Christian Bourgois

  • Le banquier anarchiste Nouv.

    Au terme d'un repas, un banquier démontre à son convive que ses convictions et ses actions en matière d'anarchisme n'ont rien à envier à celles des poseurs de bombe. Il déploie ainsi les trésors d'une rhétorique insidieuse au service de sa personne et s'installe dans de provocants paradoxes. Si ce banquier anarchiste nous enchante par son esprit retors, ses raisonnements par l'absurde et une mauvaise foi réjouissante, la véritable dimension du livre, cependant, n'est pas là : il s'agit en fait d'un pamphlet incendiaire contre la société bourgeoise, ses hypocrisies et ses mensonges. C'est aussi une dénonciation du pouvoir de l'argent, qui mine de l'intérieur le bien le plus précieux de l'homme : la liberté.
    Le Banquier anarchiste est l'unique oeuvre de fiction publiée du vivant de Pessoa et signée de son vrai nom. Un texte explosif, un véritable brûlot.

  • Un singulier regard Nouv.

    Fernando Pessoa a beaucoup écrit sur lui-même. Un singulier regard peut être vu comme un prélude à son oeuvre et le complément de son chef-d'oeuvre et livre total, Le Livre de l'intranquillité. Les textes qui composent le présent volume révèlent en effet des aspects méconnus de l'auteur à travers des textes et correspondances. Ils constituent un journal de sa vie intérieure, tout entière tournée vers l'auto-analyse.
    On trouvera dans cet autoportrait passionnant, souvent impitoyable, la lente progression d'une personnalité en pleine gestation, depuis une adolescence chaotique jusqu'à une maturité magistrale. Les écrits très intimes rassemblés ici montrent l'angoisse, la solitude et la lucidité de l'écrivain et la genèse de sa personnalité.

  • Le bal des folles

    Copi

    C'est l'histoire d'un écrivain argentin qui aime à écrire dans des chambres d'hôtel sordides à Paris. D'un beau Romain qui souhaite devenir une belle Parisienne, d'un sosie de Marilyn Monroe tyrannique et envahissant, d'un éditeur qui aimerait que son auteur cesse de le prendre pour un micheton. D'une boulangère qui pratique la voyance, d'un hippie neurasthénique qui élève ses triplés à Ibiza de façon peu orthodoxe, d'une véritable amie - qui à défaut d'avoir l'heure a toujours une bonne bouteille et une astuce pour échapper à la police.
    D'un Paris interlope à une Rome fervente, en passant par le New York branché et l'Ibiza baba-cool, Copi nous immerge dans les années 1970 et leurs folles libertés. Amours purs, sexe débridé, crimes odieux : en fantasmant sa vie, Copi nous donne à lire un roman aussi drôle qu'épouvantable.

  • "Tanja Luci´c est devenue professeure de littérature à l'Université d'Amsterdam après avoir fui la guerre en ex-Yougoslavie. Là-bas, elle donne des cours à une classe composée de jeunes exilés yougoslaves dont la plupart gagnent leur vie en confectionnant des vêtements pour le « Ministère de la douleur », une boutique sadomasochiste. Tous vivent dans la « Yougonostalgie », un attachement sentimental à ce qu'était leur pays avant son éclatement. Pour soigner leur mélancolie, Tanja leur propose d'écrire le récit de leur vie et la façon dont ils ont vécu la désintégration physique et culturelle de cet État. Mais cette méthode pédagogique inhabituelle n'est pas sans conséquences : bientôt, elle s'attire les foudres des uns, et ravive les tensions entre les autres...
    Dans ce roman où l'ironie et l'humour noir sont rois, Dubravka Ugresi´c explore la douleur de la perte, l'isolement et la solitude auxquels ne saurait échapper aucun exilé. Que nous reste-t-il quand on a tout perdu - son pays, son foyer, et même sa langue ?"

  • En 1961 est mort Roland, l'éléphant de mer du zoo de Berlin. Au moment d'ouvrir son estomac, on découvrit à l'intérieur de l'animal une pléiade d'objets insolites : un fume-cigarette rose, quatre bâtonnets d'esquimaux, une broche, une épingle à cheveux...
    Le Musée des redditions sans condition est à l'image de ce trésor. Constitué d'une mosaïque de récits, d'anecdotes, de souvenirs, il raconte une histoire simple, faite de déplacements et de nostalgie : une mère, dans Zagreb assiégée, pense à sa fille exilée à Berlin. Celle-ci imagine à son tour la fuite de sa mère un demi-siècle plus tôt, de la Bulgarie vers la Yougoslavie. Comment rendre compte de l'exil et de ce qu'il représente pour ceux qui l'ont vécu, ceux dont la vie tient dans une valise pleine de souvenirs disparates, vieilles photos, journaux intimes, objets rescapés de l'enfance ?
    Tour à tour drôle, malicieux ou mélancolique, Le Musée des redditions sans condition retrace de façon lumineuse la vie de personnages partagés entre deux cultures.

  • Annabel

    Kathleen Winter

    1968, un bourg côtier du Labrador au Canada. Un enfant naît, ni garçon ni fille. Intersexué. Ils sont trois à partager ce secret : les parents et une voisine de confiance. On décide de faire opérer l'enfant ; ce sera Wayne - le choix du père. Mais dans l'eau trouble de l'adolescence, son moi caché, cette Annabel qui l'accompagne comme une ombre, réapparaît. Et avec elle, la vérité. Un magnifique roman sur la différence et l'identité, porté par une langue poétique où vibrent intimement la Nature et les êtres.

  • Une ville qui n'existe pas, mais décrite par le menu, avec une précision (une joie, aussi) de maquettiste : rue par rue, lieu par lieu, avec ses grands passants, ses fantômes, son ton. Ville du bord de l'eau (comme si, entre la Garonne et la Loire, un autre fleuve et un autre estuaire avaient existé), ville où la donne de l'utopie a été plus généreuse qu'ailleurs, ville qui a donc beaucoup rêvé et qui, à son tour, fait rêver. Écrite à partir de son plan dessiné un jour de désoeuvrement, Olonne est devenue une sorte d'absolu de la fiction, une sorte de vertigineux « comme si », qui est aussi comme un roman. Description d'Olonne a obtenu le prix France Culture en 1992.
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  • Ce livre est la réédition de l'ouvrage paru en 1976 dans la collection 10/18. Lequel chercha, plus qu'une anthologie, à être un feuilletage intensif du romantisme allemand et à donner, sur pièces, une idée de l'étendue et de la richesse du clavier de puissance sur lequel ce mouvement, qui inaugure la conscience de soi de la littérature, voulut jouer. Collection " Détroits " dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • Premier roman de Thomas McGuane, Le club de chasse se déroule dans le Nord-Michigan, parmi les rivières limpides et les forêts verdoyantes. Au beau milieu de cette nature idyllique s'est bâti un club de chasse luxueux où se retrouvent des hommes d'affaires raffinés et de jeunes rentiers de Détroit qui viennent se reposer dans un club très select fondé par leurs grands-parents, au bord d'un lac.
    Si le cadre est paradisiaque, McGuane plonge rapidement le lecteur dans une spirale de destruction. En effet, tandis que le candide narrateur n'aspire à rien d'autre qu'à se reposer, Vernor Stanton, va semer le trouble. Ce dernier, fils de bonne famille, est un trublion notoire. Il prend un malin plaisir à ridiculiser tous les membres du club, qu'il considère vieux avant l'âge.. Violence, expériences limites, toutes choses qui rôdent à la lisière des consciences et de l'apparente civilité des membres du club surgissent alors.
    Thomas McGuane livre ainsi un roman explosif où l'on se livre à des duels pervers, on dynamite un barrage, des incendies éclatent, d'augustes bâtiments sont volatilisés et, pour le plus grand plaisir du lecteur, ce feu d'artifice s'achève en un bouquet final aussi spectaculaire qu'inattendu.

  • Invité à un symposium international sur le roman à Lyon, un double de l'écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas est abandonné dans son hôtel, où personne ne vient l'accueillir. Dans sa solitude, il achète un exemplaire du Magazine littéraire dédié à Julien Gracq et tombe sur un article qu'il a lui-même consacré au Rivage des Syrtes. Cette lecture lui donne l'idée d'élaborer une théorie générale du roman. Il veut mettre en évidence la modernité et l'extraordinaire prescience du roman de Julien Gracq - qu'en son temps une partie de la critique trouvait avait trouvé désuet - puis en déduit les principaux axes de ce que devra être le un roman. Ayant décidé de rentrer à Barcelone, sur le point de repartir de nouveau, il découvre l'inanité de toute théorie littéraire. Dès lors libéré de ce carcan, il écrira et perdra des pays, voyagera et perdra des théories, les perdra toutes.

  • L'hymne ne désigne pas dans ce livre une forme poétique particulière mais l'ensemble des dispositifs que la modernité a dû abandonner pour se tendre. Le mouvement des essais qui le composent est celui d'une généalogie, moins au sens d'une perspective proprement historique qu'à celui d'une récapitulation faisant la part au caractère dispersé des indices. Les noms qui jalonnent cette recherche - Hölderlin, Büchner, Baudelaire, Leopardi, Stendhal ou, plus près de nous, Benjamin et Mandelstam - définissent le réseau de sens où ces indices prennent consistance en se relançant les uns les autres. La Fin de l'hymne a précédemment paru dans la collection « Détroits » en 1991.

  • Londres, à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Lady Sophia Garfield rêve de devenir une belle espionne. Ne pouvant cependant passer son temps à démasquer des ennemis, Sophia exerce son sens patriotique dans les bureaux de l'hôpital Ste Anne... tout en conservant ses loisirs aristocratiques. Elle va ainsi régulièrement prendre le thé au Ritz, échafaude avec malice des plans pour séduire le fringant Rudolph Jocelyn et en éloigner sa rivale, la princesse Olga Gogothsky.

    Dans la lignée de Charivari, Nancy Mitford déploie un humour décalé et percutant, qu'elle distille savamment tout au long de cette fantaisie loufoque, qui accorde aussi toute sa place aux développements politiques internationaux cruciaux de l'époque.

  • Le communisme (son écroulement, sa disparition) et la guerre (son retour, sous le motif du « droit »), telles sont les sources de ce petit livre de questions. Ce qui est dit, c'est que l'humanité comparaît, qu'elle est la comparution - l'exposition de tous à la vérité la plus nue du politique, qui est d'être ce qui intéresse dans le « commun » chaque ponctualité d'existence. De ce qui a lieu entre les hommes, le communisme s'est voulu la résolution. Son échec comme le retour de la guerre nous exposent à l'inconnu. Autrement dit, à la tâche de déterminer à nouveau cet espace entre les hommes (inter-esse, voisinage de tous avec tous) où reposent (en brûlant) le jeu et l'enjeu, la possibilité même de ce qui, par-delà la clôture des prophéties et la nostalgie des entités perdues, ferait événement pour la communauté des hommes : la communauté de l'existence reçue comme partage. Collection « Détroits » dirigée par Jean-Christophe Bailly, Michel Deutsch et Philippe Lacoue-Labarthe

  • « Nul autre que lui ne jette un regard aussi avisé et affûté sur la vie contemporaine. » William Boyd « Kureishi est au meilleur de sa forme, impitoyable dans ces histoires de pères, de fils et de fanatiques. Le ton est franc, souvent sévèrement autocritique, et pourtant empreint d'un certain espoir. [...] Kureishi n'a jamais eu peur des éléments sordides, ratés et ridicules de l'existence humaine. Mais si ses observations sont sans pitié, elles sont très souvent paradoxalement tendres. [...] Les nouvelles de ce recueil exceptionnel sont à lire et à relire. » Helen Dunmore, The Times « Cet écrivain a vraiment du talent. [...] Une humanité et une ironie incroyables dans la construction de ses personnages. » Nicolas Demorand, France Inter

  • L'amiti littraire entre Alain Robbe-Grillet et Roland Barthes a dur vingt-cinq ans. Tout tmoigne de leur profonde et mutuelle estime intellectuelle: leur correspondance prive, leurs textes publis comme les propos qu'ils ont tenus - notamment dans le fameux dialogue qui donne son titre cet ouvrage. Si Robbe-Grillet disait volontiers n'avoir eu que trs peu de vritables amis, il citait toujours, aux cts de Jrme Lindon, le nom de Roland Barthes. En 1980, il crit son J'aime, je n'aime pas, publi ici pour la premire fois, en pensant son ami.En 1985, il pronostique: C'est son oeuvre d'crivain qui prcisment restera. Dix ans plus tard, en 1995, il l'imagine en romancier impatient, allgre, s'amusant rcrire, dans l'euphorie, avec un inpuisable bonheur, Les Souffrances du jeune Werther... Ces textes de Robbe-Grillet sont comme l'cho diffr de ceux que Roland Barthes lui a consacr dans ses Essais critiques en 1964.

  • Qu'un piano soit criblé de chevrotine par un enfant embusqué dans un arbre, et c'est l'harmonie du monde qui vole en éclats. Mais que cet enfant, le nez plongé dans les entrailles de l'instrument, l'imagine chargé d'épices et voguant intact sur l'océan, et c'est l'imaginaire qui ordonne le chaos. Sous le double signe d'un désordre échevelé, burlesque et jubilatoire, et du pouvoir de l'imagination - de la littérature-, Thomas McGuane reprend à son compte la tradition picaresque de Don Quichotte en la transposant dans l'espace américain des années 70. Son jeune héros, Nicholas Payne, successivement routard paumé, amoureux transi, cow-boy dérisoire, bâtisseur de chauves-souricières pour le compte d'un inénarrable amputé multiple, nous entraîne dans d'invraisemblables aventures, dont la plus vertigineuse est sans doute celle d'une écriture éblouissante, qui oscille constamment entre ordre et chaos, tradition et parodie, burlesque et poésie.

  • Cécile Wajsbrot continue d'explorer l'oeuvre d'art et sa perception en traçant un sillon personnel. Après le métaphysique et bouleversant Conversations avec le maître elle nous invite à approcher l'univers de la peinture et de la sculpture dans deux huis-clos capitaux se déroulant, l'un à Berlin sur L'île des musées, l'autre au Jardin des Tuileries à Paris. Quatre personnages, simples silhouettes, se dessinent pour incarner deux couples vivant une période de conflit. Ils se séparent lors du week-end prolongé de Pâques pour fuir l'ennui, réfléchir et faire le point sur leurs vies. Durant cette période de transition, de suspens, parenthèse nécessaire pour panser leurs blessures intérieures, les voix énigmatiques des tableaux et des sculptures évoquent l'histoire des lieux chargés d'art et de tragédies. S'y mêlent alors ? dans un fondu enchaîné déroutant ? celles réelles des personnages, fragiles, en quête de sens, d'amour, de paix, d'avenir. Au milieu d'une foule indifférente et des traces de décombres, se tissent peu à peu des liens timides. Les noeuds se desserrent, le désir naît dans la confidence et les secrets. La vie se teinte lentement d'une lumière nouvelle qui conduira du silence à la parole, à la réconciliation.
    Les pérégrinations sentimentales de ces héros anonymes suivent les dédales des musées, rythmées par les échos que provoquent en eux les oeuvres qu'ils fréquentent alors, comme dans un rêve. À cette trame sentimentale se sur-impriment les discours mystérieux, envoutants, de ces statues qui critiquent le monde qu'elles accompagnent et depuis longtemps, silencieusement, obstinément vigilantes. L'idée surprenante du livre est de conférer des voix à ces objets dont le statut demeure informe et particulier tant ils sont présents, familiers et parfois invisibles.

  • Conversations un soir de vernissage à Beaubourg ; l'exposition est consacrée à un vidéaste. Les invités se croisent, s'évaluent, superficiels, ironiques. Il y a aussi l'artiste, une amie, un admirateur, et d'autres ? figures d'un théâtre d'ombres. Devant les écrans de contrôle, quelqu'un veille. Mais il suffit d'un incident technique pour faire déraper la soirée. Le monde réel vacille, s'efface, une autre réalité apparaît.

  • Dans cet essai au ton personnel, Paul Audi tente de dégager et d'éclaircir, parmi toutes les idées que le romancier Romain Gary a cherché à mettre en valeur, celles qu'il lui paraît urgent que nous entendions dans le contexte présent de la culture, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la réjouissance. En prenant pour fil conducteur la phrase énigmatique de Gros-Câlin, le roman de Gary signé Émile Ajar : " J'attends la fin de l'impossible ", il s'interroge en priorité sur cette étrange utopie qui se dissimule à l'arrière-plan de tous les écrits de Gary et que cet idéaliste désenchanté, ce " clown lyrique ", disait vouloir poursuivre dans la vie envers et contre tout. Ce faisant, il parvient à mettre en perspective - comme pour mieux se la réapproprier - l'espérance qui fut celle de Gary, comme elle est au fond celle de tout un chacun, de voir l'homme, cet être profondément inhumain, naître un jour à son humanité, qui n'est autre que la reconnaissance de son essentielle fragilité.
    Dans cette nouvelle édition, complétée de trois essais, inédits pour deux d'entre eux, Paul Audi, tout en réfléchissant sur le sens de ses partis pris philosophiques, approfondit les raisons de l'importance qu'il convient selon lui d'accorder à cette " attente ", à cette vive espérance, déjà en elle-même impossible, qui soutient de part en part l'oeuvre de Gary comme elle soutient peut-être aussi l'existence même de l'être humain. Il tâche aussi de dégager, parmi toutes les idées que Gary a cherché à défendre, celles qui lui paraissent urgent d'entendre dans le contexte actuel de la culture dominante, qui fait désormais le moins de place possible à une éthique de la " réjouissance ".

  • Rêves de train Nouv.

    « Ce livre concis et poétique sent la morille et le bois calciné. C'est une fable transpercée par les hurlements des loups et les jappements des coyotes en délire, un hymne à l'odeur âcre des épicéas géants que des bûcherons loqueteux débitent en billes, là-bas, au fin fond de l'Ouest américain, pour construire, au péril de leur vie, des ponts de chemin de fer en équilibre au-dessus des canyons. [...] Un roman qui vous emporte loin dans le silence et dans l'azur. »
    Florence Noiville, Le Monde des livres
    Au début du XXe siècle, Robert Grainier travaille à la construction des chemins de fer qui, très vite, parcourront l'Amérique. Un combat de l'homme contre la nature dans des paysages à l'immensité sauvage. Mais ce n'est pas le seul combat que mène Grainier : ébranlé par un drame personnel, il tente de donner un sens à un monde qui en a perdu, alors que son pays connaît des années décisives qui transforment profondément son identité.

  • "Parhélie - pandemonium germanicum, veut redire la ville qui vit naître la première avant-garde littéraire allemande. Une ville, Strasbourg, qui serait « en arrière » de l'agglomération et de la mégalopole, dont les rues et les carrefours seraient autant de passes vers New York, Chicago, Bâle. Le Sturm und Drang naît à Strasbourg de la rencontre de Goethe, en 1770 - il a vingt ans - avec Hender et Jacob Lenz, l'auteur des Soldats et du Précepteur. Les Stürmer, critiques de l'Aufklärung et des Lumières, inventent la littérature allemande. Le romantisme d'Iéna lui donnera son concept. En 1830, Georg Büchner, contraint à l'exil à Strasbourg, lira le journal du pasteur Oberlin qui évoque la crise de « folie » de Lenz et il s'en servira pour écrire la « nouvelle » Lenz, une des oeuvres majeures de la littérature allemande."

  • Entre chats Nouv.

    « Ma fréquentation des chats m'a sauvé d'une ignorance crasse et incurable. »
    Dans cet opuscule, William S. Burroughs médite sur l'amitié mystérieuse entre les chats et leurs hôtes humains. Un petit traité amoureux sur les félins domestiques de sa vie qui n'aurait pas déplu à Colette ou Stéphane Mallarmé.
    « On dit que les chats sont les animaux les plus éloignés du modèle humain. Cela dépend du genre d'humain auquel vous vous référez, et bien entendu de quels chats. Je trouve parfois les chats incroyablement humains. »

  • La pleine lune n'en fait qu'à sa tête ! Macario, grand navigateur solitaire sur Internet, en ressent les effets jusque dans sa chair. Ses canines et ses ongles semblent s'allonger. Macario se transformerait-il en loup-garou ? Situation des plus inquiétantes lorsque l'on se retrouve, à la nuit tombée, bloqué dans un abribus pour cause de foulure au pied, au bord d'un chemin désert. Depuis la lande s'élève cependant une autre voix. Ismael, un assureur, également égaré, rencontre en effet les mêmes difficultés cinquante mètres plus loin. Désarroi en miroir, abribus, blessure, tout est pareil et tout différent. Et la peur étant mère de parole, un dialogue se tisse entre les deux solitudes. Une passerelle verbale, instable et fantasque, les conduits à se dévoiler l'un à l'autre le fond de leur coeur craintif et de leur âme minuscule. Le froid pique, le ciel tourne au-dessus des têtes, les constellations prennent des formes inattendues, la lune joue avec les hommes trop sensibles, comme toujours chez Javier Tomeo, quand le dérisoire flirte avec le sublime.

  • La Décennie rouge raconte l'histoire de la dérive des soldats perdus d'une génération qui voulait changer le monde et que l'on a appelée en Allemagne le "Protestgeneration". On date la naissance de la Rote Armee Fraktion ("RAF"), plus connue sous le nom de "Groupe Baader-Meinhof" ou "Bande à Baader", au 1er mai 1970. Après le reflux de la révolte étudiante, Andreas Baader, Gudrun Esslin, Ulrike Meinhof et leurs camarades décident d'engager la lutte armée contre l´Etat et les structures autoritaires de la société libérale. Ils veulent instruire le procès des pères accusés d'être, sans exception, d'anciens nazis. La "RAF" affirme que l'heure est à la lutte armée dans les métropoles impérialistes et que ce n'est plus le prolétariat allemand embourgeoisé mais elle, désormais, qui est le sujet révolutionnaire. Aujourd'hui, ironie de l'histoire, la "RAF" est rapatriée dans le musée de l'histoire alleamande.

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