Editions Thierry Marchaisse

  • L'histoire de "La Retrouvée" raconte une conquête à double sens. Car cette maison, initialement parée de toutes les disgrâces, a dû conquérir le coeur de sa propriétaire, tandis que celle-ci s'acharnait à faire sien un lieu « qui n'était pas son genre ».Comment s'approprie-t-on une maison, un jardin ? Comment devient-on finalement habité par le lieu qu'on habite, réparé par le lieu qu'on répare ?L'exploration de ce kaléidoscope d'expériences, à la fois bien particulières et familières à beaucoup d'entre nous, fait l'objet de cet atypique récit par fragments, allant de l'anecdote drolatique à l'exploration psychanalytique, du traité de décoration à la philosophie et de la botanique à la mystique.Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié une quarantaine d'ouvrages, parmi lesquels Maisons perdues (Thierry Marchaisse 2013) et Une histoire de France (Les Impressions nouvelles, 2018), qui appartiennent à la même veine autobiographique.

    Nathalie HEINICH est sociologue au CNRS. Elle a publié près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'auteur, les identités en crise, la sociologie et les valeurs. Elle a publié aux mêmes éditions Maisons perdues (2013) et Le Pont-Neuf de Christo (2020).

  • Confusion, désarroi, sidération : les artistes interrogés témoignent presque tous du sentiment d'«impuissance totale» qu'a d'abord provoqué la triple catastrophe de Fukushima, à la fois classique (séisme, tsunami) et inhabituelle (nucléaire).
    Mais après les premiers moments de chaos sont apparus progressivement de multiples signes de résistance et de renouveau.
    De ce point de vue, les entretiens réunis ici forment un corpus exceptionnel : pour la première fois, des artistes japonais de renommée internationale entrent en dialogue avec des artistes et des chercheurs français et disent ce qu'a changé pour eux l'événement du 11 mars 2011, aussi bien dans leur pratique artistique que, de manière plus large, dans leur façon d'être au monde ou de le concevoir.

    Michaël FERRIER est écrivain et professeur à l'Université Chuo (Tokyo), directeur du Centre de Recherches Figures de l'Étranger.

  • Que peut-on dire de la psychanalyse, après en avoir fait sa principale activité pendant plus de soixante ans ? Le but de ce livre est de répondre à cette question.Mémoire vivante du champ freudien, à cheval sur plusieurs langues et plusieurs cultures, Moustapha Safouan a commencé son analyse alors que Freud était mort quelques années auparavant et Lacan encore presque un inconnu.Il présente ici les éléments fondamentaux de la psychanalyse, et l'éclaircit en suivant les trois fils de ses avancées théoriques successives, de sa fonction thérapeutique singulière et de son histoire institutionnelle mouvementée.Une référence pour les spécialistes, qui servira tout aussi bien d'introduction pour les profanes ou les étudiants.

  • Tombeau pour un père -cheminot- encore un peu vivant, ces poèmes racontent la traversée des deuils, ils tentent de phraser le chagrin, la peine à vivre et la maladie du proche, désormais plongé dans le brouillard de l'oubli.Ils disent aussi ce qui y échappe, les « épiphanies », ces moments si rares où s'éclaire fugitivement quelque chose de soi, des autres ou du monde.Avec un café, pourquoi pas, et une heure devant soi, il est bon de lire dans l'ordre ce journal poétique épars, de prendre le train en compagnie de l'auteur, au rythme de ses photos.On peut en éprouver un grand calme, pas du tout désespérant.Fred Pougeard est né en 1974 à Guéret. Conteur de son métier, il est voué lui aussi aux TER, aux petites gares et aux lignes oubliées. Il dirige la compagnie l'Allégresse du Pourpre.

    Fred Pougeard est né le 18 février 1974 à Guéret. Il est conteur de son métier, toujours entre deux TER, et dirige la compagnie, l'Allégresse du Pourpre.

  • Est-il possible d'apporter quelques touches de couleur aux portraits convenus de Marie Curie ? Tel est le pari de ce recueil de lettres, dont les signataires viennent des sciences, des humanités et de l'art. Écrites aujourd'hui, bien qu'expédiées dans le passé, ces lettres nous rapprochent d'une femme exceptionnelle par des voies très diverses. Certaines rendent un hommage intime à l'icône au double Nobel, ou discutent au contraire savamment avec elle, d'autres encore s'attachent à nuancer certains traits de son image. Cette occasion d'abolir le temps, d'oublier les limites des identités, a démultiplié l'inventivité des messages et la portée de leurs éclairages. Ils en disent long sur notre temps et révèlent la place immense que Marie Curie occupe parmi nous. Jean-Marc LÉVY-LEBLOND est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage. Auteurs : Françoise BALIBAR, Bernadette BENSAUDE-VINCENT, Isabelle BERGOËND, Elisabeth BOUCHAUD, Faouzia CHARFI, Catherine CLEMENT, Irène FRAIN, Etienne GUYON, Ghada HATEM-GANTZER, Eva HEMMUNGS WIRTEN, Emmanuelle HUISMAN-PERRIN, Renaud HUYNH, Joanna KUBAR, Edouard LAUNET, Michèle LEDUC, Jean-Marc LEVY-LEBLOND, Rémy MOSSERI, Nathalie PALANQUE-DELABROUILLE & Clara DELABROUILLE, Hubert REEVES, Marjane SATRAPI, Elzbieta SIKORA, SMITH et Jean-Philippe UZAN, Pierre VERSCHUEREN

    Jean-Marc Lévy-Leblond est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage.

  • Pour retrouver l'effet d'étrangeté que produisit l'emballage du Pont-Neuf, il faut remonter dans le temps, quand Christo était encore peu connu du grand public. En 1985, le sens d'une entreprise aussi inédite, collective et éphémère, était loin d'aller de soi, en tout cas pour les non-initiés : avait-on encore affaire à un ouvrage d'art - le pont - ou bien à une oeuvre d'art ? Comment se faire une opinion ? Et fallait-il même prendre tout cela au sérieux, qui défiait autant le sens commun que la sociologie ? L'enquête menée à l'époque par Nathalie Heinich permet de s'immerger dans le Paris du premier « effet Christo ». Truffée d'anecdotes savoureuses et de documents originaux, elle offre une introduction remarquablement vivante à la question des frontières de l'art.

    Nathalie HEINICH est sociologue, directeur de recherche au CNRS. Elle a publié de nombreux articles et près d'une quarantaine d'ouvrages, traduits en quinze langues, portant sur le statut d'artis­te et d'auteur, l'art contemporain, les identités en crise, l'histoire de la sociologie, et les valeurs.
    Parmi ses derniers ouvrages : Le Paradigme de l'art contemporain. Structures d'une révolution artistique, Gallimard, 2014.

  • Comment se fait-il que certains mots nous parlent, voire semblent nous appartenir en propre ? Chaque mot "élu" par un écrivain nous livre ici une vision du monde et de la langue.
    Bien sûr, nous savons tous qu'il n'y a pas de mot parfait - ou alors tous le sont! de même que rien ne manque ni n'est en trop dans une langue. Mais l'idée est de surprendre les écrivains au travail, de saisir comment ils découpent et prélèvent leur langue dans la langue partagée.
    Après ceux consacrés aux « mots manquants » et aux « mots en trop », ce troisième dictionnaire iconoclaste vient clore une grande aventure collective, dont l'ambition est de faire découvrir la littérature contemporaine à partir de ses ateliers secrets.

    Belinda CANNONE, professeure de Littérature à l'Université de Caen, est romancière et essayiste. Elle a publié plusieurs romans (le dernier, Nu intérieur, L'Olivier, 2015) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture(Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), La Tentation de Pénélope (Stock, 2010). Ces derniers livres publiés sont Un Chêne (textes et photos, Le Vistemboir, 2016), S'émerveiller (essai, Stock, 2017) et La Forme du monde (essai, Arthaud, 2019).

    Christian DOUMET est professeur de Littérature à l'université Paris-Sorbonne. Outre des poèmes et ouvrages en prose, il est l'auteur de nombreux essais sur la littérature mais aussi sur l'esthétique musicale, la peinture, qui mêlent réflexion, réel et fiction. Parmi ses dernières publications : La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), Notre condition atmosphérique (Fata Morgana, 2014), Paris et autres déambulations, (Fata Morgana, 2016).
    Ces derniers livres publiés sont Aphorismes de la mort vive, Fata Morgana, 2018 ; L'Évanouissement du témoin, éditions Arléa, 2019.

    lls ont déjà dirigé ensemble, aux éditions Thierry Marchaisse, le Dictionnaire des mots manquants et le Dictionnaire des mots en trop.

  • Anne Dufourmantelle a péri le 21 juillet 2017 pour sauver des enfants de la noyade en Méditerranée, dont le propre fils de l'auteur.Elle était psychanalyste, philosophe, romancière, auteure d'une oeuvre reconnue de par le monde. Sa notoriété culturelle ne suffit pourtant pas à expliquer l'émotion considérable qui s'est répandue à l'annonce de sa mort, en France et au-delà, jusqu'auprès de gens qui ne l'avaient jamais lue ni entendue.Ce récit de chagrin livre le portrait d'une femme exceptionnelle, en même temps qu'il médite sur les rapports père-fils, l'origine du sacré et l'aura d'un être qui avait « la passion de l'amitié ».« Ses traits s'étiraient dès qu'elle voyait autrui heureux. Il n'y a pas beaucoup de gens qui nous donneraient envie d'être heureux rien que pour les rendre heureux. »

    Jean-Philippe Domecq est romancier et essayiste. Il a publié une trentaine d'ouvrages, dont Robespierre, derniers temps (Folio Gallimard), Comédie de la critique. Trente ans d'art contemporain (Agora Pocket), Le jour où le ciel s'en va (Fayard).
    Parmi ses derniers titres parus : Le Livre des jouissances (Pocket, « Agora », 2017). Deuxième chambre du monde (Safrand 2017). Qu'est-ce que la Métaphysique Fiction ? (Safran 2017)

  • Un enfant qui perd ses parents ? C'est un orphelin. Mais un parent qui perd son enfant ? Il n'existe pas de mot pour le désigner.Toute langue a des lacunes lexicales, des zones de sens auxquelles ne correspond aucun terme précis. Ce dictionnaire littéraire donne la parole à quarante-quatre écrivains qui tentent, non pas de fabriquer des néologismes, mais simplement de décrire et d'interroger quelques manques éprouvés dans leur pratique de la langue.Nul souci d'exhaustivité, nulle possibilité même. Mais l'esquisse d'une cartographie des absences, dans un certain paysage de la littérature française contemporaine.

  • Lieux secrets, lieux uniques, les maisons que nous avons aimées, puis perdues, ne cessent de hanter nos rêves. Que nous disent-elles ? Et se pourrait-il que le murmure de ces lieux de mémoire, si personnels, trouve un écho en nous tous ?
    Explorant minutieusement cette topographie intime et ses résonances familiales, amicales, amoureuses, Nathalie Heinich ne restitue pas seulement sa propre histoire : elle dessine en creux la forme que prennent les âges de la vie, le passage des générations, les fantômes de l'Histoire, le paysage intérieur et sentimental de notre époque.
    Une « autobiographie par les toits », donc, des années 1950 à nos jours, qui rend justice à la grâce des maisons et à la douleur de leur perte.

  • Ce recueil s'est donné pour défi d'être à la hauteur du sujet qui en fait l'objet.

    On y trouvera donc des lettres de psychanalystes bien sûr et même de proches de Lacan de la première heure. Mais aussi celles d'artistes, de scientifiques, de philosophes, etc.,.et pas seulement français mais aussi étrangers.

    On y trouvera aussi et surtout des propos et des arguments inattendus, des plus loufoques au plus sérieux. Des plus intimes aux plus théoriques.

    Le tout forme un « portrait chinois » de la psychanalyse aujourd'hui, qui se confond nécessairement (pour le meilleur comme pour le pire) avec l'effet Lacan et le bilan de son enseignement.

    Laurie Laufer est née en 1964. Psychanalyste, romancière pour la jeunesse, elle est professeure en psychopathologie à l'Université de Paris et directrice du Centre de recherche Psychanalyse, Médecine et Société. Elle est l'auteure de L'Énigme du deuil, (PUF, 2006). Avec Florence Rochefort , elle a dirigé le recueil Qu'est-ce que le genre ? (Payot 2014), et avec Amos Squverer Foucault et la psychanalyse (Herman, 2015).

  • Comment ? s'entend-on déjà reprocher, des mots en trop ? Mais les mots, on en manquerait plutôt.
    Et pourtant. Âme, artiste, coach, communauté... ils sont légion ceux qui éveillent notre résistance intime à tout ce qu'ils charrient d'affects, d'idéologie, de pseudo-concepts - notre résistance mais pas celle du voisin !
    Quarante-quatre écrivains explorent ici les raisons pour lesquelles ils renâclent devant certains mots, et leurs réflexions critiques témoignent autant d'un état de la langue que des poétiques et des enjeux de notre temps.
    Une expérience littéraire qui vient compléter, en l'inversant, celle du Dictionnaire des mots manquants.
    Auteurs : Malek ABBOU, Jacques ABEILLE, Mohammed AÏSSAOUI, Jacques ANCET, Marie-Louise AUDIBERTI, Michèle AUDIN, Olivier BARBARANT, Marcel BÉNABOU, Jean BLOT, Jean-Claude BOLOGNE, François BORDES, Lucile BORDES, Mathieu BROSSEAU, Belinda CANNONE, Béatrice COMMENGÉ, Thibault Ulysse COMTE, Seyhmus DAGTEKIN, Louis-Philippe DALEMBERT, Rémi DAVID, Erwan DESPLANQUES, Jean-Philippe DOMECQ, Christian DOUMET, Renaud EGO, Eric FAYE, Caryl FÉREY, Michaël FERRIER, Philippe GARNIER, Simonetta GREGGIO, Cécile GUILBERT, Hubert HADDAD, Isabelle JARRY, Cécile LADJALI, Marie-Hélène LAFON, Sylvie LAINÉ, Frank LANOT, Fabrice LARDREAU, Mathieu LARNAUDIE, Linda LÊ, Guy LE GAUFEY, Jérôme MEIZOZ, Christine MONTALBETTI, Christophe PRADEAU, Marlène SOREDA, Abdourahman A. WABERI.

    Belinda Cannone est romancière et essayiste. Elle enseigne la littérature à l'université de Caen. Elle a publié des romans (le dernier, Nu intérieur, aux éditions de L'Olivier) et plusieurs essais dont L'Écriture du désir (Prix de l'essai de l'Académie française, 2001), Le Sentiment d'imposture (Grand Prix de l'essai de la Société des Gens de Lettres 2005), La bêtise s'améliore (Stock, 2007), S'émerveiller (Stock, 2017). Elle a codirigé le Dictionnaire des mots manquants (Thierry Marchaisse, 2016).
    Christian Doumet est poète et essayiste. Il enseigne la littérature à l'université Paris-Sorbonne. Il a publié notamment La Déraison poétique des philosophes (Stock, 2010), De l'art et du bienfait de ne pas dormir (Fata Morgana, 2012), L'attention aux choses écrites (Cécile Defaut, 2014), Paris et autres déambulations (Fata Morgana, 2016). Il a codirigé le Dictionnaire des mots manquants (Thierry Marchaisse, 2016).

  • Le psy était presque parfait... une séance d'enfer avec une patiente intraitable
    « Alors je vous raconte ?
    - Pourquoi pas puisque vous semblez y tenir. Je vais tacher de ne pas vous interrompre, mais je ne vous promets rien. Selon ce que vous allez me dire, je devrai peut-être réagir.
    - Ne vous inquiétez pas. Je n'ai tué personne, je n'ai commis aucun délit, je n'ai rien fait de mal. C'est juste que je suis mal, que je me sens mal et que je veux parler. Mon histoire est banale en un sens. Je pense que vous allez même la trouver nulle, car un psy comme vous doit en entendre de toutes les couleurs. Mais j'ai vraiment besoin que vous compreniez comment je suis devenue prête à tout pour l'homme que j'aime, et ce n'est pas facile pour moi à expliquer, parce que je suis lesbienne. »

    Stéphane Rusinek est psychologue clinicien et professeur de psychologie à l'université de Lille. Spécialiste des thérapies comportementales et cognitives (TCC), il est l'auteur de plusieurs ouvrages scientifiques notamment sur les émotions. La Patiente de 17 heures est son premier roman, inspiré d'une histoire vraie, qui s'est déroulée dans son propre cabinet.

  • D'où vient notre désir d'histoires et cette propension proprement humaine à se représenter soi-même et la réalité comme un récit ? Qu'est-ce qui rend si irremplaçables les processus narratifs et les représentations qu'ils véhiculent ?Pour apporter des éléments de réponse à ces questions, il faut réorienter notre point de vue. Et nous intéresser non aux formes canoniques de l'art de raconter, comme le roman ou la biographie, mais plutôt aux situations ordinaires, marginales ou pathologiques où ces formes se « troublent », voire se disloquent.Un livre fondamental, qui fait entrer la psychologie cognitive et les neurosciences dans les études littéraires et plus généralement dans les sciences humaines. Et qui montre comment elles viennent compléter les approches classiques du récit.

    /> Jean-Marie Schaeffer. Philosophe, spécialiste d'esthétique. Directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS. Il est depuis 2016 responsable scientifique de l'Initiative de recherche interdisciplinaire structurante (IRIS) « Création, cognition, société » (Université PSL, Paris)

  • Il est diverses facettes de leur métier que les anthropologues hésitent à évoquer, par gêne, par crainte aussi de dévaloriser l'image de leur discipline. En les dévoilant cependant, le but de l'auteur n'est nullement de « déconstruire » l'anthropologie en pointant ses faiblesses et ses incertitudes, mais au contraire de mesurer sa fécondité à la profondeur de ses apories et de ses failles.
    Le récit des mésaventures d'une anthropologue ordinaire et l'analyse épistémologique se conjuguent ici avec humour pour frayer la voie à une anthropologie de l'anthropologie.

  • "De loin, ça ressemble à un grabouillage, de près c'est de la schizo-philosophie, drôle. Tout étant dans tout, comme d'hab', la Petite Personne c'est toi quand t'es introspectif, mais c'est aussi l'auteur se roulant en boule sur lui-même; ça se prend pour Dieu et pour rien, c'est du haïku en dessin, minimaliste, incomparable car vraiment original... et surtout irracontable en dix lignes. Faut voir !" Charlie Hebdo

  • Que sont devenus les Grands Hommes et les Grandes Femmes, qui servaient de modèles à la société Baruya, avant que les « Blancs » ne la découvrent et ne la soumettent à leur ordre ? Et les « secrets des hommes », existent-ils encore ?
    Pour décrire les transformations de cette petite société tribale, Maurice Godlier a pris le parti de raconter les circonstances qui l'ont conduit, dans les années 60, à vivre et à travailler chez les Baruya, puis à inviter de jeunes collègues à venir le rejoindre en Nouvelle-Guinée.
    On verra ainsi comment le métier d'anthropologue lui-même s'est transformé au fil du temps, et ce que lui ont apporté la photographie et le cinéma. Mais on pourra surtout mesurer précisément ici - dans la durée - les effets conjoints du capitalisme et du christianisme mondialisés.

  • Le harcèlement des femmes dans les transports en commun, et tout particulièrement des très jeunes filles, est une réalité quotidienne largement taboue au Japon.
    On appelle « tchikan » ces prédateurs et leur forme d'agression sexuelle par attouchement. Ce sont des hommes ordinaires, de tout âge, des salaryman en costume cravate, qui opèrent dans la foule compacte aux heures de pointe. Personne ne les voit ou ne veut les voir, et les familles, tout comme la société, restent dans le déni de cette violence masquée.
    Kumi Sasaki en a été victime toute son adolescence, dès l'âge de douze ans, et c'est son histoire à hauteur d'enfant, illustrée de ses dessins, qui nous est racontée ici.

    Kumi Sasaki est née en 1984 au Japon, où elle a vécu plus de vingt ans. Elle habite en France depuis une dizaine d'années.
    Emmanuel Arnaud est né en 1979 et vit à Paris. Il a publié plusieurs romans chez Métailié dont Le théorème de Kropst (2012), Topologie de l'amour (2014) et, pour la jeunesse, aux éd. du Rouergue. Il connaît très bien le Japon. Il y a vécu et a fait une thèse sur ses réseaux ferroviaires.

  • La gloire d'Alan Turing commence vers la fin du XXe siècle, bien longtemps après sa mort. Il aura donc fallu attendre l'informatisation du monde, la divulgation de ses activités de décryptage durant la Seconde Guerre mondiale et la levée des tabous sur l'homosexualité, pour que son génie mathématique déploie enfin toutes ses dimensions scientifiques, culturelles et personnelles. Ses recherches très variées, et notamment sa célèbre machine, sont loin d'avoir donné tous leurs fruits. Nous vivons en partie dans une sorte d'« espace de Turing » mal connu, que les lettres rassemblées ici explorent avec humour, savoir et affection. Jean-Marc Lévy-Leblond est physicien et essayiste. Il dirige les collections scientifiques au Seuil et la revue Alliage. Auteurs : Henri ATLAN, Ali BENMAKHLOUF, Pierre BERLOQUIN, Catherine BERNSTEIN, Gérard BERRY, Pierre CASSOU-NOGUÈS, Jean-Paul DELAHAYE, Jean DHOMBRES, Jean-Pierre DUPUY, Nazim FATÈS, Jean-Gabriel GANASCIA, Sylvie LAINÉ, Jean LASSÈGUE, Jacques LECLAIRE, Hervé LE GUYADER, Laurent LEMIRE, Ignazio LICATA, Giuseppe LONGO, François NICOLAS, Odile PAPINI, Jean-François PEYRET, François RIVENC, Sara TOUIZA-AMBROGGIANI.

  • " Est-ce que c'était moi ? Est-ce que vraiment j'ai vécu ça ? Ou est-ce que c'est une autre, ou est-ce que c'est un rêve ? Mon enfance dans le désert, les grandes traversées avec le Groupe Nomade, mon gavage, mes mariages avec. Est-ce que ça a existé ? C'est tellement loin de moi. Et puis si c'était vraiment moi, qui suis-je maintenant ? " La voix de Mariem s'élève du pays au million de poètes, de ce désert mauritanien où le vent de sable efface toutes les traces, et voue la vie des hommes à l'oubli.
    Portés par sa parole, magistralement mise en scène par Sophie Caratini, nous traversons le miroir du mythe pour atteindre - fait rarissime - à la vérité d'un féminin saharien, bédouin, que le choc colonial va totalement bouleverser. Avec Mariem, reprennent sens des savoirs perdus, d'autres manières d'être au monde. Grâce à elle, nous accédons à la forme de vie et aux métamorphoses intérieures de tout un peuple.

  • La poésie peut s'insinuer en vous sans crier gare. Wordsworth a failli me coûter la vie, une fois.
    Je descendais l'autoroute M1, un samedi matin ; il y avait cette émission de poésie à la radio, " L'heure des poèmes " ; c'était une belle matinée d'été, soudain quelqu'un s'est mis à lire l'Ode à l'Immortalité, et j'en ai eu les yeux brouillés de larmes. Et quand vous conduisez dans la file du milieu à cent kilomètres-heure...
    J'aime à croire que je suis plutôt drôle, et j'espère que ça passe dans mon écriture. Mais c'est le malheur qui suscite un poème.
    Si quelqu'un me demandait pour quels vers je suis connu, je dirais " Ils te niquent tes père et mère " ou " Les livres sont un tas de merde " ou, en montant un peu sur l'échelle spirituelle, " Ce qui survivra de nous, c'est l'amour ", ou " Rien, comme quelque chose, arrive n'importe où ".
    Un romancier a besoin de nouveaux décors, de nouveaux personnages, de nouveaux thèmes. Je ne pense pas que ce soit nécessaire pour les poètes. Le poète est réellement occupé à recréer le familier, il ne se sent pas tenu d'introduire la nouveauté.

  • Réfugiée en Angleterre, lors de la seconde guerre mondiale, Katherine Lind y survit solitaire, confrontée à la vie étriquée d'une bibliothèque de province.
    L'exil l'a coupée de tout. Ne subsiste, au milieu d'un hiver impitoyable, que le souvenir d'un mois d'été dans la campagne anglaise lorsque, six ans plus tôt, écolière encore, elle était venue rendre visite à son correspondant, Robin Fennel. Pourtant, il s'est passé peu de choses entre elle et ce garçon, si peu qu'elle ne sait comment l'accueillir, face à l'intimité qu'il quémande à la veille de partir pour le débarquement.
    « Odyssée à l'intérieur d'un rêve », où une existence affronte ses propres limites dans l'engrenage des ratages quotidiens, ce deuxième et dernier roman d'un jeune poète est devenu un classique des lettres anglaises.
    Philip Larkin a été désigné comme "le plus grand écrivain anglais depuis 1945" par The Times, en 2008.

  • Lors des deux septennats de Mitterrand, les cartes du monde furent rebattues comme on n'avait jamais pu l'imaginer. La chute du communisme, l'éclatement du bloc soviétique, l'implosion de l'URSS... On mesure mal aujourd'hui ce retournement d'histoire.
    Le monde depuis 1945 était partagé en deux blocs, armés jusqu'aux dents, et leur face-à-face soumettait le reste de la planète. L'incroyable bouleversement accompli, on put rêver, comme jadis l'abbé de Saint- Pierre, à une paix perpétuelle. Une sorte de « fin de l'Histoire » se réalisait par la victoire de la société libérale et démocratique - un modèle sur lequel s'aligneraient bientôt tous les États du monde. Il fallut vite déchanter.

    "On lit ses souvenirs encore chauds, ses notes au jour le jour, comme un roman, parce qu'ils érigent un type littéraire nouveau, que je sache : l'historien comme militant impossible." Paul Veyne

    Michel Winock est un des rares grands historiens français à avoir tenu son Journal toute sa vie. Ce second volume en poursuit l'édition, et fait suite à Journal politique. La République gaullienne, 1958-1981 (Thierry Marchaisse, 2015).

    Michel Winock est historien, spécialiste de la France contemporaine. Professeur émérite à Sciences Po, il a été aussi éditeur au Seuil, où il a fondé deux collections et la revue L'Histoire.
    Il est notamment l'auteur du Siècle des intellectuels (prix Médicis essai 1997), des Voix de la liberté (2001), salué par l'Académie française, de Madame de Staël (prix Goncourt de la biographie 2010), de François Mitterrand (prix du sénat 2015 du Livre d'histoire). Aux éditions Thierry Marchaisse, il a notamment publié Journal politique. La République Gaullienne 1958-1981.

  • Nous attaquons une deuxième nuit de montage, pour tenter, avec quelques reportages, de montrer à quoi ressemble lIrak. La tâche est impossible.
    Il faudrait dire à la fois la complexité et lattachement.
    Le drame et les rires. Les chiites, les sunnites, les chrétiens, les fous et les moins fous. Les suicidaires et les visionnaires. Les réalistes et les perdus. Le sable et le pétrole. La bêtise de quelques illuminés de Washington, et la naïveté de leurs successeurs. Les rêves des Irakiens, quand la parole fut libre pour quelques mois. Les désillusions, maintenant que les mots sont de nouveau chuchotés.
    Mes reportages ne peuvent pas montrer cela.
    Ils ne peuvent guère non plus montrer labsurde et lhorreur. Encore moins le mélange des deux. Mais ces lettres peut-être ?

    À petites touches, au jour le jour, lauteur nous fait partager sa connaissance intime de la situation irakienne et cette forme de vie très particulière qui est la sienne, au cur du réacteur de lHistoire.

empty