Arts et spectacles

  • Qu'est-ce qui dresse le cinéma contre les accélérations du tout numérique ? Les aurores après la tempête ne se voient plus que sur les écrans des salles de cinéma. Numérisés, les capitaux et les catastrophes détruisent le monde des matins tranquilles. La guerre est dans le temps. C'est à la chaîne que le numérique fabrique du virtuel, du mirage, de la monnaie de singe. En ce monde-hologramme, il n'est plus ni corps ni chair, les mains ne caressent plus rien, les blessures elles-mêmes sont factices. Cette nuée d'images nous dérobe le réel et peu à peu impose le désert des hommes et des choses. Contre la violence des exils, la salle de projection n'est-elle pas la dernière demeure de l'humain ? Face à la démultiplication des écrans, l'hypervisibilité, la transparence, comment le cinéma peut-il encore préserver sa part d'ombre et rester une arme critique ? Jusqu'où la révolution numérique n'est-elle pas en train d'affecter l'expérience esthétique et morale du cinéma, et au-delà, notre civilisation ?

  • D'Indochine à Potiche, cet ouvrage explore l'évolution de la carrière et de l'image de Catherine Deneuve à travers la figure poétique et symbolique de la maison. Sur la base des star studies et des gender studies, Catherine Deneuve femme maison analyse les moyens par lesquels la célèbre actrice a su réinventer son image pour affronter le passage du temps et s'imposer, à plus de cinquante ans, comme reine incontestée du cinéma français. L'ouvrage entend participer aux recherches sur le devenir des stars mais aussi à une interrogation philosophique sur les rapports entre les hommes et les femmes dans le plus privé des « deux gouvernements », celui de la famille et de l'espace domestique.

  • Ce volume délimite les périmètres qu'épousent les formes spectaculaires en explorant les frontières de ce qui fait spectacle. Il les décrit et détaille les régimes qui leur donnent vie en brossant l'histoire des communautés spectaculaires qui, dans la durée, « font et refont leurs états mentaux », pour parler comme Durkheim. Inscrites dans le continuum des pratiques sociales et dans l'histoire, ces formes ne se regroupent pas en idéaux-types aisément identifiables. La description s'attache ainsi aux situations et dispositifs borderline qui ne rentrent pas strictement dans les définitions ordinaires de cette forme. D'où une attention particulière portée aux expositions industrielles, aux interactions urbaines ordinaires ; à la messe télévisée ou à l'opéra hors les murs, ou encore aux opérations conduisant à renouveler ou à déplacer la forme spectacle - la prédation, les iconoclasties médiatiques. Est également interrogée la parenté des formes spectaculaires contemporaines avec les rituels républicains, avec les dispositifs anciens ou extra-européens auxquels nous accolons rétrospectivement l'étiquette « spectacle ». Articulé en trois parties, l'ouvrage explore, grâce à la contribution d'anthropologues, d'historiens et de sociologues, les régimes de spectacle en leurs diversités tout en questionnant leurs fondements. Il met ensuite en lumière leurs formes critiques pour proposer enfin une anthropologie des dispositifs spectaculaires numériques.

  • La chanson est au coeur de la pensée littéraire du XIXe siècle : de Chateaubriand à Verlaine en passant par Lamartine, Stendhal, Hugo, Musset, Michelet, Flaubert et Rimbaud, toute la littérature en parle. Populaire, politique, proche et inatteignable, celle qui a tant fasciné reste pourtant trop mal connue et rarement étudiée, considérée souvent et par beaucoup comme un genre mineur. Expression privilégiée de l'affectivité la plus intime mais aussi d'enjeux plus collectifs, la chanson dite « populaire » au XIXe siècle est au centre de cette étude très documentée dont le corpus est essentiellement composé de chansons à thématiques sociales ou politiques, en prise avec l'actualité. Au-delà du prolifique Béranger - célèbre chansonnier français qui connut un large succès dans la première partie du XIXe siècle et dont beaucoup aujourd'hui ne connaissent que le nom - qui l'écrit, qui la chante, quels sont ses enjeux, quelles sont ses formes, quels sont ses thèmes ? Ce livre a une triple ambition : offrir la première approche textuelle minutieuse de la chanson française du XIXe siècle, montrer comment se construit et s'affirme, au cours de la première moitié du siècle, l'idée même de chanson populaire devenue si commune de nos jours, et exploiter un corpus méconnu d'une rare richesse.

  • La musique sans paroles peut-elle faire sens ? Qu'exprime-t-elle ? Peut-on signifier sans représenter ? Avec les oeuvres symphoniques de Mozart, Haydn, Beethoven et, plus largement, avec l'apparition de la musique instrumentale autonome, c'est la manière de concevoir la signification qui est bouleversée à la fin du XVIIIe siècle : le langage verbal n'a plus le monopole de la pensée. Les débats se multiplient et l'on assiste avec eux, entre le début et la fin du XIXe siècle, à l'affirmation de « styles » musicaux, en France, en Angleterre et en Allemagne. Touchant à la conception même du langage, ces questions vont se poser pour l'ensemble des productions symboliques : poésie et peinture doivent alors apprendre comment exister sans représenter. À l'orée du XXe siècle, les oeuvres de Freud ou de Saussure autant que celles de Stravinsky ou de Schoenberg, de Mallarmé ou de Van Gogh sont l'héritage de cette période intellectuelle foisonnante. Resituer les familles de pensée, comprendre comment elles s'influencent, c'est ce que propose cet ouvrage, nous offrant ainsi des clés originales pour mieux apprécier les oeuvres dans leur singularité et leur rapport au monde.

  • Comment l'art vient-il aux personnes, aux objets, aux activités ? Comment passe-t-on d'une activité quelconque à un art, d'un simple artefact à une ooeuvre et d'un praticien à un artiste ? C'est cette opération qu'explore ce livre, sous le nom d'« artification » : un déplacement durable et collectivement assumé de la frontière entre art et non-art. Conditions pratiques, techniques, sémantiques, juridiques, institutionnelles, organisationnelles... Les enquêtes réunies ici explorent ces différentes dimensions avec les outils de la sociologie pragmatique, attentive à la matérialité des actions observées en situation. Le lecteur circulera ainsi de la danse hip-hop à la photographie, du graf aux métiers d'art, de l'art naïf à l'art brut, des arts primitifs au théâtre, du cirque à la magie, de la typographie au cinéma, de la mode aux objets de culte et de la bande dessinée au patrimoine. Et c'est au terme de ce petit voyage en artification qu'il aura enfin réponse, précisément, à la question : quand y a-t-il art ?

  • L'irruption du postmodernisme a favorisé la critique des avant-gardes artistiques du XXe siècle, des idéologies qui les avaient portées et même des oeuvres qu'elles avaient produites. Ces mises en cause ont occulté autant que révélé un ensemble de questions théoriques et historiographiques. Que signifie la fin des avant-gardes ? De quelle histoire celles-ci relèvent-elles ? Comment évaluer la force durable des oeuvres, indépendamment des discours qui ont accompagné leur création ? Que nous disent-elles de notre modernité ? Ce livre prolonge l'ultime préoccupation du philosophe Rainer Rochlitz (1946-2002) dans le domaine de l'esthétique : repenser les relations entre l'art, la société et le politique. Réunis initialement au sein d'un séminaire à l'EHESS, les auteurs de ce volume, spécialistes des arts plastiques, de la photographie, de la musique, de la littérature ou de l'esthétique, proposent une réflexion sur les modes d'attribution de sens et de valeur à l'art moderne et aux avant-gardes historiques.

  • Un doigt dans un café, un écrivain misanthrope, une jeune serveuse ardente et un amour fusionnel comme vous ne l'aviez jamais imaginé. Tels des atomes en parfaite symbiose, ces deux êtres n'en formeront plus qu'un seul, quitte à voir leur intimité irrémédiablement amputée. Un roman fou et étonnant, rempli d'ironie et d'humour. Une histoire sur l'amour, la liberté, la jalousie et leurs dérives parfois dangereuses.

  • Michelle Perreault est née en plein babyboom de l'après-guerre. Après avoir connu une enfance heureuse au sein d'une famille aimante, dans un contexte des plus prometteurs, mordant à belles dents dans la vie, se donnant à fond dans ses études tout en élaborant des projets stimulants, l'adolescente voit se fracturer son rapport au monde lorsqu'elle tombe soudainement sous l'emprise d'une peur panique, incontrôlable. Terrifiée et honteuse, réussissant de peine et de misère à cacher son sérieux handicap, même à ses proches, Michelle s'engage sur un sentier laborieux, pavé de souffrance et de solitude.
    Il lui faudra une cinquantaine d'années pour redécouvrir pleinement la richesse de ses ressources intérieures et se réapproprier les rêves auxquels une partie d'elle-même est toujours demeurée accrochée.
    À travers un Québec en pleine transition, c'est avec courage et détermination qu'elle consentira, jour après jour, à faire un pas dans le paysage ténébreux qui s'est imposé à elle, un pas qui la rapprochera d'une aube à laquelle elle n'aura jamais cessé de croire.

  • Voici un livre inhabituel que j'aurais aimé pouvoir lire à mes débuts parce que tout l'univers de la peinture y est décrit par un peintre à partir de la seule perspective de son atelier. Inutile d'être historien, critique, philosophe ou pseudo-connaisseur... Enfin ! un livre affranchi de tout langage hermétique et qui demande seulement au lecteur d'aimer la peinture pour mieux l'apprivoiser.
    La première partie regroupe de courts textes qui vous feront arpenter un monde extérieur à mon atelier. Un monde meublé d'attitudes et de préconceptions non artistiques qu'un peintre doit exorciser avant de se sentir libre au chevalet, le coeur et l'esprit largement ouverts.
    Puis la principale partie traite de la vraie vie pour un peintre, faite de couleurs et de tableaux. Ainsi défileront l'aventure romancée de mes études colorées, une façon de percevoir la couleur, le sens à accorder à peindre avec art, des enseignements picturaux personnels tirés de toiles de maîtres, des parallèles entre type de tableaux et type de peintres, un récit d'art-fiction sur la peinture de demain, et enfin mon journal pictural.
    La troisième partie traite des questions financières et des décisions qu'un peintre doit prendre pour mettre son travail en valeur.

  • En fin de nuit, dans l'enveloppe du sommeil, il a entendu clairement son père lui dire : « Tu as encore quelque chose d'important à faire ; tu commenceras aujourd'hui et plus tard, tu feras un grand succès. »
    Voilà qui est bien improbable, pense-t-il, pour un homme qui approche les soixante-dix ans et qui est satisfait de son quotidien tranquille.
    Mais l'amour, un amour singulier, l'attend et le poussera à revisiter les grandes lignes de sa vie, à dépasser ses propres limites. L'amour l'amènera jusqu'à Bogota, en
    Colombie, au grand désespoir de sa fille unique. L'amour le forcera à sortir de l'ombre et surtout à remettre en question certaines de ses convictions les plus profondes.

  • Rose, jeune femme atteinte du syndrome de Williams, est une violoniste accomplie. A la mort de sa mère, elle est prise en charge par la grande amie de sa mère qui s'en occupera jusqu'à ce qu'on trouve une maison pour l'accueillir.

  • Robert Griffon aime Cécile, qui l'aime. Il désire un enfant, elle n'en veut pas. Comment l'amour peut-il se vivre dans la durée quand surgit un tel désaccord ?
    Spécialiste de cinéma japonais, il n'aime pas les colloques. Pourquoi a-t-il accepté de participer à celui-là, au pied d'un phare?
    Sous couvert de rendre compte avec justesse des films d'un cinéaste méconnu de ses collègues, quelles émotions intimes met-il en jeu?
    Toutes ces questions, en apparence indépendantes les unes des autres, pourquoi se rencontrent-elles à la pensée d'Irina Hrabal ?
    Et qui est-elle ?
    Jaillit de ce séjour au phare un passé plus lointain toujours présent, toujours façonnant son engagement d'enseignant, de critique, d'amoureux, d'homme.

  • Québec, mars 2001. Installée clandestinement dans l'église Saint-Coeur-de-Marie dont elle a fait son atelier, Vanessa, artiste-peintre, rêve de se libérer des contraintes matérielles pour s'engager à fond dans son art. La jeune femme fait la rencontre de Rénald Crispin qui lui sert de modèle à l'occasion, sans se douter que ce garçon fabrique des drogues illicites dans un petit labo de fortune installé au sous-sol de cette même église. Sur fond de cris et de slogans lancés par une faune déchaînée à l'occasion du Sommet des Amériques, sa passion pour l'art entraînera Vanessa dans un tourbillon de sensations, de sentiments, de désirs et de refoulements. Ce roman traite de l'engagement homme-femme et aborde la relation complexe de l'artiste à son oeuvre.

  • Les controverses liées aux fondations des sciences sociales avaient pour enjeu de distinguer les arguments relevant d'une logique de la preuve ou d'une rhétorique de la persuasion. L'essor des sciences du langage et la redéfinition de la rhétorique fournissent aujourd'hui d'autres instruments pour mesurer le poids de l'énonciation dans les langages ordinaires ou scientifiques. Les études réunies ici visent à identifier les opérations caractéristiques de l'administration des preuves dans les sciences sociales.

  • L'opposition épistémologique radicale de la théorie « savante » aux « savoirs ordinaires » doit-elle nous conduire à penser que les savoirs opératoires seraient dénués de toute capacité autodescriptive ou bien, au contraire, ignorer ce cadre d'analyse, en gommant les formes les plus rationalisées de la théorie scientifique, nous apporterait-il plus de clarté conceptuelle ? Pour sortir de ces impasses, l'ambition de cet ouvrage collectif est de prendre en compte la diversité conceptuelle des régimes théoriques et la diversité des acteurs qui s'en saisissent pour dresser une cartographie plus ouverte de l'activité théorique et des formulations réflexives. Les contributions de ce volume cherchent à décrire les formes élémentaires de la théorie qui ne s'assument pas comme telles en mettant en évidence des régimes théoriques, manifestes pour certains, furtifs pour d'autres, en s'intéressant aux théories et savoirs opératoires que produisent les praticiens, qu'il s'agisse des horlogers du XVIIIe siècle, des musiciens et chefs d'ensembles de la musique ancienne, du music-hall, des fictions télévisuelles contemporaines, ou des pratiques et outils éditoriaux du monde universitaire au XIXe ou XXe siècle.

  • L'Art au point de vue sociologique conteste à sa façon l'idée très répandue que l'expérience esthétique n'est jamais qu'une expérience privée. Sous la plume de Jean-Marie Guyau (1854-1888), l'auteur de la fameuse Morale sans obligation ni sanction, on y voit la philosophie d'inspiration vitaliste, celle-là même dont la vigueur émouvait Nietzsche, se saisissant de la littérature française du XIXe siècle, pour nous proposer des principes de critique littéraire nouveaux, discutables sans doute, méprisables jamais. Cette oeuvre témoigne des premiers effets du concept de sociologie dans les sciences philosophiques et d'une perspective critique ouverte par les hypothèses scientifiques audacieuses de la fin du XIXe siècle. Pour l'offrir au travail scientifique, la présente édition est exactement conforme à la première édition posthume (1889), accompagnée des seuls éléments d'information utiles à la lecture contemporaine.

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