Seuil

  • Voici une histoire par dates du VIIe au XXe siècle, riche en surprises, qui rend compte des profonds renouvellements qui ont transformé notre vision de ce qu'on appelait autrefois les " Grandes Découvertes ". Les dates " canoniques ", revisitées à l'aune d'une réflexion critique sur les raisons de leur élection par les chronologies officielles, alternent avec les dates " décalées " qui font surgir des paysages et des personnages méconnus. Il est ici question de détricoter le discours qui, associant exploration du monde et " entrée dans la modernité ", en réserve le privilège et le bénéfice à l'Europe, et, pour ce faire, de documenter d'autres voyages au long cours – extra-européens. Il est également question, prenant le contre-pied d'une histoire héroïque des expéditions lointaines qui en attribue le mérite à quelques singularités, de rappeler qu'il faut beaucoup d'illusions, et plus encore d'intérêts, pour faire un " rêve ", et que Christophe Colomb n'aurait jamais appareillé sans les vaisseaux des frères Pinzón.
    Il s'agit ainsi de substituer des lieux, des instants et des visages aux cultures en carton-pâte et aux croyances en papier mâché ; de donner à voir les échecs autant que les réussites, les naufrages dans les estuaires de la même façon que les entrées triomphales dans les cités soumises ; d'inclure amiraux ottomans, navigateurs chinois, interprètes nahuatls et pilotes arabes dans le musée imaginaire de l'histoire globale ; de mettre en lumière tout un petit peuple d'assistants et d'auxiliaires, de sherpas et de supplétifs (que serait Magellan sans le Malais Enrique ? ou Cortés sans la Malinche ?) ; de passer outre une histoire au masculin en rendant droit de cité aux voyageuses et aux exploratrices ; et enfin de prêter une égale attention aux êtres et aux choses, sachant que, s'il faut une nef pour traverser un océan, une vague ou un bacille suffisent à la vider de ses occupants.
    Ce sont donc à la fois une autre histoire du monde et une autre histoire de l'Europe qui se dévoilent au fil des 90 récits d'aventures proposés par 80 des meilleurs historiennes et historiens de ces questions.
    Directeur d'ouvrage : Romain Bertrand est directeur de recherche au CERI (Sciences Po-CNRS).
    ​Coordination : Hélène Blais est professeure d'histoire contemporaine à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm ; Guillaume Calafat est maître de conférences en histoire moderne à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (IHMC) ; Isabelle Heullant-Donat est professeure d'histoire du Moyen Âge à l'Université de Reims Champagne-Ardenne.

  • Depuis l'avènement de l'internet grand public dans les années 1990, le web a été perçu comme un outil au service de la liberté d'expression. Mais face à la montée de la désinformation et des discours de haine, une régulation nouvelle se met en place. Les États légifèrent pour encadrer les prises de parole en ligne. Les grandes entreprises du numérique se voient octroyer des pouvoirs de filtrage et de blocage. Le problème survient lorsque l'opacité de ces opérations transforme la modération en censure. Il est urgent d'inventer une régulation démocratique des contenus sur internet, afin que celui-ci demeure pour tous et toutes un espace de débat, d'engagement et de liberté.

  • Les mots nous manquent pour dire le plus banal des paysages. Vite à court de phrases, nous sommes incapables de faire le portrait d'une orée. Un pré, déjà, nous met à la peine, que grêlent l'aigremoine, le cirse et l'ancolie. Il n'en a pourtant pas toujours été ainsi. Au temps de Goethe et de Humboldt, le rêve d'une " histoire naturelle " attentive à tous les êtres, sans restriction ni distinction aucune, s'autorisait des forces combinées de la science et de la littérature pour élever la " peinture de paysage " au rang d'un savoir crucial. La galaxie et le lichen, l'enfant et le papillon voisinaient alors en paix dans un même récit. Ce n'est pas que l'homme comptait peu : c'est que tout comptait infiniment. Des croquis d'Alfred Wallace aux " proêmes " de Francis Ponge, des bestiaires de William Swainson aux sonnets de Rainer Maria Rilke, ce livre donne à entendre le chant, aussi tenace que ténu, d'un très ancien savoir sur le monde – un savoir qui répertorie les êtres par concordances de teintes et de textures, compose avec leurs lueurs des dictionnaires éphémères, s'abîme et s'apaise dans le spectacle de leurs métamorphoses.
    Romain Bertrand, directeur de recherche au CERI (Sciences Po-CNRS), est notamment l'auteur de L'Histoire à parts égales. Récits d'une rencontre Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle) (2011, Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2012).

  • Gênes, avril 1922. Les palaces de la côte ligure accueillent une foule effervescente de diplomates et de journalistes attirés par la conférence internationale censée résoudre les problèmes de l'Europe après la guerre ; doivent y siéger, pour la première fois depuis la révolution, des délégués du gouvernement des soviets. Ralph Exeter, officiellement correspondant du London Daily World, en réalité espion à la solde des bolcheviks, y rencontre son « contact », un homme du Guépéou. Ayant chargé Exeter de démasquer la taupe qui s'emploie à saper les fondements du jeune pouvoir soviétique, le Russe sera assassiné. Soupçonné de ce crime, mais aussi du meurtre d'un agent du 2e bureau français, le reporter sollicite, paradoxe ultime, la protection d'un leader fasciste au parcours prometteur : Benito Mussolini. Espionnes affriolantes, agents doubles ou triples, machinations des puissances occidentales pour s'approprier le pétrole russe, trafic des joyaux du tsar sont les principaux ingrédients de ce thriller élégant et atmosphérique qui se déroule quelques mois avant la marche des Chemises noires sur Rome.Photographe, illustrateur, essayiste, auteur de BD et de plusieurs romans parus dans la « Série Noire », Romain Slocombe a connu un succès considérable avec Monsieur le Commandant, lauréat du prix Nice-Baie des Anges et du Trophée 813, et qui a figuré sur la première sélection du prix Goncourt 2011.

  • Nous sommes entrés dans l'ère de l'adaptation. Dès les années 1970, certains plaidaient déjà pour une « adaptation » des sociétés aux changements climatiques plutôt que pour de coûteuses réductions d'émissions de gaz à effet de serre. Aujourd'hui, derrière la façade des sommets environnementaux, la réalité est celle d'un climat et d'écosystèmes qui se dérèglent, préparant une régression des conditions d'habitation humaine de la Terre. Sociétés, territoires, individus sont désormais sommés de « s'adapter » à ces transformations inexorables. L'auteur nous fait comprendre comment, au lieu de contribuer à la solidarité et à la sécurité sociale et de résister aux conséquences de ces changements, le capitalisme utilise le choc climatique pour étendre le pouvoir du marché au nom de l'adaptation. La catastrophe : un nouveau business ? Romain Felli (né en 1981) enseigne à l'Institut des sciences de l'environnement de l'université de Genève. Géographe et politiste, ses travaux portent sur l'histoire des idées politiques et la gouvernance globale de l'environnement.

  • Manille, 1577, un enfant comparaît devant le gouverneur Francisco de Sande dans le cadre d'un procès d'Inquisition. De quoi le jeune Diego de Avila s'est-il rendu coupable pour inquiéter à ce point le représentant du roi d'Espagne? Ensorcelé peut-être par des servantes indigènes, l'enfant qui vit avec son oncle dans le couvent des Augustins a rêvé qu'aux Enfers un siège était réservé pour le gouverneur... Colportée par les soldats et les colons, la rumeur circule à Manille dans les arrière-cours et les cuisines et jusqu'au cœur du gouvernement municipal. Francisco de Sande ne peut le supporter.
    À travers cette histoire extraordinaire, dont tous les détails sont romanesques et qui agit à la façon de ces traceurs chimiques qui défient l'opacité des chairs, Romain Bertrand dévoile le paysagedérobé de la Conquête et défait, chemin faisant, la fiction de l'irrésistible expansion occidentale.
    Car qu'est-ce que la Conquête, sinon des commencements incertains qui voient les Espagnols, en lutte les uns contre les autres et taraudés déjà par le remords, ignorant tout d'un univers cosmopolite dont le cœur bat plus loin, être conquis plus qu'ils ne le conquièrent par le monde philippin et ses magies ?
    Romain Bertrand, directeur de recherche au Centre d'études et de recherches internationales (CERI), est notamment l'auteur, au Seuil, de L'Histoire à parts égales. Récits d'une rencontre, Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle) (Seuil, 2011, "Points Histoire", 2014 ; Grand Prix des Rendez-vous de l'histoire de Blois 2012).

  • C'est votre argent. Des dizaines de milliards d'euros qu'ils gèrent avec le souci constant... de leur propre intérêt. Notes de frais, voitures de fonction, salaires ahurissants, primes en tous genres, honoraires mirobolants... Et quand ce n'est pas directement eux, ce sont les amis du régime qui en profitent. Eux, ce sont les responsables de la Caisse des Dépôts et Consignations, le dernier trésor de la République. Le vôtre, Français, qui lui confiez le fruit de vos économies, l'argent de votre livret A. La Caisse possède des stations de sport d'hiver, le parc Astérix, des milliers d'hectares de forêts et des dizaines de milliards d'actions dans les plus grandes entreprises françaises. Elle construit chaque année plusieurs milliers de logements sociaux et investit dans les grands projets. C'est pour cela qu'elle été créée il y a deux cents ans. Pour protéger votre épargne des appétits du pouvoir. Mais est-ce bien toujours le cas dans un Etat en faillite et prêt à tout pour le cacher ? La Caisse a-t-elle les moyens et la volonté de se protéger d'elle-même ? Peut-elle tenir en respect tous ceux qui en veulent à son argent? Sophie Coignard et Romain Gubert ont enquêté au coeur de cette institution très secrète... et ont décidé de fermer leur livret A. Journalistes au Point, les auteurs ont publié de nombreux best-sellers, parmi lesquels L'Omerta française, L'Oligarchie des incapables ou encore Ça tiendra bien jusqu'en 2017...

  • S´il n´a jamais été autant question d´« histoire-monde », c´est souvent la même histoire du monde qui s´écrit : celle de l´Europe et de son « expansion » en Afrique, en Asie et aux Amériques.
    Pour Romain Bertrand, il n´est d´autre remède à cet européocentrisme obstiné qu´une histoire à parts égales, tramée avec des sources qui ne soient pas seulement celles des Européens.
    C´est ce qu´il propose dans ce texte, en offrant le récit détaillé des premiers contacts entre Hollandais, Malais et Javanais au tournant du XVIIe siècle. Il montre que l´Europe ne détenait alors aucun avantage sur les sociétés du monde insulindien, que ce soit en matière de compétences nautiques et cartographiques, de grand négoce ou de technologies militaires. Lorsque les vaisseaux de la Première Navigation de Cornelis de Houtman jettent l´ancre en juin 1596 dans la rade de Banten, à Java, ce n´est pas à un monde « primitif » qu´ils ont affaire. Le lecteur découvre au contraire une société complexe et cosmopolite, insérée depuis des décennies dans des réseaux de commerce à grande distance, maillée de lieux de débats politique et religieux intenses et sophistiqués, qui font étrangement écho à ceux qui ont alors cours en Europe.
    Un livre qui propose une manière radicalement nouvelle de faire de l´histoire globale.


  • Les années 2010 marquent un tournant pour la France, frappée comme jamais auparavant par le terrorisme et résolue à mener un combat de long terme pour l'endiguer. En 2014, l'État se décide à lutter contre la radicalisation. Longtemps dénigrée, cette stratégie apparaît désormais si évidente que l'infléchissement dont elle procède suscite peu d'interrogations. Qu'est-ce que la prévention de la radicalisation ? La difficulté de la réponse tient à la nature incertaine de cette entreprise, qui renvoie à un faisceau complexe d'actions expérimentales, aux objets disparates et aux contours évolutifs. Il est pourtant urgent d'expliciter les logiques qui façonnent ce modèle sécuritaire car elles mettent au défi notre capacité à (re)faire société face à l'un des enjeux politiques majeurs de ce début de XXIe siècle.
    Romain Sèze est sociologue, chercheur à l'Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ), rattaché au Groupe Sociétés, Religions et Laïcités (GSRL-CNRS). Ses recherches portent sur l'islam contemporain et sur les politiques de régulation du culte musulman en Europe.

  • C'est votre argent. Des dizaines de milliards d'euros qu'ils gèrent avec le souci constant... de leur propre intérêt. Notes de frais, voitures de fonction, salaires ahurissants, primes en tous genres, honoraires mirobolants... Et quand ce n'est pas directement eux, ce sont les amis du régime qui en profitent. Eux, ce sont les responsables de la Caisse des Dépôts et Consignations, le dernier trésor de la République. Le vôtre, Français, qui lui confiez le fruit de vos économies, l'argent de votre livret A. La Caisse possède des stations de sport d'hiver, le parc Astérix, des milliers d'hectares de forêts et des dizaines de milliards d'actions dans les plus grandes entreprises françaises. Elle construit chaque année plusieurs milliers de logements sociaux et investit dans les grands projets. C'est pour cela qu'elle été créée il y a deux cents ans. Pour protéger votre épargne des appétits du pouvoir. Mais est-ce bien toujours le cas dans un Etat en faillite et prêt à tout pour le cacher ? La Caisse a-t-elle les moyens et la volonté de se protéger d'elle-même ? Peut-elle tenir en respect tous ceux qui en veulent à son argent? Sophie Coignard et Romain Gubert ont enquêté au coeur de cette institution très secrète... et ont décidé de fermer leur livret A. Journalistes au Point, les auteurs ont publié de nombreux best-sellers, parmi lesquels L'Omerta française, L'Oligarchie des incapables ou encore Ça tiendra bien jusqu'en 2017...

  • Romain Slocombe : l'un des plus grands stylistes françaisLe MondeLondres, février 1925 : recruté malgré lui par l'Intelligence Service, le journaliste Ralph Exeter, qui renseigne déjà le Guépéou, a beaucoup de mal à concilier ces loyautés contradictoires. Le voici sommé d'approcher Igor Koliazine, gigantesque jeune cosaque qui prétend avoir enterré en Bulgarie le trésor fabuleux de l'Armée blanche du général Wrangel. Ensuite, charge à lui de l'entraîner à Constantinople, d'où ils embarqueront à bord du yacht affrété par la jolie Zhenya Krasnova, déléguée des Soviétiques. Destination Bourgas, objectif les précieuses caisses enfouies dans la forêt. Seulement, outre les bolcheviks et le MI6 britannique, d'autres sont sur l'affaire : la Sécurité d'État turque, des espions allemands à la solde d'Adolf Hitler... Le correspondant du Daily World comprendra vite qu'il a mis les pieds dans un sacré guêpier. Jouant avec les codes subtils du roman d'espionnage tout en lançant de spirituels clins d'oeil aux personnages d'Hergé, Romain Slocombe valse entre la légèreté et l'angoisse, le complot vintage et le réalisme historique.Romain Slocombe est l'auteur d'une vingtaine de romans, dont Monsieur le Commandant (2011), lauréat du Trophée 813 et sélectionné pour le Goncourt. Il nous livre ici une nouvelle aventure de Ralph Exeter, après Première Station avant l'abattoir (2013), prix Mystère de la critique et prix Arsène Lupin.

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