Sciences humaines & sociales

  • Le banquet

    Platon

    • Hermann
    • 1 Janvier 1972

    Traduction inédite et commentaire de Pierre Boutang Illustrations de Vieira da Silva Ils sont allongés sur des lits et parlent de l'Amour et de la Beauté. Leurs discours se succèdent, parfois se répondent : car il y a plusieurs Amours et plusieurs manières de désirer le Beau. A ces hommes vivant en un temps et un lieu où l'éducation des garçons est indissociable de la sexualité qui règle les rapports du maître et du disciple, une étrangère, Diotime oppose un modèle féminin de la procréation du savoir. À travers elle, Socrate dessine les étapes de l'apprentissage du philosophe capable de se détacher du monde sensible pour devenir l'« amant » par excellence qui guide l'« aimé » dans sa quête du Vrai et du Beau. Par-delà les interprétations prudentes du Banquet que nous a léguées la tradition philosophique, cette traduction inédite invite à une lecture renouvelée de ce dialogue de Platon : un Banquet parfois extravagant, à l'image de son objet, d'une richesse stylistique exubérante, souvent cru dans son langage, foisonnant enfin dans sa recherche du bonheur véritable.

  • « J'ai écrit ce livre pour briser le silence qui règne sur la montée de l'islamisme, sur ses ravages parmi les jeunes et sur les dégâts qu'il provoque dans notre école publique. Pendant longtemps, le silence a été la seule réaction : la célèbre formule "Surtout pas de vagues !" a permis pendant vingt ans de mener une confortable politique de l'autruche.
    J'ai écrit ce livre parce que je suis attaché à la laïcité : ce principe républicain nous protège et protège nos libertés, celle de croire ou de ne pas croire, celle de pratiquer librement un culte, celle de changer de conviction, celle de critiquer les religions ou l'absence de religion et, pour les parents, celle de confier leurs enfants à l'école publique sans crainte qu'ils y soient harcelés ou endoctrinés.
    J'ai écrit ce livre parce que le temps presse et qu'il y a maintenant urgence à agir. » (J.-P. Obin)
    Jean-Pierre Obin a été inspecteur général de l'Éducation nationale. Il est l'auteur de nombreux livres, notamment sur l'école et le métier d'enseignant, ainsi que du célèbre « rapport Obin » de 2004 qui alertait le ministre de l'Éducation nationale sur le développement des atteintes à la laïcité dans les établissements scolaires.

  • Le rabbin et le psychanalyste - deux professions qui pour beaucoup représentent une promesse de révélation du sens. C'est par exemple la démarche très caricaturale du patient qui souhaite à tout prix que son psychanalyste interprète son rêve et lui en révèle sa signification sans ambiguïté, mettant fin à toute équivoque possible. Celui qui écoute, qui lit, serait donc détenteur d'une lecture «?vraie?», d'un sens authentique, signant la fin de la possibilité de toute autre lecture.
    Delphine Horvilleur explique ici combien cette théorie de l'interprétation comme théorie du signe serait en réalité gage de la mort de l'interprétation, en l'enfermant dans une fidélité stérile et sourde.

  • Quel discours se soucie encore de la vérité?? Pourquoi tenir cette exigence de vérité quand la parole est noyée dans des flux permanents d'informations et de duplications?? La littérature et la psychanalyse partagent un rapport singulier à la parole : celui du déploiement. À l'inverse de l'information, elles continuent à croire en la révélation d'une parole étrangère à l'intérieur de soi. En reprenant la scène de la rencontre entre Diane et Actéon des Métamorphoses d'Ovide, Yannick Haenel offre au lecteur une réflexion sur l'amour et le langage comme exposition d'une solitude sans laquelle aucun discours vers l'autre ne serait possible.

  • La vocation

    Judith Schlanger

    • Hermann
    • 18 Juin 2010

    Comment vivre et que faire de ma vie ? À travers ma vocation, ma vie trouve son sens dans une activité à laquelle je m´identifie. Et comme l´activité de mon choix répond à ma nature, elle m´exprime, m´accomplit et me définit. La promesse de l´individualisme démocratique est que chacun puisse réussir sa vie par son travail, qui lui fera gagner à la fois son identité et son pain. Pour devenir soi-même, pour se réaliser, chacun doit pouvoir s´épanouir dans ce qu´il fait. L´artiste et le savant incarnent la figure romantique par excellence du travail voué. Pour certains, c´est le désir de savoir qui commande et organise leur existence. Mais l´exemple du travail créateur ou du travail intellectuel a un caractère d´exception. Qu´en est-il des goûts et des aptitudes en général ? Et qu´en est-il des tâches insignifiantes dans lesquelles on ne peut pas s´exprimer, et qui doivent pourtant être remplies ? Que devient aujourd´hui la grande figure idéale de la vocation ? Ce livre invite à une réflexion qui n´a rien de technique et nous concerne tous.

  • La liberté est-elle un pouvoir neutre et indifférencié de choix et d'action qui est octroyé à tout individu, et qu'il exerce identiquement avec tout autre, ou n'est-elle pas plutôt une capacité qui n'échoit qu'à lui seul d'accomplir son être propre dans ce qu'il a d'unique ? En souscrivant à la seconde branche de cette alternative, Claude Romano s'efforce de préciser les conditions de possibilité de ce qu'il appelle « liberté intérieure », c'est-à-dire la capacité de vouloir et de décider en l'absence de conflit intérieur, de telle manière que cette volonté et cette décision expriment l'être que nous sommes et manifestent un accord de cet être avec lui-même. En soulignant les limites de la conception largement dominante, de Platon à Harry Frankfurt, de cette liberté comme une subordination de nos désirs et tendances affectives spontanées aux « désirs de second ordre » qui découlent de notre réflexion rationnelle, l'auteur défend une conception originale de l'autonomie qui rejette une telle hiérarchie. Il étaye son propos par l'analyse d'un exemple littéraire, la décision finale de la Princesse de Clèves dans le roman éponyme de Mme de Lafayette.

  • Qu´est-ce qu´une émotion ? Pourquoi faut-il affirmer qu´elle a une signification et refuser les approches de la psychologie positive comme de la psychanalyse ? Publiée en 1938, L´Esquisse d´une théorie des émotions fait partie de ces premiers textes fulgurants de Sartre qui témoignent déjà de son génie philosophique et de sa capacité à saisir les enjeux de la psychologie : il y montre la nécessité d´une approche phénoménologique, seule à même de faire comprendre l´essence de l´émotion.

  • Les récentes crises économiques et sociales ont mis en valeur - et peut-être accentué - la profonde crise de confiance que connaît la société française. Celle-ci tend à se fragmenter en communautés, dont l'affichage identitaire s'apparente parfois à une forme de séparatisme qui menace de disloquer le lien social. Cette question est d'autant plus urgente qu'au-delà du vivre-ensemble, c'est le bon fonctionnement et l'existence-même de notre démocratie qui sont en jeu.
    C'est dans cette perspective que l'association Les Voix de la Paix a proposé à trente personnalités publiques de réfléchir aux moyens de changer notre regard sur nos diversités : il importe de ne plus voir nos différences comme des obstacles qui susciteraient la défiance, mais comme une richesse vitale pour la nation. Repenser les fondements de la confiance et ses trois piliers (la compétence, l'honnêteté intellectuelle et la bienveillance) nous permet alors de retrouver ce qui manque aujourd'hui à notre société : la mémoire, le lien et le sens.

  • Lucrèce, philosophe épicurien, est aussi un immense poète. Le paradoxe est que sa poésie semble prendre perpétuellement l´épicurisme à rebours, comme si le poète, chez lui, donnait tort au philosophe - à moins que ce ne fût l´inverse. De la philosophie d´Épicure, la plus lumineuse, la plus douce, la plus sereine, peut-être la plus heureuse de toute l´Antiquité, Lucrèce a tiré le poème le plus sombre, le plus âpre, le plus angoissé, le plus tragique. Cela nous dit quelque chose sur l´homme qu´il fut, certes, mais aussi sur l´épicurisme, sur la philosophie, et sur nous-mêmes. Si nous étions des sages, nous n´aurions pas besoin de poètes. Mais aurions-nous besoin de philosophes ? A. C-S.

  • Homme d'affaires, politicien, animateur de télé-réalité, « artiste » (comme il aime à se définir) : le personnage de Donald Trump est multiple. Cependant, toutes ses facettes se résument en quelques mots : un expert en marketing. Il sait, à l'instinct et sans scrupules, analyser le marché potentiel pour un produit donné, identifier ses cibles (consommateurs ou électeurs), et se positionner afin d'optimiser ses parts de marché (ou le nombre de votes en sa faveur).
    Ce que l'histoire retiendra de Donald Trump, c'est que, le temps d'un mandat, il aura transformé la Maison Blanche, la Bible, sa femme, les Mexicains, les Afro-américains, la communauté LGBTI+, le drapeau des États-Unis, le désarroi d'une classe moyenne en déclin, et la misère crasse d'une classe ouvrière droguée aux opiacés, en outils marketing de conquête du pouvoir.
    Paradoxalement, si de nombreux ouvrages ont été publiés sur ce personnage hors normes, aucun n'a pris Trump a son propre piège : en conduisant une analyse marketing du marketeur.
    L'exercice, pourtant, pourrait être salutaire : Trump n'est ni le premier ni le dernier des populistes ; et une considération rapide des « méthodes com' » utilisées par Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Marine Le Pen, Recep Tayyip Erdogan, ou Viktor Orbán, mettrait à jour de nombreux points communs dans leurs stratégies.
    Cet ouvrage, écrit par un enseignant-chercheur en marketing, tente de combler cette lacune, avec l'espoir que les pièges marketing ici exposés serviront à éviter, dans un pays comme la France, l'accession au pouvoir d'un populisme du même acabit.
    Zeil a reçu un doctorat d'Arizona State University (États-Unis), un MBA de l'Université du Texas à Austin (États-Unis), et un mastère de Grenoble École de Management. Auteur de divers articles académiques sur le comportement du consommateur, il a été enseignant-chercheur aux États-Unis (où il résida durant 16 ans), en France, au Canada, aux Caraïbes, et au Moyen-Orient. Il est l'auteur de Sup de Cons (Éditions de la Différence 2017) et du Manuel d'anti-marketing (Éditions Hermann, à paraître, 2021). Il est directeur général associé d'Alasala College of Business.

  • La politique

    Aristote

    • Hermann
    • 30 Octobre 2019

    Traduction nouvelle, présentée et annotée par Pierre Louis. Première édition de ce texte capital du philosophe grec sous une forme accessible à un large public. Cette traduction, qui n'est jamais littérale, vise à être exacte et lisible ; elle se veut plus conforme à l'esprit qu'à la lettre et met en lumière une modernité parfois surprenante.

  • L'éthique des vertus met l'accent sur les représentations et les affects qui poussent les personnes à agir, au lieu de se focaliser sur les normes et de se borner à énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où les individus comme les États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie. Quel processus de transformation de soi permet d'avoir du plaisir à consommer autrement et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? Celle-ci reposant autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie, il importe aussi de se demander comment articuler le plan individuel et le plan collectif. Enfin, faut-il penser que l'éthique a une dimension universaliste ou souscrire à une approche plus particulariste et contextualisée de la morale ? Telles sont les questions qui réunissent dans ce volume des chercheurs issus de disciplines différentes.
    Gérald Hess est philosophe et juriste, maître d'enseignement et de recherche en éthique et philosophie de l'environnement à l'université de Lausanne.
    Corine Pelluchon est philosophe et professeure à l'université Gustave-Eiffel.
    Jean-Philippe Pierron est philosophe et professeur à l'université de Bourgogne.

  • Nous vivons une époque paradoxale : les extraordinaires progrès scientifiques et techniques des dernières décennies ont bouleversé notre existence, mais, dans le même temps, un fulgurant retour de la barbarie sape nos valeurs laïques fondamentales, héritées des Lumières. Religions et utopies sociales, ces illusions dangereuses constituent la pire malédiction de l'humanité ; elles assaillent notre liberté de penser et de nous exprimer librement. Elles nous imposent leurs critères absolutistes du Bien et du Mal ainsi que leur foi dans un au-delà ou un avenir radieux et chimérique. Leur but est évident : nous empêcher de vivre sereinement et nous priver du bonheur quotidien. Homme ou Dieu ? Raison ou foi ? Plaisir ou ascèse ? Vivre ici et maintenant, ou attendre la vie après la mort ?
    Ce livre très documenté n'en est pas moins un ouvrage grand public : écrit dans un style simple et accessible, il se veut un essai-coup de poing, un pamphlet choc et sulfureux pour nous libérer des fausses promesses et des mensonges qui nous emprisonnent.

  • Comment bâtir une stratégie efficace à l'époque de la désinformation et de la défiance permanentes ? La multiplication des faits alternatifs (fake news), l'hystérisation des débats, l'emprise croissante des dispositifs numériques et le culte de la disruption fragilisent la prise de parole et la capacité d'action des décideurs. L'écosystème médiatique a définitivement basculé dans l'ère du « bûcher des vérités ».
    Pour tous les décideurs et responsables, cela signifie qu'il est temps de changer de logiciel. L'écosystème technologique et idéologique impose des choix iconoclastes qui déjouent les illusions médiatiques, les mirages de la transformation permanente et les écrans de fumée du prêt-à-penser. Plus que jamais, il faut se donner les moyens d'analyser des tendances lourdes, porter un regard lucide sur le monde, définir une vision claire, la verbaliser et la faire partager. La communication est devenue avant tout une quête de sens, d'éthique et de leadership intellectuel.
    Au travers d'exemples empruntés à la politique (Trump, DSK), au sport (Griezmann, Benzema), à la pop culture (Game of Thrones, Batman), à l'univers économique et au digital, ce manuel présente les mécanismes qui régissent nos sociétés de communication, et en analyse les bonnes et les mauvaises pratiques. Mais ce livre n'assène pas des certitudes d'experts : il réfléchit aux moyens à mettre en oeuvre pour réenchanter la parole publique et combattre la défiance commune.
    Xavier Desmaison est président du d'Antidox, groupe de conseil en stratégie de communication. Il préside par ailleurs Civic Fab, une association dédiée à la lutte contre les « fake news » sur internet. Il dispense également des enseignements à Sciences Po Paris.
    Guillaume Jubin est associé fondateur du cabinet de conseil Wemean. Il enseigne à Sciences Po Paris.

  • Hommage aux mots

    Alain Rey

    • Hermann
    • 19 Septembre 2018

    Alain Rey a « passé sa vie à interroger les mots de tous les jours, à les pousser du coude pour éprouver leur résistance, pour savoir ce qu'ils ont dans la peau » (ainsi que le disait Georges Perros à propos des lexicographes).
    Grand artisan du dictionnaire Le Robert et amoureux de la langue française, Alain Rey rend ici un nouvel hommage aux mots à la fois savoureux et érudit : « Faire revivre les mots, grâce notamment à leur usage le plus fort, le plus élevé, qui est littérature et poésie, telle est la tâche de l'artisan, du "tâcheron" - disait le grand Samuel Johnson - qu'est l'auteur de tout dictionnaire, fût-il génial. » (Alain Rey)

  • Résumer l´oeuvre de Freud pourrait sembler une tâche impossible, tant elle est riche et complexe, et tant les articulations entre les ouvrages publiés, les articles, les textes inédits et la correspondance sont nombreuses. Céline Masson et Laurence Guichard ont cependant relevé le défi avec ce manuel, écrit à l´usage de ceux qui veulent lire Freud. Depuis l´Esquisse d´un projet scientifique et De l´interprétation des rêves jusqu´à la correspondance avec Fliess, tout le corpus du père de la psychanalyse entre 1884 et 1905 est ici minutieusement résumé, sans ajout ni commentaire, de manière à faire de ce livre un véritable sésame de l´univers conceptuel freudien. La présentation chronologique de textes rares, le plus souvent épars ou inaccessibles, permet de saisir l´ampleur de la révolution épistémologique accomplie par Freud et témoigne en particulier de la naissance de la métapsychologie. Outil de recherche autant que guide de lecture, cet ouvrage saura répondre aux attentes variées des étudiants, des analystes, des chercheurs ou des curieux.

  • Si la partition du Moyen-Orient, la destruction de la Syrie, les déplacements forcés de populations, les guerres de religion entre musulmans, l'émergence brutale de Daesh... ont engendré un drame insoutenable, ils ont cependant créé de nouvelles conditions politiques, permettant peut-être un règlement futur du conflit israélo-arabe. Les puissances internationales, au grand complet, sont au chevet de la région. L'addition est lourde : il aura fallu en passer par l'effondrement général du monde arabo-islamique avant de reconstruire, peut-être, un monde nouveau.

  • Son nom vient du grec ancien, mais la philosophie n´est pas l´apanage des cultures issues de la Grèce antique. Au contraire, les Grecs eux-mêmes considéraient souvent que la philosophia venait d´ailleurs, et qu´ils n´en étaient pas les

  • Une chambre est un espace d´intimité et de tranquillité, accommodé pour le confort et l´agrément, le sommeil, la détente, le désir. Elle est le cadre habituel de la rêverie, de la prière, de la sexualité, de la récupération de la santé. Mais la chambre est aussi un lieu public, une assemblée, l´endroit où l´on débat, le coeur de la politique. Les textes qui dessinent ici l´architecture de cette chambre rassemblent les grandes étapes d´une aventure de pensée qui commence avec la dialectique, se poursuit avec la déconstruction, se prolonge avec les recherches actuelles sur le cerveau et la plasticité neuronale. À la fin du XXe siècle, le cerveau n´apparaît plus comme un organe dénué de fonction symbolique. Il devient le lieu même de la subjectivité. Quelles conséquences cette prise en compte d´un nouvel objet a-t-elle rétrospectivement sur les discours qui l´ignoraient ? En quoi la conscience de notre cerveau change-t-elle nos façons de lire et de comprendre une réalité qui prend de ce fait une nouvelle ampleur ?

  • Les trois regards qui constituent cet ouvrage abordent l´expérience fondamentale commune qu´est le rire. Chaque auteur montre comment ce phénomène se partage d´une façon universelle et singulière à la fois : il s´agit de voir comment le rire émerge à partir des failles du système défensif propre à chaque structure. Le rire, manifestation vivante et concrète, est ici exploré dans tous ses éclats. Les auteurs évoquent ses modes d´explosion, qui convoquent l´inconscient, ouvrant des brèches, formant des fragments. Le fil interrogateur est celui du rapport entre l´inconscient et le rire, l´un et l´autre étant avant tout l´expression d´une coupure. L´inconscient nous divise, le rire aussi. Être « sujet du rire » ne va pas de soi. Prendre le rire comme sujet ne peut se résumer à se fixer le thème du rire pour objet. Ainsi, l´enjeu principal de cet ouvrage est bien ce qui du rapport à l´objet peut être dévoilé dans et par le rire. Cela passe en premier lieu par l´examen de l´articulation du rire à la langue, du rire à l´Autre du langage. Les auteurs envisagent ensuite l´articulation du rire avec les concepts fondamentaux censés rendre compte de l´inconscient. Bien entendu, ce questionnement est aussi celui-là même que la cure analytique soulève. Enfin, à partir notamment du rire « hors-limite », ils traitent d´une modalité clinique dans laquelle le rire est rarement envisagé : la psychose.

  • La misère morale et matérielle, la souffrance et le maintien dans des conditions humiliantes des réfugiés palestiniens, parqués dans des camps depuis 62 ans, sont intolérables pour la conscience universelle. Victimes de la guerre arabo-israélienne, les 650 000 réfugiés de 1949 sont devenus, en 2011, 4 800 000. Comment se fait-il que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l´ONU, qui s´efforce partout de faire disparaître les populations de réfugiés par leur intégration dans les pays d´accueil, ait pu laisser cette situation dégénérer de la sorte ?
    Plusieurs facteurs expliquent cette tragédie humaine. Le principal relève d´un manquement de l´ONU, qui, par une anomalie juridique et discriminatoire, a créé une agence spécifique pour traiter le problème : l´UNRWA, unique par son statut, avait pour mission de porter assistance aux réfugiés palestiniens dans les domaines de la santé, de l´éducation et des services sociaux. Or, force est de constater que cette agence - qui accorde aux réfugiés palestiniens un statut différent de celui de tous les autres réfugiés du monde - constitue l´une des principales causes de privation des droits les plus élémentaires pour les Palestiniens : droit au travail, à la nationalité, à la propriété et à l´éducation. À son détriment, le peuple palestinien se retrouve ainsi manipulé, et comme pris en otage de la diplomatie internationale.

  • « Penser le désastre » est l´injonction première de la pensée confrontée à l´épreuve de la Catastrophe qui s´abattit sur les Juifs d´Europe durant la période hitlérienne. Penser le désastre, c´est, d´une part, comprendre pourquoi la Shoah a pu se produire dans cette Europe civilisée, pétrie dans l´idéal de la raison humaine et les valeurs du progrès et des Lumières ; et d´autre part, c´est penser la possibilité d´un avenir pour la philosophie. En effet, les penseurs de l´après-désastre ne peuvent faire l´économie de cette interrogation critique et radicale : est-il encore possible de philosopher ? Et si oui, comment faire ? Comment penser philosophiquement ? Walter Benjamin avant l´heure, Theodor Adorno, Max Horkheimer et Emmanuel Levinas ont eu le courage, la force, l´acuité - parfois seulement le désespoir - de penser ce qui s´était passé. Mus par l´indignation et le désir de témoigner, ils ont ressenti l´urgence de confronter leur pensée avec le cri d´agonie des morts d´Auschwitz.

  • Qu´est ce qui justifie des normes comme « Tu ne tueras point » ou « Nul ne peut être soumis à la torture » ? C´est autour de cette question que se sont constituées les trois grandes théories morales : l´éthique des vertus (inspirée d´Aristote), l´éthique

  • Bonnets, écharpes et manteaux permettent-ils d'éviter les rhumes ? Autrement dit, peut-on « attraper froid » ?
    À partir de la croyance que le froid peut causer un rhume, Maël Lemoine interroge ici avec humour et impartialité nos comportements et nos idées reçues en matière de santé. Quels sont les véritables effets du froid sur l'organisme ? Est-il prouvé que le rhume est dû à un virus, ou bien avons-nous raison de penser qu'il peut aussi être provoqué par le froid ?
    Ce livre bref au ton léger donne les clés pour comprendre ce que peuvent et ne peuvent pas les sciences médicales. Surtout, il apporte enfin la réponse à cette question fondamentale : puis-je marcher pieds nus sur le carrelage sans attraper la crève ?

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