Hermann

  • La vocation

    Judith Schlanger

    • Hermann
    • 18 Juin 2010

    Comment vivre et que faire de ma vie ? À travers ma vocation, ma vie trouve son sens dans une activité à laquelle je m´identifie. Et comme l´activité de mon choix répond à ma nature, elle m´exprime, m´accomplit et me définit. La promesse de l´individualisme démocratique est que chacun puisse réussir sa vie par son travail, qui lui fera gagner à la fois son identité et son pain. Pour devenir soi-même, pour se réaliser, chacun doit pouvoir s´épanouir dans ce qu´il fait. L´artiste et le savant incarnent la figure romantique par excellence du travail voué. Pour certains, c´est le désir de savoir qui commande et organise leur existence. Mais l´exemple du travail créateur ou du travail intellectuel a un caractère d´exception. Qu´en est-il des goûts et des aptitudes en général ? Et qu´en est-il des tâches insignifiantes dans lesquelles on ne peut pas s´exprimer, et qui doivent pourtant être remplies ? Que devient aujourd´hui la grande figure idéale de la vocation ? Ce livre invite à une réflexion qui n´a rien de technique et nous concerne tous.

  • Qu´est-ce qu´une émotion ? Pourquoi faut-il affirmer qu´elle a une signification et refuser les approches de la psychologie positive comme de la psychanalyse ? Publiée en 1938, L´Esquisse d´une théorie des émotions fait partie de ces premiers textes fulgurants de Sartre qui témoignent déjà de son génie philosophique et de sa capacité à saisir les enjeux de la psychologie : il y montre la nécessité d´une approche phénoménologique, seule à même de faire comprendre l´essence de l´émotion.

  • Lucrèce, philosophe épicurien, est aussi un immense poète. Le paradoxe est que sa poésie semble prendre perpétuellement l´épicurisme à rebours, comme si le poète, chez lui, donnait tort au philosophe - à moins que ce ne fût l´inverse. De la philosophie d´Épicure, la plus lumineuse, la plus douce, la plus sereine, peut-être la plus heureuse de toute l´Antiquité, Lucrèce a tiré le poème le plus sombre, le plus âpre, le plus angoissé, le plus tragique. Cela nous dit quelque chose sur l´homme qu´il fut, certes, mais aussi sur l´épicurisme, sur la philosophie, et sur nous-mêmes. Si nous étions des sages, nous n´aurions pas besoin de poètes. Mais aurions-nous besoin de philosophes ? A. C-S.

  • Homme d'affaires, politicien, animateur de télé-réalité, « artiste » (comme il aime à se définir) : le personnage de Donald Trump est multiple. Cependant, toutes ses facettes se résument en quelques mots : un expert en marketing. Il sait, à l'instinct et sans scrupules, analyser le marché potentiel pour un produit donné, identifier ses cibles (consommateurs ou électeurs), et se positionner afin d'optimiser ses parts de marché (ou le nombre de votes en sa faveur).
    Ce que l'histoire retiendra de Donald Trump, c'est que, le temps d'un mandat, il aura transformé la Maison Blanche, la Bible, sa femme, les Mexicains, les Afro-américains, la communauté LGBTI+, le drapeau des États-Unis, le désarroi d'une classe moyenne en déclin, et la misère crasse d'une classe ouvrière droguée aux opiacés, en outils marketing de conquête du pouvoir.
    Paradoxalement, si de nombreux ouvrages ont été publiés sur ce personnage hors normes, aucun n'a pris Trump a son propre piège : en conduisant une analyse marketing du marketeur.
    L'exercice, pourtant, pourrait être salutaire : Trump n'est ni le premier ni le dernier des populistes ; et une considération rapide des « méthodes com' » utilisées par Boris Johnson, Jair Bolsonaro, Marine Le Pen, Recep Tayyip Erdogan, ou Viktor Orbán, mettrait à jour de nombreux points communs dans leurs stratégies.
    Cet ouvrage, écrit par un enseignant-chercheur en marketing, tente de combler cette lacune, avec l'espoir que les pièges marketing ici exposés serviront à éviter, dans un pays comme la France, l'accession au pouvoir d'un populisme du même acabit.
    Zeil a reçu un doctorat d'Arizona State University (États-Unis), un MBA de l'Université du Texas à Austin (États-Unis), et un mastère de Grenoble École de Management. Auteur de divers articles académiques sur le comportement du consommateur, il a été enseignant-chercheur aux États-Unis (où il résida durant 16 ans), en France, au Canada, aux Caraïbes, et au Moyen-Orient. Il est l'auteur de Sup de Cons (Éditions de la Différence 2017) et du Manuel d'anti-marketing (Éditions Hermann, à paraître, 2021). Il est directeur général associé d'Alasala College of Business.

  • L'éthique des vertus met l'accent sur les représentations et les affects qui poussent les personnes à agir, au lieu de se focaliser sur les normes et de se borner à énoncer des interdictions et des obligations. Elle aide ainsi à combler l'écart entre la théorie et la pratique qui est particulièrement dramatique à un moment où les individus comme les États reconnaissent la réalité du changement climatique mais ne parviennent pas à réorienter les modes de production ni à reconvertir l'économie. Quel processus de transformation de soi permet d'avoir du plaisir à consommer autrement et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? Celle-ci reposant autant sur le volontarisme politique que sur la capacité des citoyens à modifier leurs styles de vie, il importe aussi de se demander comment articuler le plan individuel et le plan collectif. Enfin, faut-il penser que l'éthique a une dimension universaliste ou souscrire à une approche plus particulariste et contextualisée de la morale ? Telles sont les questions qui réunissent dans ce volume des chercheurs issus de disciplines différentes.
    Gérald Hess est philosophe et juriste, maître d'enseignement et de recherche en éthique et philosophie de l'environnement à l'université de Lausanne.
    Corine Pelluchon est philosophe et professeure à l'université Gustave-Eiffel.
    Jean-Philippe Pierron est philosophe et professeur à l'université de Bourgogne.

  • Qu'il s'agisse de nous-même, de notre famille ou de collègues de travail, nous sommes (ou serons) tous confrontés à la dépression au cours de notre vie. Pourtant, la dépression reste un phénomène mal connu, qui fait l'objet de nombreux fantasmes : est-elle une « vraie » maladie ? Comment la différencier de la déprime passagère, du burn out ou d'une situation de deuil ? Dans quelle mesure les médicaments antidépresseurs sont-ils efficaces ? À quoi reconnaît-on qu'une thérapie est sérieuse, et comment se garder des remèdes prétendument miracles ?
    S'appuyant sur des études scientifiques récentes, Maël Lemoine nous aide ici à distinguer - à rebours de nos idées reçues - ce qu'est, et n'est pas, la dépression, loin du discours des philosophies feel good qui vendent un bonheur kitsch et irréaliste. Cette Petite philosophie de la dépression, qui prend au sérieux la réalité des phénomènes dépressifs, nous permet ainsi d'appréhender l'infinie complexité de l'esprit humain.

  • Mon espagne - or et ciel

    Florence Delay

    • Hermann
    • 6 Février 2008

    Ce livre redonne à la littérature espagnole toute sa place dans l´histoire littéraire européenne. Il s´agit d´une véritable remontée dans le temps, de Federico Garcia Lorca à Calderón, de la guerre d´Espagne au Siècle d´or, avec, au centre de ce voyage, la figure lumineuse de José Bergamín, en « passeur ». L´Espagne apparaît soudain à portée de main. Une Espagne « or et ciel » que, très tôt, Florence Delay eut l´impression de toucher presque du doigt, quand l´enfant qu´elle était la voyait scintiller depuis les plages du Sud-Ouest de la France.

    En conjuguant sa passion pour le théâtre, la poésie et l´Espagne, ou encore en descendant dans l´arène de l´interprétation des textes, Florence Delay retrace ici, à travers quelques-uns des épisodes personnels de sa vie, le chemin qui l´a menée aux écrivains qu´elle aime, lit, relit, traduit.

  • Hommage aux mots

    Alain Rey

    • Hermann
    • 19 Septembre 2018

    Alain Rey a « passé sa vie à interroger les mots de tous les jours, à les pousser du coude pour éprouver leur résistance, pour savoir ce qu'ils ont dans la peau » (ainsi que le disait Georges Perros à propos des lexicographes).
    Grand artisan du dictionnaire Le Robert et amoureux de la langue française, Alain Rey rend ici un nouvel hommage aux mots à la fois savoureux et érudit : « Faire revivre les mots, grâce notamment à leur usage le plus fort, le plus élevé, qui est littérature et poésie, telle est la tâche de l'artisan, du "tâcheron" - disait le grand Samuel Johnson - qu'est l'auteur de tout dictionnaire, fût-il génial. » (Alain Rey)

  • Les textes traduits ici proviennent tous des Journaux et notes de jeunesse de Gershom Scholem. Ils ont été écrits entre 1917 et 1919. Réformé pour raisons « psychiatriques », Scholem rend souvent visite à Benjamin à Berne, et, à son contact, cherche à développer une conception du langage, et, notamment, du langage biblique, à l´occasion des traductions qu´il fait de certains cantiques de lamentation. On trouve ainsi un écho direct de ses discussions avec Benjamin, sur la « justice divine » comme sur la notion d´« expérience vécue » dont Buber est, du côté juif, avec Rosenzweig, le principal représentant. À cette « expérience », Scholem veut opposer la position qu´il adoptera définitivement, celle du philologue-historien. Dans cette perspective, il esquisse une conception du temps où le prophétisme et le messianisme jouent un rôle de premier plan, ce que montre son commentaire du prophète Jonas.

  • Résumer l´oeuvre de Freud pourrait sembler une tâche impossible, tant elle est riche et complexe, et tant les articulations entre les ouvrages publiés, les articles, les textes inédits et la correspondance sont nombreuses. Céline Masson et Laurence Guichard ont cependant relevé le défi avec ce manuel, écrit à l´usage de ceux qui veulent lire Freud. Depuis l´Esquisse d´un projet scientifique et De l´interprétation des rêves jusqu´à la correspondance avec Fliess, tout le corpus du père de la psychanalyse entre 1884 et 1905 est ici minutieusement résumé, sans ajout ni commentaire, de manière à faire de ce livre un véritable sésame de l´univers conceptuel freudien. La présentation chronologique de textes rares, le plus souvent épars ou inaccessibles, permet de saisir l´ampleur de la révolution épistémologique accomplie par Freud et témoigne en particulier de la naissance de la métapsychologie. Outil de recherche autant que guide de lecture, cet ouvrage saura répondre aux attentes variées des étudiants, des analystes, des chercheurs ou des curieux.

  • Memoires

    Diaghilev-S

    « J´appris que, lors de la mise en état de la tombe de Pouchkine, il s´était produit un glissement partiel du sol sablonneux de la colline, qui avait découvert un coin du cercueil. Je me précipitai vers la tombe et, en effet, là où la colline de sable avait cédé, j´aperçus un coin du cercueil sacré. Je l´entourai de mes bras et le baisai pieusement ; j´en arrachai même un débris de quelque chose qui me parut avoir été jadis un galon de passementerie... » Les Mémoires de Diaghilev sont pleins d´anecdotes, souvent légères et drôles, sur les ballets russes, la cour de Russie et les personnalités du Tout-Paris. Le lecteur y croisera des grands-ducs, le tsar Alexandre III, les membres de la famille Pouchkine, Aristide Briand et des barytons ivres. L´intérêt de ces Mémoires ne se résume cependant pas aux savoureuses descriptions que Diaghilev fait de « la société des snobs ». Les musicologues y trouveront d´importantes informations sur des compositeurs comme Massenet, Stravinsky, Tchaïkovsky, Rimski-Korsakov, etc., ou des chanteurs, tels Tamagno ou Chaliapine. Enfin, ces Mémoires, qui jusque-là étaient restés inédits, permettront aux esthètes de tout bord de mieux apprécier l´extraordinaire personnalité de celui qui, il y a tout juste cent ans, stupéfia la France avec ses concerts de musique russe.

  • Si la partition du Moyen-Orient, la destruction de la Syrie, les déplacements forcés de populations, les guerres de religion entre musulmans, l'émergence brutale de Daesh... ont engendré un drame insoutenable, ils ont cependant créé de nouvelles conditions politiques, permettant peut-être un règlement futur du conflit israélo-arabe. Les puissances internationales, au grand complet, sont au chevet de la région. L'addition est lourde : il aura fallu en passer par l'effondrement général du monde arabo-islamique avant de reconstruire, peut-être, un monde nouveau.

  • Son nom vient du grec ancien, mais la philosophie n´est pas l´apanage des cultures issues de la Grèce antique. Au contraire, les Grecs eux-mêmes considéraient souvent que la philosophia venait d´ailleurs, et qu´ils n´en étaient pas les

  • Une chambre est un espace d´intimité et de tranquillité, accommodé pour le confort et l´agrément, le sommeil, la détente, le désir. Elle est le cadre habituel de la rêverie, de la prière, de la sexualité, de la récupération de la santé. Mais la chambre est aussi un lieu public, une assemblée, l´endroit où l´on débat, le coeur de la politique. Les textes qui dessinent ici l´architecture de cette chambre rassemblent les grandes étapes d´une aventure de pensée qui commence avec la dialectique, se poursuit avec la déconstruction, se prolonge avec les recherches actuelles sur le cerveau et la plasticité neuronale. À la fin du XXe siècle, le cerveau n´apparaît plus comme un organe dénué de fonction symbolique. Il devient le lieu même de la subjectivité. Quelles conséquences cette prise en compte d´un nouvel objet a-t-elle rétrospectivement sur les discours qui l´ignoraient ? En quoi la conscience de notre cerveau change-t-elle nos façons de lire et de comprendre une réalité qui prend de ce fait une nouvelle ampleur ?

  • Les trois regards qui constituent cet ouvrage abordent l´expérience fondamentale commune qu´est le rire. Chaque auteur montre comment ce phénomène se partage d´une façon universelle et singulière à la fois : il s´agit de voir comment le rire émerge à partir des failles du système défensif propre à chaque structure. Le rire, manifestation vivante et concrète, est ici exploré dans tous ses éclats. Les auteurs évoquent ses modes d´explosion, qui convoquent l´inconscient, ouvrant des brèches, formant des fragments. Le fil interrogateur est celui du rapport entre l´inconscient et le rire, l´un et l´autre étant avant tout l´expression d´une coupure. L´inconscient nous divise, le rire aussi. Être « sujet du rire » ne va pas de soi. Prendre le rire comme sujet ne peut se résumer à se fixer le thème du rire pour objet. Ainsi, l´enjeu principal de cet ouvrage est bien ce qui du rapport à l´objet peut être dévoilé dans et par le rire. Cela passe en premier lieu par l´examen de l´articulation du rire à la langue, du rire à l´Autre du langage. Les auteurs envisagent ensuite l´articulation du rire avec les concepts fondamentaux censés rendre compte de l´inconscient. Bien entendu, ce questionnement est aussi celui-là même que la cure analytique soulève. Enfin, à partir notamment du rire « hors-limite », ils traitent d´une modalité clinique dans laquelle le rire est rarement envisagé : la psychose.

  • « Un livre merveilleux [qui apprend] à regarder. Il n´y a pas un mot de trop. Et avec cette sobriété, on sent toute la passion de l´auteur, tout ce qui compte pour lui. [...] Ce livre me tiendra durable compagnie, et j´y chercherai souvent les raisons de

  • La misère morale et matérielle, la souffrance et le maintien dans des conditions humiliantes des réfugiés palestiniens, parqués dans des camps depuis 62 ans, sont intolérables pour la conscience universelle. Victimes de la guerre arabo-israélienne, les 650 000 réfugiés de 1949 sont devenus, en 2011, 4 800 000. Comment se fait-il que le Haut Commissariat aux Réfugiés de l´ONU, qui s´efforce partout de faire disparaître les populations de réfugiés par leur intégration dans les pays d´accueil, ait pu laisser cette situation dégénérer de la sorte ?
    Plusieurs facteurs expliquent cette tragédie humaine. Le principal relève d´un manquement de l´ONU, qui, par une anomalie juridique et discriminatoire, a créé une agence spécifique pour traiter le problème : l´UNRWA, unique par son statut, avait pour mission de porter assistance aux réfugiés palestiniens dans les domaines de la santé, de l´éducation et des services sociaux. Or, force est de constater que cette agence - qui accorde aux réfugiés palestiniens un statut différent de celui de tous les autres réfugiés du monde - constitue l´une des principales causes de privation des droits les plus élémentaires pour les Palestiniens : droit au travail, à la nationalité, à la propriété et à l´éducation. À son détriment, le peuple palestinien se retrouve ainsi manipulé, et comme pris en otage de la diplomatie internationale.

  • « Penser le désastre » est l´injonction première de la pensée confrontée à l´épreuve de la Catastrophe qui s´abattit sur les Juifs d´Europe durant la période hitlérienne. Penser le désastre, c´est, d´une part, comprendre pourquoi la Shoah a pu se produire dans cette Europe civilisée, pétrie dans l´idéal de la raison humaine et les valeurs du progrès et des Lumières ; et d´autre part, c´est penser la possibilité d´un avenir pour la philosophie. En effet, les penseurs de l´après-désastre ne peuvent faire l´économie de cette interrogation critique et radicale : est-il encore possible de philosopher ? Et si oui, comment faire ? Comment penser philosophiquement ? Walter Benjamin avant l´heure, Theodor Adorno, Max Horkheimer et Emmanuel Levinas ont eu le courage, la force, l´acuité - parfois seulement le désespoir - de penser ce qui s´était passé. Mus par l´indignation et le désir de témoigner, ils ont ressenti l´urgence de confronter leur pensée avec le cri d´agonie des morts d´Auschwitz.

  • Qu´est ce qui justifie des normes comme « Tu ne tueras point » ou « Nul ne peut être soumis à la torture » ? C´est autour de cette question que se sont constituées les trois grandes théories morales : l´éthique des vertus (inspirée d´Aristote), l´éthique

  • Bonnets, écharpes et manteaux permettent-ils d'éviter les rhumes ? Autrement dit, peut-on « attraper froid » ?
    À partir de la croyance que le froid peut causer un rhume, Maël Lemoine interroge ici avec humour et impartialité nos comportements et nos idées reçues en matière de santé. Quels sont les véritables effets du froid sur l'organisme ? Est-il prouvé que le rhume est dû à un virus, ou bien avons-nous raison de penser qu'il peut aussi être provoqué par le froid ?
    Ce livre bref au ton léger donne les clés pour comprendre ce que peuvent et ne peuvent pas les sciences médicales. Surtout, il apporte enfin la réponse à cette question fondamentale : puis-je marcher pieds nus sur le carrelage sans attraper la crève ?

  • La dignité et le respect sont devenus des aspirations emblématiques de notre époque. Dans de nombreux champs, auprès de publics divers mais aussi dans de nombreux pays, de « mourir dans la dignité » aux « indignés », la notion de dignité nous interpelle sans cesse.
    Mais d'où vient la dignité de la personne humaine ? Sur quoi se fonde-t-elle ? Aujourd'hui, est-elle menacée dans son principe-même ? Son affirmation peut-elle contribuer au respect de chacun dans un monde globalisé qui tend à bafouer l'individualité ? Est-elle pleinement nécessaire à la gouvernance collective des institutions, étatiques ou non, pour construire une société internationale plus cohérente ? Ne s'agit-il que d'une utopie ? Peut-elle devenir une valeur fondamentale de la société française aux côtés de la liberté, de l'égalité et de la fraternité ?
    À toutes ces questions, le Forum des Bernardins a tenté de répondre pendant deux années, guidé par deux convictions fortes : la reconnaissance de la dignité de chacun va de pair avec le devoir de respect de la dignité d'autrui ; la dignité comporte des éléments fondamentaux invariants, mais elle n'est pas un concept figé. La dignité de la personne est une. Ses incarnations particulières, déclinaison d'une dignité fondamentale de la personne, doivent être chacune défendues contre de nouvelles menaces.

  • Christian Blanc, l'homme des missions impossibles - la paix en Nouvelle-Calédonie, le big bang à la RATP, le sauvetage d'Air France -, libéra l'intelligence et la responsabilité de chacun pour réaliser des objectifs qui semblaient vains.
    Il raconte dans ce livre la métamorphose d'un monstre bureaucratique de 40 000 personnes, au coeur de Paris: la RATP, qui transporte 10 millions de passagers par jour, alors la proie de grèves corporatistes. En très peu de temps, sous son pilotage, cette entreprise publique fut profondément transformée par la responsabilisation de ses agents qui permit le démantèlement de sa bureaucratie.
    Ce récit n'a jamais été porté à la connaissance des Français. Pourquoi le faire trente ans après ? Parce qu'un danger pour nos démocraties plus important encore que la bureaucratie plane aujourd'hui : l'autocratie du tout numérique. À l'image du bon et du mauvais cholestérol, le mauvais numérique engendre de façon ludique et indolore une nouvelle forme d'esclavage.
    En expliquant comment fut gagné l'impossible combat contre la bureaucratie à la RATP, l'auteur lance un appel à faire de même par la mise en responsabilité de tous les citoyens pour ramener sur terre cet homo digitalus qui s'éloigne chaque jour un peu plus de son humanité.

  • Comment penser le gouvernement de l'entreprise au XXIe siècle ?
    Cette question s'est posée de manière récurrente au XXe siècle pour concilier développement économique et intérêt collectif. Mais le changement climatique et la transformation de la finance imposent de la reprendre sous un angle neuf. Car les entreprises, qui sont les auteurs des déséquilibres les plus graves, sont aussi devenues des acteurs critiques dans la recherche de solutions aux défis sociaux et environnementaux contemporains.
    Le présent ouvrage propose que soient enfin formulées des normes pour le gouvernement de l'entreprise qui ne se réduisent plus aux normes actuelles du droit des sociétés commerciales. Car l'entreprise ne se réduit pas à la société : elle est un dispositif de création collective qui, par sa faculté à transformer le monde, est un acteur politique très singulier.
    Résumant les conclusions du programme de recherche interdisciplinaire mené au Collège des Bernardins depuis 2009, cet ouvrage pose des jalons novateurs pour réouvrir le débat sur le gouvernement de l'entreprise et pour élaborer un véritable droit de l'entreprise.

  • Ce volume rassemble pour la première fois une série de textes qui ont joué un rôle fondateur pour le développement de la réflexion historique dans le champ du cinéma.
    Durant près de quarante ans, Michèle Lagny (1938-2018) en a arpenté en tous sens les territoires, des documentaires aux fictions, des films populaires aux oeuvres de création. En historienne rigoureuse animée d'une intense curiosité, elle a contribué dans les années 1980-90 aux débats transatlantiques sur la « New Film History ». C'est toutefois dans son domaine de prédilection - l'étude des « films historiques » (dont ceux de Renoir, Visconti, Allio ou Watkins) -, qu'elle a développé ses propositions les plus stimulantes. Pour Michèle Lagny, seule l'analyse précise des formes permet de découvrir la perception du temps que façonne un film quand il élabore des images du passé.

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