Albin Michel

  • Sensible, fantaisiste et ludique : la nouvelle enquête de Romain Puértolas ne manquera pas de vous surprendre.

  • Une fleur que tout le monde recherche pourrait être la clef du mystère qui s'est emparé du petit village de P. durant la canicule de l'été 1961. Insolite et surprenante, cette enquête littéraire jubilatoire de Romain Puertolas déjoue tous les codes.

  • Jean-Christophe

    Romain Rolland

    Écrivain engagé, pacifiste, poète et humaniste, figure majeure de la littérature française du XXe siècle, Romain Rolland (1866-1944) a laissé une oeuvre exigeante et ambitieuse, distinguée par le prix Nobel en 1915, et dont la pièce maîtresse demeure Jean-Christophe, roman auquel il consacra dix ans de sa vie. Passionné de musique, il y retrace le destin et la formation d´un compositeur de génie, héros romantique et « âme libre» à l´image du Werther de Goethe.


    De l´enfance à la maturité, Jean-Christophe Krafft découvre la douleur, l´injustice, affronte les épreuves de la vie pour enfin s´accomplir, trouver l´équilibre et la paix. Roman d´apprentissage, tableau du monde intellectuel européen de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, cette vaste fresque qui mêle pensée et poésie, réalisme et symbolisme, est autant une réflexion sur la création artistique que l´exploration sensible et profonde de l´âme humaine. Un chef-d´oeuvre et un classique.





    « Avant Jules Romains, Martin du Gard, Hermann Hesse et bien d´autres, Jean-Christophe fixa un genre qui s´imposa dans la littérature européenne des années 1930 et dont certains "grands romans" anglo-saxons sont encore tributaires. » Jean-Maurice de Montrému, Livres Hebdo.

  • Voici l'ultime volet de la magistrale correspondance entre Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942), deux intellectuels aux vives exigences de vérité et d'indépendance. La Grande dépression des années 1930, la montée en puissance des dictatures, les affrontements dans le monde littéraire donnent une tonalité dramatique à la décennie précédant le second conflit mondial. L'événement foudroyant que représente en janvier 1933 l'accession d'Hitler au pouvoir provoque le départ de Zweig en exil, d'abord à Londres, puis au Brésil, où il met fin à ses jours en février 1942. Romain Rolland, qui a quitté la Suisse, sa terre d'élection, en 1938, poursuit à Vézelay son oeuvre créatrice. Cette correspondance montre avec quelle acuité les deux écrivains perçoivent leur époque, en rendent l'atmosphère, les misères et les fureurs. En dépit de quelques désaccords liés aux orientations politiques de chacun, Rolland et Zweig se retrouvent sur l'essentiel : les valeurs fondatrices d'une amitié qui sut résister, pendant 30 ans, aux plus dramatiques épreuves. Cette édition a été établie par Jean-Yves Brancy, docteur en histoire de l'Université de Toulouse Jean Jaurès. Les lettres de Stefan Zweig écrites en allemand ont été traduites par Siegrun Barat, diplômée des Universités de Cologne et de Paris-III.

  • Liluli

    Romain Rolland

    C´est en pleine Première Guerre mondiale, pendant l´année 1917 que Romain Rolland écrit Liluli - Liluli c´est l´illusion, « Liluli, reine du monde » - une farce satirique qui met en scène des guignols grimaçants englués dans la guerre, deux princes de contes qui s´entretuent pour les beaux yeux d´une déesse, métaphore de la France et de l´Allemagne qui s´étripent pour la conquête de l´Alsace-Lorraine. C´est une oeuvre d´amertume aux accents douloureux dont Stefan Zweig dit qu´elle « dégage une ironie tragique dont Rolland se sert comme d´une arme défensive contre sa propre émotion. » Cette oeuvre, illustrée avec les bois originaux de Frans Masereel, a été publié pour la première fois en juin 1919 par les éditions du Sablier à Genève.

  • "Jamais voix pareille à celle de Tolstoï n'avait encore retenti en Europe. Comment expliquer autrement le frémissement d'émotion que nous éprouvions alors à entendre cette musique de l'âme, que nous attendions depuis si longtemps et dont nous avions besoin ? Mais c'était trop peu pour nous d'admirer l'oeuvre : nous la vivions, elle était nôtre."La découverte des grandes oeuvres de Tolstoï en France entre 1885 et 1887 a été une révélation pour la jeune génération des intellectuels français. Parmi eux, Romain Rolland, futur prix Nobel de littérature, qui fut, avec Gandhi, un des disciples de l';écrivain russe. D'un même mouvement, Romain Rolland raconte, dans ce portrait publié en 1928, la vie mouvementée et les grandes fresques de celui qui fut pour lui autant un "Titan des lettres" qu'un messager spirituel. Il montre en quoi sa vie fut une épopée : enfance aristocratique, guerre de Crimée, fuite dans l'inconnu et mort dans la petite gare d'Astopovo ; ou encore comment Tolstoï fut un mystique et un prédicateur, un prophète de génie et, dès lors, l'ennemi de l'Eglise orthodoxe et des religieux.Cette biographie est à la fois le récit d'une oeuvre et le roman d'un homme en quête d'absolu. À l'occasion du centenaire de la mort du grand écrivain russe, un classique à découvrir pour comprendre un mouvement de pensée qui allait révolutionner la littérature.

  • Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942) : deux écrivains européens parmi les plus brillants de la première moitié du XXe siècle. D'un côté, un grand prosateur français, de l'autre, son plus grand disciple autrichien. Réunis par un même amour des lettres, ils vont entretenir une amitié de plus de trente ans, malgré les ruptures engendrées par les guerres et les désaccords politiques. Deux hommes animés par une même exigence viscérale : se donner un destin singulier dans un monde en proie à la folie.Entreprise avant l'année 1914, cette correspondance regroupe des lettres écrites dans l'angoisse de la déflagration, les rumeurs et les éclats de la Première Guerre mondiale, puis dans les retombées d'un désastre, contre lequel tous deux s'étaient élevés. Ces lettres inédites apportent un témoignage exceptionnel sur un monde disparu et cette amitié fervente qui nous dit que l'autre n'est pas un ennemi, mais notre prochain, avec en filigrane l'idée prémonitoire d'une Europe unie, reposant sur la fraternité entre les hommes et les peuples.Cette édition a été établie par Jean-Yves Brancy, docteur en histoire de l'Université de Toulouse-II.Les lettres de Stefan Zweig écrites en allemand ont été traduites par Siegrun Barat, diplômée des universités de Cologne et de Paris-III.

  • Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942) : deux écrivains humanistes, symbole d'une « Europe des esprits » humiliée par la Grande Guerre.Au-delà de l'amitié qui les lie, Rolland et Zweig partagent une même conscience du danger face aux nouvelles idéologies de l'Europe d'après-guerre, où violences et assassinats politiques revêtent déjà un caractère antisémite.D'une richesse inouïe, cette correspondance nous entraîne dans l'entre-deux-guerres, avec en toile de fond la montée des totalitarismes et l'engrenage qui mena l'humanité d'un conflit à un autre.

  • Colas Breugnon

    Romain Rolland

    « Colas Breugnon est une réaction contre la contrainte de dix ans dans l'armure de Jean-Christophe, qui, d'abord faite de mesure, avait fini par me devenir trop étroite. J'ai senti un besoin invincible de libre gaieté gauloise, oui, jusqu'à l'irrévérence. En même temps, un retour au sol natal, que je n'avais pas revu depuis ma jeunesse, m'a fait reprendre contact avec ma terre de Bourgogne nivernaise, a réveillé en moi un passé que je croyais endormi pour toujours, tous les Colas Breugnon que je porte en ma peau. Il m'a fallu parler pour eux ».
    « Que les facteurs prennent ce livre comme il est, tout franc, tout rond, sans prétention de transformer le monde, ni de l'expliquer, sans politique, sans métaphysique, un livre à la « bonne françoise », qui rit de la vie, parce qu'il la trouve bonne, et qu'il se porte bien. Bref, comme dit La Pucelle (il était inévitable que son nom fût invoqué, en tête d'un récit gaulois), amis, prenez en gré...

  • Péguy

    Romain Rolland

    Ce livre apporte le témoignage sur Péguy de celui qui fut l'un des derniers survivants de la première équipe des Cahiers de la Quinzaine on doit même dire, de leur principal collaborateur, car ses oeuvres remplissent plus de vingt-cinq Cahiers. Romain Rolland débutait comme jeune professeur d'histoire de l'art, à l'École Normale Supérieure, quand Péguy venait d y entrer comme élève. Quelques semaines plus tard, dans les combats de l'affaire Dreyfus, Péguy demandait à Romain Rolland sa pièce de théâtre : Les Loups pour une de ses belles premières publications d'avant les Cahiers. L'idée leur venait ensemble de la fondation des Cahiers. Et dès l'instant qu'ils furent fondés, Rolland leur réserva les premières éditions de tout ce qu'il écrivait. Jamais Jean-Christophe n'eût paru sans les Cahiers. Et les Cahiers étaient ruinés, sans le retentissement de la Vie de Beethoven, ainsi que Péguy l'a reconnu lui-même, dans Notre jeunesse. Le plus remarquable dans cette alliance, c'est qu'elle fut établie entre deux hommes qui, d'accord sur le fond moral intransigeant : vérité, justice sociale, etc... s'orientaient dans des directions différentes l'un vers un haut nationalisme français, appuyé sur les fortes traditions de la race et sur l'armée citoyenne ; l'autre vers un panhumanisme, élaboré par l'union des grandes nations de la terre. Tous deux voyaient venir de loin l'incendie de la guerre européenne ; mais l'un appelait le jour de l'échéance, pour libérer la France du cauchemar et pour lui rendre sa foi perdue en ses destins ; l'autre cherchait à rapprocher les frères ennemis, tout en reconnaissant son impuissance à détourner le fléau. Cette diversité des volontés n'altérait point l'estime mutuelle et la confiance, l'un dans l'autre, des deux amis. Elle était plutôt l'exemple vivant de cette fidélité entière dans une liberté entière, qui est, selon la parole de Péguy, l'amitié française même.

  • Comment l'école de Chicago, qui a réinventé le libéralisme a-t-elle transformé la gauche, de Mitterrand à Hollande ?Par quel mécanisme pervers nos impôts financent-ils ce qu'il y a de plus toxique dans les salles de marché ?Le grand patron de Renault, Carlos Ghosn, sait-il vraiment ce qui se passe dans son entreprise ?Pourquoi le Forum de Davos censure-t-il un grand banquier ?Dans quelles conditions trois hauts fonctionnaires français, tous de gauche, ont-ils accéléré la mondialisation financière ?Que fait Nicolas Sarkozy avec le Washington Speakers Bureau ?Que cachent parfois les décisions stratégiques de certains grands patrons ?Dans cette enquête qui mêle reportage et analyse, Sophie Coignard et Romain Gubert, grands reporters au Point et auteurs de L'Oligarchie des Incapables, nous racontent comment, de Londres à Washington en passant par Francfort, Bercy ou Chicago, l'alliance contre nature entre un État immoral et un capitalisme cupide a produit un système cannibale qui peut à tout moment se retourner contre chacun d'entre nous.

  • En 1935, au moment où, signant un pacte d'alliance, la France et l'U.R.S.S. se rapprochent, Romain Rolland se rend à Moscou, invité par Gorki. Il y séjourne un mois, rencontre les dignitaires du régime : Iagoda, Boukharine..., et passe plusieurs heures avec Staline. Il note ses impressions, ses rencontres, il résume ses conversations. Rentré à Villeneuve, il fait le point, dresse les portraits des uns et des autres, s'interroge sur les contradictions qu'il a perçues. Malgré tout il reste fidèle à son engagement et défend l'U.R.S.S. Mais la mort de Gorki en 1936, puis les procès de Moscou commencent à ébranler sa foi. En 1938 il ajoute des « Notes complémentaires » au récit de son voyage. En 1939, après la signature du pacte germano-soviétique, il rompt nettement avec Moscou : « Cette magistrale scélératesse me dégoûte à jamais du Kremlin. »Bernard Duchatelet, professeur à l'université de Brest, spécialiste de l'oeuvre de Romain Rolland, retrace dans une présentation nourrie l'évolution politique du partisan de l'Indépendance de l'Esprit, depuis son enthousiasme, en 1895, pour le socialisme, jusqu'à l'aveu, en 1940, de ses erreurs rappelant quels furent entre ces deux dates ses refus, ses hésitations, ses doutes et son engagement.Voyage à Moscou contribue à éclairer les ambiguïtés et les difficultés de l'engagement des intellectuels de l'entre-deux-guerres pris entre la nécessité de la lutte contre le fascisme et l'inévitable reconnaissance des dérives du régime stalinien.

  • « De toute façon, ça tiendra bien jusqu'en 2017... » C'est ainsi que François Hollande s'exprime parfois devant des proches. À quoi se réfère-t-il ? À lui ? À notre pays ? Ou plus simplement à ce système de gouvernement qui dissimule l'inertie sous une incroyable mise en scène pratiquée d'ailleurs avec le même cynisme par ses prédécesseurs ?Réformes en trompe-l'oeil, choc de simplification qui n'a jamais eu lieu, concours de pauvreté entre présidentiables, affectations ministérielles délirantes, lutte acharnée des réseaux au sommet de l'État... l'action des gouvernements depuis une décennie est une mascarade.Des voyages calibrés pour endormir la presse aux déplacements destinés à neutraliser les mécontents à coups de subventions en passant par ces ministres qui tremblent devant d'obscurs syndicalistes : nos dirigeants font semblant de moderniser la France. Alors que les menaces s'accumulent sur le pays, l'essentiel de leur temps est en fait consacré... à leur propre survie.Dans ce nouveau livre nourri d'innombrables anecdotes, racontées par les auteurs avec leur férocité habituelle, Sophie Coignard et Romain Gubert, journalistes au Point et auteurs du best-seller L'Oligarchie des incapables, dévoilent une incroyable réalité : nous ne sommes plus gouvernés !

  • Pierre et Luce

    Romain Rolland

    « Quant à Madame Aubier, elle était aussi bonne chrétienne que son mari était bon républicain. Aussi sincèrement, honnêtement, qu´il se faisait l´instrument docile du pouvoir contre toute liberté qui ne fût officielle, elle mêlait ses prières, en toute pureté de coeur, aux voeux homicides que formaient pour la guerre, en chaque pays d´Europe, les prêtres catholiques, les pasteurs, les rabbins et les popes, les feuilles et les gens bien pensants de ce temps. Et tous deux, père et mère, adoraient leurs enfants, n´avaient, en vrais Français, que pour eux d´affection profonde, essentielle, leur eussent tout sacrifié, et, pour faire comme les autres, les sacrifiaient sans hésiter. A qui ? Au dieu inconnu. En tous temps, Abraham a mené Isaac au bûcher. Et sa glorieuse folie reste encore un exemple pour la pauvre humanité. » Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Le temps viendra

    Romain Rolland

    Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Clérambault

    Romain Rolland

    Écrivain, musicologue, biographe, essayiste, romancier et dramaturge, Roman Rolland (1866-1944) est l'auteur d'une oeuvre considérable. Si de nombreux textes inédits - notamment son Journal - éclairent le parcours de cet homme, sa véritable personnalité demeure méconnue.
    Victime de partis pris et de préjugés, Romain Rolland vécut une Histoire qui a bouleversé l'Europe, avec deux guerres mondiales et l'avènement des totalitarismes. Il fut aussi un Européen convaincu qui a lutté contre le fascisme et le nazisme, un internationaliste qui a jeté une arche entre l'Occident et l'Orient.

  • Le voyage intérieur

    Romain Rolland

    La première édition du Voyage intérieur parue en 1942 ne comportait que cinq chapitres ; il existait encore quatre chapitres qui étaient terminés, et une série d'autres dont la rédaction était plus ou moins avancée, ainsi que quelques amorces et notes qui devaient servir à d'autres thèmes.La nouvelle édition que nous présentons aujourd'hui comporte les quatre chapitres terminés :- Le Périple, qui aurait dû faire partie de la première édition, mais qu'au dernier moment Romain Rolland en a éliminé, car la censure qui sévissait alors ne l'aurait pas laissé passer (et aurait même peut-être interdit le livre à cause de ce texte),- Le Royaume du T, Le Seuil, et La Ceinture.Nous donnons aussi les amorces des chapitres non terminés, ainsi que la presque totalité des notes retrouvées dans les manuscrits du Voyage, et devant servir à des chapitres qui n'ont jamais été écrits.De plus, la nouvelle édition diffère un peu, par endroits, du texte des cinq chapitres parus en 1942 ; Romain Rolland qui, au moment où il écrivait le livre, n'en prévoyait la publication qu'après sa mort, et qui ne s'était décidé à l'édition de 1942 qu'à cause des difficultés matérielles où il se trouvait alors, en avait éliminé, par ci par là, au moment de cette première édition, certains passages qu'il considérait comme étant d'ordre trop intime pour paraître de son vivant.D'autres passages, vu les circonstances d'alors, furent coupés par lui pour des raisons politiques. Nous avons cru devoir réintroduire tous les passages en question.Enfin, nous replaçons au début de ce livre un texte « prélude », écrit par Romain Rolland en 1940, au début de l'invasion allemande, - et qui avait aussi été éliminé par lui de l'édition de 1942, à cause de la censure.

  • Robespierre

    Romain Rolland

    J'avais trente ans, lorsque j'entrepris d'écrire une vaste épopée dramatique de la Révolution française, en une douzaine de drames. J'ai soixante-douze ans, lorsque j'achève le drame, qui, dans ma pensée, devait constituer le sommet de la courbe : « Robespierre », Je n'avais jamais cessé d'y songer ; mais j'attendais de me sentir en pleine possession du sujet. Cette année, il m'a paru que le temps était venu.
    La tragédie se résume en peu de mots :
    Trois mois et demi s'écoulent entre le début et la fin de la pièce, entre l'exécution de Danton et celle de Robespierre.
    Tous les hommes que je mets en scène sont de sincères et passionnés Républicains. Leurs convictions s'allient à leur intérêt pour les obliger tous à sauver la République : car leur sort est lié au sien ; ils se sont tous compromis irrévocablement, en votant la mort du Roi. Et cependant, ils vont s'acharner à détruire leur oeuvre : la République. Ils seront pris par leurs passions, par leurs fureurs, par leurs soupçons, dans une véritable frénésie qui ne leur permettra plus de voir où ils vont, qui les jettera même dans les bras des pires ennemis de la République. Par moments, ces hommes auront des lueurs de l'abîme où ils courent, et ils seront épouvantés, - mais incapables de revenir en arrière.
    Je n'ai pas cherché à les idéaliser. Je n'ai ménagé ni aux uns ni aux autres les erreurs et les fautes. J'ai été pris moi-même par la grande vague qui les emporte. J'ai vu la sincérité de tous ces hommes, qui s'exterminent, et la fatalité terrible des Révolutions. - Elle n'est pas d'un temps. Elle est de tous les temps. J'ai tâché de l'exprimer.
    Romain Rolland

  • « Compagnons de Route », paru en 1936 aux Éditions du Sablier, n'a pas été composé par Romain Rolland d'un seul tenant, mais rassemble une série d'articles écrits et publiés au cours des années et des occasions les plus diverses. (On en trouvera les dates dans les notes en fin de volume.) Le titre choisi par Romain Rolland ne réunit donc pas tous ceux qu'il a considérés, à telle ou telle époque, comme ses compagnons de route, mais seulement une partie d'entre eux. Si la composition du livre avait obéi à une idée préconçue, Romain Rolland y aurait certainement introduit d'autres noms, comme celui de Mazzini, pour une Vie duquel il avait réuni une quantité de documents et qui aurait dû paraître dans les Cahiers de la Quinzaine, où elle fut annoncée, - et celui de Diderot, auquel il aurait voulu consacrer un livre. Sans doute y aurait-il aussi ajouté un chapitre sur Stendhal et un autre sur René de Chateaubriand.Nous avons introduit dans notre édition un article que Romain Rolland écrivit en 1918 sur Empédocle d'Agrigente, et qui parut la même année en plaquette, sous le titre Empédocle d'Agrigente ou l'Âge de la Haine, aux Éditions du Carmel (Genève) ; il fut repris en 1931 par les Éditions du Sablier à Paris, et publié sous le titre Empédocle d'Agrigente, suivi de l'Éclair de Spinoza.
    L'Éclair de Spinoza faisait partie d'un chapitre du Voyage Intérieur (Les trois Éclairs), alors inédit, et qu'on trouvera maintenant à sa place dans l'édition définitive de cet ouvrage.Marie Romain Rolland.

  • Danton

    Romain Rolland

    Romain Rolland s'était souvenu du décret du Comité de Salut Public projetant, le 20 ventôse an II, d'instituer un Théâtre du Peuple destiné à « célébrer les principaux événements de la Révolution française. » Il voulait donner là « le spectacle d'une convulsion de la nature, d'une tempête sociale, depuis l'instant où les premières vagues se soulèvent du fond de l'océan jusqu'au moment où elles semblent de nouveau y rentrer et où le calme retombe lentement sur la mer. [...] Le 14 Juillet en était la première page et Danton le centre, la crise décisive, où fléchit la raison des chefs de la Révolution et où leur foi est sacrifiée à leurs ressentiments. » (Théâtre de la Révolution, préface).

  • On a tellement écrit sur l'amour, comment se fait-il que l'on se soit si peu occupé de ce sentiment plus pur et plus mystérieux que l'on appelle l'amitié ? de cette élection et de cette étude par notre âme de quelqu'un que nous réalisons à notre propre atteinte sensible et à qui nous ne demandons rien d'autre que lui-même ? Le monde est entièrement fait de la même étoffe, et qui sait si pour expliquer l'âme rien vaille mieux que les découvertes les plus délicates de la physique ? Imaginons donc que chacun de nous est le foyer, chacun de nous est le pôle ou l'électrode d'un rayonnement continuel, sans cesse puisant à nos sens, à notre coeur, à notre volonté, à notre mémoire, à notre intérêt, et qualifié par le timbre, par l'accent, par l'arome indéfinissable de la personne. Ce rayonnement, comment s'étonner qu'il soit électif, et qu'il lui arrive de se réjouir, pour s'en nourrir, plus ou moins longuement et peut-être toujours, d'une rencontre entre toutes appropriée ? Nous voyons bien que tel livre, tel penseur, tel artiste, a pu exercer sur nous une telle action qu'elle nous recrée, pour ainsi dire, quoique pas forcément à son image, et modifie radicalement notre « manière d'être ». Que sera-ce si, au lieu d'une érection inerte à travers l'onde, notre poste personnel de radar en travail continuel d'émission se sente sondeur par l'écho d'un autre poste à lui adapté, amorcé à quelqu'un de vivant en état soi-même par rapport à lui de sensibilité, de compréhension et de réponse ? si une telle communication est de l'un à l'autre établie que l'un apprenne ce que l'autre pour lui s'est mis en position de comprendre ? Rare fortune, réservée, fût-ce aux jours seuls de la jeunesse, à des êtres exceptionnels. Celle de Louis Gillet et de Romain Rolland dont s'enregistre ici la correspondance.Paul Claudel

  • « ... Il ne faut pas me leurrer. - Et je ne me leurrais pas. Aux heures même où je me grisais complaisamment des mirages de l'esprit, au long cours du Voyage, l'esprit ne cessait pas de percevoir le rappel lancinant des tourments présents.Ce n'était pas seulement le rêve cosmique que j'étais venu nourrir aux sources de l'Inde somnambule ; j'y avais transporté mes préoccupations d'Europe, le spectre de la guerre qui avait ravagé les champs de l'Occident et qui continuait de rôder autour des ossuaires. Je savais trop que les Erinnyes étaient tapies, au chevet des tombes, d'où montait la fumée rouge du sang répandu. Et j'avais le désir anxieux de leur opposer, comme au terme de la trilogie d'Eschyle, une digue de raison souveraine, qui mît fin au conflit. Elle n'était guère à attendre des impérialismes vainqueurs d'Occident qui entendaient jouir des dépouilles et, gorgés, stupidement n'avaient même point la prudence élémentaire de savoir les garder. Je pensais la trouver dans la révélation qui me fut faite, en 1922, du petit Saint François de l'Inde : Gandhi. Apportait-il, dans les plis de sa bure, le mot libérateur des meurtres à venir, la Non-Violence héroïque qui ne fuit pas, mais résiste, « l'Ahimsa » ? J'avais un tel besoin d'y croire que j'y ai cru passionnément pendant plusieurs années, et j'ai versé, à pleins seaux, cette foi. J'avais la certitude (ah ! je ne m'en dédis pas !) qu'elle seule pouvait être le salut du monde chargé de crimes, de ses crimes passés, de ses crimes futurs...8 septembre 1940R. R

  • L'ame enchantee

    Romain Rolland

    « Annette Rivière, L'héroïne principale de L'Âme enchantée, appartient à l'avant-garde de cette génération féminine, qui eut en France à se frayer durement le chemin vers une vie indépendante, contre les préjugés et la mauvaise volonté de leurs compagnons hommes. La victoire a été, depuis, remportée de haute main, - (sauf sur le terrain politique, où se cantonne encore la résistance obstinée des vieux mâles, en pays latins). Mais la bataille fut rude pour la première colonne d'assaut, - surtout pour les femmes qui, comme Annette, osèrent, pauvres et seules, assumer les risques de la libre maternité. En revanche, cette vie d'épreuves et de vaillante solitude, où chacune des combattantes, alors clairsemées, ignorait toutes les autres et ne devait compter que sur soi, forma des caractères plus libres et plus virils que la plupart des hommes de la même génération... Il n'est pas dit que la victoire n'ait pas fait perdre l'avance à celles qui sont venues depuis. Car ce n'est qu'à force d'épreuves et de heurts contre l'obstacle que l'espèce - mâle ou femelle - avance... Grâce à Dieu, l'épreuve et l'obstacle n'ont jamais manqué à Annette, ma fille et ma compagne. Jusqu'à son dernier jour, la Rivière s'écoule vers la mer... Rien qui stagne ! La vie qui marche... L'en avant ! Même dans la mort, le flot nous porte... Même dans la mort, nous serons devant...Mais l'Âme Enchantée, qui, même dans la mort, marche devant , va au delà de cette bataille de l'aujourd'hui, et de ses ruines, et des bastions qu'elle conquiert ou qu'elle construit. L'Âme Enchantée s'identifie, en ses derniers rêves, avec la Force Créatrice qui projette, divine laitance, dans la nuit, ses Voies Lactées. Elle fait corps avec le Destin et sa souveraine marche en avant, dont elle reconnaît, à l'heure dernière, que toute la douleur de sa vie a été l'angle d'infléchissement . »Romain Rolland

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