Quentin Debray

  • Jean d'Alembert naquit, à Paris, le 16 novembre 1717. Le nouveau-né fut confié à la famille d'Alexandre-Nicolas Rousseau, vitrier. Il fut associé astronome adjoint à l'Observatoire dès 1741. Il collabora avec Diderot à l'Encyclopédie. Et il rencontra sa nièce, Julie de l'Espinasse, elle aussi enfant naturelle. Jean et Julie s'aimèrent et vécurent, bientôt, dans le même immeuble, rue Saint-Dominique. Julie y ouvrit son salon. Elle mourut, phtisique, en 1776. La personnalité et les passions de Julie de l'Espinasse furent idéalisées au XIXe siècle. Quentin Debray a cherché, au-delà de la légende, les lumières et les inclinations, les tourments et les bonheurs.

  • Dickens et Freud ont éclairé leur époque. Ils se sont penchés sur l'enfance, la famille, l'inconscient, la mémoire. Studieux, aînés de leur fratrie, ils ont supporté des parents instables et irresponsables pour lesquels ils se sont dévoués. Ils ont connu une adolescence difficile qu'ils ont compensée par le travail et l'intelligence. Pères de nombreux enfants, curieux, modernes, célèbres, ils ont traversé des tentations similaires, et sont restés à l'écart des idées politiques, critiques des États-Unis et de l'emballement économique. Tous les deux sont morts à la veille de conflits majeurs, en 1870 et en 1839, conflits dont la démesure allait confirmer leur jugement sévère sur la nature humaine.

  • Giraudoux, Cocteau et Giono ont su aller au-delà du réalisme ordinaire. Giraudoux démultiplie les comparaisons. Cocteau décèle la vérité poétique. Giono use des moyens du corps pour embrasser l'humanité. Ayant examiné la richesse de ces auteurs majeurs du XXe siècle, Quentin Debray accorde à l'art littéraire la liberté d'utiliser le renvoi intérieur, la métaphore, la diffusion sémantique, le souvenir en appui de l'observation immédiate.

  • L'idéalisme passionné est d'ordinaire conçu comme un chapitre marginal et pittoresque de la paranoïa : on y range les originaux étranges et autres philanthropes. Mais l'idéalisme imprègne le centre même de la paranoïa, fascine l'hystérique et contribue à structurer la psychologie de notre temps. Il faut revenir à la paranoïa, pathologie de la représentation et de son investissement, car il est absurde de réduire cette pathologie - comme bien d'autres - à un trouble de la relation ou du conflit. Le surinvestissement de l'idéal diffuse au-delà de la psychopathologie. L'idéal de pureté rivalise avec l'idéal de fusion pour charpenter les idées politiques de notre temps comme le fanatisme ou plus banalement les horizons de notre quotidien : la publicité est idéale comme les promesses des économistes ou celles des thérapeutes. Sortir des croyances magiques amène au négativisme, à un souci extrême de l'objectivité scientifique, au culte de la matière. C'est un nouvel idéalisme. D'où viennent ces idéalismes qui pour n'être pas toujours passionnés n'en obsèdent pas moins notre société à une époque qui se veut areligieuse ? L'auteur se garde de prononcer des formules magiques ou de fournir des recettes. La dépression, la critique, l'ouverture, la création sont des sorties possibles qu'assistera le psychothérapeute.

  • L'idéalisme passionné est d'ordinaire conçu comme un chapitre marginal et pittoresque de la paranoïa : on y range les originaux étranges et autres philanthropes. Mais l'idéalisme imprègne le centre même de la paranoïa, fascine l'hystérique et contribue à structurer la psychologie de notre temps. Il faut revenir à la paranoïa, pathologie de la représentation et de son investissement, car il est absurde de réduire cette pathologie - comme bien d'autres - à un trouble de la relation ou du conflit. Le surinvestissement de l'idéal diffuse au-delà de la psychopathologie. L'idéal de pureté rivalise avec l'idéal de fusion pour charpenter les idées politiques de notre temps comme le fanatisme ou plus banalement les horizons de notre quotidien : la publicité est idéale comme les promesses des économistes ou celles des thérapeutes. Sortir des croyances magiques amène au négativisme, à un souci extrême de l'objectivité scientifique, au culte de la matière. C'est un nouvel idéalisme. D'où viennent ces idéalismes qui pour n'être pas toujours passionnés n'en obsèdent pas moins notre société à une époque qui se veut areligieuse ? L'auteur se garde de prononcer des formules magiques ou de fournir des recettes. La dépression, la critique, l'ouverture, la création sont des sorties possibles qu'assistera le psychothérapeute.

  • Juin 1812 : experts à la plume comme au sabre, deux officiers d'état-major galopent dans la forêt de Wilkowiski. David Derlond et Gilbert Dauchy font partie des cinq cent mille hommes que Napoléon a rassemblés entre la Vistule et le Niémen. À la veille de l'offensive, ils font la connaissance d'une comtesse polonaise. Gilbert en tombe amoureux. Étreinte fragile avant la tragédie... Piégée dans sa poursuite de l'ennemi, la Grande Armée souffre sans combattre avant le choc meurtrier de Borodino et le pourrissement de Moscou. Tandis qu'au coeur des ruines, l'Empereur dicte le décret concernant la Comédie-Française, l'aventure, avec la neige et les glaces, bascule dans l'horreur de la Bérézina. Autour de David et de Gilbert, d'autres personnages réapparaissent, des liens nouveaux se tissent. Amours, nostalgies et secrets se mêlent. L'Empereur lui-même sort de son rôle et rassemble dans son ordre les comparses d'un destin fantasmagorique.Retraçant la mortelle errance de l'armée française dans l'hiver russe, La Maison de l'Empereur dépasse, et de loin, l'aventure guerrière ou amoureuse. Quentin Debray conçoit une oeuvre littéraire remarquablement construite, écrite avec un naturel qui relève du grand style.

  • L'élégante capitale française et les leçons de Charcot avaient désigné à Freud la puissance de l'érotisme à l'origine de l'hystérie. Cette révélation se transforma en tentation lorsque l'impatiente baronne Erica von Eulenfed vint le solliciter secrètement dans le crépuscule viennois pour une surprenante requête. Tourmenté, le jeune praticien élabora pour mieux se défendre une audacieuse théorie... qui allait le porter aux sommets de la célébrité. Avec ce roman sensuel et provocateur, Quentin Debray donne de la naissance de la psychanalyse une interprétation ironique qui réinsère son fondateur dans l'esthétique de son temps, entre romantisme et symbolisme, invention et tradition. Le récit d'un des épisodes fondamentaux de la vie de Freud - l'année 1886 et sa découverte de Paris - donne lieu à une brillante reconstitution du climat intellectuel et artistique des sociétés française et autrichienne de la fin du XIXe siècle.

  • Le théâtre de Pirandello propose maints dilemmes et ambiguïtés. Sans doute la situation d'arrivée est extravagante, atypique, voire étrange par rapport à celle du départ, ce qui frappe les admirateurs du grand dramaturge. Mais ce n'est pas tout : les être aussi ont changé, ont été massacrés, héroïques ou glorieux, soudain méconnaissables, emportant avec eux le secret de leur retournement.
    Tourgueniev, Tchékhov, Corinna S. Bille et Gonzalo Torrente Ballester, constituent l'autre volet de ce nouvel essai de Quentin Debray.

  • La médiatisation récente de cas d'addiction sexuelle a mis au jour cette pathologie longtemps méconnue, en butte à de nombreuses idées reçues : « L'addiction sexuelle est surtout un problème d'homme », « La pratique d'une sexualité addictive entre adultes consentants n'entraîne aucune conséquence néfaste », « Tous les addictifs sexuels sont des agresseurs sexuels », « Les thérapeutiques médicamenteuses et hormonales constituent de bons traitements de l'addiction sexuelle »... Loin des faits divers, à partir d'une étude clinique précise, rappelant les aspects historiques et sociologiques, les auteurs nous permettent de mieux comprendre les différentes facettes de cette souffrance, les conséquences pour les malades, mais aussi pour les victimes, et les thérapies disponibles à ce jour.

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