Serge Paugam

  • Une question de sociologie s'intéresse, par définition, à ce qui constitue la dimension sociale de l'existence humaine, mais relève d'un travail d'objectivation ne pouvant se concevoir sans un regard distancié et critique par rapport au sens commun. Pour répondre à cinquante de ces questions, cet ouvrage, dans un souci pédagogique permanent, mobilise le savoir accumulé à partir des recherches menées. Conçu à l'occasion du dixième anniversaire de la revue
    Sociologie
    , il traduit le dynamisme et la richesse de la discipline, et une volonté collective de définir et d'éclairer les questions majeures qui traversent notre société.

  • « Porter un regard neuf sur la réalité du monde social en l'interrogeant autrement », telle pourrait être la devise du sociologue. Car la sociologie, depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle, se propose de chasser les mythes de la vie ordinaire, d'aller voir derrière les apparences pour mieux saisir l'homme en société. Pour cela, cette discipline a forgé des méthodes, des concepts pour penser les liens de l'individu à la société. Au-delà des oppositions d'écoles et de méthodes, vingt et un sociologues se sont réunis afin de choisir et de définir les 100 mots qui font le coeur de leur discipline et de leur métier. De « classes sociales » à « habitus », d'« intégration » à « paradigme », de « lien social » à « type idéal », cet ouvrage nous montre combien le regard sociologique est indispensable aujourd'hui au développement de la conscience que les sociétés ont d'elles-mêmes.

  • Le lien social

    Serge Paugam

    Il n'est pas rare d'entendre parler de « crise du lien social », de la nécessité de « retisser » ce lien. Le terme désigne alors un désir de vivre ensemble, de relier les individus dispersés, d'une cohésion plus profonde de la société. Pour le sociologue, cette notion est au fondement de sa discipline tant l'homme est, dès sa naissance, lié aux autres et à la société non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu'homme.
    Cet ouvrage explicite le sens d'une notion centrale depuis Durkheim, présente une typologie des liens sociaux et de leurs possibles fragilités. Il propose de repenser le lien social aujourd'hui, pour mieux relever les défis contemporains de la solidarité.

  • Quelle posture un sociologue doit-il adopter et comment constitue-t-il son objet ?
    Quelles sont les techniques d'enquête à sa disposition ?
    Comment analyse-t-il les données recueillies ?
    Comment rend-il compte de ses résultats et les communique-t-il ? C'est autour de ces quatre questions que ce manuel se propose, en vingt leçons thématiques, de présenter les méthodes et enjeux de l'enquête de terrain, qui est devenue une composante essentielle du métier de sociologue. Ses auteurs ont choisi, d'une part, de rendre compte de l'enquête sociologique à partir de la dynamique qui lui est propre, c'est-à-dire à partir des expériences concrètes et des innovations introduites par les chercheurs, et, d'autre part, d'aborder non pas seulement les réussites remarquables des enquêtes, mais aussi les doutes et les tâtonnements inévitables qui accompagnent toute recherche. Ce livre constitue à la fois un guide pratique pour tous les sociologues et une somme de réflexions épistémologiques et critiques sur les méthodes qui définissent cette discipline.

  • Ce livre a été publié en 2000 dans la collection Le lien social et son actualité est toujours identique. Il s'appuie sur une enquête réalisée auprès de 1000 salariés pour comprendre de façon approfondie les contraintes auxquelles ils sont confrontés dans les entreprises. Il tente d'en évaluer les effets économiques, sociaux et politiques. Il est un outil de travail indispensable pour tous ceux qui entendent relever le défi des mutations en cours. L'importance de ce travail a été largement souligné par la presse et plébiscité par les professionnels, outil de travail et outil de référence.

  • Cet ouvrage est paru pour sa 1e éd en 1993 dans la collection Recherches politiques. Ce fut une des premières études complètes sur le revenu minimum d'insertion, instauré en France en décembre 1988 par le gouvernement Rocard. Le double objectif du RMI était de procurer des moyens convenables d'existence aux plus démunis et de les encourager à entreprendtre eux-mêmes les actions nécessaires pour cesser d'être assistés. L'auteur étudie les attitudes de la société française envers ses pauvres durant les Trente Glorieuses et les années 80 en se fondant sur les débats parlementaires et des enquêtes sur les bénéficiaires du RMI. Il analyse la mise en place des actions dites d'insertion et leurs effets.

  • La solidarité constitue le socle de ce que l'on pourrait appeler l'homo sociologicus, l'homme lié aux autres et à la société non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satifaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son humanité. Mais le risque n'existe-t-il pas que cette interdépendance fonctionnelle soit sans cesse un peu plus méconnue et que les individus, à mesure que croissent leur autonomie et leur liberté, se sentent libérés de toute dette envers les générations antérieures, peu sensibles au destin des générations futures et finalement hostiles à l'égard d'une redistribution à l'égard des plus défavorisés ? Les cinquante contributeurs de ce volume ont recherché les moyens d'aborder ces questions en refusant les solutions simplistes. Ils s'adressent aux universitaires, aux responsables politiques, au patronat, aux associations, à tous les citoyens attentifs aux enjeux des réformes en cours ou à venir.

  • Pour Serge Paugam, les différents types de liens qui rattachent les individus à la société sont aujourd'hui fragilisés, et à l'origine de profondes inégalités. Pour essayer de remédier à cette situation, il faut revenir aux fondements de ces liens : la protection et la reconnaissance. Les politiques publiques peuvent ici jouer un grand rôle en cherchant à apaiser les angoisses liées à l'insécurité - dans toutes les sphères de la vie sociale -, et en s'efforçant de valoriser les individus dans leur quête de reconnaissance. Elles ne peuvent toutefois être menées durablement que si elles émanent d'une volonté partagée de vivre ensemble dans une société démocratique, apaisée et ouverte. Un essai stimulant.

    Serge Paugam est sociologue, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS. Il est également responsable de l'Équipe de recherche sur les inégalités sociales (ERIS) du centre Maurice-Halbwachs.

  • « Il est difficile d'écrire sur les pauvres et la pauvreté. Par sentimentalisme et mauvaise conscience, les sociologues produisent souvent un discours mi-descriptif, mi-militant, où le misérabilisme se mêle à la dénonciation... Prolongeant une intuition de Simmel [S. Paugam] a su construire son "objet scientifique" en remplaçant la catégorie ambiguë, issue du monde social, des "pauvres" par le concept analytique d'"assistés".», note Dominique Schnapper dans sa préface. Cet ouvrage novateur, publié en 1991, plusieurs fois réédité avant d'être repris dans « Quadrige », s'appuie sur une longue enquête menée dans le département des Côtes-d'Armor auprès des populations aidées de façon ponctuelle ou régulière par les services d'action sociale. Il montre, à partir de trois types d'expériences vécues de la relation d'assistance, comment se constituent les statuts, les identités et les rapports sociaux à la périphérie du marché de l'emploi.

  • Les pauvres suscitent-ils aujourd'hui, chez les riches, une répulsion similaire à celle que le peuple inspirait aux bourgeois au xixe siècle ? Autrement dit, les démunis sont-ils encore considérés comme une classe dangereuse, immorale et répugnante ?
    En interrogeant le refus de la mixité résidentielle manifesté par les catégories supérieures, telle est la question frontale que pose cet ouvrage, issu d'une grande enquête comparative sur les perceptions de la pauvreté et des inégalités dans les beaux quartiers de trois métropoles : Paris, São Paulo et Delhi. À partir d'entretiens approfondis, il montre que la quête d'entre-soi des habitants des ghettos dorés n'est pas seulement motivée par une recherche de prestige et de qualité de vie, mais également par des représentations des pauvres qui les incitent à s'en protéger. Comment parviennent-ils à justifier leurs stratégies d'évitement et de relégation des catégories défavorisées, ainsi qu'à légitimer l'ordre local qu'ils s'efforcent de perpétuer ? Au-delà de la peur de la criminalité et de l'insalubrité apparaît la crainte des élites d'être en quelque sorte contaminées par des modes de vie jugés culturellement indésirables ou moralement nuisibles.
    À travers les mécanismes du séparatisme social, ce sont les conditions de possibilité de la solidarité que cet essai explore.
    Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et directeur d'études à l'EHESS, Bruno Cousin, professeur assistant à Sciences Po, Camila Giorgetti, chercheure associée du Centre Maurice Halbwachs, et Jules Naudet, chargé de recherche au CNRS, sont sociologues.

  • L´image de l´analphabétisme ou de l´inculture est souvent associée à la pauvreté. Il peut sembler aller de soi que les pauvres sont peu disposés à fréquenter les bibliothèques ; il leur manquerait les ressources élémentaires pour se fondre dans un espace

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