La Découverte (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • L'ampleur de l'escalade au Viêtnam, la taille des moyens mis en oeuvre par les U.S.A. ne doivent pas faire oublier le principal et premier acteur : le peuple sud-vietnamien, celui qui subit et qui se bat. Qui est ce peuple ? Pourquoi se bat-il ? Lê Châu, économiste - auteur du Vietnam socialiste dans la collection « Économie et Socialisme » dirigée par Ch. Bettelheim - répond par un historique et un tableau social et économique de ce pays essentiellement agricole, soumis depuis 5 siècles à un régime semi-féodal. Lê Châu décrit cette paysannerie qui constitue l'écrasante majorité de la population, situe les divers mouvements politiques face au problème foncier, explique les revendications paysannes depuis les origines et décrit ce qui a été entrepris au cours de la lutte de libération. Ce livre donne donc une clef indispensable pour comprendre la guerre du Vietnam.

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  • Tôt ou tard, la crise du capitalisme français, qui mûrit sous la IVe République, devait emporter un régime impuissant à y faire face. Le coup d'État d'Alger décide de l'heure de sa chute, l'investiture du général de Gaulle par l'Assemblée nationale de son issue. Mais les complots et intrigues qui alimentent ces heures de crise ne sont que l'écume de la crise de l'hégémonie républicaine par laquelle, sous la IIIe République, les classes possédantes ont contenu le développement capitaliste pour asseoir leur domination. Déplaçant la légitimité du pouvoir exécutif du Parlement vers la présidence de la République et renforçant le pouvoir administratif, achevant le désengagement du protectionnisme et la décolonisation, ralliant la mise en place du Marché commun et l'acceptation de la concurrence internationale, de Gaulle ouvre une période de bouleversements politiques, économiques et sociaux... L'histoire qui nous occupe ici est celle de ces bouleversements des conditions d'existence des classes, bourgeoise et prolétaire, dans une société étroitement insérée dans des rapports capitalistes mondiaux, de leurs alliances et de leurs luttes. Elle débouche finalement sur une analyse de la maturation de la crise en France et des solutions que tentent d'imposer les classes sociales soutenant Valéry Giscard d'Estaing et Jacques Chirac comme de celles dont les classes populaires et l'Union de la gauche sont porteuses. Fruit de pratiques collectives auxquelles l'auteur a participé en tant que militant C.F.D.T. et collaborateur de divers périodiques (Les Temps modernes, Politique-Hebdo, La Gazette ouvrière), cet ouvrage apporte un nouvel éclairage à la détermination des choix stratégiques, des alliances de classes, des conditions et des objectifs de transformation sociale, à un moment où les enjeux politiques se font plus cruciaux.

  • Le cercle Taleb-Moumié veut faire entendre une voix purement africaine. Il réunit quelques militants soucieux d'aborder lucidement, par-delà les phrases révolutionnaires et les séductions néo-colonialistes, les vrais problèmes posés à la révolution africaine par le sous-développement, héritage du passé colonial. Son nom symbolique est un hommage à la mémoire de l'étudiant d'Alger Abderhamane Taleb, guillotiné en 1958, et à celle de Félix Moumié, médecin et homme politique camerounais empoisonné à Genève en 1960. Cet ouvrage représente un programme clair, méthodique et cohérent d'un véritable socialisme algérien. Jusqu'ici nous avions eu de nombreuses études sur l'avenir de l'Algérie, mais elles étaient l'oeuvre d'Européens. Il manquait des voix africaines pour donner enfin, non seulement sur le plan politique, mais aussi sur le plan économique, la définition et les bases de ce mot « socialisme » dont il est tant fait usage en Algérie, comme dans toute l'Afrique.

  • « Ce qui suit ne prétend pas être un livre, mais un dossier. Son intérêt réside dans le fait qu'il est tout entier constitué par des textes émanant du F.L.N. ou d'organismes qui lui sont apparentés. « ... L'idée même de l'entreprise appelle en soi quelque justification. A un Français universitaire de son métier, spécialiste de l'Afrique ancienne et ayant passé dix ans en Algérie, il est apparu pour le moins étrange qu'il fût constamment débattu de la « question algérienne » sans qu'on éprouvât de ce côté-ci de la Méditerranée le souci de connaître l'identité du peuple d'en face. Il convient d'ailleurs de remarquer chez les Français que la plupart des défenseurs aussi bien que des adversaires de ce peuple se trouvent sensiblement dans la même ignorance et que la sympathie naturelle ou la haine instinctive tiennent trop souvent lieu d'intelligence des êtres ou de connaissance des choses... « ... Pourtant faite avec de simples textes, cette introduction à la Révolution Algérienne ne saurait ménager le lecteur. Il est même probable qu'elle lui fera mal. Mais qu'est-ce que tout cela à côté des horreurs de la guerre elle-même... ? »

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  • La lutte des Sahraouis bouscule depuis des décennies la stratégie impérialiste dans le Nord-Ouest africain. Elle souligne les collusions et avive les rivalités entre les bourgeoisies de la région qui ont longtemps monopolisé la parole en s'appropriant la « question du Sahara ». A mesure que s'est affirmée l'autonomie de cette lutte, son imbrication dans les problèmes politiques de la région a accru les contradictions propres a chacun de ces régimes. Cette étude passe au crible les conséquences politiques et économiques de l'expansionnisme marocain et mauritanien, et s'interroge sur le soutien algérien au Front Polisario. C'est là l'occasion de poser les jalons d'une analyse de la stratégie impérialiste - et en particulier de celle de l'impérialisme français - dans le Nord-Ouest africain, et d'avancer les éléments d'une interprétation non schématique des bourgeoisies des pays impliqués dans la lutte qui se mène actuellement dans cette région d'Afrique.

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  • Cercles de qualité, groupes d'expression des salariés, projets d'entreprise,... : depuis la fin des années soixante-dix, les nouvelles techniques de "management des ressources humaines" se sont multipliées pour tenter de dépasser les graves insuffisances du taylorisme et de la division du travail dans l'entreprise. Avec le recul, ces approches apparaissent le plus souvent insatisfaisantes : elles ne parviennent pas en effet à prendre en compte théoriquement et pratiquement toute la complexité des rapports dans le travail (rapports de pouvoir, échanges d'information, relations psychologiques, évolution des mentalités). D'où l'intérêt majeur de l'expérience pionnière présentée dans ce livre : celle de l'intervention menée depuis 1986 par les auteurs, membres du Groupe Desgenettes, au sein de la Société des transports poitevins. Ils exposent ici dans le détail les différentes phases de cette intervention, fondée sur l'établissement d'un "troisième canal" de communication de l'entreprise, complémentaire du canal hiérarchique et de celui des instances représentatives. Fruit d'une recherche originale qui renouvelle profondément la psychosociologie, cette approche repose sur quelques principes simples (groupes homogènes de réflexion et d'expression sur le travail, communication indirecte entre les groupes), dont les modalités de mise en oeuvre sont très clairement et très précisément présentés dans cet ouvrage. Outre son intérêt théorique, celui-ci pourra être utilisé comme un guide par tous ceux (chefs d'entreprise novateurs, responsables du personnel, syndicalistes, intervenants extérieurs,...) qui tentent d'instaurer dans l'entreprise des rapports de travail démocratiques.

  • À travers le Syndicat de la magistrature, neuf cents juges écrivent leur refus et leur dénonciation du sort qui est fait à la justice. La crise économique submerge notre vie quotidienne. La sécurité devient l'ordre de marche de la société. A l'abri des discours démagogiques sur l'indépendance des juges, le pouvoir fait de la justice une machine de guerre dirigée contre tout ce qui menace l'ordre établi. Un nouvel ordre judiciaire naît d'un contrôle accru sur les juges, d'une réorganisation des procédures et des tribunaux. Soumis à des campagnes de discrédit, réprimés, les juges syndiqués veulent remplir leur rôle de garantie des libertés individuelles. Ils s'opposent à ce que la justice devienne la chose du roi.

  • Lady Coke - qui avait séduit la Belle Époque, Sigmund Freud, Conan Doyle, les amateurs de vin Mariani et de Coca-Cola - s'annonce, de retour parmi nous, comme la drogue des années 1990. La nouvelle vague blanche, après avoir fait vingt-cinq millions d'adeptes aux Etats-Unis, commence à déferler sur l'Europe : plus de cent tonnes de cocaïne sont consommées chaque année par ceux qui veulent vaincre la fatigue et le sommeil, se sentir sûrs d'eux-mêmes, conquérants, efficaces. Ce livre explique comment elle gagne chaque jour de nouveaux domaines : show-biz, presse, affaires, cinéma, publicité, sports... Des trottoirs de Broadway aux forêts de l'Amazone, à travers la Bolivie, le Pérou et la Colombie, les auteurs sont allés sur le terrain, ont remonté les filières, interrogé les trafiquants et ceux qui les traquent. Ils font découvrir un monde étonnant, où des généraux corrompus côtoient des parrains richissimes aux moeurs excentriques. Mais Alain Delpirou et Alain Labrousse vont aussi plus loin : ils racontent l'histoire millénaire de la coca, la plante sacrée des Incas, et montrent le rôle essentiel qu'elle joue encore aujourd'hui dans l'alimentation et la vie culturelle des Indiens des Andes. Ils révèlent aussi l'ampleur fantastique qu'a prise la culture de la coca dans ces régions depuis le « boom de la coke », et les ambiguïtés des croisades contre la drogue que mènent les Etats-Unis. Mêlant adroitement reportage et analyse, écrit sur un ton très vivant, ce livre passionnera un très large public.

  • Dans ce livre original, Jean-Marc Salmon propose la première vision globale des nouveaux mouvements associatifs nés de la « fracture sociale ». S'appuyant sur un travail de terrain et une longue enquête auprès des acteurs, il retrace leur genèse sur une vingtaine d'années et restitue leurs analyses d'une société en crise. Avec les Restos du coeur, SOS Racisme, Aides, Act-up ou le Droit au logement, le mouvement associatif est entré dans l'ère de la communication. Ces « média-associations », nées de la mouvance de l'après-68, participent à la renaissance de la société civile au moment où l'État central se désengage, et s'imposent rapidement comme des protagonistes importants des débats de société : racisme, sida, misère... La montée de la pauvreté et des inégalités les a conduites à jouer un rôle politique et à mettre la question de l'exclusion au centre de l'élection présidentielle de 1995. Mais l'inquiétude de notre société sur son avenir redistribue toutes les cartes. Pour Jean-Marc Salmon, le Front national, premier parti chez les ouvriers et les chômeurs, est tapi dans l'ombre de la « fracture sociale ». En réaction, de nouvelles formes d'autonomie citoyenne s'engouffrent dans la brèche ouverte par le mouvement des sans-papiers, le mouvement des pétitions et l'Appel de Strasbourg. Face au chômage, se créent des associations d'un nouveau genre : AC !, APEIS, CDSL, MNCP... Leur « guérilla sociale » débouche sur le mouvement des chômeurs de Noël 1997 et relance le débat sur la question sociale.

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  • Depuis Mai, on dénonce plus précisément l'organisation cohérente du secteur de la santé par un capital qui n'en ignore plus les incidences sur l'évolution économique, la marche des investissements, l'accroissement de la productivité. On met mieux en évidence les restrictions qu'oppose, au développement des possibilités médicales, le souci de rentabilité d'une bourgeoisie rompue aux procédures contractuelles que lui proposent des interlocuteurs syndicaux « sérieux » et bureaucratisés. Mais, de l'idéologie médicale, on ne dira rien, sinon qu'en ses résultats matériels irréfutables elle est aliénée aux privilèges de la classe dominante, cruellement soustraite à la classe exploitée. D'où la modestie des perspectives qu'une évolution pourrait tracer : la récupération des « produits de santé », le plein exercice d'un « droit ». Sommes-nous certains que cette réappropriation puisse résumer le projet révolutionnaire de transformer les rapports des hommes à leur corps, leur sexe, la souffrance et la mort ? Suffirait-il de mettre « à la portée de tous » les objets spécifiques d'une économie capitaliste, et de forcer partout, dans le « camp socialiste » et les foyers d'opposition, une émulation productive, destinée à rattraper les retards de l'accumulation ? Faudra-t-il viser d'abord la démocratisation de la greffe cardiaque, comme on tend à généraliser les voitures, les transistors, l'électro-ménager et la culture de masse ? Ne faut-il pas plutôt faire la critique systématique du modèle médical des sociétés bourgeoises, en éclairer les facettes idéologiques, répressives, aliénantes ? Politiser le fait médical, c'est trouver ce qui, dans la maladie, malgré l'écran de la médecine, proteste contre l'ordre social et, par conséquent, dans sa conscience élaborée, le menace.

  • « Je pense que ceux qui clament, à tort, que les États-Unis sont faibles, et les Soviétiques assez forts pour nous surpasser, ne jouent pas seulement contre la vérité, ils jouent contre notre sécurité. » Dans cette déclaration de l'ancien secrétaire d'État américain à la Défense, M. Harold Brown, en 1980, les derniers mots sont sans doute les plus importants. Et les Européens peuvent en effet, aujourd'hui, se demander légitimement qui, des prétendus « pacifistes », ou de ceux qui les dénoncent, font en réalité « le jeu des Soviétiques ». C'est à cette question qu'entend répondre dans ce livre l'amiral Antoine Sanguinetti, en montrant comment ceux qui succombent au « vertige de la force » contribuent à affaiblir, en France et en Europe, l'esprit de défense, en surévaluant le rôle de l'arme nucléaire, contrôlée par un très petit nombre de responsables. Plus grave encore, ce « vertige » précipite les risques d'un affrontement nucléaire soviéto-américain sur le sol européen, qui effacerait aussi bien les vies que les libertés démocratiques. Surtout, l'auteur montre, de manière argumentée et accessible au plus large public, à quel point la désinformation entretenue sur ces problèmes, occulte l'existence d'alternatives de défense beaucoup plus efficaces et moins suicidaires. Analysant, notamment, le rôle véritable des Pershing II et des missiles de croisière, l'auteur montre que ces armes pourraient bien être, paradoxalement, l'instrument du fameux « découplage » entre l'Europe et l'Amérique. Il en conclut à l'impérieuse nécessité de construire, aujourd'hui, une véritable défense européenne, permettant de recouvrer notre indépendance à l'égard des États-Unis, étape indispensable - et plus réaliste qu'il n'y paraît - pour opposer à la puissance soviétique une force de dissuasion efficace, et qui n'appelle pas la guerre qu'elle prétend éviter.

  • Faute d'un enseignement particulier, la médecine générale apparaît comme la parente pauvre de la profession, voire la branche des ratés de la Faculté. C'est pourtant le médecin généraliste auquel on s'adresse quand « ça ne va pas ». Ce médecin, si proche par sa fonction, et en même temps si lointain pour certains qui ne savent pas comment s'adresser à lui, qui est-il ? Comment voit-il son rôle et que souhaite-t-il ? Jean Carpentier, médecin généraliste « de quartier », montre - à partir de cas concrets - que les symptômes de la maladie expriment un mal-être plus complexe que la maladie elle-même, et qu'il n'est pas facile de l'interpréter. Aucune formation ne prépare à ce rôle, et la bonne volonté ne suffit pas. La médecine actuelle, trop compartimentée, échoue souvent à répondre au « langage » de la maladie, de même que le malade échoue à s'exprimer autrement que par des symptômes. Comment être (et comment former) un médecin qui puisse briser tant d'incompréhension, sans pour autant risquer son propre équilibre à force de vouloir se mettre à la place de son patient ? C'est là que le réseau de quartier peut jouer un rôle de relais. Sans se substituer à l'équipe médicale, ce réseau de convivialité devrait permettre de dénouer des tensions, et d'établir une distanciation telle que la maladie soit réinstallée sur sa véritable scène. Une réflexion lucide et généreuse sur un des grands problèmes de notre société.

  • Honte des unes, moqueries des autres : telles sont - trop souvent - les réactions face aux comportements, plus ou moins violents, de harcèlement sexuel, dont sont victimes les femmes au travail. C'est pour briser ce tabou, que les auteur(e)s ont réuni témoignages et analyses dans ce livre-choc, le premier en français qui traite - sous tous les aspects - du "sexisme ordinaire" dans le cadre de l'entreprise. Réunissant des contributions des meilleurs spécialistes du monde entier, ce livre présente, d'abord, les expériences les plus avancées de lutte contre le harcèlement sexuel au travail : en Amérique du Nord, et tout particulièrement au Québec, où des années de mobilisation ont permis des acquis significatifs. Mais il offre aussi, pour l'Europe, un panorama détaillé des positions des acteurs politiques et sociaux : syndicats et employeurs, juristes, mouvements de femmes... Au total, un ouvrage de référence pour mieux prendre conscience de l'ampleur de cet intolérable mal social, trop souvent occulté, et pour savoir comment, concrètement, dénoncer et lutter contre l'abus de pouvoir sexuel.

  • La France des dernières décennies a connu d'innombrables changements, économiques, sociologiques et culturels. Malgré la crise récente, cette période de paix relative, et de prospérité réelle, a vu s'enrichir - certes inégalement - la majorité des Français : beaucoup ont désormais accès à des produits autrefois de luxe, aujourd'hui banalisés et standardisés, comme les équipements ménagers, la maison individuelle, les vacances ou les voyages. Bernard Préel, qui appartient à cette génération d'« enfants gâtés », à voulu mesurer les conséquences à long terme, dans la vie quotidienne comme dans les idées, de ces bouleversements. La vie de famille, le rapport au travail, le temps des loisirs, l'adoption de nouvelles valeurs sont, tour à tour, examinés et analysés avec l'oeil attentif du chercheur qui est aussi partie prenante de cette dynamique sociale. La société française a déjà fait l'objet de nombreuses descriptions, mais aucune ne s'est efforcée de faire ressortir comme ce livre, avec force et précision, les tendances qui la travaillent en profondeur. Bernard Préel, directeur adjoint du Bureau d'information et de prévision économique (BIPE), a su utiliser une documentation considérable, pour en offrir avec talent une synthèse originale, qui aidera tous ses lecteurs à mieux comprendre les inquiétudes et les espoirs de leurs contemporains.

  • Le problème de l'analphabétisme ne se limite pas aux seuls pays en développement ; nous savons désormais qu'il affecte aussi les pays industrialisés, même ceux qui jouissent d'un haut niveau de prospérité matérielle. Phénomène encore largement caché, il n'en constitue pas moins une sérieuse entrave au développement, et une source d'inégalité entre citoyens d'une même nation. Cet "analphabétisme fonctionnel" d'une partie de la population n'a souvent été diagnostiqué, dans les pays de la région Europe, qu'assez tardivement. Pour contribuer à cette prise de conscience, et susciter les solidarités nécessaires devant l'analphabétisme fonctionnel, l'UNESCO a choisi 1990, Année internationale de l'alphabétisation, pour présenter au grand public un reportage sur ce phénomène, que la France dénomme "illettrisme". L'auteur, Jean-Pierre Vélis, est un journaliste spécialiste des questions d'éducation. Il a été, notamment, rédacteur en chef adjoint de la revue L'Éducation et a publié, en 1988, aux éditions du Seuil, "La France illettrée". Il collabore, avec l'UNESCO, depuis plusieurs années, dans le domaine de l'alphabétisation. Si sa "Lettre d'Illettrie", par la vivacité du ton, s'apparente à un témoignage personnel, le tableau qu'elle brosse de l'illettrisme en Europe, est le plus objectif des constats. Mieux qu'une approche purement analytique, l'énumération des faits et des situations, dont l'auteur a pu avoir une expérience directe, trace - de manière incisive - le profil de l'"illettré" et met en lumière, dans un style accessible au grand public, ces résistances de l'analphabétisme que la généralisation de l'obligation scolaire avait pu un temps faire perdre de vue.

  • Savez-vous qu'une politique économique privilégiant la protection de l'environnement, pourrait permettre de créer - aujourd'hui en France - 400 000 à 500 000 emplois nouveaux ? Ce n'est ni un rêve, ni un voeu pieux, mais l'un des résultats d'estimations très sérieuses, présentées par les Amis de la Terre dans ce livre. Face à la crise, les écologistes ont, en effet, des propositions à faire, et qui n'ont rien d'utopiques. C'est ce que montre cet ouvrage, qui présente une synthèse, claire et percutante, des travaux menés lors du Colloque international « L'écologie contre le chômage », tenu à Paris en avril 1983. Quarante conférenciers, dont des représentants de sept pays étrangers, y ont participé, parmi lesquels Guy Aznar, François de Closets, Jean-Pierre Jallade, Brice Lalonde, Louis Puiseux, Michel Rocard, Philippe Saint-Marc. Marquant l'entrée des écologistes dans une réflexion économique approfondie, ce livre explore donc les conditions d'une politique d'emplois favorables à l'environnement, mais il va aussi plus loin. À partir d'une analyse de la crise actuelle, comprise comme l'essoufflement d'un modèle de croissance désormais révolu, les auteurs récusent l'efficacité des remèdes macro-économiques, et proposent une approche micro-économique cohérente, très liée à l'économie alternative : « Penser globalement, agir localement. » Refusant de jeter le bébé « progrès » avec l'eau polluée du bain, les Amis de la Terre expliquent pourquoi et comment la nécessaire amélioration de la productivité ne doit pas amener à produire plus, mais à produire mieux et à partager le travail.

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