Pierre Beaudet

  • Marx et Bakounine ont affirmé que les prolétaires n'avaient pas de patrie. Mais au fil des luttes, plusieurs ont remarqué que le capitalisme se nourrissait d'insurmontables clivages nationaux. Les socialistes anglais, disait Marx, devaient faire un « détour » par la lutte pour l'indépendance de l'Irlande pour avancer. Plus tard, Amilcar Cabral, Carlos Mariategui, Che Guevara, Ben Barka et Ho Chi Minh ont proposé d'internationaliser ce « détour irlandais » en faisant converger les luttes anticoloniales et anti-impérialistes avec les projets socialistes. Ce recueil regroupe les éléments principaux de ce débat de manière chronologique.

  • L'Afrique du Sud, tous le reconnaissent, de Nelson Mandela au président de Klerk, est en crise. L'apartheid, ce système de racisme institutionnalisé mis en place depuis 1948, ne réussit plus à assurer la reproduction économique et sociale. En apparence prospère et riche, l'Afrique du sud est confrontée aux mêmes problèmes économiques que la plupart des pays africains. L'oppression raciale érigée en système pourrait être éliminée, mais il sera beaucoup plus difficile de redresser la situation de la majorité noire du point de vue économique. Pour l'ANC, pour le mouvement syndical et populaire, la libération politique doit s'accompagner d'une libération économique. A travers une analyse économique approfondie, cet ouvrage permet de comprendre quels sont les enjeux des bouleversements politiques en cours et ce qui pourra être une Afrique du Sud après l'apartheid.

  • Dès son accession à l'indépendance en 1975, l'Angola s'est vue déchiré par la guerre civile et écartelé entre mouvements nationalistes. À l'heure d'une paix fragile retrouvée, cette étude, en plusieurs articles, donne un aperçu historique et socio-économique du pays en traçant le bilan de l'échec d'un projet de société qui se définissait au départ comme socialiste.

  • Un grand espoir a surgi au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire contre le fascisme. L'humanité a cru pouvoir se réconcilier avec elle-même en se mobilisant en faveur du développement social, de la justice et de la paix.Dans de vastes régions du monde, la décolonisation a ouvert la porte au progrès. En même temps qu'on forgeait l'expression « tiers-monde », on inventait l'APD, l'aide aux pays en développement. Agences gouvernementales et ONG sont nées, où se sont entrechoqués de multiples enjeux, outils et projets. D'emblée, le Canada y a joué un rôle important. Des « petits Chinois » à l'ACDI, il a affirmé sa présence à l'étranger, et des hordes de Canadiens, jeunes et moins jeunes, sont partis découvrir le monde, voire se découvrir eux-mêmes.Mais que reste-t-il des grands chantiers ouverts depuis une soixantaine d'années? Force est de constater aujourd'hui que ces grandes ambitions se sont disloquées, au point où on a l'impression d'être de retour à la case départ, ou pire encore ! À part la Chine - exception notable, certes -, le tiers-monde stagne, écrasé sous les dettes, quand il ne s'enfonce pas carrément dans la crise, comme c'est le cas en Afrique subsaharienne. L'écart entre pays riches et pays pauvres, loin de se refermer, a presque triplé depuis 1960.À quoi attribuer la faillite de nos rêves grandioses ? Faut-il dénoncer une générosité qui semble surtout profiter aux soi-disant bons Samaritains ? Faut-il « mettre la hache » dans l'ACDI ? En racontant l'histoire de l'aide internationale comme on l'a pratiquée au Québec, depuis les missions étrangères jusqu'aux coupes budgétaires imposées par le gouvernement Harper, Pierre Beaud et livre une réflexion percutante sur notre activité dans ce domaine, au moment où la solidarité planétaire semble plus importante que jamais pour l'avenir de l'humanité.

  • Depuis plusieurs années, des jeunes et des moins jeunes de plusieurs pays, notamment du Québec et du Canada, s'investissent dans la grande aventure de la solidarité internationale. Plusieurs partent chaque année pour oeuvrer comme stagiaires ou coopérantes volontaires auprès d'organisations de la société civile en Afrique, en Asie et dans les Amériques. D'un autre côté, dans leur pays respectif, des citoyennes mettent sur pied des campagnes de solidarité pour venir en aide à des populations ou pour soutenir leurs droits dans un contexte où prévalent la prédation, l'injustice et la violence. Seulement, dans le Sud, les populations agissent, s'organisent, travaillent et luttent pour un autre monde. Aussi, espèrent-elles du reste du monde un partenariat solidaire.
    Quels sont les grands enjeux de l'engagement dans la coopération et la solidarité internationales, tant sur le plan conceptuel (le pourquoi) que sur le plan concret et pratique (le comment)? Ecrit par trente spécialistes et praticiennes oeuvrant dans le domaine, avec des contributions de Louise Beaudoin et de Paul Gérin-Lajoie, cet ouvrage aborde les grands défis de la solidarité internationale dans un monde à la fois uni et divisé, examine les expériences internationales novatrices et porteuses, explore les nouvelles avenues de la coopération et de la solidarité internationales et, enfin, explique où, quand et comment s'engager dans la coopération internationale, tout en donnant un certain nombre de références utiles pour ceux et celles qui désirent se former dans ce domaine ou simplement s'informer.
    L'ouvrage a été pensé pour les jeunes de corps, qui s'intéressent au développement international (qui aspirent à devenir stagiaires ou coopérantes), et pour les jeunes de coeur qui veulent contribuer à la cause de la solidarité internationale.

  • Dans les années 1970, l'Afrique est à feu et à sang. Des pays luttent pour leur indépendance, dont l'Angola. L'Afrique du Sud est sous la chape de plomb de l'apartheid, qui menace de tout faire basculer. 

    Au Québec, des réseaux de solidarité s'organisent pour appuyer les mouvements de libération. On demande au gouvernement canadien de se prononcer clairement pour le respect des droits de la personne, alors que plusieurs grandes entreprises qui profitent sur le terrain des innombrables richesses continentales dans des conditions qui permettent des pratiques de prédation.

    C'est l'« heure des brasiers » (comme le disait le poète cubain José Martí) et, pour une génération de jeunes Québécois, une aventure aussi exaltante que risquée. Ce que relate le récit de Pierre Beaudet qui s'est retrouvé, par les hasards de la vie et de son engagement politique, sur la « ligne de front »...

  • En 1848, c'est le « Printemps des peuples », un ensemble de révolutions contre les empires monarchiques qui secouent aussi bien Vienne, Berlin, Milan, Prague que Paris. Ces mouvements révolutionnaires expriment la volonté d'émancipation démocratique des couches populaires urbaines et rurales - les « damnés de la terre », les « forçats de la faim » -, animées par une nouvelle classe sociale en plein essor, le prolétariat. Dans la foulée de ce tumulte social incandescent prend forme l'idée de l'internationalisme. Une Association internationale des travailleurs (AIT) est finalement créée à Londres le 28 septembre 1864. A ses débuts, la Première Internationale ne regroupe que quelques petits groupes syndicalistes, socialistes, mutualistes, anarchistes, républicains, blanquistes et communistes. Peu à peu, l'idée se répand, se transforme, s'adapte aux différents contextes locaux et nationaux. L'AIT prend racine dans plusieurs pays européens et même outre-Atlantique. Surtout, les masses laborieuses insurgées réinventent l'exercice du pouvoir politique en proclamant la Commune de Paris. Puisque la classe ouvrière n'a pas de patrie, sinon celle de sa solidarité, l'objectif, comme le proclame L'Internationale, le chant révolutionnaire désormais célèbre, est que le monde change de base au profit du genre humain !
    Dans le cadre du 150e anniversaire de la fondation de l'AIT, cet ouvrage retrace le long effort de solidarité ouvrière à partir de textes inédits d'un collectif international d'auteures. Dans un premier temps, il examine le contexte politique et théorique de la formation de l'AIT. Il s'intéresse notamment au monde atlantique et aux questions coloniales. Puis, il explore ses ramifications en Irlande, en Italie, aux Etats-Unis, en France et, plus tard, en Russie, en Amérique latine, au Canada et même en Chine. Enfin, L'Internationale sera le genre humain ! se penche sur l'héritage actuel de la Première Internationale et prend acte que ce projet plus que centenaire est aujourd'hui encore bien vivant, grâce à l'action des mouvements sociaux contemporains qui luttent pour la liberté, la justice et un monde meilleur dans les rues d'Athènes, de Tunis, de Baltimore, de Montréal, de São Paulo, de Hongkong, de Madrid...

  • Gilles Marcotte (1925-2015). La parenthèse de l'histoire littéraire s'est durement refermée à l'automne 2015, sur une oeuvre ample qui s'étend de l'après-guerre à la fin des années 2000, oeuvre hybride, à bien des égards atypique, à la fois journalistique et universitaire, critique et littéraire, dont l'impact sur la littérature au Québec est considérable. Qu'une gerbe d'études, d'essais et de témoignages s'intitule Présences de Gilles Marcotte n'est que pure justice. L'auteur de Présence de la critique, du Roman à l'imparfait et de La prose de Rimbaud qui présentait son travail comme un accompagnement, qu'il se soit agi de suivre des jeunes chercheurs dans leur progression ou de faire équipage avec l'écriture d'un poème pour l'entendre au plus creux de son murmure, demeure présent à notre travail. Ce numéro réunit des interventions qui mettent en valeur de multiples facettes du travail de Gilles Marcotte.

  • Que ce soit sous la bannière du Plan Nord libéral ou du « Nord pour tous » du Parti québécois, l'exploitation des ressources situées au nord du 49e parallèle est bel et bien en marche. La logique financière et extractiviste derrière cette ruée vers le Nord fragilise déjà les communautés locales et bouscule nos relations avec les Premières Nations et les Inuits. Le gouvernement Marois fait donc face à d'importants défis s'il souhaite vraiment un développement du territoire qui se fasse au bénéfice de tous. Ce dossier tente d'en identifier certains, tout en explorant différentes propositions pour repenser le développement nordique.

  • Dans un monde en crise multiple, le domaine du développement international a bien changé. Des pays dits « émergents » contestent l'espace qui était réservé auparavant aux pays dits « riches ». Des mouvements populaires d'une ampleur sans précédent occupent la rue. Des mégaentreprises deviennent aussi importantes que les États. Dans tout cela, de « vieux » démons persistent : la pauvreté extrême, l'exclusion, le non-respect des droits. Il faut de nouvelles solutions, de nouvelles manières de s'en sortir ; c'est ainsi que le monde du développement apparaît comme un gigantesque laboratoire.Dans cet ouvrage sont abordées les grandes thématiques de ce développement en changement. Le monde peut-il être changé ? Comment ? Qui sont les acteurs, ceux et celles qui peuvent agir ? Que dire des grandes institutions, l'ONU par exemple ? La place des femmes est devenue centrale dans tout processus de changement, en même temps persiste la discrimination. La dette, la famine, l'analphabétisme, les épidémies sont des problèmes complexes : peuvent-ils être surmontés ? Comment faire face aux grandes crises humanitaires qui résultent des guerres et des catastrophes qu'on dit « naturelles » ?Dans cet ouvrage écrit à plusieurs mains, on trouvera ce grand brassage d'idées qui parcourt le monde du développement et qui exprime mille voix, mille alternatives, partageant toutes cependant une volonté éthique et intellectuelle, à la recherche d'un monde plus juste, plus équitable, plus démocratique.

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