Littérature générale

  • La religieuse

    Denis Diderot

    • Hermann
    • 1 Janvier 1975

    L'idée de la première édition scientifique et critique des OEuvres complètes de Diderot est née en 1958, lors de l'acquisition par la Bibliothèque nationale du fonds Vandeul. Ce riche ensemble de manuscrits provenant de la fille de Diderot, resté presque inexploité, fut sauvé par Herbert Dieckmann, professeur à l'université de Harvard. Aucun éditeur français n'ayant manifesté d'intérêt pour une entreprise d'une telle envergure, Julien Cain, alors directeur des Bibliothèques de France, fit appel à Pierre Bérès pour créer, en 1964, un Comité national d'édition des oeuvres de Diderot où figuraient André Chastel, Herbert Dieckmann, Jean Fabre, René Pomeau, Jean Pommier, Gaëtan Picon et Jean Seznec. Une équipe internationale fut constituée sous l'impulsion d'Herbert Dieckmann et de Jean Fabre, réunissant plus de soixante spécialistes, chercheurs et universitaires français, américains, italiens, allemands, danois, etc. En 1975 parurent les trois premiers volumes des OEuvres complètes, désignées désormais sous le sigle DPV du nom des membres fondateurs du Comité de publication : Herbert Dieckmann, Jacques Proust et Jean Varloot. Après la publication du tome XX, l'édition connut des années difficiles dues, pour l'essentiel, aux problèmes particulièrement ardus posés par les oeuvres de la dernière période. Leur résolution doit beaucoup à la mise en place d'un nouveau comité réunissant des chercheurs qui ont une responsabilité directe dans les volumes à paraître : Roland Mortier, Bertrand Binoche, Geroges Dulac, Gianluigi Goggi, Sergueï Karp et Didier Kahn. La relance de l'édition se manifeste par la publication, à l'automne 2004, du tome XXIV, prélude à celle des derniers volumes prévus dans toutes les années suivantes. Établie à partir des manuscrits, des premières éditions et des révisions de l'auteur, l'édition des OEuvres complètes réunit, pour chaque oeuvre, les différentes étapes de la réflexion de Diderot et le meilleur texte. Un important appareil critique de variantes et d'élucidations fournit les données indispensables à l'étude. Le plan général adopté présente l'oeuvre dans son ordre chronologique, au sein duquel sont introduits quelques groupements originaux qui éclairent la continuité des thèmes du philosophe et de l'écrivain : idées, fiction, critique, beaux-arts, encylopédie. Pour faciliter la lecture, l'orthographe a été modernisée. La collection comporte trente-trois volumes, imprimés sur papier vélin en monotype Bembo et reliés en toile sous rhodoïd, avec tranchefile et tête dorée. Le tirage est strictement limité à deux mille exemplaires. Les volumes sont vendus soit sous forme de souscription à la collection complète, soit à l'unité.

  • Les bijoux indiscrets

    Denis Diderot

    • Hermann
    • 1 Janvier 1978

    L'idée de la première édition scientifique et critique des OEuvres complètes de Diderot est née en 1958, lors de l'acquisition par la Bibliothèque nationale du fonds Vandeul. Ce riche ensemble de manuscrits provenant de la fille de Diderot, resté presque inexploité, fut sauvé par Herbert Dieckmann, professeur à l'université de Harvard. Aucun éditeur français n'ayant manifesté d'intérêt pour une entreprise d'une telle envergure, Julien Cain, alors directeur des Bibliothèques de France, fit appel à Pierre Bérès pour créer, en 1964, un Comité national d'édition des oeuvres de Diderot où figuraient André Chastel, Herbert Dieckmann, Jean Fabre, René Pomeau, Jean Pommier, Gaëtan Picon et Jean Seznec. Une équipe internationale fut constituée sous l'impulsion d'Herbert Dieckmann et de Jean Fabre, réunissant plus de soixante spécialistes, chercheurs et universitaires français, américains, italiens, allemands, danois, etc. En 1975 parurent les trois premiers volumes des OEuvres complètes, désignées désormais sous le sigle DPV du nom des membres fondateurs du Comité de publication : Herbert Dieckmann, Jacques Proust et Jean Varloot. Après la publication du tome XX, l'édition connut des années difficiles dues, pour l'essentiel, aux problèmes particulièrement ardus posés par les oeuvres de la dernière période. Leur résolution doit beaucoup à la mise en place d'un nouveau comité réunissant des chercheurs qui ont une responsabilité directe dans les volumes à paraître : Roland Mortier, Bertrand Binoche, Geroges Dulac, Gianluigi Goggi, Sergueï Karp et Didier Kahn. La relance de l'édition se manifeste par la publication, à l'automne 2004, du tome XXIV, prélude à celle des derniers volumes prévus dans toutes les années suivantes. Établie à partir des manuscrits, des premières éditions et des révisions de l'auteur, l'édition des OEuvres complètes réunit, pour chaque oeuvre, les différentes étapes de la réflexion de Diderot et le meilleur texte. Un important appareil critique de variantes et d'élucidations fournit les données indispensables à l'étude. Le plan général adopté présente l'oeuvre dans son ordre chronologique, au sein duquel sont introduits quelques groupements originaux qui éclairent la continuité des thèmes du philosophe et de l'écrivain : idées, fiction, critique, beaux-arts, encylopédie. Pour faciliter la lecture, l'orthographe a été modernisée. La collection comporte trente-trois volumes, imprimés sur papier vélin en monotype Bembo et reliés en toile sous rhodoïd, avec tranchefile et tête dorée. Le tirage est strictement limité à deux mille exemplaires. Les volumes sont vendus soit sous forme de souscription à la collection complète, soit à l'unité.

  • Genet à Tanger

    Guillaume de Sardes

    • Hermann
    • 29 Août 2018

    Début des années 70. Couché sur le dos, Jean Genet est dans son grand lit de l'hôtel Minza, en pyjama. Il est petit, la soixantaine passée, ni laid, ni beau : une calvitie, un nez écrasé de boxeur, de petits yeux un peu trop rapprochés. Il a un bras sous la tête, l'autre le long du corps. Sa main est posée à plat sur le matelas. Tenue entre l'index et le majeur une cigarette fume, traçant dans l'air immobile un serpent blanc. À côté de lui, un livre ouvert de Gérard de Nerval et un journal froissé. La lumière filtre à travers les persiennes. Genet regarde le jeu du soleil sur le plafond blanc de la chambre. La voix égale du muezzin récite la prière de la mi-journée (adh-dhouhr). Sa voix flotte comme un fil d'or, Genet l'écoute, immobile. Il est à Tanger. Il n'écrit plus depuis des années. Il ne cherche qu'à meubler le poids de ces heures vides. Mais peut-être l'essence même de la littérature est-elle l'attente ?

  • Mon espagne - or et ciel

    Florence Delay

    • Hermann
    • 6 Février 2008

    Ce livre redonne à la littérature espagnole toute sa place dans l´histoire littéraire européenne. Il s´agit d´une véritable remontée dans le temps, de Federico Garcia Lorca à Calderón, de la guerre d´Espagne au Siècle d´or, avec, au centre de ce voyage, la figure lumineuse de José Bergamín, en « passeur ». L´Espagne apparaît soudain à portée de main. Une Espagne « or et ciel » que, très tôt, Florence Delay eut l´impression de toucher presque du doigt, quand l´enfant qu´elle était la voyait scintiller depuis les plages du Sud-Ouest de la France.

    En conjuguant sa passion pour le théâtre, la poésie et l´Espagne, ou encore en descendant dans l´arène de l´interprétation des textes, Florence Delay retrace ici, à travers quelques-uns des épisodes personnels de sa vie, le chemin qui l´a menée aux écrivains qu´elle aime, lit, relit, traduit.

  • Dans À la Recherche du temps perdu, toutes les rencontres sont possibles, et tout compte, comme dans les rêves. La proximité des objets du monde produit la ressemblance, et le désir est glissement inextinguible. L´à côté, dans la perception proustienne, produit juxtaposition et contamination, et abolit tout cloisonnement à l´intérieur de l´expérience.
    La suite de lectures qui forme ce livre met en évidence les rapports entre théorie et fascination, entre désir et profanation, mais aussi les illuminations qui préparent l´écriture du grand livre, les lieux, figures concrètes de l´espace, et encore l´évolution de l´idée du mal, et la centralité transgressive du sommeil.
    Qui écoute Proust part à la recherche, et s´efforce de transmettre les saisies, les étapes et les surprises de la poursuite.

    Jacqueline Risset a traduit La Divine Comédie de Dante (5e édition 2007) et publié divers livres de poèmes et d´essais, parmi lesquels Puissances du sommeil, Les Instants, Traduction et mémoire poétique.

  • Fleurs

    Philippe Sollers

    • Hermann
    • 1 Janvier 2006

    " Que dit le lys ? la rose ? la tulipe ? le lilas ? le mimosa ? l'oeillet ? Ou bien, plus à l'Est, le lotus ? Quels drames, quels secrets, quels parfums ?
    Quel sang, dans l'ombre ? " On se propose, à partir d'un artiste et d'un botaniste trop peu connu, Gérard Van Spaendonck (1746-1822), de découvrir le continent des fleurs tel qu'il est apparu au dix-huitième siècle. Les fleurs étaient là de tout temps, bien entendu, mais leur mise en lumière encyclopédique, leurs noms, leur dessin, surgissent alors sur soie et sur vélin, avec une précision et une délicatesse inouïes. Spaendonck, au Jardin des Plantes de Paris, a eu des élèves, dont le célèbre Pierre-Joseph Redouté. Ces hommes ont vu s'ouvrir à la fois la nature florale et sa représentation. Ils en ont vécu l'éclosion et le geste qui la prolonge. Leur prodigieux et silencieux travail a traversé la Révolution et la Terreur. Il vient maintenant vers nous comme un signe renouvelé de beauté, de vivacité, de diversité, de fraîcheur. Voici la langue des fleurs.

    Il s'ensuit une libre improvisation à travers la poésie, la littérature, la peinture (sans oublier la métaphysique et la théologie), où ce langage se montre dans toutes ses dimensions symboliques, amoureuses, érotiques. L'auteur de ce petit livre suit sa rêverie et son, inspiration du moment. Il revisite Dante, Ronsard, Shakespeare, Rousseau, Baudelaire, Rimbaud, Mallarmé, Proust, Colette, Ponge ou Genet.

    " La rose est sans pourquoi ", dit Angélus Silesius. Nous vivons désormais sous la dictature du pourquoi et de sa dévastation quotidienne planétaire. Mais les fleurs, par-delà le Bien et le Mal, persistent malgré le bruit, l'oubli, la fureur, les cendres. Un bouquet, ici les rassemble : les fleurs sont des mots, les mots sont des fleurs.
    Philippe Sollers

  • Si Hitler et sa politique criminelle avaient triomphé durant la Seconde Guerre mondiale, le public n'aurait jamais plus eu accès aux écrits de Thomas Mann et aux oeuvres de compositeurs aussi célèbres que Félix Mendelssohn, Gustav Mahler, Kurt Weill ou Arnold Schönberg. Le national-socialisme en interdit la publication, l'enregistrement, la radiodiffusion et l'exécution parce qu'ils émanaient d'écrivains et de musiciens juifs ou d'avant-garde. Les quatorze contributions constituant Déracinements racontent - ou évoquent - le sort terrible, parfois tragique, de ces artistes contraints à l'exil en France, aux États-Unis et ailleurs, quand ils ne furent pas déportés et assassinés à Sobibor comme Alfred Tokayer.

    Cette galerie de destins permet de relater une histoire de la musique du vingtième siècle bien différente des idées reçues. On y rencontre notamment des personnalités légendaires comme Artur Schnabel ou Theodor W. Adorno, ainsi que Norbert Glanzberg (l'auteur de la célèbre chanson Padam, Padam ! écrite pour Edith Piaf), Salvador Bacarisse (réfugié à Paris pour échapper à la répression franquiste) ou Aldo Finzi (espoir de la musique italienne encouragé par Toscanini et victime de la violence antisémite du Troisième Reich).

    Avec des contributions de Juan Allende-Blin, Emil Brix, Amaury du Closel, Albrecht Dümling, Alfred Grosser, Werner Grünzweig, Frank Harders-Wuthenow, Christiane Heine, Philippe Olivier, Birger Petersen et Gian Paolo Sanzogno.

  • Ces dernières années, les super-héros ont envahi nos écrans de cinéma et semblent durablement installés dans l'univers de la culture populaire : cette nouvelle génération, portée essentiellement par le groupe Marvel, est née en 1961 avec notamment la création des Fantastic Four. Ces personnages tranchaient sur les Batman et Superman de la génération précédente par leur plus grande humanité et leur plus grande fragilité. Les jeunes lecteurs ne s'y trompèrent d'ailleurs pas et le succès des super-héros de « l'âge d'Argent » (1961-1973) a tenu au fait que ceux-ci « disaient quelque chose » sur la société des années 1960 et 1970 mais nous disent-ils encore quelque chose aujourd'hui sur ce que nous devenons ?
    Objets littéraires, les histoires de super-héros tiennent des contes d'antan et des récits mythiques mais également de la littérature populaire apparue aux 19e et 20e siècles. Objets sociologiques, ils nous informent sur les rêves et les tabous d'une société, sur notre rapport à la science et notre vision de l'individu dans la société contemporaine.

  • Ce livre est l´histoire d´un cheminement à travers des idiomes qui sont autant de formes, de rythmes, de noms, dans la multiplicité des questions posées pour dire ce qu´est l´impatience des langues. Ce cheminement philosophique va de la patience du concept à l´impatience de son refus. Il est comme l´incessant recommencement du « refus de la patience du concept » dans l´entrelacs de langues aussi prometteuses que menaçantes, puisqu´elles accueillent l´aléatoire du temps tout en demeurant exposées à la ruse exorbitante du concept. Sur le chemin de l´impatience des langues, des questions se pressent. Y a-t-il un temps de la politique ? À quels usages des langues et de leurs entre-traductions est assigné ce temps ? Peut-on penser une justice sans destin et sans téléologie ? Pourquoi et comment l´amour vient-il faire effraction dans ces mouvements ? La mémoire oublieuse et infidèle est-elle une condition du partage et de la promesse ? Et le messianisme, pourquoi en parler aujourd´hui ? Quelles langues, pour quelle éthique ?

  • Cet essai est la première tentative d´expliquer le mouvement lettriste et ses réalisations dans sa relation aux multiples mouvements d´art survenus après la guerre. Le lettrisme promu par la personnalité géniale d´Isidore Isou, son fondateur, s´annonce comme la dernière avant-garde légitime et prometteuse, après l´écroulement du Surréalisme. For t de ses concepts originaux - L´Art imaginaire, l´Art supertemporel, la poésie sonore... le lettrisme aura une fonction d´anticipateur à l´aune de l´exploitation esthétique de mouvements divers (Situationnisme, Happening, Fluxus ...). Lettrisme - le bouleversement des Arts devient une expérience de lecture incontournable pour celui qui veut enrichir ses connaissances dans le domaine de l´Art moderne et contemporain.

  • Qu´en est-il des oeuvres innombrables qui ont existé et n´existent plus ? Ces oeuvres perdues gardent parfois une pâle présence. Explorer la perte, c´est prendre en considération ce qui subsiste à peine et pourtant a pleinement existé, les débris, les fragments, les ruines, les conceptions englouties, les productions abandonnées, les restes presque oubliés. Pour nous, perdre est un phénomène nourri d´exemples et de cas. C´est à travers des histoires de perte, aussi bien anecdotes historiques que vignettes légendaires, que nous essayons d´avoir prise sur ce qui manque. Et ces historiettes innombrables, toujours dramatiques, souvent répétitives, sont aussi le matériau imaginatif qui permet d´explorer la face sombre de la mémoire. Les épisodes et les exemples se concentrent sur lemoment dramatique de la perte qui a failli avoir lieu, ou qui a malgré tout eu lieu. Ou bien, au contraire, sur les redécouvertes et les retours d´intérêt qui abolissent triomphalement l´oubli précédent. Ces anecdotes mêlent les violences réelles, les destructions mythiques, les altérations multiples du faux et les dégâts profonds dus à l´indifférence. Par elles, l´imagination de la mémoire s´empare du destin obscur qui est à l´horizon des oeuvres.

  • L'expérience narrative

    Jean-Pierre Faye

    • Hermann
    • 13 Octobre 2010

    L´expérience narrative est ce qui enveloppe chaque moment, ce qui devient événement. Expérience et récit sont conjugués dans la même fonction histoire. La question a été posée : est-ce que Ernst Ju¨nger, pendant la guerre mondiale, a entendu le récit lui

  • L´oeuvre d´Emmanuel Levinas est depuis quasiment son commencement et jusqu´à ses ultimes écrits caractérisée par la quête d´une phénoménalité défective, échappant à toute représentation. La nouvelle voie dont parle Levinas consistera à déborder les perspectives de la métaphysique humaniste, à prendre le risque de remettre en cause l´enracinement de l´humain dans la profondeur de l´être. Rien de moins donc que l´aspiration à une pensée de l´extériorité irréductible de la séparation et du face-à-face, s´efforçant de trouver une orientation, une sortie de l´être vers un Dire accordé aux commandements inouïs d´autrui.
    Cinquante ans après la publication de Totalité et Infini, il nous a semblé pertinent de proposer des lectures et interprétations croisées de ce très grand livre d´Emmanuel Levinas, qui fut le premier dans le paysage intellectuel de l´époque à élaborer une pensée, voire une théorie de la subjectivité face à l´autre présupposant toujours le surgissement et l´interpellation de la parole qui vient rompre l´économie immanente du Même.

  • Penser la psychiatrie sans le corps est une démarche d´exclusion épistémologique dont l´actualité témoigne. En s´éloignant des dispositifs thérapeutiques que la psychiatrie avait acquis, un tabou du corps s´est progressivement installé. Le franchir, c´est lever le silence sur l´enfermement, repenser la psychopathologie dans son rapport entre psychanalyse et psychiatrie, repenser le corps comme « objet parleur ». C´est ainsi reprendre la question du tranfert dans la psychose avec la notion d´image du corps, lieu dans lequel se dépose l´histoire d´un sujet avec les autres. En explorant les nombreux travaux d´approche du corps en pédo-psychiatrie, l´ouvrage reprend largement la question du transfert en institution en référence aux pratiques de Tosquelles, Oury, Racamier, Resnik... Ce livre est aussi un défi contre une forme d´angélisme psychanalytique qui réhabilite à ses dépens le partage instauré entre la médecine propriétaire du corps et la psychanalyse de la lettre.
    Pierre Delion refonde une psychiatrie politique renouvelée. Pierre Delion est professeur de pédospychiatrie à la faculté de médecine de Lille 2, chef du service de pédopsychiatrie au CHRU de Lille et psychanalyste.

  • En étendant le concept d´ « oeuvre » du signe à la connaissance,Gilles-Gaston Granger a su redéfinir l´activité philosophique. En effet, selon lui, un « fait épistémologique » n´est pas seulement un « fait de science » ; il concerne non seulement le devenir de la science mais également la vie humaine dans son ensemble. L´enjeu de son travail a donc été avant tout de définir la tâche et les objectifs de la « discipline philosophique », notamment dans son rapport à l´histoire des sciences et au concept de science, car, comme il le démontre, « le scientifiquement connaissable dépend exclusivement des déploiements de la pensée formelle ». Granger a ainsi fait porter sa réflexion sur l´émergence du formel à partir de la théorie aristotélicienne de la science, tout en renouvelant sous le nom de « topique comparative » une méthode dont le spectre, couvrant l´histoire de la géométrie depuis Euclide, s´étend jusqu´à Russell et Carnap. S´appliquant également à la linguistique et aux sciences humaines, sa pensée contraste ainsi avec la démarche exclusivement historique de son prédécesseur au Collège de France, Martial Guéroult.

  • Félix Mendelssohn

    Olivier-P

    • Hermann
    • 5 Février 2009

    Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) est l´un des compositeurs romantiques les plus célèbres. Membre d´une famille s´étant fait un nom dans le secteur bancaire, le musicien des Romances sans paroles est une véritable icône culturelle en Allemagne. Converti au protestantisme, il devint le symbole d´une assimilation réussie. Pourtant, Mendelssohn- Bartholdy fut considéré par le régime nazi comme un artiste « dégénéré » et fut de fait victime de la brutale répression culturelle. Cet essai présente la personnalité singulière de ce musicien d´exception : pianiste, organiste, directeur de l´Orchestre du Gewandhaus de Leipzig, auteur d´oratorios célèbres comme Elias et Paulus où se croisent les enseignements de l'Ancien et du Nouveau Testaments, Mendelssohn-Bartholdy est un personnage multiple, hanté par plusieurs traditions culturelles que l´on retrouve dans ses oeuvres.

  • Différence et identité

    Rueff-M

    • Hermann
    • 3 Juillet 2009

    Les questions des spécialistes de la poésie ne sauraient être étrangères au public le plus large. J´ai voulu mettre face à face ceux qui ont fini par se tourner le dos : les poètes et leurs lecteurs professionnels, chagrins de la désaffection du grand public, le grand public, irrité de la difficulté des propositions de la poésie contemporaine. Je me suis demandé pourquoi l´art moderne avait réussi à imposer ses visions et pas la poésie. En consacrant une étude à Michel Deguy, je me suis donc proposé de procéder comme un critique d´art. Je me suis demandé ce qui faisait la singularité de Michel Deguy. J´ai trouvé que sa poésie et sa poétique rencontraient la question qui a dominé la pensée et l´existence depuis une bonne cinquantaine d´années : celle du rapport de l´identité et de la différence. J´ai compris que la « question » du rapport poésie et philosophie était mal posée.

  • Une littérature de possession, d'envoûtement, de hantise. Ceux qui vivent ces histoires se sentent envahis, pillés, captés, affaiblis par quelqu'un, par quelque chose d'autre. Le présent ouvrage explore cette expérience de la possession quand elle croise la littérature, à travers l'oeuvre de trois écrivains : Guy de Maupassant, Antonin Artaud et Maurice Blanchot. L'événement total de la possession exige l'invention, la rigueur, la technique, l'érudition tout ensemble. D'authentiques révélations textuelles peuvent alors se produire. Maupassant, écrivain surnaturaliste, s'avère un implacable analyste de la perception et de l'être extraordinaires. Face à l'ensorcellement généralisé du monde, Artaud se condamne à et dans la littérature. Le désaccord entre les essais et les romans ou récits de Blanchot le rend partiellement à la phénoménologie. Avec l'altération absolue des individus, les accointances entre philosophie et littérature sont significatives leurs limites aussi. En plus de la philosophie, sont privilégiées ici la psychiatrie et la critique réfléchie. Oui, la possession est proprement un enjeu pour la critique littéraire : par les textes, elle désigne un mode de lecture, et l'empathie d'une parole enthousiaste. À chaque fois, les oeuvres sont traversées par d'autres, emportées par la lecture, hantées par la possession.

  • Dante et beckett

    Jean-Pierre Ferrini

    • Hermann
    • 30 Octobre 2019

    Samuel Beckett n'a cessé de lire Dante depuis ses années d'étude à Dublin jusqu'à sa mort, en 1989. Sa lecture n'est pas critique : elle est une source, une énergie qui apparaît, disséminée dans ses livres, avec une régularité exemplaire. Dans le dessin de Botticelli qui illustre le chant IV du Purgatoire, Virgile, appuyé solidement sur sa jambe droite, ébauche le chemin à suivre. Sa main levée pointe le sommet de la montagne du Purgatoire et, au-delà, le Paradis de Béatrice. Dante, dont le corps repose sur le pied gauche, regarde, semble-t-il, Belacqua, le négligent de l'Antipurgatoire, que l'on distingue prostré devant quatre corps nus. Il est assis, les genoux entre les bras, dans cette posture qui retiendra durablement Beckett. Béatrice absente,Virgile qui indique le sens de la montée, Dante encore indécis et Belacqua tout à soi-même - telle est la conjonction qui coordonne la souveraineté de ces deux noms, Dante et Beckett. La lecture de Beckett opère un déplacement de la Divine Comédie. Les coups et les cris que Dante entend derrière la porte de son Enfer ne finissent pas. Ni le Purgatoire ni le Paradis ne peuvent les apaiser. Ô frère, dit Belacqua à Dante, monter là-haut, qu'importe ? Une question qui traverse ce livre, comme les deux pôles d'un méridien, et qui renouvelle notre lecture de Beckett. Bien que de nombreuses études aient déjà traité du rapport entre Dante et Beckett, aucune encore n'a proposé un inventaire exhaustif des emprunts de l'un à l'autre ni abordé dans son ensemble cette seconde grande influence, la première étant celle de James Joyce.

  • L'imagénétion créatrice n'est pour Saint-John Perse ni une « puissance trompeuse » ni une fuite dans un ailleurs imaginaire : elle permet d'explorer les profondeurs psychologiques de l'individu et l'infinie variété des hommes « en leurs voies et façons ». L'imaginition est une faculté libératrice, elle relie l'individu aux puissances de la nature et à la communauté des hommes. Aussi le motif d'attribution du Prix Nobel de littérature à Saint-John Perse en 1960 pourrait se résumér par ces mots : « cette imagination au déploiement magistral est sa force ». Les poèmes, par des analogies ouvertes, des images saisissantes et un rythme puissant, accroissent le désir de vivre, l'exigence intellectuelle, l'émerveillement face au réel et l'amour du monde. Confrontée à l'évolution scientifique du vingtième siècle et au « très grand désordre » de l'histoire, la poésie se dote « d'un peu de magie pour s'éclairer elle-même à la frontière de l'insaisissable ». C'est sur la dimension créatrice et poétique de l'imagénétion que Colette Camelin concentre son attention dans ce livre. « L'inertie seule est menaçante. Poète est celui-là qui rompt pour nous l'accoutumance ». Saint-Jonh Perse (1887-1975)

  • Adulé, Serge Lifar (1905-1986) a été le premier danseur très médiatique. Fort de l´aura des Ballets russes, il a insufflé un nouvel esprit à l´Opéra de Paris où il fut maître de ballet. Cet exilé, enfant de Kiev, devient une figure mondaine, ami de Jean Cocteau, Paul Valéry ou Arthur Honegger, capable de provoquer en duel le Marquis de Cuevas. Il a souhaité incarner la France, son pays d´accueil, grâce à son art. Ses activités maintenues sous l´Occupation lui valurent une éclipse. Chorégraphe, théoricien, auteur prolifique, conférencier, Lifar a promu son art dans le monde entier. N´oubliant jamais sa communauté, il a néanmoins trouvé un ancrage dans un domaine sans frontières, la danse. Il est malaisé de rendre compte d´une personnalité si riche, complexe et chatoyante. Il fallait le talent, la rigueur et la sensibilité de Florence Poudru, pour y parvenir. Cette biographie au style alerte est le fruit d´un travail au long cours, de Lausanne à Paris. Enrichie de documents iconographiques inédits, elle est appelée à devenir l´ouvrage de référence.

  • Lorsque Loïe Fuller arriva à Paris, en 1892, elle était encore inconnue. Qui aurait alors pu deviner qu'elle allait révolutionner la danse, connaître le succès et la gloire, inspirer les plus grands sculpteurs de son temps, les plus grands peintres, de Rodin à Toulouse-Lautrec ? Si une vie peut être qualifiée d'extraordinaire, c'est bien la sienne : née aux fins fonds de l'Illinois, cette américaine replète est devenue l'intime de la Reine de Roumanie. Il suffit de lire les réactions qu'elle suscitait pour comprendre à quel point ses danses étaient fascinantes : « Voilà la grande attraction du moment. C'est Miss Fuller, cette Américaine qui tourbillonne sous la lumière électrique et fait flotter autour d'elle comme des ailes de papillon, des calices de fleurs ou des nuages irisés, les longs plis de sa robe traînante. [...] Elle est supérieure à la vie même. »

  • La correspondance d´Ivan Tourguéniev avec Louis Viardot (1844-1881), inédite en France, est placée sous le sceau d'une fraternité authentique. On découvre en Louis Viardot, mari de Pauline Garcia, la diva de son temps, qu´il adore et qu´il laisse adorer par son « frère » russe, l´humaniste comme lui ouvert aux préoccupations d´un XIXe siècle en maturation (les droits de l´Homme, les États-Unis d´Europe), mais aussi à celles de notre XXIe siècle en matière d´amour libre. À partir de ce postulat, s´éclaire l´énigme sur la relation mystérieuse et sentimentale entre un homme apparemment effacé, un érudit polygraphe injustement oublié, et un célèbre écrivain, Russe jusqu'au bout des ongles, qui a transposé son nid à Bougival, à la demande de Louis.

  • Diderot, qui n'a cessé de s'interroger sur la nature des événements et sur les limites du langage, a fini par produire une philosophie des singularités dans laquelle la question du moi occupe une place importante. Cette aventure intellectuelle et artistique constitue l'objet du présent essai. Trois questions l'organisent : Comment dire les singularités ? Qu'est-ce que le moi selon Diderot ? Quel rôle jouent les fictions et la création littéraire dans cette exploration du monde humain ? On découvre ainsi un penseur attentif à la variété des expériences et soucieux de ne pas trahir le réel. Paradoxalement, cette exigence le conduit à inventer des fictions d'un type particulier, comme Jacques le fataliste, Le Neveu de Rameau ou Le Rêve de D'Alembert. C'est précisément pour définir cette catégorie d'oeuvres que Franck Salaün a forgé le concept de fiction pensante.
    Nouvelle édition revue et augmentée.

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