Editions Paradigme (réédition numérique FeniXX)

  • À partir de 1850, Nerval adopte une forme narrative qui renouvelle la tradition du récit excentrique, une forme qu'il fonde sur l'observation du monde contemporain. Aux errements du siècle, le narrateur oppose des ailleurs : le Valois, des pays étrangers, le monde des rêves. Moins nostalgique que critique, cette opposition anime une authentique pensée du progrès. Ce réalisme atypique trouve son achèvement dans « Angélique », « Sylvie », « Octavie », « Aurélia ». En 1854, réunissant certains de ces textes avec d'autres plus anciens et « Les Chimères », Nerval compose un des plus étranges « recueils » de notre littérature : « Les Filles du Feu ».

  • À la Renaissance les auteurs de l'Antiquité ne suffisent plus pour expliquer l'homme et le monde. L'histoire devient alors un champ de réflexion privilégiée qui permet d'aborder les questions de la continuité, de la dégénérescence, du déclin et du progrès d'un peuple ou d'une nation. Après un premier élan nationaliste, les historiens du XVIe siècle s'intéressent à la méthode et à la narration de l'histoire. Ils s'interrogent aussi sur leur propre devenir et offrent une multitude de modèles théoriques pour la lecture et la compréhension du matériau historique. Il s'agit pour eux de rassembler, comparer et différencier les documents afin de penser une histoire nouvelle qui serait aussi prospective. Philippe Desan

  • Vitale et rituelle, l'eau de l'homme du Moyen Âge irrigue plusieurs mondes. Qu'elle s'offre dans son immédiat surgissement - source, rivière, pluie -, ou dans la proximité d'une domestication encore élémentaire - puits, citernes, aqueducs, moulins -, elle baigne l'économie et la vie quotidienne, l'imaginaire et le religieux. Mer, fleuves, rivières, elle est moyen de transport, lieu d'échange et force motrice. Sources et lacs, elle est aussi le domaine des fées et du merveilleux qui resurgit dans la littérature : mer du Tristan, bain de Mélusine, fontaine de Barenton... Venus de différents horizons à l'initiative du CEMO (Centre d'Études Médiévales d'Orléans), neuf chercheurs éclairent ici quelques-unes de ses multiples facettes.

  • À la suite de Chrétien de Troyes, le roman évolue, la primauté du sens laisse la place au plaisir du récit et trouvera sa représentation dans un cycle de romans mettant Gauvain en scène. Dès lors, le neveu d'Arthur n'est plus la belle image des romans du XIIe siècle, il devient signe à lire et déchiffrer : les récits arthuriens cessent d'illustrer l'éthique chevaleresque, ils deviennent le lieu d'une initiation à l'art du roman.

  • « Les textes que réunit ce volume ont été présentés et discutés à l'Université de Reims, le 11 décembre 1991, à l'occasion d'une table ronde organisée par le Centre de recherches sur les classicismes antiques et modernes. Ce centre a été créé en 1990 par Georges Forestier, spécialiste de littérature française du XVIIe siècle, et par moi-même, dans l'intention de faire se rencontrer des chercheurs qui, ayant des orientations et des spécialités différentes, parlent du même sujet, notre culture. » J.-P. Néraudau

  • Naissance de l'esthétique, de "l'artiste", de la "littérature", effervescence encyclopédiste, avancées des matérialismes et des illuminismes, l'âge des Lumières est le lieu de ces divers mouvements dans les tensions desquels se forme notre modernité : les études ici rassemblées explorent quelques aspects de cette préhistoire.

  • La misère, impensable, est d'abord, dans tous les sens, l'innommable. Pour forcer sa réalité à accéder en nous à l'existence, Hugo emprunte, de façon récurrente, des voies obliques. Ce sont quelques-uns de ces chemins de traverse du discours romanesque que l'on essaie d'analyser ici : la poétique du nombre, abîme du quantitatif désocialisant ; le grotesque « bricolage », étrange médiateur du progrès ; les variations sur le thème du sujet des tréfonds, d'Eponine, héroïne de la République assassinée à Thénardier, irréductible « filousophe » ; les détours actanciels de l'affirmation auctoriale d'une Vérité. Ces paroles atteignent leur but par ricochets ; elles rompent le silence, en attente d'un progrès à venir, coïncidant avec le triomphe de « l'amour fou », le sacrifice du moi en chacun et son oblation.

  • « Transparent », inépuisable, Racine est de ces écrivains qui, loin de décourager les critiques, ne cessent de les solliciter. Il nous a donc paru utile de grossir la bibliographie racinienne par le présent volume. Le lecteur y trouvera un échantillonnage de ce qui s'est dit sur Racine au cours des dernières années, de ce qui se dit aujourd'hui, notamment à propos des trois pièces inscrites au programme de l'agrégation. Ce choix permet aussi de mesurer le chemin parcouru depuis que Mauron, Goldmann et Barthes ont renouvelé la lecture de Racine.

  • À la fin des années folles, un jeune aventurier sans ancêtres, sans enfance, sans diplômes - mais non sans culture - venait parler de la condition humaine... Dans son roman, c'étaient le monde même, et la sauvagerie des hommes, qui se trouvaient nerveusement sténographiés. Les articles réunis ici témoignent des réactions à la fois passionnées et lucides provoquées alors. Ils montrent aussi que l'oeuvre de Malraux mérite d'être lue pour elle-même et non parce qu'elle renverrait à la biographie mythique de son auteur. Il y a un univers romanesque, une écriture romanesque de Malraux, une voix de romancier étonnamment accordée avec la sensibilité moderne.

  • Marivaux a écrit son oeuvre pour faire parler la femme et pour parler avec elle, par personne interposée. Au théâtre, le dialogue amoureux, la rencontre ouverte et périlleuse avec autrui, est l'enjeu de l'action, où le « double registre » réside le plus souvent auprès de la femme, confidente de l'homme. Dans les journaux, le Spectateur ou le Philosophe, délégué de l'auteur, remplit la fonction de confident et parfois même de sujet dans les confrontations amoureuses. Mais malgré les propos quasi-auctoriaux émis autour d'elle, la parole de la femme, ni idéalisée - ou si peu - ni récupérée par son auteur, continue à résonner avec un éclat particulier. L'analyse fait appel à la psychanalyse, qui permet de mieux comprendre les formations et déformations du langage aussi bien que l'ambivalence foncière de l'homme envers la femme.

  • Cet ouvrage expose avec clarté la temporalité de l'éducation au Congo Brazzaville de la période coloniale à nos jours et dresse un bilan exhaustif et critique sur l'efficacité du système scolaire. L'auteur ne se contente pas de décrire simplement la crise du système, aux différents niveaux et chez les différents partenaires, il situe également le système scolaire dans son contexte socio-économique et culturel. Il apporte surtout quelques précisions sur les perspectives d'avenir, celles de lier le projet pédagogique au projet politique ; en effet, préparer le jeune pour une responsabilité à prendre dans la cité, c'est en même temps l'inscrire dans un projet d'indépendance qui conditionne l'avenir de l'école congolaise et du Congo lui-même, avenir fondé sur le pluriculturalisme et organisé en un système porteur d'autres voies que celles de la reproduction du modèle occidental et de la formation des élites.

  • Reflets de l'évolution de la pensée d'un chercheur, témoins de l'avancée des connaissances, de nombreux articles de base, souvent éparpillés au fil des revues spécialisées, parfois devenus introuvables, sont nécessaires au travail du chercheur, de l'étudiant, de l'érudit. Regrouper ces textes fondamentaux, c'est le but que se propose la collection Varia, en réunissant sous forme de recueils d'articles les travaux des plus éminents spécialistes d'un domaine de la recherche et du savoir.

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