Institut de recherches et d´études sur les mondes arabes et musulmans

  • À travers la construction de l'objet sociologique « ingénieur », cet ouvrage vise à apporter un éclairage sur la manière dont se sont recomposés les enjeux politiques, économiques et sociaux dans le contexte de libéralisation économique du Maghreb des années 1990-2000. Prenant pour point de départ la naissance du corps moderne des ingénieurs pendant la période coloniale, il s'est agi d'analyser comment, après l'indépendance des États du Maghreb, les ingénieurs sont passés du statut de grands commis du secteur public au service de la construction d'un projet de développement national impulsé par l'État à celui de cadres moyens ou supérieurs se présentant sur un marché du travail de plus en plus ouvert. Ce processus, inscrit dans le cadre d'une dualisation du système de formation, est apparu lui-même lié à la massification de l'enseignement supérieur et aux transformations économiques et sociales générées par l'application, à partir du milieu des années 1980, des plans d'ajustement structurel du FMI, synonymes d'élargissement progressif du secteur privé et d'ouverture à l'économie mondiale.

  • Cet ouvrage regroupe les communications au séminaire "Villes et Migrations" qui s'est tenu à l'I.R..M.A.M. en janvier 1988, dans le cadre de son programme de recherches sur les Migrations Internationales. L'opportunité de pouvoir proposer des interventions homogènes quant à l'espace étudié ainsi que le souci de mieux appréhender une certaine actualité régionale nous a conduit à centrer ce séminaire sur Marseille et sa région mais en enrichissant les analyses proposées de quelques exemples pris dans d'autres régions ou pays. Nous avons tenu, dans ce cadre, à privilégier les études de terrain et la réflexion sur la place des migrants dans l'articulation entre la communauté urbaine et le politique pris dans le sens de gestion de la cité.

  • Cet ouvrage, issu d'une rencontre entre des chercheurs travaillant sur des espaces géographiques variés, de Tunisie, d'Italie, d'Algérie, de France et de Turquie restitue, au plus près de l'expérience des acteurs eux-mêmes, les voies pratiquées pour acquérir et pouvoir revendiquer des droits d'appartenance. Dans ce processus, la propriété s'est révélée être un terrain décisif : ces études montrent à quel point, dans ces sociétés apparemment très éloignées, l'accès différentiel aux biens ne dessine pas seulement des hiérarchies économiques ou des primautés symboliques, mais crée des prérogatives qui investissent plus largement les individus. La faiblesse ou au contraire les privilèges qui définissent l'appartenance à des groupes sexuels ou à des groupes d'âge sont largement charpentés sur des possibilités différentielles de disposer de biens et de les transmettre. Et surtout, dans un large éventail de cas, la condition de « citoyen » ou de sujet d'un pouvoir central est étroitement liée à la reconnaissance de cette capacité à transmettre. En somme, dans les sociétés modernes au nord et au sud de la Méditerranée, ce recueil nous montre le rapport aux choses crée des relations et des liens. Les capacités d'exercice des droits de propriété dessinent les contours de communautés locales et, en conséquence, celles de communautés territoriales plus vastes. C'est une approche originale à la « citoyenneté » qui est présentée ici, qui met en relief des aires « de compatibilité » entre des terrains d'analyse apparemment très éloignés. Quantité d'idée reçues sur les prétendues « spécificités culturelles » caractérisant ces différentes aires géographiques sont ainsi mises en discussions ; ce qui ouvre un terrain de dialogue inattendu et fructueux.

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