Seuil (réédition numérique FeniXX)

  • Chaque fois qu'un monde meurt et qu'un autre tarde à naître, l'on voit surgir, sporadiquement, l'espace d'un entretemps, des signes que seuls certains écrivains semblent avoir enregistrés, eux qui ont vu, avec l'éclipse du monde ancien, se disloquer leur propre monde. A travers leur propre histoire, c'est aussi le récit des origines de leur nation qu'ils veulent retracer, mais la mutation des temps, lentement et brusquement, effondre le sol sous eux. Se tenant sur la précaire ligne de fracture, ils tentent en vain de restaurer le monde qu'ils ont perdu, projetant dans le passé un enclos stable, calfeutré et sans failles, jeu d'illusion et de bascule entre la conservation d'une mémoire et l'attente convulsive des "derniers jours". C'est ainsi que les émigrants puritains, laissant derrière eux les clochers de Cambridge, sont partis outre-Atlantique établir "la Plantation du Seigneur" (on verra ce que Henry Adams en fera) ; qu'à Chicago, dans le Middle-West amorphe, des échos vont répondre à la geste impériale déployée, autrefois, depuis léna (Bellow, pas très loin de Rilke). Ainsi certains auront-ils largué leurs amarres, alors qu'en d'autres temps, d'autres lieux, l'écroulement, le dépaysement se sera fait sur place : à Vienne (Hofmannsthal), ou en Irlande (Yeats et Synge), bastion monolithique à l'ancre dans une très vieille mémoire.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Ce roman se développe comme une psychanalyse, celle d'un homo occidentalis des années soixante, qui part convaincu de savoir - du savoir marxiste -, et de pouvoir tout illustrer à partir de là. Et puis, les figures qu'il a mises en place - l'intellectuel un peu anarchisant, Guillaume ; le couple de petits bourgeois, l'Étréci et sa femme Mes Droits ; le promoteur du capitalisme avancé, le Maître de Directo, et sa femme Anne ; le peintre américain, L ; le militant stalinien, Sentence -, les structures économiques et sociales qu'à travers ces figures il expérimente, la langue même dans laquelle, en tant que romancier, il travaille, tout cela lui résiste, lui échappe, le fait achopper. Et c'est chaque fois le corps, ainsi, (et avec lui le silence) qui se manifeste, qui interrompt le discours, qui l'oblige à repartir. À travers chaque étape du roman - l'exploitation du commerce de luxe, ou la « Caverne » ; le suicide de L ; le désir de Guillaume pour Anne... - la promesse d'une évidence s'enlise dans la lecture d'un sens concret qui ne se laisse pas réduire. Et si le capitalisme avancé pouvait réussir ? Et si les humeurs du corps conservaient leur épaisseur en face de toute pensée ? Et si qui veut démontrer se devait confesser, à la fin, romancier ? Romancier, oui, et d'un des gestes les plus significatifs de ce temps. Car nous savons aujourd'hui que, bien davantage que celles - imaginaires - de la personne, les dimensions du concret (et du conte) sont celles de l'économie, du désir, du mot.

  • Le Club Méditerranée est la seule organisation en France qui partage avec le Parti communiste l'étrange privilège de ne laisser personne indifférent. On est pour ou on est contre, sans trop savoir pourquoi. Comme Cap Kennedy ou Baïkonour, l'organisation de ces conquérants de l'espace lointain des plages, de la mer et du rêve, qui nous promettent le soleil - et non pas, du moins dans l'immédiat, la lune est environnée de mystères. Qui sait qu'elle n'était, en 1950, qu'une poignée de joyeux lurons découvrant « que tous les tracas sont solubles dans l'eau salée de mer », inventant l'art de ne rien faire et décidant que les vacances, ce doit être le temps de redevenir sauvage, de s'entr'aimer librement, d'être « gentils » les uns avec les autres et de faire la fête même si ce n'est pas tous les jours dimanche ? C'était génial. Une preuve : c'est devenu un modèle cent fois imité, un mythe, le creuset d'inventions pour modes nouvelles, habitudes nouvelles et utopies dont quelques-unes parfois se réalisent et puis, finalement, une fois cette société secrète transformée en société anonyme, une bonne affaire en Bourse... L'histoire du Club Méditerranée ? Une épopée qui se mue parfois en légende. De l'imagination à foison, de la débrouillardise, de l'improvisation, un état d'esprit, de l'enthousiasme, des colères homériques, des virages sur les chapeaux de roues, des sommets éblouissants, des marécages redoutables, l'image d'une possible société future aussi bien que le refuge d'une masse d'évadés qui démissionnent entre les mains d'une organisation-tutelle : bref, un concentré de civilisation moderne dont l'histoire est un peu celle de notre temps. Raconter cette histoire, ce n'est pas toute l'ambition de ce livre vraiment « G.M. » (gentiment méchant). Elle est aussi de revenir sans cesse sur cette grande question qui se pose aujourd'hui pour les vacances comme pour tout le reste de notre vie quotidienne : le bonheur qu'on achète sur catalogue, en tranches prêtes-à-consommer, peut-il toujours être le bonheur ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Chrysogone assiste à l'exposé de sa vie vécue sans lui. On l'appelle. Il part. Anonymement fusillé, il s'absente un moment. Il rencontre Émilienne. Elle lui parle d'elle. Ensemble ils vivent une journée toute consacrée à d'autres qu'eux-mêmes. Il essaie ainsi de confondre ceux qui s'emparent de lui. En vain. Convié à dîner, il assiste au viol d'Émilienne, qui l'empêche d'intervenir. Elle agonise, il assiste aussi à sa mort. S'en absente. Poignardé, anonymement, il s'absente pour de bon. Soleil. Émilienne et les autres ont usurpé sa vie. Un homme qui assiste à l'appropriation de sa vie - de la naissance à la mort - par l'ignorance, l'insouciance, le mensonge, la violence, le sacrifice des autres, et qui naît, vit et meurt, envahi par tout et par tous à l'exception de lui-même, est un Usurpé.

  • Dictionnaire des termes économiques et financiers en arabe, français, anglais, allemand, espagnol. Commentaires en arabe.

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  • Ce second volet de "Marchands de participes" - roman de "la condition de l'instituteur" - embrasse la période 1880-1910. La geste des Ranson continue avec Joseph qui, à l'encontre de son père, le pieux Jean-Baptiste, a pris le parti de la nouvelle Instruction publique - laquelle ira en se laïcisant. Elle se prolonge avec Marie, l'aînée des quatre enfants de Joseph, déjà fortement marquée - signe des temps - par "la morale laïque". Elle aussi deviendra institutrice, mais non sans sacrifier son bonheur personnel à une haute idée du devoir qui fait d'elle, exemplairement : "Marie des autres".

  • Les "marchands de participes" sont les instituteurs de l'âge héroïque : entre 1824 et 1880. Une geste familiale, celle des Ranson, relate ce que fut leur existence quotidienne et comment leur condition évolua, de la loi Falloux à la laïcité de Jules Ferry, en passant par les réformes de Victor Duruy. Trois générations, si l'on compte le grand-père Jacques Ranson, quincaillier failli et poète, qui tente d'ouvrir une école dans son village du Briançonnais ; et le petit-fils, Joseph, qui recevra la formation normalienne. Mais à la charnière s'impose la forte figure de Jean-Baptiste, un "dévorant" en son genre, bien-pensant, pétri de principes autant que de muscles. C'est lui le héros exemplaire. Luttes avec soi-même, avec ses proches, avec les maires ou les curés, ou avec ceux-ci et ceux-là, pour des motifs opposés : son destin pèse le poids d'un demi siècle d'histoire.

  • Ce second volet de "Marchands de participes" - roman de "la condition de l'instituteur" - embrasse la période 1880-1910. La geste des Ranson continue avec Joseph qui, à l'encontre de son père, le pieux Jean-Baptiste, a pris le parti de la nouvelle Instruction publique - laquelle ira en se laïcisant. Elle se prolonge avec Marie, l'aînée des quatre enfants de Joseph, déjà fortement marquée - signe des temps - par "la morale laïque". Elle aussi deviendra institutrice, mais non sans sacrifier son bonheur personnel à une haute idée du devoir qui fait d'elle, exemplairement : "Marie des autres".

  • Pourquoi, pendant le très dur conflit de novembre-décembre 1995, M. Juppé a-t-il eu tellement de difficultés à prononcer le mot « négocier » ? Pourquoi, si souvent, à l'intérieur ou à l'extérieur des entreprises, entre les groupes d'intérêt, les partis, etc., met-on une immense énergie à durcir les positions, à exiger la soumission ou l'écrasement de l'autre au lieu de négocier ? En analysant un cas dont tous ont été témoins, Michel Ghazal et Yves Halifa montrent comment les blocages les erreurs tactiques, les défauts d'appréciation transforment un différend en crise coûteuse. Ils indiquent très concrètement ce qui aurait dû être fait pour inverser le processus. Ils donnent à tous les responsables (ou candidats responsables) les moyens de mieux gérer les conflits inévitables et rendent à la négociation ses lettres de noblesse.

  • Les "marchands de participes" sont les instituteurs de l'âge héroïque : entre 1824 et 1880. Une geste familiale, celle des Ranson, relate ce que fut leur existence quotidienne et comment leur condition évolua, de la loi Falloux à la laïcité de Jules Ferry, en passant par les réformes de Victor Duruy. Trois générations, si l'on compte le grand-père Jacques Ranson, quincaillier failli et poète, qui tente d'ouvrir une école dans son village du Briançonnais ; et le petit-fils, Joseph, qui recevra la formation normalienne. Mais à la charnière s'impose la forte figure de Jean-Baptiste, un "dévorant" en son genre, bien-pensant, pétri de principes autant que de muscles. C'est lui le héros exemplaire. Luttes avec soi-même, avec ses proches, avec les maires ou les curés, ou avec ceux-ci et ceux-là, pour des motifs opposés : son destin pèse le poids d'un demi siècle d'histoire.

  • Libertad, prison politique en Amérique latine. Une étudiante de la grande bourgeoisie est arrêtée par erreur et jetée dans la cellule d'une fille du peuple. En échange de son silence sur cette bavure, elle exige la libération de sa compagne de cellule. Le « psychologue » de la prison, raté pervers, s'évertuera à la convaincre d'abandonner cette idée. Mais la jeune fille s'en tient à son marché. Pour se débarrasser du problème, la police éliminera son amie. L'étudiante ne cède pas, tandis que les échos de la révolution montent autour de la prison... Cette histoire violente, fondée sur un fait divers, est ici tempérée par l'humanité des personnages.

  • Libertad, prison politique en Amérique latine. Une étudiante de la grande bourgeoisie est arrêtée par erreur et jetée dans la cellule d'une fille du peuple. En échange de son silence sur cette bavure, elle exige la libération de sa compagne de cellule. Le « psychologue » de la prison, raté pervers, s'évertuera à la convaincre d'abandonner cette idée. Mais la jeune fille s'en tient à son marché. Pour se débarrasser du problème, la police éliminera son amie. L'étudiante ne cède pas, tandis que les échos de la révolution montent autour de la prison... Cette histoire violente, fondée sur un fait divers, est ici tempérée par l'humanité des personnages.

  • Pourquoi, pendant le très dur conflit de novembre-décembre 1995, M. Juppé a-t-il eu tellement de difficultés à prononcer le mot « négocier » ? Pourquoi, si souvent, à l'intérieur ou à l'extérieur des entreprises, entre les groupes d'intérêt, les partis, etc., met-on une immense énergie à durcir les positions, à exiger la soumission ou l'écrasement de l'autre au lieu de négocier ? En analysant un cas dont tous ont été témoins, Michel Ghazal et Yves Halifa montrent comment les blocages les erreurs tactiques, les défauts d'appréciation transforment un différend en crise coûteuse. Ils indiquent très concrètement ce qui aurait dû être fait pour inverser le processus. Ils donnent à tous les responsables (ou candidats responsables) les moyens de mieux gérer les conflits inévitables et rendent à la négociation ses lettres de noblesse.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un enfant naît, un enfant meurt : de son apparition à son enterrement, quinze jours de joie, d'angoisse, de tristesse. Les témoins de cette « existence » sont ses parents, les médecins, les infirmières, qui luttent ; puis les employés des pompes funèbres, qui font leur métier. Comme la mort, la douleur qu'elle provoque n'a nul besoin d'être commentée. Il lui suffit d'être dite avec les mots les plus simples ; d'autant plus émouvants qu'ils invitent au silence.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Arrêté à dix-huit ans pour actes de résistance, Yves B éon fut déporté à Buchenwald, puis à Dora, où il arriva, le 13 mars 1944, sous une tempête de neige. Dora n'était pas un camp d'extermination comme les autres. Après la destruction par les Alliés, en 1943, de la base de Peenemünde, l'Allemagne nazie avait décidé de transférer la fabrication de ses armes secrètes, les fusées V2, en un site inviolable, sous les collines du Harz, en Saxe. Pour ce faire, elle disposait d'une main-d'oeuvre qu'il lui suffisait d'aller prendre au camp voisin de Buchenwald. À partir d'août 1943, le nouveau camp de Dora, l'un des plus sanglants que le régime hitlérien ait créés, accueillit les détenus par milliers. Ils creusèrent la montagne, construisirent l'usine souterraine, un modèle du genre. Ils y connurent des conditions inimaginables et y moururent pour la plupart. Des milliers d'autres prirent leur place, comblèrent les vides pour quelques jours ou quelques semaines, avant de subir un sort identique. Seuls quelques-uns réussirent à échapper à l'inéluctable, à sortir de l'enfer. Yves Béon a été l'un de ceux-là. Quarante ans après, il se souvient. Pour lui et pour nous. Pour ceux qui auraient la mémoire courte. Son récit est plus qu'un cauchemar de science-fiction, l'histoire en tous points authentique de la planète Dora, qui vogue à des millions d'années-lumière de notre univers. Et pourtant Dora-la-maudite vivra aussi longtemps que les hommes, aussi longtemps que la Terre...

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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