Littérature traduite

  • Les textes traduits ici proviennent tous des Journaux et notes de jeunesse de Gershom Scholem. Ils ont été écrits entre 1917 et 1919. Réformé pour raisons « psychiatriques », Scholem rend souvent visite à Benjamin à Berne, et, à son contact, cherche à développer une conception du langage, et, notamment, du langage biblique, à l´occasion des traductions qu´il fait de certains cantiques de lamentation. On trouve ainsi un écho direct de ses discussions avec Benjamin, sur la « justice divine » comme sur la notion d´« expérience vécue » dont Buber est, du côté juif, avec Rosenzweig, le principal représentant. À cette « expérience », Scholem veut opposer la position qu´il adoptera définitivement, celle du philologue-historien. Dans cette perspective, il esquisse une conception du temps où le prophétisme et le messianisme jouent un rôle de premier plan, ce que montre son commentaire du prophète Jonas.

  • Memoires

    Diaghilev-S

    « J´appris que, lors de la mise en état de la tombe de Pouchkine, il s´était produit un glissement partiel du sol sablonneux de la colline, qui avait découvert un coin du cercueil. Je me précipitai vers la tombe et, en effet, là où la colline de sable avait cédé, j´aperçus un coin du cercueil sacré. Je l´entourai de mes bras et le baisai pieusement ; j´en arrachai même un débris de quelque chose qui me parut avoir été jadis un galon de passementerie... » Les Mémoires de Diaghilev sont pleins d´anecdotes, souvent légères et drôles, sur les ballets russes, la cour de Russie et les personnalités du Tout-Paris. Le lecteur y croisera des grands-ducs, le tsar Alexandre III, les membres de la famille Pouchkine, Aristide Briand et des barytons ivres. L´intérêt de ces Mémoires ne se résume cependant pas aux savoureuses descriptions que Diaghilev fait de « la société des snobs ». Les musicologues y trouveront d´importantes informations sur des compositeurs comme Massenet, Stravinsky, Tchaïkovsky, Rimski-Korsakov, etc., ou des chanteurs, tels Tamagno ou Chaliapine. Enfin, ces Mémoires, qui jusque-là étaient restés inédits, permettront aux esthètes de tout bord de mieux apprécier l´extraordinaire personnalité de celui qui, il y a tout juste cent ans, stupéfia la France avec ses concerts de musique russe.

  • Le thème de la religion occupe une place importante dans la philosophie politique de John Rawls, qui veut montrer comment des personnes aux croyances inconciliables peuvent néanmoins vivre ensemble dans une société juste. Deux textes découverts après la mort du philosophe (introduits ici par Robert Adams, Joshua Cohen et Thomas Nagel) apportent un éclairage nouveau sur cet aspect de son oeuvre. Le premier, Une brève enquête sur la signification du péché et de la foi, est un essai de théologie morale, rédigé en 1942, alors que le jeune Rawls envisageait la prêtrise. Affirmant la nature communautaire des personnes, il y définit le péché comme le rejet de la communauté et récuse toute vision de la société comme contrat. Le second, Sur ma religion, est un court texte personnel rédigé cinquante ans plus tard, qui retrace l´évolution religieuse de Rawls et son éloignement du christianisme suite à sa participation à la Deuxième Guerre mondiale.

  • Qu´y a-t-il de commun entre le traitement de l´anorexie, le coaching en entreprise, l´aide aux réfugiés palestiniens et l´accompagnement des survivants du génocide Rwandais ? Réponse : l´approche narrative. Fondée sur la construction de récits alternatifs, la mise à distance des histoires de problèmes et sur la restauration du lien entre les personnes et les communautés, cette approche se développe très rapidement dans le monde entier et est apparue en France depuis six ans. Écrit dans un langage clair et authentique par l´une des meilleures praticiennes australiennes, cet ouvrage explique pas à pas en quoi consistent les pratiques narratives, leurs fondements théoriques, les méthodes qu´elles utilisent et sur quels mécanismes se fonde leur extraordinaire potentiel. Ce petit livre est le premier pas idéal vers la découverte d´une nouvelle dimension de l´accompagnement. Alice Morgan adore travailler en thérapie avec les familles, écrire, et enseigner. Elle a longtemps travaillé avec Michael White et est membre de l'équipe enseignante de la Dulwich Center Teaching Faculty. Son livre "Qu'est-ce que l'approche narrative ?" a rencontré un grand succès et a été traduit en huit langues.

  • In vivo explore des questions fondamentales et des moments cruciaux de l'existence humaine - l'entrée en interaction avec une culture étrangère, la décision de se sortir d'une condition de vie routinière ou malheureuse, une action généreuse posée dans un contexte quotidien ordinaire - en fonction de leur potentiel de transformation de l'existence. En recourant à des illustrations tirées de la vie réelle et d'oeuvres de fiction, Gabor Csepregi révèle le rôle primordial des sentiments personnels dans le façonnement de la vie humaine et démontre le pouvoir formateur de la spontanéité en dehors du contexte traditionnel de l'éducation formelle. Ces moments, et notamment la façon dont ils perturbent l'ordre temporel ordinaire constituent des expériences vécues de notre vitalité.
    «?Recourant à un langage clair et précis, In vivo captivera les philosophes et les intellectuels. Csepregi engage un dialogue entre diverses traditions, faisant appel aux meilleurs courants de plusieurs philosophies pour développer un point de vue unique?».
    Gaëlle Fiasse, Université McGill

  • « Quel sens donner au fait que toute connaissance - qu´il s´agisse de notions théoriques ou d´acquis pratiques - ne constitue que notre connaissance ? » Comment parler de Vérité, lorsque tous les « savoirs » humains se révèlent être éphémères, composites

  • La démocratie libérale est souvent présentée comme un régime contradictoire, pris entre le souci de protéger les droits individuels des citoyens et la souveraineté du peuple. Corey Brettschneider réfute cette conception et explique que droits et souveraineté, loin de se contredire, sont cooriginaires. Ainsi, c´est en tant qu´auteurs et destinataires de la loi que les citoyens ont des droits fondamentaux. L´idéal démocratique ne renvoie donc pas simplement à un ensemble de procédures, mais également à des valeurs cardinales : l´égalité des intérêts, l´autonomie politique et la réciprocité.
    À partir de ces valeurs de la démocratie et de l´étude de cas concrets, Brettschneider met en évidence les droits dont doivent jouir les membres du peuple souverain. Pour être légitime, une démocratie doit, par exemple, reconnaître à tous les citoyens un droit à la vie privée, respecter le droit des condamnés à ne pas être exécutés, et assurer un niveau élémentaire de protection sociale pour tous, sans lequel le droit à la propriété privée ne saurait être justifié. Comme le souligne Charles Larmore, « l´apport précieux du livre de Brettschneider est de nous faire mieux apprécier la cohérence ainsi que la vitalité véritable de cette grande innovation politique des temps modernes qu´est la démocratie libérale ».

    Corey Brettschneider enseigne les sciences politiques et la philosophie morale et politique à Brown University (Providence, États-Unis).

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