Sergio Ramirez

  • L'inspecteur Dolores Morales, ancien guérillero, n'a pas fait fortune comme beaucoup de ses camarades au moment où la révolution s'est convertie au capitalisme triomphant. Il est devenu détective privé, spécialisé bien malgré lui dans les affaires conjugales.
    Avec l'aide de Sofia, ex-femme de ménage dotée d'une morale révolutionnaire intraitable, renforcée par l'Église évangélique, et du fantôme de Lord Dixon, un ami tombé sous les balles, il est chargé de retrouver une très jeune fille à la demande de son beau-père, un homme d'affaires tout-puissant.
    Mais celui-ci n'a aucune envie de le voir réussir et ne cesse de lui mettre des bâtons dans les roues. Et la jeune fille terrifiée se cache.
    Insensible à la corruption morale et financière, l'inspecteur devra plonger dans les bas-fonds de Managua, il y rencontrera des personnages hauts en couleur, d'anciens camarades de lutte devenus clochards, une religieuse laïque et combattive, et même un charognard de compagnie.

    Cette aventure nous révèle ce qu'Ortega a fait du Nicaragua. Sergio Ramírez utilise avec brio un humour sans pitié et un désespoir compréhensible.

    "Une dénonciation explicite de la corruption comme soutien du régime." - El País
    "Un style agile et puissant, où brillent l'ironie et une extraordinaire maîtrise du dialogue, et où Sergio Ramírez démontre tout ce que peut le roman noir." - El Imparcial


  • Les perdants ont toujours tort

    La Vierge de Fatima entre dans Managua, au son d'un orchestre de chicheros, escortée par les officiers de la police nicaraguayenne. L'inspecteur Morales regarde la scène de son bureau de la Plaza del Sol. Il est chargé d'enquêter sur un yacht abandonné à Laguna de Perlas, sans doute une histoire de narcos, et pas des moindres. Flanqué d'un lieutenant cynique et d'une ex-guérillera coriace devenue femme de ménage, il traque les coupables avec sa Lada bleue et son p38 sur fond de chaos social et politique.
    Managua, entre deux orages, est traversée par des processions religieuses délirantes, des manifs de toubibs, des embouteillages monstres, au milieu des ruines du tremblement de terre de 1972, des bidonvilles et des quartiers chics. La guérilla est loin, désormais, on inaugure en grande pompe des stations-services rutilantes et les évangélistes vendent du savon miracle. Les anciens guérilleros sont devenus flics, bandits, notables, employés, les trahisons vont bon train, et les narcos courent toujours.

    Ce polar féroce nous plonge dans une société désabusée qui ne sait plus à quel saint se vouer ; l'auteur multiplie les personnages hauts en couleur et les histoires troubles en maniant avec talent l'humour vache et la satire sociale.

    Sergio Ramirez est né au Nicaragua en 1942. Après des études en Allemagne, il abandonne sa carrière littéraire pour s'engager aux côtés de la révolution sandiniste et devient membre de l'Assemblée nationale, puis vice-président du premier gouvernement élu en 1984.
    Journaliste, essayiste, professeur d'université, il a publié de nombreux romans, dont Châtiment divin et Le Bal des masques

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