Arts et spectacles

  • Le Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France compte parmi ses trésors la plus importante collection de pierres gravées au monde (près de dix mille). Nombre d'entre elles, d'une qualité exceptionnelle, gravées pour des princes durant l'Antiquité, nous ont été transmises par les rois de France qui les firent orner de montures d'or décorées de pierres précieuses et d'émaux. C'est la plus éminente spécialiste de la glyptique antique, Marie-Louise Vollenweider, qui inaugure l'étude des pierres grecques et romaines avec le catalogue raisonné des portraits antiques, résultat de trente années de travail. Pour ce premier tome, consacré à la naissance du portrait et à son développement à l'époque hellénistique - qui sera suivi d'un second sur les portraits romains -, 283 camées et intailles ont été sélectionnés. D'une conception résolument nouvelle, ce catalogue ne se contente pas d'établir un classement des oeuvres, selon le style d'une époque et la manière d'un graveur, mais cherche à comprendre l'esprit du temps, le talent des graveurs et la psychologie des personnages représentés. Ceux-ci, restés jusqu'ici anonymes, ont retrouvé leur identité de princes et de princesses hellénistiques - ptolémaïques, séleucides, pontiques, cappadociens -, d'artisans ou de philosophes, mais aussi une vie nouvelle. Car pour Marie-Louise Vollenweider, le visage parle et elle en comprend parfaitement le langage. Notons aussi certaines attributions inédites à des artistes, dont la plus novatrice est celle d'un camée d'Alexandre le Grand au plus célèbre graveur de l'Antiquité, Pyrgotélès, connu par le témoignage de Pline l'Ancien, mais dont aucune oeuvre n'avait été jusqu'à présent identifiée. Ce serait là le seul portrait du grand souverain réalisé de son vivant.

  • Le département des Monnaies, Médailles et Antiques de la Bibliothèque nationale de France conserve une des plus importantes et des plus anciennes collections de pierres gravées au monde (près de dix mille). Dès le Moyen-Âge, certaines, d'une qualité exceptionnelle, exécutées pour des princes durant l'Antiquité, sont entrées dans les trésors des églises et des rois de France. Au début du XVIIIe siècle, le Cabinet du Roi en renferme déjà près de mille. Louis XIV, collectionneur passionné, fait orner les plus belles de montures d'or émaillées. Les confiscations révolutionnaires puis, aux XIXe et XXe siècles, les dons enrichissent considérablement le fonds. Les catalogues des pierres gravées grecques et romaines du département des Monnaies, Médailles et Antiques remontaient au XIXe siècle. C'est la plus éminente spécialiste de la glyptique antique, Marie-Louise Vollenweider, qui a relancé leur étude avec le catalogue raisonné des portraits antiques sur pierres dures. Le premier tome, intitulé Camées et intailles. Les Portraits grecs du Cabinet des médailles, illustrait la naissance du portrait en Grèce, les effigies des princes hellénistiques et des philosophes. Pour ce deuxième tome, consacré aux portraits romains, plus de 250 camées et intailles ont été sélectionnés. La richesse de la collection permet de présenter un panorama quasiment complet de l'histoire du portrait romain des débuts de la République jusqu'au Bas-Empire. Loin d'être un simple inventaire, cet ouvrage est une étude très personnelle mais rigoureuse, à la fois iconographique, technique, historique, stylistique et psychologique. Elle est accompagnée de plus de 500 photographies exécutées par l'auteur, dont de nombreuses macrophotographies qui révèlent des traits invisibles à l'oeil nu. Dans ces pierres, parfois minuscules, aux tons chatoyants, les visages des souverains et de leur famille ont gardé intacte toute leur expressivité. La présentation en deux volumes permettra au lecteur de suivre les descriptions très minutieuses de l'auteur tout en ayant sous les yeux les portraits eux-mêmes. Une table des concordances et des index des provenances, des collections, des artistes, des sujets et des matériaux complètent l'ouvrage.

  • L'inventaire des premières gravures italiennes regroupe plus de huit cents estampes exécutées au quattrocento et au début du cinquecento, toutes reproduites, à l'exception des doubles. Ce fonds exceptionnel - l'un des plus considérables avec ceux du British Museum et de l'Albertina - compte un grand nombre d'oeuvres uniques ou rarissimes parmi lesquelles la plus ancienne gravure italienne connue, une épreuve de nielle (plaque d'orfèvrerie), datée de 1452. C'est sous cette forme que l'estampe apparaît en Italie, dans les ateliers d'orfèvres de Florence. Elle connaît une évolution rapide dans les cités artistiques : Florence, Ferrare, Mantoue, Milan, Venise, Vicence, Bologne, Rome. Technique de reproduction et de multiplication de l'image, ce nouveau média utilisé par des orfèvres, des miniaturistes, des peintres, des artisans, parfois de grands maîtres, tels Pollaiuolo et Mantegna, devient un moyen d'expression artistique autonome. Imprégnés de l'idéal esthétique de la Renaissance, les graveurs affirment leur créativité par les valeurs subtiles du noir et du blanc, la recherche de la beauté formelle, l'expressivité de la ligne, le jeu de l'ombre et de la lumière, le sens de l'espace dans la feuille. Leur production facilite la diffusion du langage visuel de la Renaissance et de l'iconographie, de la culture humaniste. Les thèmes profanes se multiplient. Les mythes classiques servent souvent des allégories moralisatrices philosophiques. Les figures fascinantes inspirées de l'antique (satyres, tritons et néréides, centaures, monstres marins), les grotesques et les statues romaines récemment découvertes, animent un univers surnaturel et fantastique, proche de notre sensibilité. Cet inventaire comporte une introduction illustrée - synthèse historique et artistique des débuts de l'estampe en Italie - suivie par l'historique détaillé du fonds du Cabinet des estampes. Les oeuvres sont classées par école ou par graveur, chaque ensemble étant précédé d'un texte de présentation et d'une biographie de l'artiste, permettant au lecteur de les situer dans leur contexte. Les notices détaillées signalent l'historique des gravures et mentionnent les filigranes existants, tous reproduits, la plupart par bêtagraphie. On trouvera, à la fin, trois index (artistes, provenances et sujets).

  • La Bibliothèque nationale de France conserve plusieurs centaines de partitions vénitiennes, imprimées ou manuscrites, d'une très grande valeur musicale et culturelle, dont la simple présence dans notre pays constitue une énigme. Comment ces oeuvres sont-elles arrivées en France, alors que depuis 1672 - date à laquelle Jean-Baptiste Lully prend la tête de l'Académie royale de musique - et jusqu'à la fin de l'Ancien Régime, aucun opera seria ultra montain n'est créé sur une scène française ? C'est grâce à son excellente connaissance des rouages de la vie théâtra le et religieuse de Venise que Sylvie Mamy répond à cette question. Sa plume alerte suit à la trace le voyageur français qui, au xviiie siècle, frappe à la porte des copistes de musique de la Cité des doges avec l'ardent espoir de rapporter dans sa malle une aria chantée au théâtre par Farinelli ou par Faustina, fragile évocation de l'émotion d'un instant, qu'au retour on rangera secrètement sur les rayons de sa bibliothèque. Laissant la partition raconter son histoire, l'auteur jette un éclairage tout à fait inattendu sur la diffusion et la réception de l'opéra italien en France et sur les relations entre Paris et Venise au siècle des Lumières, tout en enrichissant un pan entier de l'histoire musicale européenne. Elle nous fait partager son plaisir et son rêve d'une Venise aujourd'hui disparue.

  • La BNF, qui conserve des livres persans depuis le XVIIe siècle, présente une exposition où l'accent est mis sur la richesse et la complémentarité des arts de la calligraphie, de l'enluminure, de la peinture et de la reliure qui font de chacun de ces livres un chef-d'oeuvre. 160 pièces jalonnent un parcours qui traverse six siècles de productions d'oeuvres prodigieuses.

  • Copiés sur parchemin ou sur papier, évangéliaires et recueils liturgiques s'ouvrent sur de magnifiques frontispices et se parent de miniatures aux couleurs vives illustrant les scènes de l'Ancien et du Nouveau Testament ou la vie des saints. Le fonds arménien de la Bibliothèque nationale de France est aujourd'hui riche de quelque 350 manuscrits et, pour les XVIe et XVIIe siècles, de près de 70 % de la production de livres imprimés. Pays à la géographie tourmentée ravagé par les invasions successives, l'Arménie, premier État converti au christianisme, s'est construite tout entière autour d'une religion et d'une langue. L'alphabet arménien, inventé au Ve siècle pour lire et traduire la Bible, déploie ici ses différents styles, tandis que dans les marges lettrines et lettres ornementées prennent la forme de végétaux ou d'animaux fantastiques. À partir du XVIe siècle, alors que se perpétue encore la tradition manuscrite, les premières imprimeries, installées alors en Europe, éditent, pour les marchands arméniens qui sillonnent le monde, des livres de dévotion et de divertissement agrémentés de gravures. L'impression de la Bible en arménien en 1666 à Amsterdam constitue un événement éditorial, que renforce la parution de nombreux ouvrages religieux mais aussi d'érudition et de littérature permettant, tant en Orient qu'en Occident, une plus large diffusion du patrimoine culturel arménien. La cinquantaine de pièces présentées, acquises dès le règne de François Ier puis principalement sous celui de Louis XV, témoignent de la constance de l'intérêt et de la curiosité que suscitent depuis toujours l'Arménie et sa culture en France. Illustration de couverture : Tétraévangile (détail), BNF, Manuscrits orientaux, arménien 333, f. 186 v° [cat. 35]

  • Encore trop peu connu, le fonds de dessins du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France constitue une des collections les plus riches qui soient, sans doute équivalente à celle du département des Arts graphiques du musée du Louvre. Cet inventaire consacré à cinq cent soixante feuilles de l´école française du xviie siècle conservées à la Réserve du département vient mettre en valeur une partie essentielle de ce fonds. Formant le coeur de la collection de dessins de maîtres français du xviie siècle, cet ensemble, d´une profonde originalité, renferme, à côté de feuilles de maîtres connus et bien représentés dans les collections publiques françaises, de nombreux dessins en rapport avec des estampes. Couvrant les vastes champs de création de la gravure, il révèle des artistes oubliés ou trop souvent assimilés par l´histoire de l´art à un seul genre (tels Louis Richer, Marin Desmarestz, Daniel Rabel ou Claude Spierre). Fruit de recherches approfondies, qui ont permis de vérifier les attributions et de préciser l´appareil bibliographique de chaque pièce, ce travail s´inscrit dans un cadre chronologique qui va de la génération des artistes nés vers 1590 (celle de Simon Vouet, Jacques Callot ou Pierre Brebiette), jusqu´à celle, qui naît vers 1650-1655, des Bonnart, grands diffuseurs des gravures de mode. Illustration de couverture Brebiette, Cérès entre Junon et Amphitrite, détail (voir n° 36, p. 34)

  • À partir des années 1550, des familles d'éditeurs d'estampes s'installèrent à Paris, rue Montorgueil, près des Halles, et proposèrent au public une production de gravures inédite en Europe jusqu'à la fin des années 1640. Très mal connue, leur activité est pourtant un témoignage capital, permettant de mieux saisir l'importance de l'estampe française à cette époque. L'ouvrage qui leur est consacré s'inscrit dans la lignée des volumes d'inventaires du fonds français des graveurs des XVIe et XVIIe siècles rédigés par les conservateurs du département des Estampes et de la Photographie. Toutefois, si la Bibliothèque nationale de France est la seule institution à conserver autant de gravures de la rue Montorgueil, elle n'a pas constitué le seul lieu d'investigation du présent volume : les fonds de bibliothèques ou de musées étrangers ainsi que les estampes passées en ventes publiques ont également été pris en compte. Ce catalogue décrit donc méthodiquement plus de 650 estampes classées par ordre alphabétique d'éditeurs. Les notices des estampes conservées à la BnF sont accompagnées d'une reproduction. Le volume est complété d'une riche introduction, synthèse historique et artistique sur la longue activité des éditeurs de la rue Montorgueil pendant près d'un siècle, et recense toutes les informations biographiques connues sur les imagiers ou éditeurs actifs dans cette rue parisienne.

  • L'ouvrage comprend une liste chronologique (de 1800 à 1914) des oeuvres données au théâtre de l'Opéra et, pour chacune, tous les renseignements relatifs aux artisans des décors et costumes. Avec une bibliographie et un index. Illustration de couverture : Ciceri, Aladin, n° 2.

  • Cet ouvrage constitue le deuxième volet de la fabuleuse collection de dessins du XIXe siècle conservés par la Bibliothèque-Musée de l´Opéra. Mais alors que le premier volume ne présentait que des décors et des costumes exécutés pour cette institution, celui-ci révèle l'activité de décorateurs français pour les autres théâtres, à Paris principalement, mais aussi en province et à l'étranger. Des notices sur les décorateurs (parmi lesquels Ciceri, Cambon, Despléchin, Chaperon) et de nombreuses illustrations permettent de mieux comprendre la fascination que ces magiciens de la scène exercèrent sur leurs contemporains, bien au-delà de nos frontières. Illustration de couverture : Fragonard, Ricciardo e Zoraïde.


  • L'exposition parisienne Madagascar. Arts de la Grande Île, au musée du quai Branly-Jacques Chirac (du 18 septembre 2018 au 1er janvier 2019) témoigne du passé mais aussi du présent - d'une partie du présent. C'est justice. De ce présent, ou d'un passé très proche, voici un témoignage sur une autre partie, mosaïque d'articles publiés en différents endroits et surtout dans deux quotidiens d'Antananarivo : La Gazette de la Grande Île (2004-2005) et Les Nouvelles (2005-2006).


    Cet ouvrage se complète d'un autre, Les arts malgaches colonisés : 1895-1936 où sont compilés, sur le même sujet, des articles de la presse coloniale française.

  • Quand l'idée de paix les animait, les rois, les diplomates, les savants, les lettrés, les commerçants, les artisans ont su effacer les frontières, sans se douter qu'un jour l'Europe serait unie. Il y a déjà eu au cours de l'Histoire de multiples façons d'être européen. Inlassablement des liens se sont noués, fragiles, éphémères parfois. Au plus profond des collections de la Bibliothèque Nationale, Bruno Blasselle a suivi la trace de ces hommes. Il les a rencontrés dans leurs grands projets, entreprenant un pèlerinage ou suivant un enseignement dans une université étrangère. Nous les retrouvons aussi dans leurs occupations de tous les jours, sur une foire, dans un atelier, à l'auberge. Les hommes que cet ouvrage fait revivre sont nos aïeux. Ils ont insensiblement, mais inexorablement, tissé des relations, des amitiés, des alliances qui, malgré les guerres et les vicissitudes de l'Histoire, ont fait de nous, à notre tour, des Européens.

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