Littérature traduite

  • Anna Karénine semble tout avoir : la beauté, la richesse, une haute position dans la société mondaine, mais sa rencontre avec un jeune officier, le comte Vronski, fait naître en elle une passion à laquelle elle sacrifie tout. Anna Karénine est une histoire d'amour, mais c'est également l'histoire du cheminement moral d'un homme, Lévine, double de Tolstoï qui abandonnera longtemps la fiction après avoir écrit son chef-d'oeuvre.

    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1935.

  • Dans une ville provinciale de Russie, le mystérieux Tchitchikov offre aux propriétaires terriens de leur racheter leurs « âmes mortes » - leurs serfs décédés depuis le dernier recensement. Galerie de portraits, satire mordante, odyssée burlesque, les Âmes mortes sont le premier grand roman russe.

    Traduction intégrale, avec une introduction et des notes, par Henri Mongault, 1925.

  • Les Carnets du sous-sol (Mémoires écrits dans un souterrain), publiés en 1864 et présentés comme deux fragments des mémoires d'un homme reclus, coupé d'un monde qu'il hait et qui l'humilie, dans lesquels il expose sa conception du monde et quelques épisodes de sa vie, sont en quelque sorte le prélude et la matrice des grands romans de Dostoïevski.
    « Je suis malade... Je suis méchant. [...] J'avais alors vingt-quatre ans. Ma vie était déjà morne, déréglée, farouchement solitaire. Je ne fréquentais personne, évitais même les conversations et me blottissais toujours davantage dans mon coin. »
    Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1926.
    EXTRAIT
    Je suis malade... Je suis méchant. Je n'ai rien d'attrayant. Je crois avoir une maladie de foie. Au reste, je n'entends rien à ma maladie et ignore sa nature. Je ne me soigne pas et ne me suis jamais soigné, malgré l'estime que je professe pour la médecine et les médecins. De plus, je suis fort superstitieux, ou du moins suffisamment pour estimer la médecine. (Mon instruction ne m'empêche pas d'être superstitieux.) Non, je ne veux pas me soigner, par méchanceté. Vous ne comprenez sûrement pas. Mais moi je comprends. Bien entendu, je ne saurais vous expliquer qui pâtira de ma méchanceté?; je sais parfaitement que je ne puis « faire une crasse » aux médecins en ne recourant pas à leurs soins?; je n'ignore point qu'en agissant de la sorte, je ne cause du tort qu'à moi seul. Pourtant, si je ne me soigne pas, c'est par méchanceté. Je souffre du foie : eh bien, qu'il souffre encore davantage?!
    À PROPOS DE L'AUTEUR
    Fedor Mikhaïlovitch Dostoïevski est un écrivain russe, né à Moscou le 30 octobre 1821 et mort à Saint-Pétersbourg le 28 janvier 1881. Considéré comme l'un des plus grands romanciers russes, il a influencé de nombreux écrivains et philosophes.

  • Oblomov, après sa jeunesse et ses rêves, a revêtu sa robe de chambre et s'est couché dans son lit pour ne plus en sortir. Il songe à toute cette vie incessante qui bruit au-dehors de chez lui, envisage de lire des livres qu'il n'ouvrira jamais ou délaissera après deux pages, imagine pour son domaine des plans qu'il ne mettra jamais en oeuvre, et gronde son domestique Zahar qui ne cesse d'égarer ses lettres et son papier et de gêner la créativité de son génial maître. Son ami, l'énergique Stolz, lui fait connaître la jeune et belle Olga et tente une dernière fois de le rendre à la vie : « Maintenant ou jamais ! » Roman de moeurs et portrait satirique de la noblesse russe, Oblomov est une figure emblématique de la Russie et un des grands romans du XIXe siècle.

    Traduction intégrale de Jean Leclère, 1946.

  • Boule, un chien errant des rues de Moscou, est recueilli par l'éminent professeur Preobrajenski qui l'emmène à son domicile. Le pauvre animal ne se doute pas que le scientifique, privé de son laboratoire en ces temps troublés qui suivent la Révolution de 1917, entend bien poursuivre chez lui ses expériences...
    Interdit par le censure dès son écriture en 1925, ayant circulé « sous le manteau » pendant des décennies jusqu'à sa publication en Occident à la fin des années 1960, Coeur de chien est sous le couvert du fantastique une féroce et hilarante satire du nouvel ordre soviétique et de l'« Homme nouveau ».
    Parue en 1990 à Moscou et jamais rééditée, cette traduction d'Alexandre Karvovski rend à ce texte incomparable devenu un classique des classiques en Russie son irrésistible drôlerie.

  • Ecrit en 1911, Garçon ! conte le destin des pauvres gens dans une Russie entre-deux-guerres, celles de 1905 et de 1914, et entre deux révolutions, à travers la vie d'un homme, serveur de restaurant, qui voit sa famille en proie aux soubresauts de l'époque.

    « C'est Dieu entrevu derrière des piles d'assiettes. » (Henri Troyat) Traduction d'Henri Mongault, 1925.

  • Après des années passées à Saint-Pétersbourg, le jeune étudiant Alexeï rentre au domaine familial où il va retrouver son père et son oncle. Un de ses amis l'accompagne : Bazarov, le « nihiliste ». Avec Pères et fils, paru en 1862 au lendemain de l'abolition du servage, Tourgueniev décrit l'apparition en Russie d'une nouvelle génération dont l'esprit allait mener à la Révolution de 1917.

    Traduction de Marc Semenoff et introduction de Pierre Pascal, 1953.

  • Accusé de subversion politique, Dostoïevski fut à l'âge de vingt-huit ans condamné aux travaux forcés dans un bagne de Sibérie. Il fit dans ces Souvenirs le récit de cette terrible expérience dans la maison des morts qui allait transformer sa vision du monde et du peuple russe et le « ressusciter ».

    « Je me sentais un peu souffrant ces jours-ci, et je lisais la Maison des morts. Je n'en avais gardé qu'un souvenir incertain et j'ai relu le roman : je ne connais pas de meilleur livre dans toute la littérature moderne, y compris Pouchkine. » (Léon Tolstoï) « Dostoïevski a fait de sa description de la vie dans une prison de Sibérie une fresque dans l'esprit de Michel-Ange. » (Alexandre Herzen) Traduction intégrale d'Henri Mongault, 1956.

  • En 1902, Vladimir Arseniev, chef d'une expédition d'exploration de l'extrême-est sibérien nouvellement cédé par la Chine à la Russie, croise un vieux chasseur nommé Dersou Ouzala qui accepte de le guider à travers la taïga sauvage.

    Avant de devenir cinquante ans plus tard le célèbre film d'Akira Kurosawa, Dersou Ouzala était ce livre, récit d'aventures et d'amitié, hymne à la nature et à l'homme.

  • Entré en 1920 dans l'Armée rouge, Isaac Babel participa avec la Première Armée de Cavalerie soviétique de Semion Boudienny à la guerre contre les Blancs aux frontières de la Pologne. Il retraça cette épopée tragique et violente à travers une série de courts récits, publiés en revue et réunis en 1926.

    « On ne saurait trouver nulle part une évocation plus cruelle, plus sauvagement belle, d'une époque extraordinaire où les pires horreurs prennent un aspect presque quotidien. Grâce à l'art de Babel, les atrocités et les scènes les plus répugnantes revêtent une grandeur épique. » (André Pierre).

    Introduction et traduction, avec la collaboration de l'auteur, des trente-quatre récits du cycle original par Maurice Parijanine, 1928.

  • À dix-sept ans, le jeune Pierre Grineff est envoyé par son père servir dans une forteresse aux confins de l'Oural. Il tombe amoureux de la belle Macha, la fille du capitaine de la garnison, mais à ce moment éclate l'insurrection de l'usurpateur Pougatcheff, qui soulève les paysans et les peuplades des environs contre l'autorité de Catherine II.
    Roman d'aventures, roman historique, la Fille du capitaine est le classique des classiques russes par excellence.

    Traduction intégrale d'Eugène Séménoff, 1932.

  • Dans ces récits qui constituent ses débuts littéraires et lui apportèrent la célébrité, Tourgueniev, arpentant sa campagne natale, raconte les rencontres qu'il fait, propriétaires terriens des environs, fonctionnaires de village, paysans soumis au servage, et ses impressions de la nature qu'il décrit comme nul autre avant lui.

    « C'est un monde nouveau où vous nous faites pénétrer, écrivait George Sand à l'auteur en 1872, et aucun monument d'histoire ne peut nous révéler la Russie comme ces figures si bien étudiées et ces moeurs si bien vues. » Cette édition reproduit la traduction intégrale d'Henri Mongault des vingt-quatre récits de l'édition complète de 1874. Elle est augmentée de Moumou et de l'Auberge de grand chemin, et reprend l'iconographie originale de l'édition Bossard de 1929 accompagnée de dessins de Tourgueniev.

  • En 1854, Léon Tolstoï s'engagea dans l'armée et participa à la défense de Sébastopol en Crimée contre les troupes françaises et anglaises. De cette expérience militaire il tira trois récits de vie dans une ville assiégée, dans les tranchées sous les bombes, trois réflexions sur l'homme dans la guerre qui esquissent l'accomplissement que sera dix ans plus tard Guerre et Paix. Traduction nouvelle et intégrale, avec une étude documentaire et des notes, par Louis Jousserandot, 1933.

  • Romachov, jeune sous-lieutenant d'un régiment en garnison dans une ville de province, rêve d'une haute carrière mais se heurte aux violences de la vie quotidienne au sein de l'armée et à la vie provinciale dont la médiocrité l'écoeure. Il ne trouve de lumière que dans son amour encore platonique pour Chourotchka, la femme d'un autre officier.

    Publié en 1905, peu après la fin de la guerre russo-japonaise, ce roman qui valut la célébrité à son auteur, lui-même ancien officier, fut perçu comme une critique sévère de l'armée russe et de sa décomposition.



    Traduction du russe et introduction par Henri Mongault, 1922.

  • En 1921, après l'arrivée des bolcheviks, la Crimée est plongée dans le chaos et la famine. Seul dans sa maison, le narrateur contemple la nature indifférente et sublime, où hommes et bêtes errent, en proie à la faim et à la mort qui rôde.
    Récit d'une lente agonie sous le soleil, requiem déchirant de poésie et de douleur, le Soleil des morts est le témoignage implacable d'un auteur qui eut son fils fusillé et qui vécut lui-même cet enfer avant de pouvoir se réfugier en France en 1922.

    « Un document terrible et néanmoins baigné et resplendissant de poésie. [...] Lisez cela si vous avez assez de courage. » (Thomas Mann).

    « C'est une telle vérité que l'on ne peut pas appeler cela "de l'art" [...] Qui d'autre a su décrire ainsi le désespoir et la destruction générale des premières années soviétiques, du communisme de guerre ? » (Alexandre Soljenitsyne).

    Traduction intégrale de Denis Roche, 1929.

  • Alexandre Koreïko est en apparence un fonctionnaire soviétique ordinaire. Nul ne sait qu'il cache, dans le casier d'une gare, une mallette contenant les centaines de milliers de roubles qu'il a amassés au cours de sa carrière corrompue. Mais l'histoire de cet étrange millionnaire est parvenue aux oreilles d'Ostap Bender, et celui-ci ne rêve que d'une chose : s'exiler à Rio de Janeiro...

    Dans cette seconde aventure, l'escroc sympathique et sa nouvelle équipe sillonnent à bord de leur flamboyante voiture la Russie soviétique et l'Asie centrale pour voler le voleur. Plus dense, plus profond que les Douze Chaises, le Veau d'or est avec son humour acide la grande satire du système communiste.

    Traduction intégrale d'Alain Préchac, 2013.

  • Sur son lit de mort, une riche dame dévoile à son gendre qu'elle a caché ses diamants dans l'un des douze sièges de son ancienne maison, réquisitionnée depuis des années par l'administration soviétique et transformée en hospice. Une vaste chasse au trésor à travers la Russie commence... Parodie de roman d'aventures et satire humoristique, peu de livres ont connu en Russie autant de succès que ce roman de 1928 qui rendit célèbre son duo d'auteur, Ilya Ilf (1897-1937) et Evguéni Petrov (1902-1942).
    Traduction d'Alain Préchac, 2005.
    EXTRAIT
    Il y avait dans la petite ville de *** (chef-lieu de district) tant de salons de coiffure et de bureaux de pompes funèbres que les habitants ne semblaient naître que pour se faire raser, couper les cheveux, frictionner le cuir chevelu et aussitôt mourir. En réalité, on naissait, mourait et se rasait assez rarement à ***. La vie s'y écoulait toute tranquille. Ce printemps-là les soirées étaient grisantes, la boue des rues brillait au clair de lune comme de l'anthracite et toute la jeunesse locale était si amoureuse de la secrétaire du Syndicat des services municipaux que celle-ci ne parvenait pas à recouvrer ses cotisations.
    L'amour et la mort n'étaient pas de nature à troubler Hippolyte Matvieïévitch Vorobianinov, quoique ce fussent précisément là les questions dont il avait à connaître de par la nature de ses fonctions, et ce, tous les jours de 9 heures à 17 heures, avec une pause d'une demi-heure pour le déjeuner.
    À PROPOS DES AUTEURS
    Ilia Ilf et Evguéni Pétrov sont deux auteurs satiriques soviétiques ayant écrit « à quatre mains » et publié sous l'appellation collective de Ilf et Pétrov. Ils furent extrêmement populaires en Union soviétique dans les années 1920 et 1930.

  • En douze chants, Gogol conte l'épopée du vieux Tarass Boulba et de ses deux fils, Ostap et André, partis de l'Ukraine avec tous les Cosaques zaporogues dans une guerre sans merci contre les Polonais. Mais André rêve secrètement de la belle Polonaise qu'il a jadis entrevue...

    « Tarass Boulba est un fragment, un épisode de la grande épopée de tout un peuple. » (V. Biélinski) Traduction intégrale de Marc Semenoff (1949), accompagnée d'illustrations de Viktor Vasnetsov.

  • Écrit en 1904, mais publié de façon posthume en 1911, le Faux Coupon est une des dernières oeuvres de Léon Tolstoï.

    Deux lycéens, pour payer une dette, commettent un faux. Passant de main en main, celui-ci va semer le malheur mais aussi la rédemption. En montrant l'enchaînement terrible des actes humains et de leurs conséquences, Tolstoï donne à son récit l'intemporalité des paraboles bibliques.

    Traduction et préface de Pierre Skorov, 2009.

  • « Si Cervantes est l'écrivain dont je me sens le plus proche, cela tient à sa qualité de précurseur de toutes les aventures : si sa familiarité avec la vie musulmane donne à son oeuvre une indéniable dimension mudéjar, l'invention romanesque, à travers laquelle il assume la totalité de ses expériences et de ses rêves, fait de lui le meilleur exemple de l'attitude illustrée par le dicton : humani nihil a me alienum puto. Trois siècles et demi plus tard, les romanciers font encore du "cervantisme" sans le savoir : en composant nos oeuvres, nous écrivons à partir de Cervantes et pour Cervantes ; en écrivant sur Cervantes, nous écrivons sur nous-mêmes, que sa ferveur islamique nous soit étrangère ou familière. Cervantes reste le point vers lequel toujours convergeront nos regards. » Juan Goytisolo, extrait de « Vicissitudes du mudéjarisme », in Chroniques sarrasines, Paris, Fayard, 1985.

  • Dans ces essais sur le roman, Pietro Citati tente d'opérer la fusion du portrait psychologique et de l'interprétation littéraire, à travers trois figures, trois moments du roman : la folie de l'aventure (Dumas), la recherche théologique hantée par le Mal

  • Dans les dernières années de sa vie, Tourgueniev écrivit une série de poèmes qu'il avait l'intention de publier sous le titre de Senilia. Longtemps demeurés dans ses carnets ou parus par extraits, les quatre-vingt trois poèmes sont présentés ici dans leur première traduction intégrale, accompagnée de notes et d'une étude, publiée par Charles Salomon en 1931.

  • Quatre villageois, ayant fui leur hameau de Podlipnaïa, traînent leur misère sur les routes et le long des fleuves. Ce roman, publié en 1864 par un jeune écrivain qui devait mourir de maladie à trente ans, décrit avec un réalisme implacable, vingt ans avant les premières oeuvres de Zola, la vie des paysans aux confins de la Russie d'Europe.

    Traduction de Charles Neyroud, 1888. Texte issu du site de la Bibliothèque russe et slave.

  • Le jeune et ambitieux Kalinovitch est nommé principal de collège dans une ville de province. Il s'y lie avec son prédécesseur, Godnieff, désormais à la retraite, et surtout avec la fille de celui-ci, Nastenka. Mais l'attrait du grand monde et ses rêves de gloire littéraire ne cessent de lui faire tourner ses regards vers Saint-Pétersbourg...
    Jamais réédité ni retraduit en France depuis 1886, Mille âmes est un des très grands romans russes.


    Traduction intégrale de Victor Derély, 1886.

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