Éditions de la Bibliothèque publique d`information

  • L´image de l´analphabétisme ou de l´inculture est souvent associée à la pauvreté. Il peut sembler aller de soi que les pauvres sont peu disposés à fréquenter les bibliothèques ; il leur manquerait les ressources élémentaires pour se fondre dans un espace

  • Être sur les réseaux sociaux, pour une institution culturelle, ce serait être là où se trouvent les usagers... Si, depuis une dizaine d'années, les bibliothèques investissent le web social, comment qualifier au juste leur « présence » ? Pour le savoir, faut-il se tourner vers les métriques quantitatives que mettent à disposition les plateformes sociales ? Faut-il s'attacher aux stratégies numériques que mettent en place les bibliothécaires ? Faut-il enquêter auprès des publics ? Des internautes ? Des inscrits ? Sans doute ces trois approches méritaient elles d'être explorées tant les contraintes se révèlent nombreuses : l'évolution en continu des plateformes sociales rend délicate la seule évaluation quantitative ; les ancrages territoriaux des établissements pèsent d'une autre manière sur les initiatives entreprises auprès des internautes ; la simplicité du Like, en même temps qu'elle banalise les signes de complicité, est surinvestie par ceux qui se connaissent et s'apprécient déjà. Sur la base d'un corpus de quatre établissements de lecture publique actifs sur les réseaux sociaux (réseaux de Brest et de Metz, médiathèque de Quimperlé et de Louise-Michel à Paris), l'étude Des tweets et des likes en bibliothèque, issue d'une enquête (notamment à base d'entretiens) menée en 2016, propose un bilan en trois volets : les réseaux sociaux numériques permettent aux bibliothèques d'établir une communication moins institutionnelle mais toujours descendante avec leurs publics ; ils instituent des modes de travail plus autonomes et moins hiérarchiques ; ils révèlent une communauté d'usagers très concernés par leur bibliothèque, qu'ils entendent défendre et protéger. Par leur investissement, ces usagers convaincus rappellent les « ambassadeurs de marque », tels qu'ils existent dans certains secteurs marchands : ils sont « là », par eux-mêmes, sans avoir besoin d'être sollicités, séduits ou investis d'une quelconque mission par les établissements qu'ils décident de suivre.

  • Un livre sur cinq vendu en France est un policier. De Simenon à Cornwell, de Daeninckx, Jonquet ou Vargas à Menkell, Pears ou Camillieri, rares sont les lecteurs qui n'ont jamais fréquenté ces récits. À partir d'une quarantaine d'entretiens approfondis avec des lecteurs assidus, Annie Collovald et Érik Neveu tentent de comprendre les raisons d'un tel engouement. Quelle est aujourd'hui l'offre de récits policiers? Comment se familiarise-t-on à ce genre littéraire? Quelles justifications, quels plaisirs les lecteurs invoquent-ils? Quelle évasion peut bien offrir une littérature qui évoque le sang, la menace, souvent les frontières noires du monde social? Et comment rendre compte des troublantes coïncidences entre les ruptures biographiques (mobilité sociale, drames personnels) vécues par bien des lecteurs et leur prédilection pour le polar? En rendant visible La capacité des genres policiers à cumuler les attraits des littératures de distraction, de savoir et de salut, cette recherche, qui accompagne au plus près la biographie et les pratiques des lecteurs, aide aussi à comprendre les raisons d'un succès et les cohérences d'un public pourtant bigarré.

  • Il suffit de prononcer le mot manga pour que surgissent toute une série de représentations : des yeux écarquillés et des silhouettes japonaises, des minijupes avec socquettes et des exosquelettes, le Club Dorothée et les jeux vidéo... On imagine aussitôt

  • Quelles sont les incidences de la « révolution numérique » sur les pratiques de lecture ? Si celles qui affectent la production et la reproduction des textes ou encore leur distribution et leur conservation sont évidentes, ...

  • Il est presque impossible aujourd'hui de trouver du travail, de s'inscrire à l'université, ou de faire des démarches administratives sans disposer d'une adresse électronique ou faire usage des réseaux sociaux et des moteurs de recherche sur le Web. Les bibliothèques se sont rapidement positionnées pour accompagner ce tournant numérique en ouvrant des ateliers d'initiation à l'informatique, à l'Internet puis au numérique. Dans cet ouvrage, un collectif de chercheurs (sciences de l'éducation, sciences politiques, sociologie, anthropologie) et de bibliothécaires (lecture publique notamment) reviennent sur l'expérience des « ateliers Internet » et analysent l'apport spécifique des bibliothèques en France et à l'étranger dans la construction d'une culture numérique. Au-delà du thème de la fracture numérique, qui imposerait une ligne de partage entre les citoyens connectés et les autres, ces auteurs indiquent que les lignes de rupture sont plurielles ; les usagers qui prennent le chemin des « ateliers Internet » cherchent tout à la fois à faire face aux injonctions sociales de la société de l'information, à acquérir des savoir-faire qu'ils considèrent comme nécessaires mais aussi à se ressaisir comme individus compétents, intégrés, reconnus. Ces ateliers en bibliothèque constituent des tiers lieux essentiels, au coeur de la cité, où peut s'opérer une transition numérique entre des façons d'apprendre, de communiquer, de travailler, de se lier à l'autre et de faire société.

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