Belfond (réédition numérique FeniXX)

  • La droite française est tellement intelligente qu'elle est la seule à pouvoir donner l'illusion du contraire. Elle espère ainsi perpétuer les succès qu'elle a connus, depuis que Guy Mollet l'a accusée d'être la plus bête du monde. Mais, à force de trop faire semblant, elle risque d'être prise à son propre jeu : les électeurs finiront, un jour, par oublier son intelligence réelle, pour ne plus retenir que sa sottise apparente. Ce qui s'est passé en 1981, peut se reproduire en 1988, et même au-delà. Si la droite a décidé de perdre l'élection présidentielle, elle doit, encore, commettre quelques bêtises, car il lui reste bien des chances de gagner. Mais, pour avoir, au contraire, la certitude de remporter cette élection, il lui faut, très vite, dissiper le malentendu qui la brouille avec une partie du pays : la prise de conscience, au sommet, des candidats et de leurs plus proches partisans, n'est pas encore suffisamment descendue à la base. C'est à l'intention de ceux qui n'ont toujours pas ouvert les yeux qu'est jeté ce pavé dans la mare, pendant qu'il en est encore temps...

  • Maîtres à penser ou entremetteurs ; faiseurs de rois ou financiers occultes ; négociateurs acharnés ou fabricants d'images : depuis le Père Joseph, homme-lige de Richelieu, jusqu'à Marie-France Garaud, inspiratrice cachée des années Pompidou, ils n'ont jamais emprunté que les contre-allées du pouvoir. Pour mieux l'exercer ? Aujourd'hui, ils sont mitterrandistes ou chiraquiens, barristes ou rocardiens. Leur champion, bien sûr, a rendez-vous avec un destin national. Dévoués à leur grand homme, ils élaborent sa stratégie, cisèlent ses formules-choc et ses petites phrases, orchestrent ses apparitions et ses déplacements, structurent ses réseaux, gèrent son trésor de guerre et font tourner sa maison. Promoteurs de rencontres secrètes qu'ils savent, à l'occasion, rendre publiques, ils courent les dîners en ville et choisissent de distiller l'information assassine pour l'adversaire et, plus encore, pour... l'allié. Christine Fauvet-Mycia lève ici l'anonymat de ces conseillers très spéciaux et très discrets qui, par calcul, par amitié, par conviction ou par... hasard, sont devenus des éminences grises.

  • Après avoir manqué, il y a dix ans, le virage du magnétoscope, Thomson envisage, à la fin des années 70, une alliance avec les Japonais, accueillie sans enthousiasme à l'époque par les autorités. Après 1981, le nouveau gouvernement signifie clairement à l'entreprise, qui vient d'être nationalisée, son refus. Moins de trois ans plus tard l'accord est signé. Avec le soutien des pouvoirs publics. Pourquoi ? Au début des années 60, les Américains refusent de livrer à la France un ordinateur qui aurait pu avoir des applications militaires. C'est cet affront qui donnera naissance au dessein gaulliste de construire une grande industrie informatique nationale. Pourtant, en dépit des efforts, des crédits et des bonnes intentions, ce secteur est aujourd'hui dans une situation plus dramatique que jamais. Pourquoi ? C'est ce qu'explique, à travers de nombreux récits pris sur le vif où les rebondissements relèvent quelquefois plus des vaudevilles que de la stratégie, ce livre sur les grandes manoeuvres dans l'industrie sous la Ve République. De Saint-Gobain à Rhône- Poulenc, de Péchiney à Elf- Aquitaine, les occasions de mariages, de brouilles et de divorces entre les groupes ne manquent pas et n'ont pas manqué, que ce soit dans la chimie ou le pétrole ou les télécommunications. On y découvre des hommes politiques et des hauts fonctionnaires obsédés par le principe de l'indépendance nationale et qui jouent à un super-Monopoly avec les entreprises sur lesquelles ils exercent une tutelle ou un pouvoir. En face, les managers se prennent pour Clausevitz. Cohen et Bauer projettent une lumière crue et souvent iconoclaste sur les politiques industrielles et les stratégies d'entreprise, et nous dévoilent ce que nous pressentions : l'État, empêtré dans les guérillas que se livrent ses grands corps, ses ministères et ses entreprises, est aujourd'hui frappé d'impuissance, parce que prisonnier de logiques et de principes trop souvent étrangers aux réalités économiques.

  • Ce livre n'est pas un essai politique ordinaire. Il ne retrace pas les étapes de la cohabitation, et ne nous révèle pas le nom du prochain président. Il décrit, avec une joyeuse férocité, l'ampleur de la coupure qui existe aujourd'hui entre les Français, et ceux qui les gouvernent. En effet, s'ils prétendent faire notre bonheur, les hommes politiques vivent pourtant dans un autre monde. Aucun problème quotidien ne les assaille. Depuis combien de temps Barre, Chirac, Lang, Léotard, Mitterrand, Rocard, et les autres, n'ont-ils pas pris le métro, acheté une baguette de pain, rempli une feuille de Sécurité sociale ou payé une contravention ? De voyages officiels en grand-messes militantes, d'inaugurations d'usines-pilote en visites guidées dans la France profonde, les princes de la République vivent en vase-clos. Ce document qui brise la loi du silence chère au microcosme, passionnera tous ceux qui suivent, avec un scepticisme amusé ou exaspéré, les péripéties de la vie politique.

  • Un million de chômeurs ? Vous n'y pensez pas, c'est économiquement impossible... Deux millions ? Vous plaisantez, ce serait l'explosion sociale ! Et pourtant ! Nous en sommes maintenant à deux millions et demi. Trois millions et demi de chômeurs, demain, est-ce si absurde, puisque rien n'indique que la tendance soit prête à s'inverser ? Prenant appui sur l'Indicateur de Gravité du Chômage - un instrument de mesure statistique qu'il a mis au point -, Philippe Vasseur nous oblige à regarder la réalité en face ; le changement politique, nous dit-il, est insuffisant : alternance ou pas, le chômage n'a cessé de progresser depuis cinq ans. Les remèdes-miracles ont fait long feu ; même si la France retrouvait une croissance forte, cette éclaircie inespérée ne permettrait pas de surmonter toutes les difficultés. Quant aux espoirs placés dans les progrès technologiques et les secteurs de pointe, on en est déjà revenu : c'est souvent là que l'on supprime le plus d'emplois ! Alors, peut-on dire, pour parodier une formule célèbre, qu'avant 1981, on était au bord du gouffre et que, depuis, on a fait un grand pas en avant ? Aujourd'hui, en tout cas, il est trop tard pour tergiverser, il faut agir. Un livre à lire, d'urgence. Parce que nous sommes tous, désormais, des chômeurs en sursis.

  • De 1945 à nos jours, la France a vécu sur un modèle de croissance spécifique et original, le social-colbertisme : interventionnisme de l'État, complicité des rapports entre partenaires sociaux, participation par décrets, développement d'une société cloisonnée et peu compétitive. Mais ce modèle gaulois se fissure sous les assauts de la crise : les exclus, les chômeurs (ce 13e État sans gouvernement de la CEE), le krach, les grands déséquilibres internationaux, etc. Jean-Baptiste de Foucauld, dans un premier temps, brosse un tableau sévère de cette schizophrénie française, fondée sur la crainte de l'autre et le refus du réel. Puis, il esquisse ce que pourrait être une stratégie de sortie de crise. Le travail à temps choisi, une nouvelle solidarité sociale, une croissance réinventée et mieux maîtrisée, telles sont, parmi d'autres, les pratiques que la société française doit adopter pour éviter l'éclatement. Et si l'utopie se réconciliait avec le possible ? Au-delà des échéances électorales, La fin du social-colbertisme pose les questions auxquelles les Français, dans leur ensemble, et leur classe dirigeante, en particulier, refusent le plus souvent de répondre.

  • Nicolas et Olivier (Barre), Paul (Belmondo), Claude (Chirac), Serge et Olivier (Dassault), Éric (Peugeot), Philippe et Charles (de Gaulle), Jean-Christophe et Gilbert (Mitterrand), Philippe (Zitrone). Ils ont un nom, il ne leur reste plus qu'à se faire un prénom. Quelques-uns ont réussi, d'autres sont encore loin du but. Héritiers, ils ont, à portée de main, la puissance, l'argent ou la gloire. Qu'en feront-ils ? La transmission de pouvoir n'est pas si simple et la cohabitation père/fils est souvent synonyme de tension quand elle ne tourne pas à l'affrontement. Faut-il marcher sur les traces paternelles ? Voler de ses propres ailes ? Comment sortir de l'ombre en douceur sans être suspecté de vouloir tuer le père ? Peut-on succéder à une star, à un homme politique, au fondateur d'un empire sans conflit avec l'intéressé ou ses dauphins déjà pressentis ? En dépit de la légende dorée, les fils et les filles de personnalités célèbres ou de grandes familles ne vivent pas sans stress ou états d'âme leur (douloureux ?) destin... Un grand nombre d'entre eux ont accepté de se raconter, et de dévoiler quelques secrets de famille. Pour une fois, les fils à papa sont en vedette.

  • Ministres, chanteurs, patrons, philosophes, footballeurs, médecins, voici enfin les réponses à toutes les questions que vous vous posez : - Votre femme : faut-il ou non vous faire photographier avec elle dans Paris-Match ? À côté de la piscine ou non ? - Vous rencontrez Anne Sinclair dans l'autobus : comment rester calme ? comment la séduire pour passer à 7 sur 7 ? - Quelle est la vraie clé de la réussite de Michel Charasse ? ses bretelles ou son poste de ministre du Budget ? - Comment rentabiliser au mieux vos enfants, votre labrador ou votre sida ? - Comment parvenir à vous placer entre BHL et Jean d'Ormesson dans les manifs pour les droits de l'homme ? - Bref, comment devient-on un vrai médiatique traqué par toutes les chaînes ? Ce livre répond, en outre, à l'interrogation majeure de cette fin du XXe siècle : Yves Mourousi, déchu de sa chaire du 13 heures, a-t-il vraiment mérité ça ?

  • Journaliste au Point, l'auteur nous décrit la vie quotidienne des femmes de nos hommes politiques, car qui sont-elles vraiment ces inconnues célèbres?

  • Qui est Francis Bouygues ? À soixante-cinq ans, le numéro un mondial du BTP continue de se lancer des défis, des « challenges » comme il dit : l'acquisition de TF1 était le plus spectaculaire, le plus inattendu aussi. Du Parc des Princes à l'Université de Riyad, de l'arche de La Défense au tunnel sous la Manche, des piles Wonder (avec Bernard Tapie) aux « maisons de maçons », des raids boursiers aux studios de télévision, Francis Bouygues trace sa route. Insaisissable et insatiable. Biographie d'un manager hors du commun ? Reportage sur les moeurs du pouvoir ? Saga d'une galaxie de 60 000 personnes en perpétuel mouvement ? Pendant deux ans, les auteurs ont rencontré tous ceux qui comptent dans la vie de « Citizen Bouygues », le Citizen Kane de cette fin de siècle. Sans complaisance ni hostilité, ils dévoilent les ressorts psychologiques de « Francis », les coulisses des grandes négociations (du rachat de la SCREG aux OPA ratées), les rites et la « culture » de son entreprise (les bureaux paysagers, les « compagnons du Minorange »), l'étendue de ses réseaux (dans l'administration, parmi la classe politique, chez ses concurrents...), et les jeux de cour qui l'entourent. Ce document exceptionnel sur les rouages de l'« empire Bouygues » livre les secrets d'une ascension, celle de l'un des hommes les plus puissants - et les plus mystérieux - de France. Un livre qui en sait plus sur « Bouygues » que Francis Bouygues lui-même...

  • 1978 : le devis du futur musée d'Orsay est chiffré à 378 millions de francs. 1984 : les travaux s'élèvent actuellement à plus d'un milliard. Et le musée n'ouvrira... qu'en 1987. Deux cents kilomètres séparent Brest de Dinard. Cinq aérodromes, tous déficitaires, relient ces deux charmantes cités et « désenclavent » la région... 19 000 travailleurs ont été embauchés dans la sidérurgie, de 1981 à 1983. Aujourd'hui, on éteint les hauts fourneaux et on licencie. De tels exemples, Jean-Pierre Gaudard en propose des centaines : oui, les voilà, les danseuses de la République, petits rats ou danseuses étoiles, levant haut la jambe sur le devant de la scène politique. Hélas, ce French cancan n'a rien de très réjouissant. Ces initiatives inopportunes, ces projets avortés, ces décisions prises en dépit du bon sens, qui en est à l'origine ? Quel est le responsable des abattoirs de la Villette, de l'échec de Concorde et du Plan Calcul (l'informatique « française ») ? Qui, demain, endossera les couacs de l'opéra Bastille ou les échardes des « fibres optiques ». Le gouvernement ? quel gouvernement ? L'administration ? quelle administration ? Les fonctionnaires ? quels fonctionnaires ? Personne. Qui paiera ?... Vous.

  • Ils s'appellent Anne, Jean-Paul, Gérard ou Isabelle... Derrière cette valse des prénoms, se cache un secret intime : ils n'ont pas rencontré le compagnon de leur vie par hasard, mais par l'entremise d'une agence. S'ils se sont mariés, c'est par le jeu de fiches portraits, de rendez-vous programmés, d'affinités tout droit sorties de la sélection de l'ordinateur. Et pourtant, tous sont formels : c'est de cette façon qu'ils ont trouvé l'amour. Qui sont-ils ? Quelle motivation profonde les a poussés à entreprendre cette démarche ? Quelle était leur véritable attente ? Comment ont-ils fini par trouver l'oiseau rare ? Et - question annexe - qui sont les laissés-pour-compte et pourquoi ? Dans Les coulisses du coeur, Madeleine Ghertman nous dévoile - de façon vivante, anecdotique et drôle - les histoires de ces milliers de couples qui ont pris leur destin en main. Un ouvrage plein d'enseignement sur le coeur et ses multiples raisons.

  • Si l'espace s'est trouvé au centre des préoccupations des analystes, au cours de cette dernière décennie, le temps, lui, fait encore figure de parent pauvre. Le présent essai constitue, à cette heure, la première tentative pour élaborer une temporalité propre à l'expérience analytique. Pris entre l'a-temporalité de l'inconscient - qualification issue des effets, à la fois ponctuels et indéfinis, de ce dernier, dans la relation intersubjective propre à la cure - et la durée factuelle des séances, elle-même sujette à controverses, l'analysé et son analyste vivent de concert un temps particulier, un temps secondaire, qui régit leurs rapports de manière originale. Son instauration ouvre la voie à une dialectique de l'image, et du souvenir-écran. Son dénouement permet de parler de fin d'analyse, sans avoir recours à de vaines formules (le Je advient, la gratitude, l'auto-analyse), qui masquaient jusqu'à présent une faille dans la conceptualisation.

  • Tous deux ont été Premier ministre de Valéry Giscard d'Estaing. Depuis plus de dix ans, ils ont appris à se connaître, à se juger et à se... détester. Entre eux, la coexistence n'a jamais été radieuse. Au-delà des querelles d'héritage sur le gaullisme, et des consensus apparents sur le libéralisme, des petites phrases et des grands discours, des vraies divergences et des fausses réconciliations, des photos de famille au Puy-du-Fou, et des déjeuners secrets, c'est l'avenir politique de la France qui est engagé dans le duel Chirac-Barre. À l'approche de l'échéance présidentielle, la dimension humaine et affective de cette rivalité, pèse au moins autant que le rapport de force entre la droite et la gauche. Dans ce récit - qui révèle le dessous des cartes de la cohabitation - les stratégies de conquête du pouvoir des deux hommes se dessinent assez crûment...

  • Vous avez dit République bananière ? Les bonnes âmes, en ces temps de commémoration complaisante, crieront au scandale. Mais comment qualifier autrement cette France qui, deux cents ans après la Révolution, célèbre le culte de ses présidents-monarques et organise l'impuissance du Parlement, la dépendance des juges, la valse des fonctionnaires, les trafics d'influence, le financement clandestin des partis et, le moment venu, l'amnistie ? Comment expliquer la complicité de la classe politique que ces atteintes à la démocratie laissent indifférente ? Et que penser des mystérieux critères qui ont guidé nationalisations ou privatisations et certains choix comme le nucléaire ou le Plan-câble ? Quant aux «affaires» et aux scandales -politiques ou financiers -, on en parle quinze jours, un mois, et on les enterre. «1992», les droits de l'Homme, la «République des petits porteurs», autant d'envolées lyriques qui doivent faire oublier au citoyen sa situation face à l'Etat, à ses grands commis, à sa justice sur mesure et à son culte obsessionnel du secret. Avec un certain sens de la provocation, les auteurs démontrent que la France, aujourd'hui, n'est plus un modèle : c'est une république bananière qui ne le sait pas encore.

  • Le 10 mars 1997, Jacques Chirac, le président de la République, a promis internet à tous les écoliers. La France aurait-elle, finalement, décidé de prendre le train en marche ? Qu'on le veuille ou non, internet est l'avenir de l'homme. École, travail, santé, commerce, toutes les activités humaines vont connaître une mutation, semblable à celle engendrée par la révolution industrielle du XIXe siècle. L'élève, le salarié, le consommateur, vont devoir acquérir de nouveaux réflexes. Dans La révolution sans visage, les auteurs explorent ce nouveau monde qui est le nôtre aujourd'hui. 200 pages d'enquête pour comprendre les enjeux du multimédia. Pour maîtriser la société de l'information et ne pas en devenir les esclaves.

  • Thierry Saussez ne mâche pas ses mots : aujourd'hui, en France, la démocratie est menacée de déclin. Un déclin toléré, et même organisé par les hommes politiques. Ils ont accepté que la parole publique s'use, se pervertisse, se banalise, et passe sous la tutelle absolue de l'image. Leur discours est de plus en plus conçu, dosé, fabriqué, rapiécé en fonction des médias. Les Français ne se reconnaissent plus dans cette parole morte, et voient apparaître de curieux ventriloques, qui occupent le vide ainsi créé et animent, à leur façon, un débat virtuel par images, sondages et rumeurs interposés. Cette situation est alarmante, car elle fait le jeu des adversaires de la démocratie, et favorise la montée des extrémismes. Thierry Saussez analyse ce phénomène dangereux, et propose des solutions pour y remédier. Il le fait dans un esprit civique et avec courage, mais aussi en connaissance de cause, car il fut, lui-même, l'un des artisans de cette société du spectacle.

  • Il y a un mystère Delors. Pourquoi le ministre des Finances du premier gouvernement Mauroy, est-il respecté et ménagé par les plus grands noms du capitalisme national et international ? Dans quelles conditions, ce socialiste modéré a-t-il réussi à imposer à ses amis politiques une rigueur aux arrière-goûts de barrisme ? Comment expliquer le crédit dont il jouit dans une large partie de l'opposition ? Syndicaliste - à la Banque de France -, haut fonctionnaire au Commissariat au Plan, puis conseiller de Jacques Chaban-Delmas, de 1969 à 1972, cet homme de gauche qui préfère les clubs (Citoyens 60, Échange et Projets) aux partis, a eu sa traversée du désert sous le précédent septennat, avant d'hériter de la rue de Rivoli, puis d'être coopté comme président de la Commission européenne. Gabriel Milési trace le portrait d'un personnage attachant et déroutant, idéaliste mais aussi, quand il le faut, fin tacticien, au PS comme au sein du gouvernement. Toujours marginal dans le camp qu'il a choisi - à gauche sous Chaban, à droite sous Mitterrand -, ce chrétien discret a souvent servi d'intermédiaire de confiance pour rapprocher des hommes, ou des groupes séparés par la guerre de tranchée de la bipolarisation. Voici donc la première biographie consacrée à un citoyen au-dessus de tout soupçon - sinon celui de nourrir de grandes ambitions qui n'ont d'égales que sa constance à les nier.

  • Ce livre n'est pas une biographie exhaustive ; il n'est pas non plus un essai universitaire. Parmi la production, considérable, d'ouvrages consacrés à l'auteur des Fleurs du Mal, il se situe en deçà, dans ce champ expérimental où déambulent volontiers les écrivains, et que Baudelaire, lui-même, appelait, à propos de son étude sur Edgar Poe, la critique d'identification. En août 1844, le poète a 23 ans. Depuis sa majorité, il est en possession d'une somme rondelette. En deux ans, il en dépense somptuairement la moitié. Sa famille décide alors, pour sauver ce débauché, de le mettre sous tutelle judiciaire. Désormais, chacune de ses dépenses devra être comptabilisée. L'argent, obsession baudelairienne... Cette tutelle qui le relègue au rang d'enfant, Baudelaire en subira la honte sa vie durant. Honte à multiples facettes, qui sera responsable de sa conduite d'échec, de ses provocations, comme de ce qu'il appelait son guignon. Mais honte aussi qui attisera, chez le poète, une tendance naturelle à la révolte. La révolte sera l'héroïsme de Baudelaire. Elle lui donnera la force de poursuivre son oeuvre et fera de lui, malgré une terrible succession d'avanies, l'un des plus grands poètes de tous les temps.

  • La délation, aujourd'hui, est plus que jamais une affaire d'État ! Du corbeau de province aux indics, des partis politiques aux administrations, en passant par les R.G., les mouchards se portent bien en France, merci. Documents confidentiels à l'appui, l'auteur a constitué un dossier brûlant qui dénonce, avec force, une pratique tolérée, voire parfois commanditée, par la justice, les douanes, la police, le fisc... Une enquête extrêmement minutieuse, et un véritable cri d'alarme : la délation serait-elle en passe de devenir un système à part entière, cautionné par un État omnipotent, et désormais relayé par les nouvelles technologies ? Des révélations choc, des preuves explosives, pour étayer l'analyse inédite d'une situation qui fait froid dans le dos...

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