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  • Los Angeles n´est pas une ville comme les autres. Malgré des conditions hostiles, naturelles ou liées à son développement - secousses sismiques, approvisionnement en eau difficile, pollution, gigantisme... -, elle témoigne en effet de la volonté de ses 15 millions d´habitants d´en faire la métropole de l´Ouest américain, puis de l´intégrer au club des métropoles mondiales. La deuxième ville des États-Unis représente un poids économique indéniable, axé principalement sur les industries de haute technologie, mais aussi un poids culturel comme capitale mondiale du cinéma qui tout au long du xxe siècle a réussi à exporter L´american way of life. D´une manière ou d´une autre, la ville fait rêver tout en s´affranchissant des clichés traditionnels. Mais paradoxalement, plus la ville s´étale sans notion de limites, plus elle exprime au travers de la violence exercée dans son espace public ce désir d´un centre qui, en faisant référence à la mémoire historique de son peuplement, matérialiserait l´identité d´une société désormais multiethnique. Cynthia Ghorra-Gobin nous fait comprendre avec clarté l´histoire exemplaire et les enjeux de cette mégapole à l´aube du xxie siècle.

  • Les politiques conduites dans les villes d´Afrique subsaharienne depuis les années 1980 mettent l´accent sur le lien entre infrastructures, développement économique et lutte contre la pauvreté. Elles accordent ainsi un rôle stratégique aux services en réseaux (eau et assainissement, électricité, transports, télécommunications), ossature matérielle des agglomérations. Les transformations en cours - privatisation, libéralisation et décentralisation - permettent-elles cependant d´atteindre les objectifs affichés et avec quelles conséquences sur les espaces urbanisés ? Pour les tenants de la fragmentation par les réseaux (splintering urbanism), les réformes, en privilégiant l´efficacité et la performance économiques, ont aggravé des inégalités sociospatiales et fragilisé la cohésion urbaine. Consacré aux services d´eau, l´ouvrage montre que les évolutions actuelles sont aussi susceptibles de débloquer des situations de sous-équipement et d´améliorer la desserte, notamment dans les quartiers pauvres exclus du service conventionnel. Toutefois, reposant sur une différenciation accrue de l´offre, elles nécessitent une redéfinition de l´équité sociale dans les services publics africains et un engagement résolu des pouvoirs publics, locaux et nationaux. Eux seuls, en effet, sont à même de réguler une diversité qui, tout en répondant à des attentes contrastées, préserve des liens essentiels de solidarité et contribue à une universalisation de l´accès à l´eau potable.

  • « Patrimoine de la Méditerranée »: une collection qui se propose de retrouver l'esprit des lieux, de les faire revivre à travers leur histoire, de susciter l'imagination du passé. Chaque ouvrage, s'appuyant sur les acquis les plus récents de la recherche, s'organise autour d'un thème privilégié. Une petite ville nommée Tétouan était apparue dès 710, mais ce n'était plus qu'une modeste bourgade à la tin du XVe siècle, avant l'arrivée des musulmans d'Andalousie fuyant la reconquête chrétienne. Les émigrés grenadins furent à l'origine de la renaissance de la ville et de son extraordinaire développement. Pendant quatre siècles, du XVIe au XIXe, Tétouan fut un foyer de culture andalouse en terre marocaine. Gouvernée par de grandes familles au pouvoir héréditaire, riche d'une forte élite intellectuelle et commerçante se perpétuant d'âge en âge, elle sut maintenir son autonomie politique, étendre ses échanges vers l'Europe et le Proche-Orient, accueillir des populations diverses, tout en conservant sa profonde originalité culturelle. La civilisation tétouanaise, greffant sur le fonds andalou maintenu et enrichi les apports ottomans et ceux de son environnement rural et berbère, atteignit son degré de perfection au XVIIIe siècle. Malgré les mutations apportées, depuis un siècle, par la modernisation et l'essor de la ville nouvelle, la vieille cité, préservée dans ses anciennes murailles, conserve sa personnalité, unique dans le monde musulman. Cet ouvrage, histoire et description d'une ville andalouse marocaine, de ses palais et de ses édifices religieux, est aussi l'analyse de l'esprit et de la culture du Tétouanais, fier des valeurs dont il a hérité, qu'il a maintenues mais aussi adaptées pour relever les défis d'une histoire séculaire.

  • La représentation que l´on se fait des déserts est souvent loin d´être exacte. Aussi, parler du Sahara revient-il très vite à confronter imaginaire et réel. Il faut pourtant se rendre à l´évidence : le Sahara contemporain est d´abord urbain, constellé de

  • Devant l´inflation des images de la ville, il importe de mettre en oeuvre un questionnement scientifique, susceptible d´éclairer leur rôle dans le développement des savoirs et des pratiques de l´intervention spatiale. Trois disciplines sont ici principalement interrogées pour traiter de la construction des figurations urbaines, de leurs effets, de leurs modes de circulation : l´architecture, l´urbanisme et la géographie. Des études de cas, organisées selon quatre grandes thématiques - l´empreinte historique des figures, le rôle de la cartographie dans l´élaboration des projets pour la ville, la culture visuelle et les stratégies disciplinaires portant la production figurative - ont été confiées à des spécialistes internationaux. L´ensemble de l´iconographie rassemblée, riche et originale, montre qu´une image demande à être étudiée au sein de séries, que celles-ci renvoient à un ensemble constitué (manuel, projet, revue) ou qu´elles relèvent du commentaire, de l´interprétation. Par le champ de réflexion qu´il ouvre, cet ouvrage s´adresse aux spécialistes de toutes disciplines, qui font de la ville un objet d´étude. Il intéresse aussi bien ceux qui étudient les usages actuels de l´imagerie urbaine, que ceux qui réfléchissent aux moments fondateurs de cette imagerie. Parce qu´il ne cherche pas à dresser un tableau exhaustif de la question qu´il traite, mais qu´il procède par analyse de cas symptomatiques, ce livre concerne l´épistémologue ou l´historien des savoirs qui trouveront des analyses situées et pouvant se rapporter à un questionnement plus large. Enfin, il offre à une communauté de professionnels engagés dans la pratique, tant les éléments d´une culture commune, qui reste à bien des égards encore à construire, que des sources de réflexion permettant d´accompagner et d´infléchir l´évolution des pratiques contemporaines.

  • Consacré aux grands ensembles de Séoul et à leurs habitants, cet ouvrage invite à la découverte d´une très grande métropole mondiale encore mal connue. L´auteur y reconstitue l´écheveau complexe des relations entre la ville coréenne, ses acteurs - urbanistes, architectes, administrateurs du secteur public, promoteurs - et ses habitants. Cette quête de la ville et du mode d´habiter coréen met en lumière les différents processus qui ont fait entrer cette société urbaine dans la modernité, au-delà des seuls mécanismes économiques responsables du formidable essor de la Corée du Sud. La géographie des grands ensembles à Séoul, qui bouscule les idées reçues de l´observateur, amène à considérer d´un oeil neuf les relations entre formes urbaines et lien social. D´austères façades bétonnées, des quartiers où la rue disparaît, des barres à perte de vue..., au total des grands ensembles dont la population se chiffre en dizaines, voire en centaines de milliers d´habitants. Ce tableau, qui évoque l´utopie de Le Corbusier portée à son comble, est pourtant bien réel et fait partie de l´environnement quotidien de nombreux Coréens. Au Pays du Matin calme, les cités radieuses sont en effet au coeur même des villes et le grand ensemble, ou tanji, est un type d´habitat apprécié par la majorité de la population, y compris ses franges aisées. Comment comprendre ce paradoxe ?

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