, nous offre la peinture noire d'un Paris disparu. Avec sa langue unique, émaillée d'un argot légendaire qui inspira les plus grands cinéastes, Albert Simonin réussit comme nul autre à réconcilier la grande littérature et le parler de la rue.

  • Casablanca, 1955. Après une fête, Georges raccompagne une jeune femme. Il aimerait que les choses n'en restent pas là et, quand la fille refuse ses avances, tout bascule. Mais, en cette année où le Maroc connaît les dernières heures du protectorat français, une Blanche victime d'un Blanc, cela ne sert les intérêts de personne. Et si l'on cachait la responsabilité de Georges ? Si à sa place, on accusait ce groupe d'Arabes qui vit près des lieux du crime ? Il n'en faut pas plus à Casablanca pour s'embraser, tandis que Georges prend goût aux crimes impunis et que d'autres cherchent à tout prix à faire régner un semblant d'ordre. Dans un Maroc chauffé à blanc et pétri de racisme ordinaire, 55 de fièvre est un polar addictif où la traque d'un homme sombrant dans la folie se mêle aux ambitions politiques de ceux qui préfèrent le pouvoir à la justice.

  • Il y a le tribunal correctionnel où se succèdent ceux qui ont «fait une bêtise». Conduites en état d'ivresse, policiers agressés parce qu'ils ne comprennent pas pourquoi on a grillé ce stop, petites arnaques, voiture rayée par vengeance... Et derrière ces «bêtises», autant de répliques inoubliables, de tranches de vie, de petits drames et de moments de folie ordinaire. Et puis il y a les Assises, quand tout a basculé, que la violence est devenue monstruosité et que jour après jour se raconte le crime. Dimitri Rouchon-Borie, ancien chroniqueur judiciaire, a passé des heures dans les salles des tribunaux français. À travers une trentaine de récits, cette chronique de la vie du tribunal nous invite à franchir la porte de la salle d'audience pour découvrir la réalité de la cour de justice où l'humour peut côtoyer le pire.

  • La vie de Thomas bascule sur le front de Libye, dans les caves où il est retenu prisonnier et attend d'incertaines tractations politiques. Ce sont des mois de solitude loin de la lumière du jour, avec ses souvenirs pour seul soutien. Après, ce sera pour le jeune journaliste le difficile retour au monde, la maison de son père où il se réfugiera, face à une mystérieuse forêt. Là, il tentera de reprendre pied. Mais c'est sans compter sur d'étranges disparitions de femmes et sur le retour dans sa vie de Hannah, son amour passé, qui se débat avec ses propres démons. Dans ce roman addictif, Alain Claret nous entraîne en ce pays obscur où les fantômes du passé et les ombres du présent se lient pour brouiller toutes les pistes et mettre sans relâche la raison à l'épreuve.

  • 1928... Huit ans déjà que la loi sur la prohibition est entrée en application, déclenchant la plus gigantesque ruée vers l'alcool que le monde ait connu.
    Bootleggers et tenanciers de speakeasy font fortune. Garde-côtes et agents de la prohibition ferment les yeux : les dollars affluent et les gangsters ne les oublient pas dans l'affaire.
    À l'écart du bruit et de la fureur, un homme compte tranquillement des liasses de dollars, confortablement installé dans son luxueux bureau : Frank Costello...
    La large et solide silhouette de Frank Costello jette une ombre immense sur l'histoire tout entière du crime organisé aux États-Unis.
    Il a connu tout d'abord les petits gangs où l'on cultivait la violence au début des années 1900, et à la fin de sa vie les grandes familles fonctionnant sur la base des principes modernes de l'entreprise.
    Costello représenta à lui seul la force politique la plus puissante de New York. Personne ne pouvait devenir juge, haut fonctionnaire ou maire sans son approbation.
    Il dirigea la vieille famille de Lucky Luciano, et son influence fut telle qu'il disposa longtemps d'un siège à la "commission", le conseil d'administration du crime organisé américain.

  • « Choukri se met au travail. la buse est adaptée. Il vaporise un large faisceau de peinture, un voile qui s'épaissit peu à peu et qu'il faut savoir arrêter à temps. Si l'on veut éviter les coulures, ce qui n'est pas toujours le cas : il y a des Crew qui aiment le trash. Greg observe du coin de l'oeil. Comme à chaque fois, le rouge explose dans la nuit. un rouge brillant, sombre et plein. Il aime les couleurs franches, qui claquent. Choukri avance vite. Vite et bien. » Dominique Delahaye est membre du collectif « Polaroïds Rock ». Il vit et navigue à bord d'une péniche.

  • Comment Meyer Suchowljansky, émigré juif russe débarquant en 1911 sur la «Terre promise» américaine, est-il devenu le mythique Meyer Lansky, l'ami de Bugsy Siegel et un proche de Lucky Luciano, le «parrain des parrains» ? Dès les années 1920 à New-York, Meyer négocie avec Luciano un partenariat entre mafias juives et italiennes. En pleine prohibition, ils font fortune dans le trafic d'alcool et prennent le contrôle de la ville pour créer le Syndicat du crime. Mais en 1932 à Chicago, Al Capone, incapable de justifier sa richesse et jugé coupable de fraude fiscale, finit derrière les barreaux. C'est le déclic pour Lansky qui comprend que la clé se trouve dans le blanchiment d'argent. Son génie aura été d'avoir su impliquer l'argent de la mafia dans des entreprises légales (boîtes de nuit, immobilier, hôtels, grande distribution etc.) et même dans certaines institutions financières. Dénoncé en 1951 aux États-Unis, désormais traqué par le FBI qui ne parviendra jamais à le faire condamner, il investit les milieux du jeu puis le commerce de la drogue de Cuba au Moyen-Orient en passant par Las Vegas. Sa fortune, estimée par le FBI à 300 millions de dollars, n'a jamais été retrouvée.

  • Ancien patron de la Brigade de Répression du Banditisme, Pierre Folacci est LE policier qui connaît par coeur Marseille et son évolution récente.
    Loin des clichés habituels, il se raconte et raconte son métier. La formation de policier qui ne prépare pas aux premières autopsies, les cris des familles de victimes qui ne s'oublient pas.
    La peur qui demeure avec l'expérience. Il n'est pas dans la culture de la police de prendre en compte cette souffrance subjective insupportable.
    Il parle aussi de la violence des jeunes est le produit d'intérêts occultes, d'une lutte de territoire pour occuper la place laissée libre par le milieu, du grand banditisme qui a vu éclore les réseaux de trafic de stupéfiants des quartiers Nord, qui les a laissé faire,
    les utilisant parfois et faisant, auprès d'eux, office de juge de paix.
    Il démontre que, si les grandes figures du banditisme sont toutes tombées, incarcérées ou mortes, leurs investissements financiers sont toujours en place.
    Blanchis depuis longtemps, ils représentent une manne financière colossale et tentaculaire. La culture, les repères ont changé : après les femmes et l'alcool, la barbe.
    Endoctrinés par un islam radical, les voyous reprennent leurs trafic tout en payant leur dîme à des réseaux terroristes, forts de cette idée que la vie des autres ne compte pas puisque le paradis les attend.
    L'autre changement important tient à la complexité extrême de la nouvelle procédure pénale, nouvelle lourdeur administrative qui empiète de moitié sur le temps consacré aux résolutions d'enquêtes.
    Il est arrivé, comme à d'autres, à Pierre Folacci d'être en marge du code : il en parle sans tabou. Et il évoque alors ce fameux lien avec un informateur, l'histoire d'une vie.

  • Dans les rues de São Paulo, sans laisser d'autres traces que sa Porsche garée sur un parking, Franck Cage a disparu. Volatilisé à quelques semaines de son grand retour musical, alors que sur sa vie nul danger ne semblait planer. Le mystère débarque dans le bureau de Dino Emanueli, avocat, sous les traits de la troublante femme du rockeur bien décidée à découvrir la vérité. Commence alors pour Dino une plongée dans les mystères de São Paulo et dans le passé du sulfureux musicien. São Paulo Confessions nous initie aux délices et aux démons de la tentaculaire ville brésilienne en compagnie d'un avocat charmeur et épicurien qui devra se perdre sur toutes les pistes de cette enquête pas comme les autres.

  • Sous le soleil andalou, truands teigneux, barbouzes marocains ou victimes de la crise : tous partagent la même avidité. « Il tenta désespérément de se débattre. Sursauts inutiles. Les quatre l'empoignèrent et le traînèrent à la poupe en le dérouillant. Pantin désarticulé. Au moment du dernier élan, alors que quatre bras s'apprêtaient à le balancer par-dessus bord, le coup de grâce vint percuter son crâne. L'aube naissante tomba en rideau. Son corps déchira la surface d'eau noire, s'enfonça, entraînant avec lui une coulée de bulles d'un vert fluorescent. Un bruit sourd, une gerbe d'écume. Le pilote embraya et le yacht bondit en se cabrant. Il entrouvrit soudain les yeux. Autour, la mer, le froid, les courants d'eau profonde aspirés depuis l'Atlantique. Il coulait, coulait. Il voulut crier, mais un flot d'eau salée pénétra dans sa bouche. Sa dernière sensation fut une soif immense. Une soif d'air. Les poumons pleins d'eau, il sombra. » Pierre-François Moreau, reporter et chroniqueur littéraire notamment pour Actuel, est scénariste.

  • "C'est pas le tout d'être dans le bon camp, il faut connaître du monde..."
    1961, torturé dans une cave de la casbah d'Alger, Joseph Mat revoit sa vie défiler.
    Combattant républicain de la guerre d'Espagne devenu contrebandier, ancien militant communiste condamné à mort par le Parti, trop tôt dans les rangs de la Résistance, trop tard avec les collabos, tantôt avec les flics, tantôt associé aux voyous, vendant des armes à la rébellion algérienne et trafiquant avec les autorités, est-ce qu'il a encore choisi le bon camp ?

  • "Que reste t-il de morale et d'humanité quand on s'est affranchi de l'une et de l'autre ?" Bertrand Poirot Delpech Le Monde. "Le meilleur livre d'Auguste Le Breton" Le Canard Enchainé. "Une histoire vraie et tellement puissante, quelque part entre Monte-Cristo et Il était une fois en Amérique..." Olivier Marchal « Si un jour t'es pas capable de tout laisser à la seconde, de tout briser, femmes, enfants, foyer, amis, c'est que t'es devenu un bon à rien, une lope, un mec pas digne de vivre ! » Auguste le Breton nous fait découvrir la vie du gangster français Georges Hainaut plus connu sous le nom de « Jo la Terreur ». Des bas-fonds de Montmartre aux bordels d'Amérique du Nord, en passant par les tripots de Londres, c'est un demi-siècle d'aventures et une authentique histoire du milieu français de 1880 à 1945. Parmi les héros de ce roman vrai, Bonnot, Carbone et Spirito, Stavisky et Bonny et Lafont.Et surtout une foule de personnages du peuple de Paris : prostituées, souteneurs, affranchis, policiers et malfrats. Un monde où l'on tue pour un regard et où on pleure sur une chanson des faubourgs. La force d'Auguste le Breton, personnalité en marge du monde de la littérature policière, fut de ne rien inventer dans ses polars : il avait presque tout vécu.

  • « Nous ne serons un État normal que lorsque nous aurons la première prostituée juive, le premier voleur juif et le premier policier juif ». Haim Nahman Bialik Les organisations mafieuses israéliennes comptent parmi les plus violentes et les moins connues. Elles sont le produit d'une société profondément divisée, parcourue de violentes secousses sociales, et en guerre depuis bientôt soixante-dix ans. Si certaines se contentent d'opérer à l'intérieur des frontières de l'État Hébreu, la plupart étendent leurs activités sur tous les continents. Serge Dumont retrace pour la première fois leur histoire depuis 1948. Loin des élucubrations antisémites propagées par les partisans d'un « complot mondial » dont Israël serait le centre, la « mafia israélienne » n'est pas une structure comme Cosa nostra. Pas de hiérarchie, pas de stratégie commune : les mafieux « blancs et bleus » passent leur temps à essayer de se détruire, et, à l'étranger, leurs relations avec les communautés juives de la Diaspora sont inexistantes, ou glaciales. À la fin des années 2000, l'escroquerie à la taxe carbone a permis d'amasser un pactole d'au moins 1,6 milliard d'euros. Racket, blanchiment d'argent, prostitution, trafic de drogue et d'armes, contrebande de diamants... les activités de ces clans génèrent tellement de cash que la police, bien qu'efficace contre l'activisme palestinien, semble désarmée face à un crime structuré militairement et qui a réussi à corrompre des personnalités politiques de premier plan. Journaliste belgo-israélien, spécialiste des affaires judiciaires, Serge Dumont vit et travaille à Tel-Aviv. Il est le correspondant permanent des quotidiens Le Soir, Le Temps et La Voix du Nord.

empty