Littérature argumentative

  • C'est un éloge qui n'a jamais été fait : le courage ne peut se vivre qu'en actes, au marché de la mort et de la vie, dans les instants limites. Il ne s'offre, ne s'échange pas, ne se transmet pas.  Mais il se confond : courage ou audace, courage ou témérité, courage ou colère... Si cet éloge est difficile, exigeant, à hauteur d'homme et non des dieux, c'est parce que les mots peuvent  sembler fragiles. Face au feu qui gronde. Devant la violence nue. Quand tout geste est irréversible. A l'instant de sauver l'autre, en y risquant sa vie.
    Pour faite cet éloge, il faut avoir vécu avec coeur, et ne pas aimer donner des leçons. Il faut ce mélange de force, de simplicité.    Il faut avoir connu la peur.  Il faut de la solitude et de la fraternité. Et il faut raconter. Au fil  des pages, ici, la traversée est magnifique. Un souvenir d'enfance. Le regard maternel. Une histoire méconnue. Mais aussi : cette négociation dangereuse. Une tractation dans un désert  qu'on ne peut nommer. L'escalade à mains nues d'une façade en flammes. La perte d'un frère d'arme.
    N'en doutez pas : l'époque est au courage, affirment Jean-Claude Gallet et Romain Gubert, dans ce court livre, à la fois traité, récit, carnet de bord, leçon de vie. Le premier, ancien général  des Pompiers de Paris, aux carrières nombreuses, qui sauva Notre Dame. Le deuxième, grand reporter, écrivain. Ensemble, ils ne donnent qu'une seule leçon : le courage est un don, auquel  il faut se préparer, et qui peut se dire.
     

  • Au-dessus de la mêlée est le plus célèbre manifeste pacifiste de la Grande Guerre. Comparable au J'accuse de Zola, il fut publié par Romain Rolland le 24 septembre 1914 dans Le Journal de Genève. Ce texte exceptionnel, qui exhorte les belligérants à prendre de la hauteur pour saisir l'ampleur du désastre, provoqua aussitôt de nombreuses réactions violentes et haineuses envers son auteur, dont la lucidité, l'idéal de non-violence et de communion entre les peuples furent néanmoins récompensés, dès l'année suivante, par le prix Nobel de littérature.

  • Singulier destin que celui de ces lettres !
    Traitant de sujets "sensibles" en des temps de "guerre froide", leur publication fut différée pendant quarante ans (de 1947 à 1987) car il s'agissait là d'une véritable bombe idéologique. Cette correspondance croisée, bien loin de n'être que l'évocation de la rencontre et de l'amitié entre ces deux hommes, est aussi et surtout un document psychologique et un acte politique. En 1987, quelque peu hâtivement, fut proposée une version aux transcriptions incomplètes ou réécrites ("francisation" des textes d'Istrati). En 1990, une nouvelle édition parut, mais sans l'indispensable fidélité aux autographes. Il convient d'en procurer enfin une version intègre, à défaut de pouvoir être intégrale, des lettres ayant été perdues, voire détruites. Ainsi, par souci d'authenticité et afin de rendre évident le travail opiniâtre d'Istrati pour maîtriser une langue qui n'était pas celle "maternelle", c'est le texte brut des lettres qui est donné, toute francisation étant exclue.
    Cette correspondance nous renseigne sur une "politique de l'Amitié" telle que la concevait et la vivait chacun d'eux, sur leurs illusions et leurs contradictions quand ils entendaient ériger une mythique "indépendance de l'Esprit" face aux pouvoirs et aux totalitarismes du XXe siècle. Elle révèle aussi que, l'Histoire ayant fait irruption plus qu'en d'autres siècles dans la vie des peuples et des individus, amitiés et amours n'ont pu y échapper et, parfois, n'y ont pas résisté... C'est ce qu'il advint à ces deux hommes. À la fusion lyrique des débuts succède la prise de conscience de divergences irréversibles. Ces lettres sont inséparables des engagements comme des errements politiques de l'époque, où le refus de l'indifférence, le courage, l'exigence de vérité ont pu se transformer en crédulité, en sectarisme. La fin ne peut qu'être tragique. André Gide pensait que le monde serait sauvé par "les hérétiques" et non par les conformistes. Aux lecteurs d'en juger sur pièces.

  • Voici l'ultime volet de la magistrale correspondance entre Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942), deux intellectuels aux vives exigences de vérité et d'indépendance. La Grande dépression des années 1930, la montée en puissance des dictatures, les affrontements dans le monde littéraire donnent une tonalité dramatique à la décennie précédant le second conflit mondial. L'événement foudroyant que représente en janvier 1933 l'accession d'Hitler au pouvoir provoque le départ de Zweig en exil, d'abord à Londres, puis au Brésil, où il met fin à ses jours en février 1942. Romain Rolland, qui a quitté la Suisse, sa terre d'élection, en 1938, poursuit à Vézelay son oeuvre créatrice. Cette correspondance montre avec quelle acuité les deux écrivains perçoivent leur époque, en rendent l'atmosphère, les misères et les fureurs. En dépit de quelques désaccords liés aux orientations politiques de chacun, Rolland et Zweig se retrouvent sur l'essentiel : les valeurs fondatrices d'une amitié qui sut résister, pendant 30 ans, aux plus dramatiques épreuves. Cette édition a été établie par Jean-Yves Brancy, docteur en histoire de l'Université de Toulouse Jean Jaurès. Les lettres de Stefan Zweig écrites en allemand ont été traduites par Siegrun Barat, diplômée des Universités de Cologne et de Paris-III.

  • Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942) : deux écrivains européens parmi les plus brillants de la première moitié du XXe siècle. D'un côté, un grand prosateur français, de l'autre, son plus grand disciple autrichien. Réunis par un même amour des lettres, ils vont entretenir une amitié de plus de trente ans, malgré les ruptures engendrées par les guerres et les désaccords politiques. Deux hommes animés par une même exigence viscérale : se donner un destin singulier dans un monde en proie à la folie.Entreprise avant l'année 1914, cette correspondance regroupe des lettres écrites dans l'angoisse de la déflagration, les rumeurs et les éclats de la Première Guerre mondiale, puis dans les retombées d'un désastre, contre lequel tous deux s'étaient élevés. Ces lettres inédites apportent un témoignage exceptionnel sur un monde disparu et cette amitié fervente qui nous dit que l'autre n'est pas un ennemi, mais notre prochain, avec en filigrane l'idée prémonitoire d'une Europe unie, reposant sur la fraternité entre les hommes et les peuples.Cette édition a été établie par Jean-Yves Brancy, docteur en histoire de l'Université de Toulouse-II.Les lettres de Stefan Zweig écrites en allemand ont été traduites par Siegrun Barat, diplômée des universités de Cologne et de Paris-III.

  • Romain Rolland (1866-1944) et Stefan Zweig (1881-1942) : deux écrivains humanistes, symbole d’une « Europe des esprits » humiliée par la Grande Guerre.Au-delà de l’amitié qui les lie, Rolland et Zweig partagent une même conscience du danger face aux nouvelles idéologies de l’Europe d’après-guerre, où violences et assassinats politiques revêtent déjà un caractère antisémite.D’une richesse inouïe, cette correspondance nous entraîne dans l’entre-deux-guerres, avec en toile de fond la montée des totalitarismes et l’engrenage qui mena l’humanité d’un conflit à un autre.

  • Cet ouvrage explore la manière dont, dans des espaces sociaux diversifiés, le langage constitue un instrument de pouvoir, de non-pouvoir et de contre-pouvoir. Ces contributions s'efforcent de comprendre les processus sociaux complexes qui font du langage un terrain de lutte, de consensus ou encore de construction de la différence. À ce titre, langues et langages contribuent à structurer nos sociétés et les individus qui la composent, dévoilant alors les tensions et des rapports de pouvoir.

  • Romain Rolland (1866-1944) a été un des plus proches compagnons de combat de Péguy (1873-1914). Son roman Jean-Christophe, a d'abord été publié par Péguy dans les Cahiers de la quinzaine. Ils se sont battus côte à côte pour Dreyfus et ont vibré pour les mêmes idéaux socialistes.
    À la fin de sa vie, en pleine désillusion sur l'URSS, Romain Rolland nous livre une biographie de Péguy qui reste inégalée. Il reconstitue le parcours du poète philosophe, raconte la genèse et le contenu de ses oeuvres tout en dressant un portrait saisissant des fabuleuses années 1900 où Einstein formule sa première théorie, où le pape condamne le relativisme et met Bergson à l'index. Mais il ne cache pas non plus l'exaltation nationaliste de Péguy avant la guerre de 1914 et sa haine de Jaurès. On est frappé par la profondeur du travail et le style de Romain Rolland. Il sait nous entraîner dans ce fleuve qui le (et nous) déborde de toute part.
    Le sens des engagements de Péguy - que l'ami Rolland n'a, loin de là, pas toujours partagés - fait l'objet d'un décryptage minutieux. Son dreyfusisme " mystique ", son socialisme irréductible, sa détestation de la Sorbonne et du " parti intellectuel ", son bergsonisme jamais pris en défaut et son appel à la révolution dans l'Église deviennent enfin compréhensibles dans leur complémentarité.
    À qui appartient Péguy ? Romain Rolland montre comment cette oeuvre immense est irrécupérable par l'extrême droite et en quoi elle réjouira tous ceux qui ne se résignent pas au pouvoir de l'argent.

  • « La bonne santé c'est le bon équilibre avec le vivant qui nous entoure. »
    L'humain doit reprendre racine avec tous les éléments qui permettent son existence et cela commence dès la conception. Pour les grands-parents, faire l'effort de comprendre comment l'environnement agit sur le fonctionnement biologique, c'est aussi parvenir à lutter contre l'impression de toute puissance technologique que l'humain a récemment acquise à tort, et qui menace ses petits-enfants.
    La nature a une puissance surhumaine ; vouloir la soumettre à nos désirs de grands-parents, c'est exposer nos petits-enfants.
    À partir d'exemples du merveilleux fonctionnement du vivant piochés dans les mondes végétal, animal, humain, macroscopique ou microscopique, l'auteur ouvre la porte à une vision scientifique accessible à tous qui permet doutes et prudences argumentés. Cette démarche est malheureusement d'actualité en 2020 et peut être utile pour appréhender la survenue des pandémies.
    Puisse cet éclairage permettre aux grands-parents de se poser les bonnes questions ; celles qui préserveront leurs petits-enfants.


    Pédiatre, praticien hospitalier et ancien chef de service à l'hôpital, Romain Gire est également conférencier dans des universités et des ONG. Ses conférences portent sur les effets de l'environnement sur le fonctionnement du vivant.
    L'auteur est aussi apiculteur, ce qui lui permet de regarder les abeilles comme des « sentinelles » de notre environnement.

  • Au sortir de la seconde guerre mondiale, en 1945, Eugénie Droz fondait les Textes Littéraires Français, une collection dévolue à l'édition critique des textes significatifs du patrimoine littéraire de langue française du moyen âge au XXe siècle. Accessibles, dans un petit format maniable, chaque édition est accompagnée d'une introduction, de notes, d'un glossaire, si nécessaire, et d'index. Cet appareil critique exigeant accueille l'érudition des meilleurs spécialistes pour éclairer la genèse des oeuvres et, quelle que soit leur époque, livrer au lecteur contemporain les explications les plus minutieuses sur le contexte historique, culturel et linguistique qui les a vues naître. Depuis soixante-dix ans, la collection a accueilli, outre quelques édicules, plus de 600 monuments littéraires français.

  • Qu'est-ce que la Pléiade ? Shakespeare a-t-il vraiment écrit toutes les oeuvres qu'on lui attribue ? D'où vient le Romantisme ? Pourquoi l'apparition du roman policier vers 1870 ? Est-ce que Don Quichotte a existé ? Lorsque les souvenirs d'école sont loin, nos notions de littérature peuvent devenir confuses... Pourtant, notre quotidien est rempli de références littéraires : on parle d'appétit pantagruélique, de la ruse des renards, on qualifie quelqu'un de lilliputien... Mais savez-vous pourquoi ? Découvrez dans ce petit livre très pratique : Les courants phares de la littérature occidentale. De la France à la Russie en passant par les États-Unis : le Classicisme, le Romantisme, ou encore le Surréalisme se répondent, s'opposent ou se prolongent, il suffit juste de savoir comment ! Les oeuvres à connaître absolument : L'Iliade et L'Odyssée, Le Roman de Renart, Robinson Crusoe, Les Misérables,Moby Dick, Crime et Châtiment... avec des éléments de contexte pour bien comprendre leur lien avec l'époque. Les auteurs clés : Sénèque, Rabelais, Goethe, Tolstoï, Hemingway, Sartre... De l'individu à l'écrivain, partez à la découverte des grands hommes de la littérature avec des anecdotes surprenantes. L'histoire de la littérature occidentale en 200 pages pour aller directement à l'essentiel !

  • Au cours d'un siècle tragique qui voit naître les affrontements et les bouleversements de la Première Guerre mondiale et de la Révolution d'octobre, deux écrivains, engagés tous deux dans le camp socialiste, cherchent en tâtonnant les voies de l'avenir. Ils s'épaulent, se contrarient, s'accordent enfin dans l'action au moment même où ils sont au bord de la brouille, émus l'un et l'autre par l'essor de la jeune république soviétique qui se dégage de la guerre civile, et tourmentés de son avenir.Autour de Romain Rolland et Maxime Gorki, c'est toute la vie intellectuelle de l'Europe entre les deux guerres ses fourvoiements et ses illusions, mais aussi sa clairvoyance et sa générosité qui apparaît dans ses relations avec le fait révolutionnaire.Mais au-delà du document historique de premier ordre, cette correspondance témoigne aussi d'une amitié singulière, nourrie de confidences personnelles, des peurs et des espérances face au bouleversement du monde, des réflexions nées des oeuvres en gestation, des passions intellectuelles partagées et de l'imagination romanesque qui construit la figure du correspondant comme elle le ferait d'un personnage littéraire : pour chacun, l'homme de lettres, le penseur politique, le militant ne sont plus que les facettes d'une même personnalité, celle de l'homme au naturel, dans sa complexité vivante.

  • Cet ouvrage tente de mettre au jour les processus de minoration et de domination linguistiques actuels en interrogeant et réactualisant les données concernant une notion phare de la sociolinguistique : la diglossie. Il prend comme principal terrain d'étude la situation sociolinguistique corse qui offre une nouvelle lecture de la diglossie à travers une possible mutation.

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