Entreprise, économie & droit

  • Notre avenir sera si riche que nous n'avons pas à nous soucier des dettes qui s'accumulent : elles seront effacées par les performances du futur. Et si l'homme est un être nuisible qui a dévasté la planète, il pourra sans problème être régénéré et «augmenté » par les miracles de la technologie. Telles sont les promesses que nous fait le capitalisme spéculatif.Depuis près d'un demi-siècle, cet esprit malin a saisi la sphère financière, puis l'économie réelle, et enfin la société tout entière. Il a bouleversé le travail, la consommation, les entreprises, les mentalités et la vie quotidienne pour produire une société matérialiste, fébrile et fataliste. Rebondissant à chaque crise, il a pris la forme de la financiarisation, puis de la digitalisation. Il prépare déjà sa nouvelle mue.À chaque fois, il nous fait espérer un avenir qui nous sauvera, tout en nous susurrant que l'être humain en sera exclu s'il ne s'adapte pas. Voici donc le récit de ce destin qu'on nous dit implacable, de son origine à son non moins implacable dénouement.
    Pierre-Yves Gomez est essayiste et professeur à l'Emlyon, où il dirige l'Institut français de gouvernement des entreprises. Spécialiste du lien entre l'entreprise et la société, il a notamment publié : La République des actionnaires (2001) ; L'Entreprise dans la démocratie (2009) ; Le Travail invisible (2013) et Intelligence du travail (2016).

  • On présente aujourd'hui l'abolition de la peine de mort comme un progrès majeur de civilisation. En est-il vraiment ainsi ? S'inscrivant en faux contre la vulgate ambiante, Jean-Louis Harouel propose une autre lecture, iconoclaste et originale.Il montre que, contrairement aux apparences - et à ce que bien des gens croient sincèrement -, la phobie de la peine de mort qui caractérise aujourd'hui l'Europe occidentale ne procède pas du Tu ne tueras pas de la Bible, mais est un des effets d'une religion séculière ayant pris le relais du communisme comme projet universel de salut terrestre : ce que l'auteur appelle « la religion des droits de l'homme ». Or celle-ci est la continuatrice de vieilles hérésies oubliées qui manifestaient une grande désinvolture à l'égard de la vie des innocents, tout en professant un amour préférentiel envers les criminels, considérés comme d'innocentes victimes.Là se trouve la source de l'humanitarisme anti-pénal qui a fait triompher l'abolition de la peine de mort, laquelle, même très peu appliquée, constituait la clé de voûte d'un système pénal fondé sur l'idée de responsabilité. Au lieu de quoi, la suppression de la peine capitale a frayé la voie à une perversion de la justice - l'imposture de la perpétuité de vingt ans ! - au profit des criminels et au détriment de la sécurité des innocents.
    Jean-Louis Harouel, agrégé de droit, professeur émérite de l'université Panthéon-Assas (Paris II), a publié une vingtaine de livres, dont les plus récents étudient l'influence du facteur religieux sur les accomplissements des sociétés humaines : Le Vrai Génie du christianisme (2012) ; Revenir à la nation (2014), Les Droits de l'homme contre le peuple (Desclée de Brouwer, 2016) et Droite-Gauche : ce n'est pas fini (Desclée de Brouwer, 2017).

  • Discerner, c'est repérer la meilleure voie pour sortir de situations embrouillées. C'est d'abord choisir, puis décider, avant d'agir pour avancer. Dans un monde incertain et risqué, face à des alternatives porteuses de valeurs parfois contradictoires, le discernement permet de conjuguer les contraintes notifiées par les sciences avec les aspirations personnelles du décideur. Comme tout un chacun, les managers économiques et politiques peuvent se former au discernement. Ce livre voudrait y contribuer en proposant une méthode en milieu contraint. Il s'adresse aux responsables économiques, politiques, administratifs ou associatifs, aux cadres dirigeants, chefs de projets ou de service, qui, tous, face aux dilemmes de la vie professionnelle et politique, affrontent la contradiction entre leurs convictions personnelles et l'autorité des lois et des supérieurs hiérarchiques. Ceci pour mieux intégrer aussi le jeu des pouvoirs, des réseaux et des règlements.

  • Dans un monde en mouvement, traversé par de violentes crises économiques et financières, quelle peut être la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ? Au milieu de changements souvent brutaux, est-il possible d'humaniser la mondialisation et de donner un sens à l'activité économique, au-delà des seuls bons sentiments ? Car le marché n'est pas une fin en soi, il n'est qu'un moyen : c'est aux hommes d'insuffler des valeurs et de susciter un supplément d'âme dans les entreprises. Bertrand Collomb, qui a travaillé dans le groupe Lafarge puis l'a dirigé à une période de croissance passionnante, dialogue ici avec Samuel Rouvillois, philosophe et théologien, sur toutes ces mutations de la vie économique et sur le travail. Et si un autre avenir s'ouvrait, enfin, pour nos sociétés ?

  • La participation est au coeur d'un projet de renouvellement de nos façons de vivre ensemble. Promue par certains comme remède à tous les maux, elle est simultanément perçue par d'autres comme un espace de manipulation. Le livre propose de dépasser cette opposition à partir d'enquêtes sur des expériences concrètes: au travail et dans l'arène politique, sous des horizons autogestionnaires ou managériaux, à partir de problèmes mécaniques sur un vélo ou de planification de la mobilité urbaine. Aussi accessibles qu'approfondies, les analyses invitent à sortir des idées reçues et permettent de mieux saisir les potentiels tout autant que les limites de la participation. En examinant attentivement les charges et les conditions requises pour prendre part, le livre décrypte les déceptions et amertumes nées des promesses non tenues de la participation. Celles-là même qui, couplées à un accroissement des inégalités sociales, nourrissent aujourd'hui des populismes réactionnaires et menacent nos démocraties. L'intention de l'auteur est alors de nourrir nos capacités, à la fois analytiques et pratiques, à réaliser ces promesses. Le bonheur lumineux éprouvé à prendre part, les bienfaits politiques qui en dépendent, Julien Charles nous en découvre aussi tout le poids. [...] À quelles conditions et à quel prix pouvons-nous prendre part en exprimant ce qui nous importe et nous affecte, dans le mouvement des communautés auxquelles nous avons part ? écrit Laurent Thévenot dans sa préface. Docteur en sciences sociales (EHESS et UCL), Julien Charles est chargé de recherche et de formation au Centre socialiste d'éducation permanente (CESEP) et collaborateur scientifique au Centre de recherches Démocratie, Institutions, Subjectivité (CriDIS-UCL). Dans ses travaux, il s'intéresse, entre autres, à l'engagement dans la participation et aux articulations entre les sciences sociales critiques et l'éducation permanente.

  • Comment décider, dans un monde où le risque économique est le pain quotidien du manager ?. Fruit de l'élargissement de l'espace économique, des contradictions sociales et du jeu politique, le risque provient également de la complexité des situations où plusieurs logiques - rendement, sécurité, pouvoir, confort, et d'autres encore se disputent le cerveau du décideur. Source de solidarité, le risque provoque aussi une crise d'identité de celui qui décide. Il doit assumer, outre ses aspirations personnelles et les contraintes notifiées par les sciences, les règles juridiques, la loi morale et les devoirs professionnels qu'impose la vie en société. L'art de décider en situations complexes naît du dialogue toujours recommencé entre ces dimensions. Comment assumer alors en toute liberté les contingences d'une décision ? C'est tout l'objet de la réflexion d'Étienne Perrot

  • L'impôt peut-il être juste ? Et peut-il être raisonnable ? La question de la justice fiscale agite la société quand les prélèvements fiscaux et sociaux deviennent si prégnants qu'ils peuvent menacer l'équilibre de la cité et la liberté des citoyens. Mais il ne sert à rien de contester l'importance des charges publiques sans s'interroger sur les raisons qui ont conduit les États à enfler jusqu'à devenir parfois impotents. Il convient ainsi de montrer le processus qui a conduit les États à accaparer la vie civile, sacraliser la notion de bien public, avec pour résultante l'asphyxie des citoyens par des impôts excessifs et souvent injustes.Non content de dénoncer un système inique, l'auteur se propose de remonter aux sources du droit et de la justice pour jeter les principes d'une nouvelle justice fiscale.Il existe en effet des voies qui permettraient de retrouver la balance de la justice fiscale plutôt que de l'abandonner à la volonté hasardeuse du législateur. La justice peut se mesurer à l'aune de la responsabilité et de la liberté réelles laissées à chacun d'atteindre ses fins, de s'accomplir en les accomplissant. Dans cette optique, le rôle de la collectivité serait redéfini et plus limité. La justice fiscale trouverait là un critère utile et équitable de sa mesure. Le lien indéfectible de l'impôt et du bien commun ne saurait faire oublier que le bien commun n'existe pas pour lui-même, mais pour permettre aux hommes de bien vivre ensemble.Jean-Philippe DELSOL, licencié ès lettres et docteur en droit, est avocat. Il est le président français du think tank européen Institut de Recherches Économiques et Fiscales, IREF. Il a écrit de nombreux ouvrages dont Au risque de la liberté, À quoi servent les riches, L'Anti Piketty (en participation).

  • C'est l'histoire d'un scandale. C'est l'histoire d'une crise que l'on aurait pu éviter si nos dirigeants avaient écouté les économistes qui, comme Pierre Larrouturou, tiraient la sonnette d'alarme. C'est l'histoire d'un monde qui s'enfonce dans le chaos, parce que ses dirigeants semblent incapables de comprendre les causes profondes de la crise et sont donc incapables de s'attaquer aux racines du mal. De façon claire et argumentée, Pierre Larrouturou rend accessible à tous une analyse nouvelle des déséquilibres causés par trente ans de politiques néo-libérales. Mais il ne se contente pas de dénoncer les erreurs passées : il explique de façon très concrète comment, en agissant avec force sur sept leviers, on peut sortir de la crise. On peut créer 2 millions d'emplois et on ne le fait pas. Voilà le scandale. En refermant le livre, chacun se dira qu'il est, à nouveau, possible d'espérer. Mais qu'il y a urgence à débattre. Urgence à agir.

  • Si la modernisation des entreprises publiques a été présentée comme une condition de survie dans le contexte européen d'ouverture à la concurrence, elle met aussi en question les finalités et l'esprit même du service public. Certains y trouvent une source de mobilisation ; d'autres, parce qu'ils ont longtemps incarné cet esprit de service et se trouvent aujourd'hui relégués aux marges du jeu, observent ces changements de manière plus circonspecte, voire inquiète. Ce sont ces perdants de la modernisation qui ont ici la parole. Sans en rester au registre de la plainte, ces hommes et ces femmes pointent les contradictions de notre société et de nos entreprises hypermodernes : promotion d'une conception de l'efficacité aboutissant à la mise en question de l'idée même de service public ; rationalisation aveugle aux réalités des métiers ; promotion de l'individu au détriment de certains sujets et des collectifs porteurs de solidarité et d'innovation ; promotion d'un mouvement critique imperméable à la critique... dont elle aurait pourtant grand besoin. Un regard sans concession sur l'évolution du travail dans un secteur clé de la vie économique.

  • L'image de la finance est celle d'organismes froids, uniquement motivés par la recherche du profit : le plus grand possible et le plus vite possible. Ce qui reflète sans doute une partie de la vérité ; la crise de 2008 a jeté un coup de projecteur violent sur des pratiques pas très correctes et collectivement dévastatrices, qui ont surpris une opinion publique pourtant blasée. Mais est-ce toute la réalité, et surtout est-ce inévitablement le trait dominant ? Car nous le savons tous, la finance a un rôle central dans nos économies. Elle sert donc à quelque chose. Une finance au service de l'homme, et non pas centrée sur elle-même, serait évidemment un idéal. Mais est-il à notre portée ? Peut-on espérer avoir une finance orientée dans le bon sens dans une société qui elle-même ne reconnaîtrait pas de vraies valeurs - sauf à les instrumentaliser pour polémiquer sur la scène médiatique ? Mais que signifie être au service de l'homme, sinon avoir une certaine conception du bien, et donc une forme de morale ou d'éthique ? Cet ouvrage aborde aussi des questions plus pratiques. D'abord sur la finance privée ou commerciale, en commençant par cette bête noire de l'opinion que sont les marchés financiers, sans négliger les guichets que tout le monde connaît. Pour évoquer ensuite cette autre finance, essentielle dans nos sociétés, qu'est la finance publique, et cet autre usage de l'argent qu'est le don. Une excellente synthèse sur le système financier et ses limites.

  • Que nous apprend la crise sur les défis qui attendent l'entreprise ? A l'évidence, elle a aggravé nombre de difficultés que l'on percevait depuis maintenant quelques années. En particulier, si l'entreprise demeure un lieu très investi humainement, ses salariés expriment des insatisfactions croissantes: partage des profits jugé inéquitable, conditions de travail dégradées, niveau élevé de stress et distance forte avec les dirigeants. Un tel constat appelle des réponses innovantes, au-delà des invitations rituelles à mieux manager et communiquer. Le défi aujourd'hui pour les dirigeants est, à rebours de leur credo habituel, de faire émerger un contre-pouvoir coopératif, qui combine la loyauté des salariés, le droit au débat et leur volonté d'agir pour améliorer la performance. Publiquement évaluée, la performance sociale concourt désormais à l'acceptation et à la réussite de l'entreprise contemporaine.

  • L'année 2010 a été l'étape majeure du lancement du marché européen des services avec la transposition de la célèbre directive Bolkestein. Il s'agit rien de moins de la plus importante des réformes engagées par l'Union européenne. Ce livre est le récit de la mise en place de la législation la plus polémique dans l¹histoire de la construction européenne. Quelle est l'origine de cette directive ? Sait-on que cette directive a pour conséquence un changement profond des politiques publiques ? Que deviennent le secteur associatif et les services sociaux ? Comment certainssecteurs sociaux (notamment celui de la petite enfance, de la formation professionnelle) sont-ils ouverts à la concurrence ? On trouvera dans cet essai des éléments de réponses juridiques et économiques à ces questions.

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