La découverte

  • Héritière d'une tradition verrière pluriséculaire, l'usine de Givors fermait définitivement en 2003, après une âpre lutte contre des spéculateurs financiers. Quelques années plus tard, une épidémie de cancers frappa les ex-verriers de Givors, donnant lieu à une enquête civile qui permit de rassembler nombre de documents accablants. En abordant ce matériau avec les outils de la sociologie critique, Pascal Marichalar donne à voir les mécanismes et les responsabilités à l'oeuvre derrière le drame.
    Dans la petite ville de Givors, proche de Lyon, des hommes meurent les uns après les autres, emportés par des cancers à un âge relativement jeune. Leur point commun : ils ont travaillé pour produire des bouteilles et des pots à la verrerie qui a fermé ses portes en 2003. La compagne d'un verrier malade fait alors équipe avec un imprimeur à la retraite pour résoudre ce mystère. Ils comprennent vite que ce ne sera pas une enquête policière classique : c'est à eux de prouver qu'il y a eu un crime, et plus ils avancent vers la vérité, moins la justice semble disposée à juger les faits. Cependant, grâce à la force collective des verriers et de leurs soutiens, ils vont lever progressivement le voile sur un véritable scandale d'État.
    Ce livre est une enquête sur cette enquête. Avec les outils des sciences sociales, l'auteur analyse les procédures, les mensonges et les injustices qui font que tous les jours autour du monde des millions de femmes et d'hommes sont mis en danger impunément.

  • Michel Feher se donne pour tâche d'identifier les nouveaux contours de la question sociale et de trouver les leviers d'action stratégiques nécessaires pour les luttes sociales à venir. Notamment appréhender les défis qui peuvent être lancés à des entreprises soumises aux exigences de leurs actionnaires mais aussi repérer les initiatives susceptibles d'infléchir une politique gouvernementale tout entière soumise aux souhaits des marchés obligataires.
    L'emprise de la finance modifie aujourd'hui les attentes et les pratiques de l'ensemble des acteurs sociaux. C'est vrai des entreprises, qui veillent davantage au cours de leurs actions qu'à leur chiffre d'affaires, mais aussi des gouvernements, qui jugent plus urgent d'apaiser les inquiétudes de leurs créanciers que de répondre aux demandes de leurs électeurs. Même les particuliers gagent moins leur sécurité matérielle sur les revenus de leur travail que sur l'appréciation de toutes leurs ressources - leur patrimoine, mais aussi leurs compétences, relations, comportements.
    Selon Michel Feher, en déplaçant les enjeux de la question sociale, ces nouvelles priorités obligent la gauche à se réinventer. Car la " titrisation " des rapports humains sur les marchés financiers diffère de la marchandisation du travail sur le marché de l'emploi. Plus que sur l'extraction du profit, elle focalise les luttes sur les conditions d'allocation du
    crédit. L'exploitation que les
    employeurs continuent de faire subir à leurs employés renvoie désormais au pouvoir de sélection que les
    investisseurs exercent sur les "
    investis ".
    Les résistances à l'hégémonie des institutions financières devront trouver les moyens de peser sur les évaluations de la gouvernance entrepreneuriale et des politiques publiques en spéculant contre les critères qui président actuellement aux choix des financeurs. Si l'objectif poursuivi consiste à favoriser une autre circulation du capital, les militants qui les mettent en oeuvre y puiseront également les éléments d'un imaginaire politique renouvelé.

  • " On ne nait pas auteur de crime contre l'humanité, on le devient. " Mais comment " entrer dans la tête des bourreaux " ? C'est l'objet de ce livre dans lequel Françoise Sironi met en oeuvre une nomenclature précise et éprouvée pour rendre compte du système psychique, politique et social qui accouche de bourreaux.
    On est d'abord submergé d'épouvante. Duch, chef du camp S-21 au Cambodge à l'époque des Khmers rouges, est responsable de la torture et de la mort dans des conditions atroces de plus de 13 000 personnes. Et pourtant, il faut aller au-delà de la sidération pour comprendre ce qui s'est joué entre un individu ne souffrant d'aucune pathologie mentale et un régime responsable de la mort de deux millions de personnes sur une population totale de sept.
    C'est le travail auquel s'est livré Françoise Sironi, chargée de l'expertise psychologique de Duch au cours de son procès à Phnom Penh. Depuis vingt-cinq ans, elle soigne des patients victimes de tortures, de massacres, de déportations forcées, de crimes de masse. Mais il ne suffit pas de prendre en charge les victimes, il faut aussi comprendre la fabrication des bourreaux, " entrer dans leur tête ". Comment sont-ils devenus des êtres " désempathiques ", déshumanisés, capables du pire ?
    Pour cela, la psychologie doit se réinventer, se situer à l'intersection de la vie psychique et de la géopolitique. Les Khmers rouges avaient créé l'Angkar, une organisation mystérieuse que chacun devait servir et que l'on nourrissait de sacrifices humains. C'était un " système perpétuel ", une théopathie sacrificielle s'épurant en permanence.
    Pour déconstruire la mécanique d'un système à la fois psychique, politique et social, Françoise Sironi, grâce aux ressources de la psychologie géopolitique clinique, de l'ethnopsychiatrie et de la schizo-analyse, aux travaux d'Hannah Arendt, de Georges Devereux, Tobie Nathan ou Gilles Deleuze et Félix Guattari, nous donne de nouveaux outils non seulement pour comprendre comment l'impensable est arrivé, mais aussi comment déjouer les projets des futurs systèmes criminels susceptibles de nous menacer.

  • Jusque vers la fin des années 1970, on pouvait encore croire que l'ordinateur n'aurait d'effet que sur les domaines scientifiques et techniques. On se rend compte aujourd'hui que cet appareil et ses technologies sont en train de révolutionner la façon même dont notre civilisation crée, emmagasine et transmet le savoir. Une réflexion passionnante sur la place et l'avenir de l'écrit dans notre civilisation
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999.
    Jusque vers la fin des années soixante-dix, on pouvait encore croire que l'ordinateur n'aurait d'effet que sur les domaines scientifiques et techniques. On se rend compte aujourd'hui que cet appareil et les technologies qui l'accompagnent sont en train de révolutionner la façon même dont notre civilisation crée, emmagasine et transmet le savoir. À terme, cette mutation influencera l'outil le plus précieux que l'homme ait inventé pour construire ses connaissances et élaborer son image de soi et du monde : le texte. Et comme celui-ci n'existe qu'en fonction de la lecture, les mutations du premier ont des répercussions sur la seconde, de même que celles de la seconde entraînent nécessairement la mise en place d'autres modes de textualité. On ne lit pas un hypertexte comme on lit un roman, et la navigation sur le Web procure une expérience différente de la lecture d'un livre ou du journal. C'est à l'ensemble de ces bouleversements qu'est consacré l'ouvrage de Christian Vanderdorpe. S'inscrivant au croisement de travaux de plus en plus nombreux consacrés à l'histoire de la lecture, l'hypertexte, l'ordre de l'écrit, la " fin " du livre et la médiologie, ce livre conduit une réflexion passionnante sur la place et l'avenir de l'écrit dans notre civilisation
    Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1999..

  • Pour Patrice Flichy, les nombreuses utopies ou idéologies qui ont accompagné la conception et la diffusion d'Internet ont joué un rôle décisif dans la mobilisation des internautes, sans qu'ils en soient toujours conscients. Il retrace la genèse de l'imaginaire technique des concepteurs et des diffuseurs des « autoroutes de l'information », d'Internet et de la réalité virtuelle.

  • Alors que nos sociétés sont reconfigurées en silence par les sciences les plus avancées, ce livre montre l'importance de faire enfin entrer les questions de choix technologiques et scientifiques dans la sphère du politique et dans l'arène publique.
    " Façonner le monde atome par atome " : tel est l'objectif incroyablement ambitieux affiché par les promoteurs américains de la " National Nanoinitiative ", lancée en 1999. Un projet global de " convergence des sciences ", visant à " initier une nouvelle Renaissance, incorporant une conception holiste de la technologie fondée sur [...] une analyse causale du monde physique, unifiée depuis l'échelle nano jusqu'à l'échelle planétaire ". Ce projet démiurgique est aujourd'hui au coeur de ce qu'on appelle la " technoscience ", étendard pour certains, repoussoir pour d'autres. En précisant dans ce livre la signification de ce concept, pour sortir enfin du sempiternel conflit entre technophiles et technophobes, son auteure propose d'abord une sorte d'archéologie du terme " technoscience ". Loin d'être un simple renversement de hiérarchie entre science et technique, il s'agit d'un changement de régime de la connaissance scientifique, ayant désormais intégré la logique entrepreneuriale du monde des affaires et mobilisant des moyens considérables. Surtout, Bernadette Bensaude-Vincent montre que le brouillage de la frontière entre science et technique n'est que la manifestation d'un tremblement plus général, marqué par l'effacement progressif des distinctions traditionnelles : nature/artifice, inerte/vivant, matière/esprit, homme/machine, etc. Alors que nos sociétés sont silencieusement reconfigurées par les nanotechnologies, Internet, le génie génétique ou les OGM, ce livre montre l'importance de faire enfin pleinement entrer les questions de choix technologiques et scientifiques dans la sphère du politique et dans l'arène publique. Car la technoscience est un processus historique qui engage la nature en la refaçonnant et qui implique la société dans son ensemble.

  • Comment naît l'innovation technique ? N'est-elle qu'un génial Eurêka auquel on associe un processus de diffusion ? N'est-elle pas au contraire un processus complexe de confrontation, de négociation qui associe de nombreux acteurs techniques mais aussi les usagers ? Comment se réadapte un projet technique en fonction des multiples variations de l'environnement ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles entend répondre ce livre. Comment naît l'innovation technique ? N'est-elle qu'un génial Eurêka auquel on associe un processus de diffusion ? N'est-elle pas au contraire un processus complexe de confrontation, de négociation qui associe de nombreux acteurs techniques mais aussi les usagers ? Comment se réadapte un projet technique en fonction des multiples variations de l'environnement ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles entend répondre ce livre. Pour ce faire, l'auteur présente d'abord un panorama critique -; clair et synthétique -; des différentes théories de l'innovation proposées par les différentes sciences sociales (sociologie, histoire, économie, anthropologie). Il montre que traditionnellement, nombre d'entre elles ont reposé sur une coupure radicale entre la technique et la société. Patrice Flichy propose au contraire une nouvelle approche, unifiée, de l'action socio-technique des différents acteurs de l'innovation, notamment des concepteurs et des usagers. Il étudie la succession des événements techniques, l'irréversibilité des choix effectués mais également l'évolution des représentations, des utopies techniques et sociales. Ouvrage de réflexion, L'Innovation technique s'adresse autant aux spécialistes qui y trouveront de nouvelles perspectives d'études de cette question qu'aux non-initiés -; en particulier les étudiants en gestion -; qui pourront ainsi accéder à une excellente synthèse critique des recherches en sciences sociales sur la technique.

  • L'existence d'un marché ne se résumant pas à la coïncidence entre une offre et une demande, ce livre s'attache à mettre en lumière les actions mises en oeuvre pour " faire le marché ". Couvrant une grande variété de domaines d'activité, il va notamment à la rencontre de ces " professionnels du marché " qui conçoivent des dispositifs sophistiqués pour capter les clients et installer des rapports de domination et d'emprise. Et propose, sur la base de ces éléments, quelques pistes d'insoumission.
    Alors que s'opposent avec une rare violence partisans et contempteurs de l'économie de marché, une question préalable se pose : qu'est-ce qu'un marché ?
    Michel Callon montre que l'organisation des activités marchandes ne se réduit pas à la simple confrontation entre des offres et des demandes. Comment une " chose " se transforme-t-elle, après d'immenses efforts, en marchandise ? Par quels moyens les agents deviennent-ils capables d'évaluer les biens et de calculer leurs décisions ? Leur rencontre n'exige-t-elle pas de méticuleux réglages ? Quels sont les ressorts de la mobilisation et de l'encadrement des passions ? Comment ont lieu la captation des clients et l'obtention de leur consentement à payer ? À partir d'une multitude d'exemples pris dans la finance, l'énergie, l'alimentation, l'immobilier, les jeux de hasard, la santé, la grande distribution, le commerce électronique, le réchauffement climatique et même les pompes funèbres, l'auteur met en évidence la diversité et le foisonnement des activités déployées et des investissements consentis pour imaginer des solutions à ces problèmes.
    Au terme d'un passionnant voyage, qui permet de suivre la carrière des biens depuis leur conception jusqu'à leur circulation dans la sphère de la consommation, le lecteur prend conscience de la multiplicité des configurations. Les " agencements marchands ", notion que Michel Callon place au coeur même de sa réflexion et qui se substitue à celle de marché, permettent de rendre compte de la richesse et de la complexité des processus à l'oeuvre. Ils donnent aussi de nouvelles possibilités d'agir à tous ceux qui refusent de se soumettre sans discussion à l'emprise des marchés existants.

  • Dans ce livre, Philippe Pignarre propose une compréhension nouvelle de la dualité substances chimiques/placebos que la science résiste à reconnaître. Il le fait en se penchant sur l'histoire, et plus précisément sur l'histoire de la psychiatrie, en suivant les deux " fils rouges " : d'une part, celui qui court du " baquet " autour duquel, à la fin du XVIIIesiècle, Mesmer rassemblait ses patients pour les " magnétiser ", jusqu'à la psychanalyse, en passant par les cures hypnotiques de Charcot ; et, d'autre part, celui qui relie l'invention par Pinel du " traitement moral " des aliénés à la psychiatrie biologique d'aujourd'hui.

  • Les chercheurs sont encore loin d'avoir tous pris conscience qe la science n'est pas une activité qui, de sa tour d'ivoire, observerait la société de haut et de loin : elle est inscrite dans l'histoire et la culture de ceux qui la font ; donc aussi, quoi qu'ils en pensent, dans leur langue.

    Et pourtant, au niveau planétaire, la production et la circulation des connaissances se font de plus en plus en anglais dans les colloques, banques de données, livres et revues. Ce serait le corollaire onévitable de la nécessaire dimension internationale du travail scientifique. Mais à quel coût, en termes de créativité, d'innovation, de capacité de formation, de diffusion de la culture scientifique et technique dans chaque pays ? Et par quels voies et moyens promouvoir partout le pluralime linguistique dans l'organisation de la science ? De faire, en quelque sorte, comme le Japon, où chercheurs et ingénieurs s'expriment en japonais, ce qui ne leur réussit pas si mal...

    Telles étaient quelques unes des questions posées lors du "Forum de la communication scientifique et technique - Quelles langues pour la science ?", organisé à la Cité des sciences et de l'industrie en janvier 19920 à l'initiative du ministère de la Francophonie, et qui a réuni près de 2000 universitaires et chercheurs français et étrangers. En est issu cet ouvrage de synthèse qui reprend la substance des travaux du colloque mais fait également appel à un grand nombre d'autres sources.

    Monde diplomatique, cet ouvrage réunit des articles de synthèse de Jean-Loup Motchane, professeur à l'université de Paris-VII, Maurice Ronai, chef de travaux à l'École des hautes études en sciences sociales, Daniel Confland, ingénieur de recherche, Jean-François Dégremont, adjoint au chef du Centre de prospective et d'études (CPE) du ministère de la Recherche et de la Technologie, et Ignacio Ramonet, rédacteur en chef duMonde diplomatique.

    Ces "états de l'art" sont complétés par des contributions de personnalités des mondes de la recherche et de la politique : Alain Decaux, ministre de la Francophonie, Hubert Curien, ministre de la Recherche et de la Technologie, Jean-Marie Lehn, prix Nobel, Jacques Ruffié, professeur au Collège de France, Alassane Salif N'Diaye, ministre de la Recherche scientifique et de la Culture de Côte d'Ivoire, Mohamed Larbi Bouguerra, directeur de l'Institut national de recherche scientifique de Tunisie et Pierre Martel, président du Conseil de la langue française du Québec.

  • En 1996, la publication aux États-Unis du " vrai-faux " article du physicien américain Alan Sokal, visant à dénoncer sur le mode du canular les ravages intellectuels opérés, selon lui, par le " postmodernisme ", puis la parution en France en 1997 du livre rédigé avec Jean Bricmont (Impostures intellectuelles), ont défrayé la chronique. Pour ces auteurs, il était urgent de dénoncer les " extrapolations abusives des sciences exactes aux sciences humaines " d'intellectuels comme Jacques Lacan, Julia Kristeva, Jean Baudrillard, Gilles Deleuze, Félix Guattari et Paul Virilio, et plus encore de critiquer le " relativisme " des chercheurs de la nouvelle école de sociologie des sciences, au premier rang desquels Bruno Latour. Apparemment frappée au coin du bon sens, cette attaque frontale a rencontré un très large écho. Et pourtant, les impostures ne sont pas du côté qu'on croit. Car le positivisme revendiqué par Sokal et Bricmont cache en fait une profonde incompréhension des auteurs qu'ils attaquent et une surprenante ignorance des enjeux politiques et philosophiques majeurs révélés par les travaux sur les " sciences dures " des chercheurs des " sciences douces ". Il était donc indispensable de démonter les impostures et les malentendus de l'affaire " Sokal " : tel est l'objectif de ce livre, qui réunit des contributions originales de chercheurs de divers horizons - physiciens, philosophes des sciences, anthropologues... Non sans humour, ils entendent faire partager au lecteur leur commune passion pour la science telle qu'elle se fait (beaucoup plus intéressante que la science mythique de certains scientifiques), et plaident pour une réconciliation entre philosophes et physiciens, pour en finir enfin avec la " guerre des sciences ".

  • La " machine univers ", c'est bien sûr l'ordinateur, qui semble enfin réaliser ce vieux rêve de l'humanité : celui d'une machine universelle, capable de tout calculer. Mais aussi bien plus que cela : car l'informatisation de la société fait émerger une nouvelle vision du monde, conçu comme un univers où tout serait calculable. C'est à cette véritable mutation anthropologique, comparable seulement à celle qui accompagna l'apparition de l'écriture, que Pierre Lévy s'intéresse dans ce livre profondément original. A partir d'une vaste enquête sur les nouvelles conditions technique de la création (picturale, musicale et scientifique), l'auteur dessine les lignes de force de la culture qui vient. Il montre que les simulations numériques et la mise en algorithmes des raisonnements scientifiques amènent à considérer les objets physiques, biologiques, et même les sujets humains, comme de simples systèmes de traitement de l'information, en effaçant cette partie essentielle du réel et de la culture qui ne sera jamais réductible par le calcul. MAis il montre aussi que la transformation contemporaine des manières de saisir la réalité, loin d'être une simple conséquence de l'informatisation, plonge de profondes racines dans a culture occidentale : elle apparaît comme le couronnement d'un processus multiséculaire, qui a lentement substitué la domination du calcul à celle du langage. La machine univers est le premier ouvrage d'envergure qui incite à penser l'informatique dans toutes ses dimensions philosophiques et anthropologiques. Écrit dans une langue incisive et limpide, ce livre mène le lecteur des techniques contemporaines les plus sophistiquées à des perspectives entièrement originales sur l'histoire de l'art, des théories scientifiques concernant la vie et l'intelligence aux interrogations dernières sur le sens du devenir humain.

  • Plus les sciences et les techniques apportent des solutions raisonnées aux problèmes humains, et plus semble grandir l'angoisse de l'incontrôlable, qu'elle concerne les atteintes à l'environnement ou les risques des manipulations génétiques : chaque avancée du savoir paraît exiger une rançon de peur. Pourquoi ces liens étranges entre raison pratique et motif d'émotion ou d'inquiétude ? Pourquoi, en même temps, ces décalages entre la réalité des risques ou la tendance à les percevoir de façon dramatisée ou au contraite à les négliger ? La volonté de maîtrise scientifique n'entretient-elle pas avec l'irrationnel une relation beaucoup plus étroite qu'on a pu le dire ?
    Pour répondre à ces questions, Denis Duclos a enquêté auprès des spécialistes de la science et des dangers : techniciens, savants, journalistes, industriels, syndicalistes, écologistes. Et il montre dans ce livre nourri d'exemples passionnants que tous ont tendance à opposer fiabilité technique et faillibilité humaine, à séparer vérité matérielle et engagement éthique, à couper la professionnalité de l'appartenance civile. C'est dans cette dissociation, au coeur même du processus d'élaboration de la science et des techniques, que se reproduit l'oscillation caractéristique de la modernité entre croyance et savoir.
    L'auteur utilise ainsi le rapport des acteurs sociaux au péril technologique comme un instrument sociologique inédit, révélateur du fonctionnement symbolique de notre culture et de ses tensions face au progrès. Son livre s'adresse aussi bien aux techniciens et aux ingénieurs qui réfléchissent sur le sens de leurs activités, qu'au plus large public intéressé à l'évaluation des choix scientifiques et techniques par la société.

  • Des bactéries qui fabriquent des médicaments totalement nouveaux pour vaincre le cancer ; le diagnostic prénatal d'un nombre croissant de maladies héréditaires, des embryons humains congelés et des bébés-éprouvettes ; des souris géantes et des moutons clonés ; des plants cultivés qui tuent les insectes nuisibles... : telles sont quelques-unes des prouesses impressionnantes de cette révolution biologique, qui a commencé en 1973 avec l'invention des manipulations génétiques. Et il ne s'agit que des tout premiers pas de "l'ère de la génétique"... Ce livre est d'abord un bilan clair et précis des résultats obtenus jusqu'en 1986 par le génie génétique et la "procréatique". Mais il explique aussi les ressorts économiques, politiques et idéologiques, qui ont poussé au développement de la science génétique et de ses applications. Et, surtout, il apporte les éléments nécessaires pour juger de leurs dangers, réels ou potentiels : les manipulations génétiques peuvent-elles engendrer des microbes dangereux ? Risquent-elles de provoquer des "épidémies de cancer" ? Ouvrent-elles la voie à de nouvelles armes bactériologiques meurtrières ? Peut-on cultiver des plants génétiquement manipulés, sans compromettre les équilibres écologiques ? Est-il immoral et cruel de faire des vaches géantes ? A-t-on le droit de faire des expériences sur des embryons humains ? Etc. Marcel Blanc apporte à ces questions des réponses pondérées : il évite les écueils de la fascination aveugle du progrès scientifique, mais bouscule aussi les craintes irrationnelles qui naissent de la peur et de l'ignorance. C'est la première fois qu'un bilan critique aussi sérieux et complet, est ainsi mis à la portée d'un large public, grâce à un style simple et efficace, nourri de très nombreuses anecdotes.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Des bactéries qui fabriquent des médicaments totalement nouveaux pour vaincre le cancer ; le diagnostic prénatal d'un nombre croissant de maladies héréditaires, des embryons humains congelés et des bébés-éprouvettes ; des souris géantes et des moutons clonés ; des plants cultivés qui tuent les insectes nuisibles... : telles sont quelques-unes des prouesses impressionnantes de cette révolution biologique, qui a commencé en 1973 avec l'invention des manipulations génétiques. Et il ne s'agit que des tout premiers pas de "l'ère de la génétique"... Ce livre est d'abord un bilan clair et précis des résultats obtenus jusqu'en 1986 par le génie génétique et la "procréatique". Mais il explique aussi les ressorts économiques, politiques et idéologiques, qui ont poussé au développement de la science génétique et de ses applications. Et, surtout, il apporte les éléments nécessaires pour juger de leurs dangers, réels ou potentiels : les manipulations génétiques peuvent-elles engendrer des microbes dangereux ? Risquent-elles de provoquer des "épidémies de cancer" ? Ouvrent-elles la voie à de nouvelles armes bactériologiques meurtrières ? Peut-on cultiver des plants génétiquement manipulés, sans compromettre les équilibres écologiques ? Est-il immoral et cruel de faire des vaches géantes ? A-t-on le droit de faire des expériences sur des embryons humains ? Etc. Marcel Blanc apporte à ces questions des réponses pondérées : il évite les écueils de la fascination aveugle du progrès scientifique, mais bouscule aussi les craintes irrationnelles qui naissent de la peur et de l'ignorance. C'est la première fois qu'un bilan critique aussi sérieux et complet, est ainsi mis à la portée d'un large public, grâce à un style simple et efficace, nourri de très nombreuses anecdotes.

  • Annoncéà grand fracas, le décryptage du génome humain devait nous révéler le secret ultime de la vie et ouvrir la voie à de nouvelles thérapies miracles. Espoirs déçus : à l´ère de la postgénomique, les secrets du vivant sont maintenant recherchés dans les théories de la complexité, dans la convergence des efforts des biologistes, des physiciens et des mathématiciens. Comment comprendre la signification de cette succession rapide d´objectifs apparemment différents, de cette alternance d´espoirs et de désillusions ? Dans ce livre novateur, Michel Morange propose une clé pour rendre compte de ces difficultés, et de beaucoup d´autres analogues touchant toutes les branches de la biologie. Les annonces sensationnelles reflètent l´espoir toujours déçu qu´une explication unique pourrait suffire. Or les faits biologiques - comme ceux relevant de bien d´autres disciplines scientifiques - ne peuvent être expliqués par un principe d´intelligibilité unique.
    Exemples à l´appui et de façon très pédagogique, Michel Morange montre pourquoi des explications différentes doivent être articulées pour décrire le fonctionnement des macromolécules aussi bien que l´évolution humaine ou le développement des cancers. Admettre une idée aussi simple n´est pas évident, car tout scientifique a été forméà privilégier un principe d´intelligibilité particulier. L´articulation entre explications différentes est pourtant indispensable pour le progrès des connaissances ; elle est aussi une exigence éthique.

  • Notre raison est sollicitée par deux abîmes qu'elle répudie tour à tour : ne sommes-nous que des marionnettes impuissantes, vivant dans un monde marqué par un implacable déterminisme ? Ou bien, le monde réel est-il gouverné par le seul hasard, qui ferait de nous, au mieux, des matelots ivres ? Pour Rémy Lestienne, face à cette double désespérance, la question clé est celle de la réalité ou de la subjectivité du hasard. Accompagnant un mouvement encore minoritaire mais croissant de réflexion épistémologique, il s'adresse à la science pour découvrir des indices nouveaux pour ou contre la réalité du hasard.

    En refermant ce livre, on sait quel est son choix : celui de la réalité du hasard, qu'il lie à la réalité du devenir, selon une tradition initiée en 1859 en physique par James Clerk Maxwell et en biologie par Charles Darwin. Depuis les travaux de ces deux pionniers, il montre que bien d'autres découvertes sont venues apporter de l'eau au moulin des partisans d'un hasard objectif, venues d'horizons aussi divers que l'exploration du système immunitaire et celle du système nerveux, l'observation de l'Univers et l'étude des phénomènes microscopiques régis par la mécanique quantique.

    Cs indices ne nous poussent pas pour autant à abandonner le programme scientifique : l'idéal scientifique consiste à repousser toujours plus loin les frontières du hasard, et non point d'affirmer dogmatiquement qu'il n'existe pas.

  • Qu'est-ce que la vie ? Ce problème s'est posé à l'homme depuis des millénaires, et malgré les immenses progrès de la biologie, le statut du vivant reste, quoiqu'on en pense, toujours aussi incertain : les tentatives de réduction de l'organique au physico-chimique laissent toujours un résidu inexplicable, tandis que les définitions de la spécificité du vivant hésitent entre la tautologie et l'irrationnel. L'étude du vivant, contrairement aux autres sciences, ne peut pas se passer de l'idée de finalité. Derrière les notions de fonction, d'organe, d'adaptation ou de pathologie, rôde toujours la question : à quoi sa sert ? Mais les biologistes ont un peu honte d'une particularité qui semble ramener les fondements de leur discipline aux idées naïves du sens commun. L'essai de Francis Kaplan prend ces problèmes à bras-le-corps et fournit une introduction philosophique sans équivalent aux avatars du concept de vie depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux controverses actuelles sur le hasard et la nécessité, l'émergence de la vie et les rapports entre conscience et matière. Il montre que ni la finalité théologique ni la réduction de la vie à la matière, ni les théories vitalistes n'apportent une réponse satisfaisante à l'énigme de la finalité biologique. Quant à l'explication par le rôle du hasard, même associé à la sélection naturelle, une analyse probabiliste sérieuse montre qu'elle se heurte à des difficultés insurmontables. Le fait que la vie soit compréhensible reste donc incompréhensible. C'est une leçon d'humilité pour la raison, mais cela n'empêche pas la biologie de fonctionner et de progresser. Entre le danger d'une dérive théologique et le carcan de la stricte orthodoxie darwinienne, il y a donc une place pour une définition pratique de la vie qui rende mieux compte du travail effectif des biologistes.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1995)

  • Théories du désordre et du chaos, remise en cause du déterminisme, développement des sciences cognitives et de l'intelligence artificielle : les années quatre-vingt ont vu l'émergence d'un formidable " brain-storming " scientifico-philosophique qui a profondément bouleversé les théories de la connaissance et nos visions du monde. C'est pour tenter d'y voir clair dans cette révolution intellectuelle que Guitta Pessis-Pasternak, journaliste scientifique, propose dans ce livre des entretiens avec ses principaux acteurs. Ces entretiens sont regroupés en deux parties : I. Le désordre organisateur René Thom, Ilya Prigogine, Henri Atlan, Edgar Morin, Paul Feyerabend, Jean-Pierre Dupuy, Bernard d'Espagnat, Fritjof Capra, Hubert Reeves, Albert Jacquard, JeanPierre Changeux, Jean-Marc Lévy-Leblond, Jacques Attali. II. L'intelligence artificielle, mythe ou réalité ? : Heinz von Foerster, Hubert Dreyfus, Edward Feigenbaum, Herbert A. Simon, Terry Winograd, Seymour Papert, Pierre Lévy.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 1991)

  • Tables tournantes et parlantes, somnambules et médiums, fantômes et ectoplasmes ont captivé l'attention d'une fraction non négligeable de la communauté scientifique française au tournant du XXe siècle. Ces phénomènes bizarres pouvaient-ils s'expliquer par la physique, par la biologie, ou bien relevaient-ils de la psychopathologie ? Nombreux furent les savants qui tentèrent de les soumettre à la méthode expérimentale : Pierre et Marie Curie participèrent aux séances d'une célèbre médium, Camille Flammarion enquêta sur la télépathie, tandis que le prix Nobel de physiologie Charles Richet proclama sa croyance aux fantômes et fonda une nouvelle science, la " métapsychique ". Puis, après cette période d'engouement pour les phénomènes occultes, dans les années 1930, en dépit (ou à cause) d'une radiesthésie aux ambitions scientifiques, toute forme d'occulte fut bannie du champ scientifique et renvoyée vers les " para-sciences ". Les huit récits d'épisodes marquants de cette période réunis dans cet ouvrage se lisent comme autant de reportages inattendus et passionnants. Et au-delà, les historiens des sciences et de la culture qui ont contribué à ce livre apportent des explications troublantes à ce double mouvement d'ouverture puis de fermeture de la communauté scientifique française, dont les effets se font sentir jusqu'à nos jours.
    (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2002.)

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