Littérature générale

  • Marée montante la vague lèche le varech d'un autre jour Laissons-nous guider par la poète sur les pistes de l'étonnement et du silence, à la rencontre de l'inattendu qui se révèle dans l'attention bienveillante au monde. Laissons-nous, avec son regard, redécouvrir les saisons, « les yeux dans le fleuve » et à « grandes lampées de vent ». Nous en revenons avec un surplus d'être et de vie, le corps collé au réel, le pas accordé à la terre, en complicité avec soi et le monde.
    Marité Villeneuve

  • En 2011, Roxanne Lajoie s'offre le luxe d'une sabbatique en famille. Pendant cinq mois, elle perd ses repères, quitte les sentiers trop battus, loue des appartements, ici et là, dans des villes. Alors, elle saisit sa loupe et observe les gens de la place. Elle voit les petites rides autour des yeux du marchand de Marrakech, rend son sourire au mendiant édenté devant le café à Essaouira. Elle saisit aussi les petits gestes quotidiens posés en famille pour accompagner ceux des autres.

    Sentier de montagne / à chaque pas la poussière / et l'odeur du thym

  • « C'est un grand pouvoir aux infinies possibilités que de prendre la plume tous les matins, de saisir des mots au passage pour ensuite leur insuffler la vie. Avec ce recueil, j'ai retrouvé ce regard que j'avais délaissé un jour en chemin. J'étais tel un voyageur redécouvrant son quotidien, brindille par brindille, caillou par caillou, un voyageur pour qui une simple promenade au jardin apparaît tout à coup comme le plus beau des voyages. » jardin lumineux / avec ce lys / cueillir la pluie

  • Dans Couleurs d'arc-en-ciel, Thérèse Perron-Beaulieu révèle un monde, le nôtre, certes, mais rendu unique grâce à la finesse de ses sens.
    Elle s'est employée toute sa vie à faire la classe aux jeunes enfants et en conserve une fraîcheur du regard qui nous réjouit. Beaucoup de bouts de chou, ici et là, dans ses haïkus ; un brin de naïveté parfois, cette naïveté qui ouvre grands les sens et permet de faire, d'un événement d'apparence anodine, une grande découverte.

    Banquette arrière / les bras du bambin tendus / vers la pleine lune Joanne Morency

  • Les haïkus, petits poèmes d'apparence facile, donnent souvent du fil à retordre. Cependant, certains arrivent comme des cadeaux. Par la discipline du haïku, Gilles Ruel réapprend à être attentif et à observer comme il le faisait, enfant. Cette pratique l'amène aussi à développer l'art de dire en peu de mots. Odeur de varech est son premier recueil de haïkus.

    Croisant d'autres pas je marche dans le silence odeur de varech

  • Saisir la brume est composé de photographies accompagnées d'un haïku. Il parle de choses minuscules, mais qui se relient au monde au travers du paysage immense de la Côte-Nord et du cycle des saisons. Au-delà des photos, les sensations, les sons, le mode

  • Pour franchir la porte du haïku, cela prend du temps. Il faut souffler sur la poussière, redécouvrir les rires qui traînent au-dessus de la table après un long repas, le plaisir de marcher lentement à travers les gens pressés. On en reste éblouis, étonnés. Car en portant notre attention sur ces instants, on découvre que ce sont eux qui, l'un après l'autre, font notre bonheur.

    Réveille-matin / le chatouillis d'un baiser / dans mon cou dimanche gris / pendant ma lecture matinale / le bruit du frigo

  • L'écriture de Kathleen O'Connor va droit au but, sans détour, comme s'il y avait urgence à communiquer. Tout au long de ce parcours, le lecteur est saisi par la variété des thèmes abordés, par les occasions multiples et savoureuses de s'étonner, par ces petits riens que l'auteure agrandit avec ses mots.
    Hélène Bouchard journée des femmes la voisine d'en face déneige le toit

  • Grande voyageuse du quotidien, Danielle Delorme nous propose, comme à ses invités des tomates-cerises, un panier de haïkus cueillis au fil de ses errances. Ici dans l'Outaouais, là sur la Côte-Nord, ailleurs dans la forêt voisine ou sous des cieux lointains.
    Même lorsqu'elle s'échappe vers différents points du globe, du nord au sud de l'Europe, du Maroc au Japon, elle poursuit sa cueillette sans relâche et enrichit son album de nouveaux souvenirs tracés en trois coups de brosse.
    Dominique Chipot soupçon de lumière / dans la grisaille hivernale / choisir ses semis

  • Ce recueil, au ton nouveau, étonne et interroge.

    Jour de pluie / suçons et réglisse rouge / pour les grands enfants Invitation, évocation, souvenir... ? Tout cela à la fois. L'énigme de l'écriture redonne au haïku une ouverture insoupçonnée. Aux lecteurs et lectrices de s'approprier les images, les mots, les couleurs et de les laisser résonner en eux.
    Micheline Beaudry

  • En intitulant son premier recueil «La glaneuse», Catherine Laratte nous invite d'entrée de jeu à communier avec l'âme du haïku. Sur ce parcours baigné de reflets d'ocre, le glanage de Catherine est marqué du sceau de la modestie et de la délicatesse. Dans cet hommage au charme subtil du quotidien, elle habite le coeur de l'instant, tous sens aux aguets. Sa cueillette de femme discrète est une généreuse offrande à savourer, le dos redressé, les yeux au loin. France Cayouette yoga sur la plage / des poses biscornues / sous l'oeil des sternes

  • Gilbert Banville est homme d'esprit, capable à la fois de grande finesse dans l'humour et de profondeur réelle dans le propos. Il est aussi doté d'une forte sensibilité, frôlant par endroits l'écorchure. Comme si trop de beauté lui était souffrante. Il nous fait donc passer des émotions criantes du flamenco, à la langueur sensuelle qui en ponctue les mouvements. Un recueil de haïkus qui a de la personnalité. Joanne Morency «flamenco les souliers de la gitane piétinent la lumière» Fils de cultivateur, Gilbert Banville est né à Saint-Narcisse-de-Rimouski. Il habite Les Buissons sur la Côte-Nord où il a fait carrière en recherche agronomique. Depuis que le Camp littéraire de Baie-Comeau l'a adopté comme bénévole en 2006, il s'est laissé encourager à écrire. «Les souliers de la gitane» est sa première publication.

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