Mercure de France

  • Je célèbre la voix mêlée de couleur grise / Qui hésite aux lointains du chant qui s'est perdu / Comme si au delà de toute forme pure / Tremblât un autre chant et le seul absolu.

    Extrait de "À la voix de Kathleen Ferrier", in Hier régnant désert Poèmes regroupe les recueils Anti-Platon, Du mouvement et de l'immobilité de Douve, Hier régnant désert, Dévotion, Pierre écrite, Dans le leurre du seuil.

  • Robert Coublevie marche sur la plus belle frontière du monde. Sa femme l'a quitté et il arpente ces hauts lieux où il croise des fleurs par milliers, des bêtes sauvages et libres, parfois un marcheur qui lui ressemble. Malgré tout, de temps à autre, il doit replonger dans le chaudron des villes... De nouveau confronté au tumulte, ne sachant que faire des tourments qu'il y découvre, Coublevie choisit d'en rire. La jeune Camille, elle, s'y débat comme un animal blessé, guettant les rumeurs du Café du Nord que tient son père. Elle a seize ans et dissimule de lourds secrets. Jusqu'où va-t-elle entraîner Coublevie? Jusqu'à quel crime? Veut-elle faire de lui le coupable idéal, le témoin complice? Une chose est sûre : la traque a commencé. Yves Bichet, dans ce neuvième roman, dresse le portait de personnages ardents et silencieux qui, debout sous les rafales, nous rappellent que la liberté est une folie joyeuse.

  • Une infirmière, un agent d'entretien, deux retraités, une simplette... Cinq petits héros du quotidien qui refusent de céder à la morosité alors que l'été arrive, qu'il fait de plus en plus chaud, que la canicule menace. Le pays se délite mais eux se découvrent, s'aiment et se confrontent à la manière batailleuse des timides. Loin de s'apitoyer sur leur sort, ils nous guident vers des chemins de traverse où le burlesque côtoie le drame et, peut-être, une nouvelle forme d'utopie.

  • Mai 1968. La révolte gronde partout en France. Notamment à Lyon où se tient une grande manifestation qui va mal tourner. Au moment où le cortège des étudiants tente de rejoindre celui des ouvriers en grève, un camion fonce sur les forces de l'ordre et percute le commissaire Lacroix, qui mourra à l'hôpital. C'est le premier mort de mai 68. Pour Mila et Théo, venus manifester ce jour-là, c'est le début d'une autre histoire...

    "Ils voulaient en finir avec la prudence, réinventer une forme de grâce qui mettrait le vieux monde à genoux. Ils croyaient au miracle des peaux. Ils étaient amoureux et tapageurs. Seul importait le tumulte des vies nouvelles se profilant après les bourrasques de mai. Ballottés entre désir de liberté et nostalgie du chaos, ils crurent un instant au mirage de la radicalité."
    Yves Bichet.

  • DEDANS, DEHORS ? Fuir, oui, par là ! Du côté du linge qui sèche. / Tant de couleurs ! Cette chemise, rouge, ces autres bleues. Ces blancs de toutes sortes de blanc. Ce gant de toilette resté sur l'herbe. / Ils rient. Ils jouent à être de la couleur, à s'en vêtir. À se lancer la balle de la couleur. La saisissant au vol ou se jetant l'un vers l'autre jusqu'à s'arracher à pleines mains le rouge, le bleu, souffle précipité, bouches proches. / Et maintenant ce vent du soir dans tout ce linge qui bouge ! / Un drap se détache, va-t-il s'envoler, non, il retombe, grand bruit. Passer entre ces deux autres grands draps qui claquent, mouillés encore. Se perdre dans leur blanc où bougent des ombres. Là où ils vont le soleil se couche. C'est à peindre. / Et justement un peintre est là, derrière son chevalet. Une barbe flave. Un canotier qu'il retient d'une main, à cause du vent. De l'autre, est-ce la gauche, il essaie de peindre. / C'est la variante "lessive"

  • Cette centaine de vers écrits d'un seul élan, en 1964, Yves Bonnefoy y revenait souvent, à travers les années, car ils étaient pour lui une énigme. Par exemple, "L'écharpe rouge" exposait, non sans précision, une "idée de récit". Mais pourquoi celle-ci venait-elle buter sur un événement au-delà duquel rien n'était plus concevable ? Un jour pourtant, dans l'après-coup d'un autre récit, de beaucoup plus tard, "Deux scènes", l'auteur étonné de "L'écharpe rouge" découvrit la clef qui lui permit de comprendre ce qui réclamait l'attention mais aussi se refusait dans ces quelques pages : autrement dit quelles inquiétudes, quelles émotions, quels remords avaient décidé, très en profondeur, de ses années d'enfance, d'adolescence, de jeune adulte. L'écrit d'à présent, autobiographique, découvre dans les strates d'un texte qu'avait dicté l'inconscient comment le regard d'un fils sur ses parents, sur leurs frustrations, leurs silences, décida de sa vocation à la poésie, cette parole qui se veut la réparation du mal que fait à la vie le langage.

  • Indocile

    Yves Bichet

    Dans ce roman d'apprentissage, Yves Bichet explore ce qui se joue à la sortie de l'adolescence : l'ivresse de l'engagement, la quête d'absolu et le besoin de s'accomplir dans le tumulte amoureux. Tourner le dos à l'enfance c'est parfois aussi affronter la guerre... Théo doit soutenir Antoine revenu blessé du conflit algérien. Il va aimer en secret la mère de son ami puis rencontrer Mila, une jeune femme mystérieusement marquée par la foudre qui le mènera, malgré lui, vers la résistance civique. Tournant le dos à son pays, il laissera derrière lui l'enfance pour plonger dans le vertige de la clandestinité.

  • Ce volume contient :
    L'Inquiétude de Shakespeare
    Brutus ou le rendez-vous à Philippes
    Readiness, Ripeness : Hamlet, Lear
    "Art et Nature" : l'arrière-plan du Conte d'hiver
    Une journée dans la vie de Prospéro
    Shakespeare et le poète français
    Transposer ou traduire Hamlet
    Comment traduire Shakespeare ?
    Traduire en vers ou en prose
    Traduire les sonnets de Shakespeare
    La Poétique de Yeats

  • "La pluie d'été Mais le plus cher mais non / Le moins cruel / De tous nos souvenirs, la pluie d'été / Soudaine, brève.

    Nous allions, et c'était / Dans un autre monde, / Nos bouches s'enivraient / De l'odeur de l'herbe.

    Terre, / L'étoffe de la pluie se plaquait sur toi. / C'était comme le sein / Qu'eût rêvé un peintre." Yves Bonnefoy.

  • Ce volume contient :

    Étienne Durand
    Remarque sur le portrait
    Andrea Mantegna
    De Véronèse à Goya
    "Une Cérès à la nuit, d'Adam Elsheimer"
    Un débat de 1630 : la Peste d'Asdod et l'Enlèvement des Sabines
    Les Bergers d'Arcadie
    Tiepolo à la fin du monde
    Mozart en son point du monde
    Le Désert de Retz et l'expérience du lieu
    La couleur sous le manteau d'encre
    Edward Hopper : la photosynthèse de l'Être
    Georges de Chirico
    Henri Cartier-Bresson
    Le désir de Giacometti
    Giacometti : le problème des deux époques
    Annexe : Les Stances à l'Inconstance d'Étienne Durand

  • Ce livre rassemble les recherches d'Yves Bonnefoy en poésie depuis son dernier recueil Les Planches courbes. Ces recherches tendent à visiter toujours plus le rapport de l'écriture en vers et de l'écriture en prose, le passage entre l'une et l'autre se découvrant dans des régions subconscientes dont le poème est l'écoute, mais nullement passive. Il s'agit en fait d'élargir les bases de la conscience. La longue chaîne de l'ancre, c'est celle qui arrime l'esprit humain dans les eaux profondes de l'inconscient, lieu de pensée autant que de vie.

  • Ce volume rassemble la plupart des écrits publiés par Yves Bonnefoy de sa venue à Paris, vers 1945, à 1951, quand déjà il s'éloignait du groupe surréaliste, à proximité duquel il avait vécu un moment.
    On y trouvera des essais et des poèmes parus alors en revue et parfois réimprimés depuis de façon confidentielle , et aussi le Traité du pianiste, un récit qui avait fait l'objet d'un petit volume en 1946, mais que son auteur n'avait jamais repris en langue française - il y eut une édition anglaise et une italienne - du fait de l'étonnement, plutôt réprobateur, qu'il en éprouvait.
    Ce retour sur le passé s'accompagne d'un long essai autobiographique, dans lequel Yves Bonnefoy s'interroge sur ces écrits d'autrefois, croit en comprendre le sens, formule en tout cas des hypothèses et assiste à la remontée de souvenirs qui lui expliquent beaucoup de ses préoccupations de l'époque et même une part de son travail ultérieur.

  • Il s'efforçait depuis quelques jours d'être heureux des nuages qu'il amoncelait sur sa toile au-dessus d'un chemin de pierres. Mais qu'est-ce que la beauté quand on sait que l'on va partir ? Demain le bateau va le conduire sur une autre île. Il ne reviendra plus dans celle-ci, il ne reverra plus ce chemin.

    Extrait de "La Vie errante", in La Vie errante

  • Ce volume contient : L'Égypte ; Les fruits ; Les feux ; Une coupole ; Rome, les flèches ; Convenerunt in unum ; La huppe ; Les dieux ; Les découvertes de Prague ; Nouvelle suite de découvertes ; Rue traversière ; Rentrer, le soir ; Seconde rue Traversière ; Le fou rire ; Du signifiant.

  • C'est l'aube. Et cette lampe a-t-elle donc fini / Ainsi sa tâche d'espérance, main posée / Dans le miroir embué sur la fièvre / De celui qui veillait, ne sachant pas mourir ?

    Extrait de "La Tâche d'espérance", in Ce qui fut sans lumière

  • Quelques-uns des textes qui paraissent dans ce volume avaient déjà été publiés en 1981, aux éditions de la Baconnière. À ces premiers beaucoup d'autres sont ajoutés aujourd'hui, qui pourront ne pas sembler trop bien justifier ce titre : Entretiens. Mais c'est qu'ils ont été des réponses à des enquêtes, des contributions à des colloques, des interventions en des occasions de réflexion en commun. Et, surtout, les rassembler sous ce mot, c'est dire que je ne sais pas écrire si par l'esprit je ne m'entretiens pas avec tel ou tel interlocuteur, que j'ai écouté et voudrais convaincre.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Un éducateur spécialisé dans les problèmes de la jeunesse délinquante, Yves Charrier, et un spécialiste juridique, Jacques Ellul, collaborateur du journal le Monde, ont mis leur expérience et leurs connaissances en commun pour constituer un dossier. Le récit d'une approche d'une bande de délinquants, de ceux qu'on appelle les "blousons noirs", "les voyous", "les drogués", constitue un volet du livre. Journal intime d'un éducateur travaillant dans le sud de la France, c'est la présentation d'une aventure vécue dans ses difficultés quotidiennes. Mais l'ouvrage-document est aussi une réflexion à partir de l'expérience menée sur le terrain. C'est la deuxième partie du livre. Le tout forme un dossier. Comment, en France, s'occupe-t-on des jeunes marginaux ?

  • Un éducateur spécialisé dans les problèmes de la jeunesse délinquante, Yves Charrier, et un spécialiste juridique, Jacques Ellul, collaborateur du journal le Monde, ont mis leur expérience et leurs connaissances en commun pour constituer un dossier. Le récit d'une approche d'une bande de délinquants, de ceux qu'on appelle les "blousons noirs", "les voyous", "les drogués", constitue un volet du livre. Journal intime d'un éducateur travaillant dans le sud de la France, c'est la présentation d'une aventure vécue dans ses difficultés quotidiennes. Mais l'ouvrage-document est aussi une réflexion à partir de l'expérience menée sur le terrain. C'est la deuxième partie du livre. Le tout forme un dossier. Comment, en France, s'occupe-t-on des jeunes marginaux ?

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Je dédie ce livre à l'improbable, c'est-à-dire à ce qui est. À un esprit de veille. Aux théologies négatives. À une poésie désirée, de pluies, d'attente et de vent.   À un grand réalisme, qui aggrave au lieu de résoudre, qui désigne l'obscur, qui tienne les clartés pour nuées toujours déchirables. Qui ait souci d'une haute et impraticable clarté.

  • La Vérité de parole est le troisième volume de L'Improbable, recueil d'essais sur la poétique dont les deux premières parties sont L'Improbable (suivi d'Un rêve fait à Mantoue) et Le Nuage rouge.

    TABLE :
    I - Marceline Desbordes-Valmore ; La poétique de Nerval ; Madame Rimbaud ; II - Une écriture de notre temps ; III - Un poète « figuratif » ; Gaëtan Picon allait parler, ce soir-là ; Les mots, les noms, la terre ; Jorge Luis Borges ; IV -Quelque chose comme une lettre ; Note bibliographique

  • Et que faut-il penser / De ces pommes jaunes ? / Hier, elles étonnaient, d'attendre ainsi, nues / Après la chute des feuilles, / Aujourd'hui elles charment / Tant leurs épaules / Sont, modestement, soulignées / D'un ourlet de neige.

    "Les pommes", in Début et fin de la neige

  • "On retrouve dans ce tableau [de Mondrian] qu'on voit déjà si moderne quelques-unes des catégories les plus spécifiques autant que les plus anciennes de l'interrogation du divin - ainsi l'ambiguïté d'un espace assez peu marqué pour s'ouvrir comme la peinture romane au non-dimensionnel du symbole, assez perspectivé toutefois pour que nos aspects et nos gestes puissent y inscrire leur forme et avec elle leur espérance. Même les couleurs du Nuage rouge, bleu du manteau de la Vierge, émeraude de l'alchimie, rouge dont Delacroix ensanglantait l'Idéal, sonnent là une fois de plus dans l'histoire les trois notes fondamentales de notre condition qui veut forcer ses limites."

    TABLE :
    I - Baudelaire contre Rubens ; II - Giovanni Bellini ; Elsheimer et les siens ; À l'horizon de Morandi ; Quelques notes sur Mondrian ; Un ennemi des images ; Deux souvenirs de Georges Duthuit ; III - Les mots et la parole dans la Chanson de Roland ; La poétique de Mallarmé ; Rimbaud encore ; L'illumination et l'éloge ; Pierre Jean Jouve ; Sur la fonction du poème ; IV - Georges Henein ; Paul Celan ; Dans la couleur de Garache ; Peinture, poésie : vertige, paix ; La fleur double, la sente étroite : la nuée ; Terre seconde ; Note bibliographique.

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