Climats (réédition numérique FeniXX)

  • ... Et comme il y avait, tout à l'heure, la nudité calme de la joue du clown assoupi, il y a maintenant la plage blanche et bombée du ventre de l'amante qui dessine vite, très vite, puis qui laisse tomber carnet et crayon, première abdication, pour que l'envahissent les premières attaques de la grande déflagration, car elle sait bien, et le clown le sait aussi, le sent au bout de sa langue, contre son menton, que la fureur de dessiner laisse la place à celle du ventre, qui tape de plus en plus fort contre les lèvres de l'amant, qui monte et qui descend comme une barque sur la houle.

  • Sur le premier cliché, elle posait debout devant sa coiffeuse, les chevilles liées aux pieds du meuble. Des cordelettes enroulées autour de ses cuisses, et fixées aux poignées des tiroirs, l'obligeaient à maintenir les jambes très écartées, et légèrement pliées. Elle avait les bras relevés au-dessus de la tête, mais on n'apercevait pas ses mains que Jerry avaient croisées, ligotées ensemble, et qu'un bracelet fixé autour du cou, lui maintenait derrière la nuque. Une corde, longue et épaisse, passée autour du torse, juste au-dessus de ses seins, et tendue jusqu'à la base du miroir, la contraignait à se tenir très cambrée. C'était une position difficile à soutenir, indécente à l'extrême avec ce ventre jeté en avant, arrogant comme une figure de proue. Pourtant, elle souriait, les yeux mi-clos.

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